• Auguste Rodin, le créateur du Penseur est né il y a 172 ans

    <figure class="fig-photo fig-photo-norwd"> L'entrée du Musée consacré à Auguste Rodin à Meudon. (Le musée Rodin Meudon)<figcaption class="fig-media-legende" itemprop="description"></figcaption> </figure>

    Le sculpteur français, connu aussi bien pour ses oeuvres que pour sa relation avec Camille Claudel, est né le 12 novembre 1840 et mort le 17 novembre 1917.

     
     
     
     
     
     

    Auguste Rodin est l'un des sculpteurs français les plus connus. L'auteur notamment de la célèbre statue du Penseur, était né le 12 novembre 1840 à Paris, il y a 172 ans.

    Tout n'était pas joué d'avance pour le jeune Auguste, qui échoua trois fois au concours des Beaux-Arts dans la section sculpture. Son travail était jugé non-conforme au respect de la tradition néo-classique dominante de l'époque. Sa première oeuvre, Rodin l'a sculptée à vingt ans. Il s'agit un buste de son père, Jean-Baptiste, pourtant réservé quant à la carrière artistique de son fils. Cette pièce ne fut jamais exposée du vivant de l'artiste.

    Deux femmes dans sa vie

    Auguste Rodin rencontra très jeune la femme qui partagea toute sa vie, Rose Beuret. Il partit avec elle à Bruxelles, où il débuta sa carrière en collaborant beaucoup avec le sculpteur Albert Ernest Carrier-Belleuse. Ensemble, ils s'attelèrent à la décoration de nombreux bâtiments publics, comme le palais des Académies de Bruxelles. Ses matériaux de prédiléctions étaient principalement le marbre et le bronze.

     Le Buste de Rodin , par Camille Claudel. (musée-rodin.fr) Le Buste de Rodin, par Camille Claudel. (musée-rodin.fr)
     

    En 1883, Auguste Rodin fit une rencontre qui bouleversa sa vie: Camille Claudel. D'abord une élève très talentueuse, la jeune femme devint vite sa muse et sa maîtresse. Les deux artistes vécurent une relation compliquée et quelque peu tumultueuse, mais passionnée. Ils se rendirent des hommages respectifs: elle en sculptant Le Buste de Rodin, lui avec notamment Camille aux cheveux courts et Masque de Camille, deux oeuvres déstinées initialement à sa Porte de l'Enfer.

    Ses oeuvres rassemblées à l'Hôtel Biron

    L'État Français lui commanda Le Baiser pour son exposition universelle de 1900, à Paris. En marge de celle-ci , le sculpteur organisa son propre événement avec uniquement ses oeuvres et connut un grand succès. Et c'est en 1904 que Rodin réalisa sa pièce majeure: Le Penseur.

    Au début de l'année 1917, il épousa Rose Beuret alors mourante. Elle décèda quelques jours plus tard, et Auguste Rodin la rejoignit à la fin de l'année, le 17 novembre, à Meudon. Il y est enterré, aux côtés de sa femme, qui lui a été fidèle toute sa vie malgré sa relation avec Camille Claudel. Une statue d'un penseur trône sur leur tombe.

    Un musée à son honneur a a ouvert le 4 août 1919 à Paris, dans l'Hôtel Biron que Rodin occupait depuis 1908 comme locataire. Situé dans le VIIe arrondissement, cet espace d'exposition aussi bien intérieur qu'extérieur, abrite les plus grandes oeuvres de l'artiste, notamment la statue du Penseur, l'inquiétante Porte de l'Enfer ou encore ses oeuvres dédiées à ses deux muses: Rose et Camille.


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  • Camille CLAUDEL, 1864-1943

    Fille d'un conservateur des hypothèques, Camille Claudel naît le 8 décembre 1864 à Fères-en-Tardenois, petite cité de l'Aisne. Elle passe son enfance à Villeneuve-sur-Fère, habitant le presbytère que son grand-père, le docteur Athanase Cerveaux, avait acquis. Aînée de quatre ans de Paul Claudel, elle impose à celui-ci, ainsi qu'à leur soeur Louise, sa forte personnalité. D'après Paul, ayant annoncé son désir d'être sculpteur, elle prévoyait aussi que Paul serait écrivain et Louise musicienne.

    Très tôt convaincue de sa vocation de sculpteur, elle obtient, en 1881, d'aller à Paris faire ses études. Elle entre alors à l'Académie Colarossi et y a pour maître d'abord Alfred Boucher puis Auguste Rodin. C'est de cette époque que datent les premières oeuvres qui nous sont connues : La Vieille Hélène (Coll. Part.) ou Paul à treize ans. (Châteauroux) Rodin, impressionné par la solidité de son travail, la fait entrer comme praticienne à son atelier de la rue de l'Université en 1885 et c'est ainsi qu'elle collabora à l'exécution des Portes de l'Enfer et au monument des Bourgeois de Calais.

    Ayant quitté sa famille pour l'amour de Rodin, elle travaille plusieurs années au service du maître et aux dépens de sa propre création. Parfois les créations de l'un et de l'autre sont si proches qu'on ne sait qui du maître ou de l'élève a inspiré l'un ou copié l'autre. De plus, Camille Claudel se heurte très vite à deux difficultés majeures: d'une part, Rodin ne peut se résoudre à quitter Rose Beuret, sa compagne dévouée des débuts difficiles et d'autre part, certains affirment que ses oeuvres sont exécutées par le maître lui-même.
    Elle tente de s'éloigner et l'on perçoit bien cette tentative d'autonomie (1890-94), tant dans le choix des thèmes que dans le traitement, avec des oeuvres comme La Valse (Paris, Musée Rodin) ou La Petite Châtelaine (Paris, Musée Rodin). Cette mise à distance va jusqu'à la rupture définitive en 1898.
    Blessée et désorientée, Camille Claudel voue alors à Rodin un amour-haine qui la mènera à la paranoïa et l'enfermement psychiatrique. La rupture est narrativisée dans l'oeuvre à juste titre célèbre qu'est l'Age mûr.(Paris, Musée d'Orsay).

