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    Éric Charden, du duo Stone et Charden, est décédé 

    Le duo Stone et Charden en 1972. Éric Charden, 69 ans, est décédé dimanche.
    Le duo Stone et Charden en 1972. Éric Charden, 69 ans, est décédé dimanche.Crédits photo : -/AFP

    VIDÉO - Le chanteur a succombé à «une longue maladie», a indiqué dimanche matin son service de presse. Il avait 69 ans.

     

    Quarante ans après le tube L'Avventura, Éric Charden a succombé à un cancer. La nouvelle a été annoncée par son entourage dimanche matin. Le chanteur avait 69 ans. Il formait avec Stone un des duos les plus populaires de la variété française. Né le 15 octobre 1942 à Haïphong (Vietnam) - de son nom Jacques Puissant -, il était fils d'un Français ingénieur en chef des ports, et d'une Tibétaine. Un de ses titres, Indochine 42, comporte d'ailleurs un hommage à sa mère. À 7 ans, le petit Puissant quitte l'Asie avec sa mère pour Marseille, son père demeurant sur place. Bac en poche, il gagne Paris où cet auteur admirateur de Brel entend faire carrière. Son premier album J'ai la tête pleine de Provence, qui mise déjà sur la célébration du terroir hexagonal, sort en 1963. Mais c'est deux ans plus tard que le succès arrive avec un autre 33-tours Amour limite zéro. Ses compositions se teintent alors de psychédélisme pop british. Manset et Polnareff ne sont pas loin.

    En janvier 1966, juré pour l'élection de Miss Beatnik, il rencontre la lauréate Annie Gautrat. Cette pétillante blonde de 18 ans est coiffée à la manière de Brian Jones, le premier leader des Rolling Stones. Voilà un nom de scène tout trouvé. Charden écrit à Stone deux chansons et adapte deux titres des Beatles pour son premier 45-tours. Le couple se marie mais pour l'instant chacun mène une carrière séparée. Charden écrit aussi pour Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Dalida, Claude François… Un autre nom post yé-yé, Monty, futur auteur de l'hymne footballistique Allez les Verts, lui doit Le monde est gris, le monde est bleu. Sorti en 1967, ce titre sera rapidement interprété un peu partout en Europe.

    Pantalons patte d'éléphant et col pelle-à-tarte

    C'est à partir de 1971 que Stone et Charden naissent vraiment sur scène. Leur formule de duo amoureux triomphera jusqu'en 1975. De multiples concerts en province, des unes heureuses de magazines de cœur et des apparitions quasi hebdomadaires dans une télévision où les émissions de variétés connaissent leur âge d'or leur permettent d'empiler les hits, dontL'Avventura. Pantalons patte d'éléphant et col pelle-à-tarte, ces gentils hippies, soixante-huitards de pure apparence, conviennent à un grand public friand de bluettes et verdure. En témoignent Il y a du soleil sur la France(1972) ou Made in Normandie (1973). La naissance d'un fils, Baptiste, alimente encore la fable du jeune ménage heureux des années Pompidou/Giscard. Toutefois, ni Charden ni Stone ne s'en satisfont. Par ailleurs, en privé, l'idylle bat de l'aile. Éric Charden sort en solo l'album 14 ans les gauloises, écrit avec Guy Bontempelli.

    Et l'année suivante, toujours avec Bontempelli, il se lance dans la comédie musicale. La réalisation ambitieuse de Mayflower, qui conte l'arrivée des premiers immigrants britanniques en Amérique du Nord, sera donnée pendant deux ans au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Stone, mais aussi sa nouvelle compagne Pascale Rivault, Patrick Topaloff, Roland Magdane y figurent. Suivent, avec beaucoup plus de difficultés et moins de réussite, L'Opéra vert, et La Cinquième Dimension. Concédant à la mode disco, Éric Charden trouve encore le chemin gagnant avec L'Été s'ra chaud cosigné avec Didier Barbelivien. Puis, en but à de gros problèmes financiers, il vit en se diversifiant, composant notamment pour les dessins animés Albator et pour la série japonaise de science-fiction San Ku Kaï. L'écriture de contes et la peinture alternent avec le travail de composition. Éric Charden ne reviendra sous les projecteurs qu'à partir des années 2000, à l'occasion de spectacles nostalgiques, comme, en 2007, la tournée Âge tendre et Têtes de bois. Il y chante seul mais aussi, à nouveau, avec Stone. Comme elle, en janvier dernier, il est fait chevalier de l'Ordre de la légion d'honneur. Il y a un mois, le duo a sorti Made in France, un CD de reprises célèbres. De duos toujours...

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    Par Eric Bietry-Rivierre
    LE FIGARO,

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    Michel Duchaussoy dans la série de France 2, "Au siècle de Maupassant, contes et nouvelles du XIXe". - DR
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    Le comédien Michel Duchaussoy, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, est décédé d'un arrêt cardiaque dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 73 ans.

    Sociétaire de la "Maison de Molière" de 1967 à 1984, Michel Duchaussoy, né le 29 novembre 1938, avait aussi tourné dans de nombreux films sous la direction notamment de Louis Malle, Bertrand Tavernier, Claude Chabrol ou Patrice Leconte.

    Après des études au Conservatoire de Lille, il entre au Conservatoire national d'art dramatique et obtient le prix d'excellence, ce qui lui ouvre les portes de la Comédie-Française. Engagé en 1964, il est nommé sociétaire en 1967. Il brille dans les rôles de jeunes premiers du répertoire classique et romantique, mais incarne aussi les valets de Marivaux, les marquis de Molière, s'illustre chez Corneille, Feydeau et Ionesco.

    En vingt ans de présence au "Français", Michel Duchaussoy ne tient aucun rôle-titre, mais il incarne une foule de personnages de classe sociale d'âge et d'époque différents. «Un même jour, je jouais un vieillard en matinée dans Le Cardinal d'Espagne et, en soirée, le jeune groom de 18 ans dans Le Dindon», racontait-il au Figaro en 2004.

    En 1987, Michel Duchaussoy quitte la Comédie-Française pour jouer dans des aventures très différentes du Petit Montparnasse à l'Opéra-Comique. Mais ce n'est qu'en 2003 qu'il aborde pour la première fois la tragédie au théâtre dans Phèdre, mis en scène par Patrice Chéreau. Ce «défi» parfois «difficile», confiera-t-il, lui vaut cette année là le Molière du meilleur comédien dans un second rôle.

    Parallèlement à sa carrière théâtrale, Michel Duchaussoy tourne très tôt pour le cinéma et la télévision. En 1967, Alain Jessua lui offre son premier rôle sur grand écran dans Jeu de massacre. Suivront une centaine de films avec Patrice Leconte, Louis Malle (pour Milou en mai qui lui vaut une nomination aux César), Bertrand Tavernier et surtout Claude Chabrol avec qui il tourne cinq longs métrages.

    De Fort Saganne (Alain Corneau) à Amen (Costa-Gavras) en passant par Le grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert), il impose un personnage élégant, parfois veule. Michel Duchaussoy est également une figure familière de la télévision. Il apparaît dans Palace, dans les séries de l'été Les coeurs brûlés etZodiaque, dans des téléfilms de Josée Dayan et Nina Companeez ou encore dans la série Braquo d'Olivier Marchal et Frédéric Schoendoerffer.

    Ses derniers rôles, pas encore diffusés à l'écran, sont à l'image de sa large palette: Abraracourcix dans la super-production Astérix et Obélix: God Save Britannia et François Mitterrand dans le téléfilmL'Affaire Gordji réalisé par Guillaume Nicloux.

    «C'était un comédien avec beaucoup d'amplitude. Il pouvait passer en effet de scènes très légères, très ludiques à des choses beaucoup plus sombres, beaucoup plus tenues, plus tendues. Il avait la capacité de se mouler dans des costumes classiques et d'ajouter à l'intérieur une dimension très personnelle», a déclaré Guillaume Nicloux.

     

    (AFP)

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  • Biographie de Jacques BREL :  
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    Jacques BREL
    1929 - 1978
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    Quinze ans d'amour - Best Of
    ArtisteChanteurCompositeur et Musicien (Belge)
    Né le 08 avril 1929
    Décédé le 09 octobre 1978 (à l'âge de 49 ans) 

     



    Le "galérien des galas" abandonne sa carrière au sommet de sa gloire en 1966. Le Grand Jacques enflammait les salles, habitait ses personnages, gesticulait, suait. Ses spectacles étaient de véritables marathons. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel. C'est en Belgique, dans la banlieue de Bruxelles à Schaerbeek, que naît le 8 avril 1929, la personnalité la plus volcanique de la chanson francophone, Jacques Romain Georges Brel. Son père, Romain, dirige une usine d'emballage. Avec son frère, Pierre, de 6 ans son aîné, Jacques connaît une éducation austère entre collège catholique et scoutisme. A 16 ans, il crée une troupe de théâtre avec quelques copains et écrit lui-même des pièces.

    A 18 ans, devant ses échecs scolaires, son père le fait entrer dans l'entreprise familiale. A la même époque, il s'inscrit à "La Franche Cordée", mouvement philanthropique, dont il deviendra le président en 49. Au sein de cette association, il monte de nombreuses pièces de théâtre dont "Le Petit Prince de Saint-Exupéry". Il y rencontre également, sa future épouse, Thérèse Michielsen, dite Miche. En 1948, il devance l'appel et fait son service militaire. Le 1er juin 1950, Jacques Brel épouse Miche, et fin 1951, naît leur première fille, Chantal. Brel, qui n'a aucun goût pour le travail de bureau, est déjà très attiré par la chanson. Dès 1952, il compose quelques titres qu'il chante dans le cadre familial ou lors de soirées dans des cabarets de Bruxelles mais la force des textes et la violence de son interprétation sont mal acceptées par son entourage qui ne l'encourage pas du tout.

    En 1953, il chante à la Rose Noire à Bruxelles et en février, sort un 78 tours. Jacques Canetti, responsable artistique chez Philips et découvreur de talents, le fait alors venir à Paris contre l'avis de sa famille qui lui coupe les vivres. En juillet, naît sa deuxième fille, France, mais Jacques Brel part cependant seul à Paris. Les premiers temps sont durs. Il passe de nombreuses auditions, et décroche quelques engagements dans des cabarets tels que l'Ecluse, l'Echelle de Jacob ou les Trois Baudets, le cabaret de Jacques Canetti. L'accueil du public reste tiède. On se moque de ses allures provinciales.

    En 1954, il arrive avant dernier (sur 28) au Grand Prix de la Chanson de Knokke-le-Zoute. Malgré ce résultat, Juliette Gréco décide de chanter une de ses chansons pour son Olympia, "Ça va (le diable)". Cette même année, en juillet, Brel chante lui-même à l'Olympia, mais sans aucun succès. Ce récital est suivi d'une tournée d'été avec Dario Moreno, Philippe Clay et Catherine Sauvage. En 1955, il s'installe avec femme et enfants à Montreuil, dans la banlieue parisienne. A cette époque, il rencontre Georges Pasquier, dit Jojo, qui non seulement devient son chauffeur, régisseur et homme de confiance, mais aussi son ami le plus proche.

    1955 est également l'année de son premier 33 tours 25cm sous le label Philips enregistré en France. Cette année-là, Brel chante pour des organisations chrétiennes ce qui lui vaut de la part de celui qui restera son ami, Georges Brassens, le surnom de "Abbé Brel". C'est en 1956 que Jacques Brel rencontre François Rauber, pianiste classique, qui devient son accompagnateur. François Rauber, qui comprend très bien l'univers de Brel, va donner au chanteur la formation musicale qu'il n'a pas, puis devenir l'orchestrateur privilégié de toutes ses chansons. Puis, Jacques Brel rencontre également un autre pianiste, Gérard Jouannest, qui sera son accompagnateur exclusif sur scène, contrairement à François Rauber avec qui il travaillera plutôt en studio. En outre, Brel et Gérard Jouannest écriront ensemble une grande partie du répertoire du chanteur ("Madeleine","La chanson des vieux amants","Les vieux"). 

    En 1957, Brel sort un second 33 tours où il crée en particulier "Quand on a que l'amour" et reçoit pour ce disque le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. En février, il passe à l'Alhambra avec Zizi Jeanmaire. Le 23 août 1958, naît sa troisième fille, Isabelle. Fin 1958, Jacques Brel monte à nouveau sur la scène de l'Olympia en première partie de Philippe Clay. Le public plébiscite celui qu'il reconnaît enfin comme un véritable homme de scène.

    En 1959, Brel sort un 4ème disque, "La valse à 1000 temps". Les tournées se succèdent à un rythme infernal, et le succès grandissant, il est engagé à la fin de l'année en tête d'affiche à Bobino en remplacement de Francis Lemarque. Le triomphe est au rendez-vous et les années 50 se terminent brillamment pour le chanteur belge. Après avoir longuement travaillé son chant et sa voix, Brel a laissé tomber sa guitare et chante désormais en maîtrisant totalement son art ainsi que sa forte personnalité. 

    En ce début d'année 1960, Charley Marouani devient l'impresario de Brel et organise pour lui d'innombrables récitals de l'URSS aux Etats-Unis en passant par le Moyen-Orient et la province française qu'il sillonne de part en part. Il mène alors une vie épuisante entre tournées, nuits blanches, conquêtes féminines, alcool, sans oublier le tabac.

    A son accompagnement de scène, il ajoute cette fois l'accordéon de Jean Corti. Il remonte sur la scène de Bobino en janvier 61, et sort deux albums durant l'année. Mais, c'est surtout son récital d'octobre 61 à l'Olympia qui reste un moment clé de toute sa carrière. Le 12 octobre, il remporte un triomphe sur la scène du music-hall parisien. Engagé pour remplacer Marlène Dietrich, il est consacré vedette de la chanson par le public mais également par la critique. Suite à ce succès, Jacques Brel reprend les tournées à travers le monde et son rythme de vie ne cesse de s'accélérer. Cependant, dès cette époque, Jacques Brel évoque déjà l'idée d'arrêter la chanson.

    En mars 1962, Brel quitte la maison de disques Philips pour Barclay. Le 6 de ce mois, il enregistre un de ces titres les plus célèbres, "Le plat pays", hommage à son pays natal. En octobre, il crée sa maison d'éditions musicales "Arlequin", qui deviendra six mois plus tard, les éditions "Pouchenel" (Polichinelle en bruxellois). Son épouse en est la directrice. Brel remonte sur la scène de l'Olympia en 1963, avec Isabelle Aubret en première partie. Quand cette dernière est victime d'un grave accident quelques temps après, il lui offre à vie les droits de la chanson "la Fanette". En janvier 64, meurt le père de Jacques Brel, puis sa mère en mars. Deux albums sortent dans l'année, dont son récital d'octobre à l'Olympia, récital encore salué par la critique. C'est à cette occasion qu'il crée "Amsterdam", que le public ovationne.

    Cette année-là, Brel s'initie à l'aviation, passion qui lui sera très utile quand il vivra aux Marquises. Il s'achète un petit avion. Enfin, en 1964, il obtient le Grand Prix national du Disque en France. Début 1965, Brel fête ses 12 ans de chansons au cabaret "Les Trois Baudets". La fin de l'année est marquée par une tournée de cinq semaines en URSS, mais surtout par son passage sur la prestigieuse scène du Carnegie Hall de New York. La presse américaine parle d'"Ouraganmagnétique". 

    Il est important de noter que dans la plupart de ses récitals, des plus petites salles aux plus grandes, Brel tient à faire profiter les jeunes chanteurs de sa notoriété afin de leur donner l'occasion de chanter sur scène. 1966 est une année importante, puisque Brel décide définitivement d'abandonner la chanson. Il décrète qu'il n'a plus rien à dire et se sent las des tournées sans fin. Il a beaucoup de projets qu'il n'a pas le temps de réaliser.

    Son récital à l'Olympia en octobre est donc un événement sans précédent. Georges Brassens écrit l'introduction du programme, et le Tout-Paris est présent le 1er novembre lors de son tout dernier concert après trois semaines sur scène. Après quinze chansons, Brel, comme à son habitude ne cède pas aux demandes de rappel, mais revient saluer le public sept fois de suite.

    En novembre, il chante au Royal Albert Hall de Londres et durant les mois suivants, il se contentera d'honorer ses derniers contrats. Son entourage et ses amis, dont Charles Aznavour, essaient en vain de le convaincre de continuer à chanter. Début 67, Jacques Brel chante pour la seconde et la dernière fois au Carnegie Hall. C'est lors de ce voyage à New York, qu'il assiste à une représentation de "L'Homme de la Mancha", spectacle musical consacré au héros de Cervantes, Don Quichotte. Brel est subjugué et très vite, il songe à monter cette comédie musicale en Europe. Cette année-là, Jacques Brel lui-même devient l'objet d'une comédie musicale aux Etats-Unis, "Jacques Brel is alive and well and living in Paris". Mort Shuman l'interprétera l'année suivante à Broadway.

    Le 16 mai, Brel donne son dernier récital en France à Roubaix. Cette fois, il quitte vraiment la scène des music-halls pour la scène des théâtres et pour les plateaux de cinéma. Durant l'été 67, il tourne le film d'André Cayatte, "Les Risques du métier", film qui sort à l'automne sur les écrans français. Son talent de comédien, qui apparaissait déjà sur scène, est reconnu par tous. Enfin, en 67, Brel achète un voilier avec un ami. Le virus du voyage commence à naître dans son esprit.

    1968 est l'année de "L'Homme de la Mancha" qu'il crée en octobre à Bruxelles avec Dario Moreno dans le rôle de Sancho Panca. Dix jours avant la Première, à Paris le 10 décembre au Théâtre Royal de la Monnaie, Dario Moreno meurt et est remplacé au pied levé par Robert Manuel. La performance d'acteur de Brel est unanimement célébrée. Cependant, en 1969, Jacques Brel, épuisé par plus de 150 représentations menées à un rythme battant, abandonne le rôle. La dernière a lieu le 17 mai et personne ne reprend le rôle. Le 6 janvier 1969, la station de radio RTL et le magazine "Rock et Folk" réunissent pour un entretien exceptionnel autour d'une table, trois artistes majeurs de la chanson française, Léo Ferré, Georges Brassens et Jacques Brel. A la fin de l'été, Brel tourne "Mon oncle Benjamin" de Edouard Molinaro. Juste après ce tournage, il s'inscrit dans une école d'aviation en Suisse et achète un nouvel avion.

    En 1971, Jacques Brel tourne avec Marcel Carné, "Les Assassins de l'ordre" et commence à travailler sur son premier film, "Franz" en tant que réalisateur. Le tournage a lieu entre juin et juillet 1971 avec la chanteuse Barbara qui écrit une partie de la musique. A la fin de l'année, Jacques Brel tourne "L'Aventure c'est l'aventure" de Claude Lelouch. Sur le tournage aux Caraïbes, il rencontre la jeune comédienne et danseuse, Madly Bamy, avec qui il partagera les dernières années de sa vie. Son film, qui sort à Paris en mars 1972, obtient un succès d'estime. Brel est cependant très motivé pour continuer. En mai, sort le film de Claude Lelouch qui lui, est un très gros succès.

    En 1972, Brel signe un contrat exceptionnel de 30 ans avec Barclay, mais n'ayant guère de nouveaux titres à proposer, il décide avec la maison de disques de réenregistrer d'anciens titres avec de nouvelles orchestrations. Son arrangeur attitré, François Rauber, n'est pas convaincu de l'intérêt du projet qui reste une initiative commerciale avant tout. En juin et juillet 72, Brel tourne à Bruxelles son deuxième film, "Le FarWest". Le film qui sort pour le festival de Cannes 1973 est un échec total. Au début de l'année 73, Brel, qui se sait malade, rédige son testament, et désigne sa femme, Miche, légataire universelle. Il sort, cette année-là, un 45 tours : "L'enfance" dont il cède à vie les droits d'auteur à la Fondation Perce Neige de Lino Ventura, fondation au profit de l'enfance handicapée.

    En mai, il tourne "L'emmerdeur" de Edouard Molinaro avec son ami, le comédien Lino Ventura. Durant l'été, il emmène ses filles en croisière sur son voilier et à la fin de l'année, il se lance dans une traversée de deux mois avec cinq compagnons. Il se consacre désormais presque exclusivement à la voile et en juillet 1974, Jacques Brel part avec Madly et sa fille France sur son voilier l'Askoy. Fin août, aux Açores, Brel apprend la mort de son fidèle ami, Jojo. Il rentre pour les obsèques, et reste pour le mariage de sa fille Chantal en septembre. En novembre, Jacques Brel est opéré du poumon à Bruxelles. Il souffre d'un cancer du poumon gauche déjà très avancé. Il sait qu'il n'a peut-être pas beaucoup de temps à vivre et déclare vouloir mourir seul.

    En 1975, Jacques et Madly s'installent aux Iles Marquises, précisément sur l'île de Hiva-Oa. Commence alors une vie nouvelle. Brel achète un nouvel avion qu'il appelle "Jojo", et qu'il transforme en avion-taxi pour aider les habitant des îles environnantes. En 1976, il va deux fois à Bruxelles pour des examens médicaux, mais retourne chaque fois aux Marquises bien que le climat ne lui soit pas favorable. En 1977, Jacques Brel décide d'enregistrer un disque. Ses anciens titres se vendent toujours très bien et bien que vivant à des milliers de kilomètres de l'Europe, il est toujours très présent dans l'esprit du public. Il rentre à Paris fin août et habite dans un petit hôtel parisien. Il a arrêté de fumer et se remet au travail avec ses fidèles complices, François Rauber et Gérard Jouannest. Sa santé est mauvaise, mais Brel est très enthousiaste, et sur les dix-sept titres qu'il a écrits aux Marquises, il en interprète douze. L'enregistrement a lieu entre septembre et octobre 1977. Le 17 novembre, la sortie de l'album est un événement national. Brel a demandé à sa maison de disques qu'il n'y ait aucune promotion, mais les pré-commandes du disque atteignent le million sans aucune publicité. Le jour même, Jacques Brel et sa compagne Madly repartent pour Hiva-Oa.

    En juillet 1978, Brel soudain au plus mal est transporté en France et est hospitalisé six semaines à Neuilly suite à la découverte d'une tumeur cancéreuse. Il finit l'été dans le sud de la France, mais le 7 octobre, il est ramené d'urgence à l'hôpital de Bobigny, dans la région parisienne. Il meurt le 9 octobre d'une embolie pulmonaire. Pendant que d'innombrables hommages lui sont rendus en France, en Belgique et à travers le monde, son corps est ramené aux Marquises le 12 octobre. Il est enterré sur son île d'Hiva-Oa près de la tombe du peintre Gauguin.

    Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel. Exubérant mais pudique, Brel a forcé l'affection d'un public pourtant longtemps sévère à son égard. Des artistes du monde entier reprennent encore ses chansons. Outre des interprètes français qu'il l'ont beaucoup chanté comme Serge Lama ou Isabelle Aubret, on retrouve ses chansons dans les répertoires de Juliette Gréco, Julien Clerc, Yves Montand, Dalida, et à l'étranger, de Nina Simone ou Sting ("Ne me quitte pas"), David Bowie ("Amsterdam"), Céline Dion ("Quand on a que l'amour"), sans oublier le belge Arno ("Le Bon Dieu"). Son répertoire en flamand a surtout été chanté par la néerlandaise, Liebeth List.

    En 1981, sa fille France crée la Fondation Jacques Brel destinée d'une part à faire connaître à un large public l'oeuvre de l'artiste, mais aussi à soutenir la recherche contre le cancer et l'aide à l'enfance hospitalisée.

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    Selon les dernières volontés du comédien, les obsèques de Gérard Rinaldi se dérouleront dans la plus stricte intimité, selon les dernières volontés du comédien.

     
     Gérard Rinaldi (à droite) avec les autres membres du groupe les Charlots en 1972
    Gérard Rinaldi (à droite) avec les autres membres du groupe les Charlots en 1972 AFP

    C'était son choix.  Aucune indication sur le lieu et l'horaire des obsèques de Gérard Rinaldi ne sera donnée et « la famille souhaite que la volonté de l'acteur soit respectée ». Une famille qui a invité la presse « à la plus grande retenue ».


    « Gérard était très discret et pudique. Nous avons toujours fait en sorte que notre intimité soit préservée. Il a souhaité que ses obsèques se déroulent dans le même esprit », a ajouté l'épouse de l'artiste. En revanche, en présence de la famille et des amis du métier, une soirée-hommage se déroulera le 12 mars à 19h au Théâtre de la Michodière à Paris, où Gérard Rinaldi a souvent été à l'affiche.



    Pour rappel Gérard Rinaldi, acteur et chanteur du groupe des années 70, Les Charlots, est mort vendredi d'un lymphome à l'âge de 69 ans à l'hôpital de Briis-sous-Forge. Après la fin des Charlots, groupe de musique populaire et groupe d'amis, réunis sous le même nom au cinéma dans une quinzaine de films, il avait aussi connu le succès au théâtre mais surtout à la télévision. Il était apparu dans le rôle d'un vétérinaire marié à un médecin dans le feuilleton télévisé « Marc et Sophie » et prêtait depuis les années 90 sa voix à Dingo, le chien de Walt Disney, ou pour doubler la série Les Simpson et d'autres personnages dans des séries américaines.


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    Décès du trompettiste classique Maurice André à l'âge de 78 ans

    Maurice André, trompettiste de renommée mondiale qui a redonné ses lettres de noblesse à un instrument parfois mal aimé, a rendu son dernier souffle dans la nuit de samedi à dimanche à l'âge de 78 ans, laissant une oeuvre à la fois virtuose et populaire.

    Photographe : Pierre Guillaud :: Le trompettiste Maurice André, le 28 novembre 1980 à Parisphoto : Pierre Guillaud, AFP

    Né le 21 mai 1933 à Rochebelle, près d'Alès (Gard), Maurice André a travaillé à la mine dans son adolescence avant de devenir le maître incontesté de la trompette à partir des années 50, jouant et enregistrant avec les plus grands chefs d'orchestre.

    Le "trompettiste du siècle", selon le commentaire du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à l'hôpital de Bayonne, près d'Urrugne (Pyrénées-Atlantiques) où il résidait.

    Sa famille n'a pas souhaité communiquer les causes de son décès.

    Initié par son père, un passionné de musique classique qui fut son premier professeur, Maurice André a intégré le Conservatoire de Paris en 1951, à l'âge de 18 ans, première étape d'une carrière jalonnée de prix et de récompenses.

    Le jeune homme au souffle inépuisable s'impose rapidement comme la figure de proue d'une brillante école française en tant que soliste aux concerts de l'Orchestre Lamoureux et à l'Orchestre philharmonique de l'ORTF.


    Loué pour sa délicatesse, le musicien a donné une popularité nouvelle à son instrument, en introduisant la trompette piccolo pour le répertoire baroque, en revisitant des partitions classiques et en incitant des compositeurs à écrire pour son instrument, comme André Jolivet, Marcel Landowski ou Henri Tomasi.Sa carrière internationale décolle en 1963, quand le virtuose, déjà vainqueur du concours de Genève en 1954, remporte le prestigieux concours international de Munich. Il a alors 30 ans et sa renommée ne connaît plus de frontières.

    "Il a permis la renaissance d'un grand répertoire de la trompette", indique à l'AFP son disciple, Guy Touvron, auteur d'une biographie en 2003 intitulée "Une trompette pour la renommée" (éditions du Rocher).

    "Il voulait que la trompette devienne l'égale du piano ou du violon", a renchéri Frédéric Mitterrand dans un communiqué.

    Maurice André a eu à coeur de transmettre son art, à la centaine de trompettistes qu'il a formés en tant que professeur au Conservatoire de Paris comme au grand public, grâce à l'émission de télévision "Le grand échiquier".

    Sa discographie comprend plus de 250 disques dont des dizaines d'or et de platine, mêlant des registres variés.

    "La trompette est un instrument difficile", constatait-il dans les colonnes du Monde en 2003.

    "Elle suscite des réactions ambivalentes, elle qui a gardé son usage guerrier, le goût du triomphe et de la parade, de ses origines bibliques l'image de l'Apocalypse. Mais elle sait aussi faire danser les filles dans les bals populaires!", ajoutait celui qui a reçu trois Victoires de la musique classique.

    Maurice André, dont les enfants Béatrice et Nicolas sont également musiciens, avait fait ses adieux en 2004, même s'il avait ensuite rejoué ponctuellement.

    Retiré au Pays basque depuis les années 90, à Saint-Jean-de-Luz puis à Urrugne, ce passionné de sculpture sur bois s'y faisait discret, ne participant pas à la vie publique, selon la municipalité de Saint-Jean-de-Luz.

    "Celui qui était reconnu comme +le plus grand trompettiste du monde+ laisse un vide immense dans des millions de foyers français où, grâce à son talent et à sa simplicité légendaire, il avait fait entrer, parfois pour la première fois, la musique classique", a estimé le président de la République Nicolas Sarkozy.


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