    Elle s'installe alors 19 quai Bourbon et poursuit sa quête artistique dans une grande solitude malgré l'appui de critiques comme Octave Mirbeau, Mathias Morhardt, Louis Vauxcelles ou du fondeur Eugène Blot. Celui-ci organise deux grandes expositions, espérant la reconnaissance donc un bénéfice moral et financier pour Camille Claudel. La critique est élogieuse mais Camille Claudel est déjà trop malade pour en être réconfortée.

    Après 1905, les périodes paranoïaques de Camille Claudel se multiplient et s'accentuent. Selon elle, Rodin retient ses sculptures pour les mouler et se les faire attribuer, l'inspecteur des Beaux-Arts est à la solde du maître, des inconnus veulent pénétrer chez elle pour lui dérober ses oeuvres. Elle vit alors dans une grande détresse physique et morale, ne se nourrissant plus et se méfiant de tous.

    Son père, son soutien de toujours, meurt le 3 mars 1913 et elle est internée le 10 mars à Ville-Evrard puis transférée, à cause de la guerre, à l'hôpital de Montdevergues situé sur la commune de Montfavet à côté d'Avignon (84), hôpital qui est d'ailleurs toujours en activité. Elle y meurt trente ans plus tard, le 19 octobre 1943.

    Camille Claudel, la Petite Châtelaine, 1892-1896. Marbre


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  • News publiée Hier, Le Mercredi 22 Janvier 2014 à 21:05

     
     

    François Deguelt, Le ciel, le soleil et la mer, 1965

    • François Deguelt, Le ciel, le soleil et la mer, 1965
    •  François Deguelt, le 19 août 1986
    • François Deguelt à l'Eurovision en 1960 avec Ce soir-là
    • François Deguelt
    • François Deguelt, Minuit, le vent, la nuit
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    Il avait coutume d'accompagner les départs en vacances, mais François Deguelt ne le fera plus. L'inoubliable chanteur de Le ciel, le soleil et la mer est mort ce 22 janvier 2014, il avait 82 ans.

    Ce tube incontournable de la discographie française l'avait propulsé sur le devant de la scène en 1965, lui qui connaissait déjà un joli succès depuis le début des années 50. François Deguelt, né Louis Deguelt, avait vu le jour le 4 décembre 1932 à Tarbes avant d'être élevé en Charente par sa grand-mère.

    Alors qu'il prépare une licence de philosophie, il plaque tout en 1951 pour rejoindre un cabaret de Montmartre, le Tire-Bouchon et se lancer dans une carrière musicale. Deux ans plus tard, cet auteur, compositeur et interprète, se produit à la radio dans la fameuse émission de Francis Claude sur Paris-Inter et enchaine avec une tournée avec l'émission Reine d'un Jour.

    En 1956, François Deguelt est récompensé du prix de l'Académie Charles-Cros, une association française créée en 1947 par un groupe de critiques et de spécialistes du disque qui récompense des oeuvres musicales originales dans le domaine de la musique populaire. Après un passage par l'Algérie où il sert sous le drapeau français en 1958 dans le cadre de son service militaire, il écume les salles parisiennes comme Bobino, l'Olympial'ABC, avant de connaître le succès avec Le ciel, le soleil et la mer.

    Entre temps, le chanteur à la voix suave et grave participera à deux reprises à l'Eurovision sous les couleurs de Monaco, terminant à la troisième et seconde place en 1960 et 1962. Outre son titre phare, on compte de nombreux succès populaires dans la discographie de François Deguelt, comme Je te tendrai les bras, Ce soir-là, Minuit, le vent, la nuit, Le Printemps, C'était nous ou encore Paris, c'est trop loin de la mer.

    Chanteur reconnu, il participa également à la première tournée Âge tendre et tête de bois en 2006 avant d'en être le présentateur, il continuait néanmoins à assurer des concerts partout en France et à l'étranger.

    Marié un temps à l'actrice Dora Doll avec qui il vécu du côté d'Auffargis, près de Rambouillet, il passa le plus clair de son temps sur un bateau amarré à Sainte-Maxime, dans le Var.


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  • Louis Braille

    A l'occasion du bicentenaire de Louis Braille, une visite de sa maison natale, ouverte toute l'année, pourrait être l'occasion pour tous de découvrir où il vivait, qui il était, et de rendre hommage à l' inventeur génial du système d'écriture qui a radicalement changé la vie des aveugles .

    Le village de Coupvray

    Le village de Coupvray, situé entre Lagny et Meaux, est une bourgade rurale dans un environnement préservé et protégé , située à 40 kilomètres à l'est de Paris .
    Ce village qui a conservé son authenticité est constitué de maisons typiquement briardes comme celle de Louis Braille.
    Au centre, la place arborée abrite l'église Saint-Pierre où il fût baptisé le 8 janvier 1809, la mairie et le monument élevé à sa mémoire en 1887 par le sculpteur Etienne Leroux

    Statue de Louis Braille élevée en 1887

    Plus excentré, le cimetière où il fût enterré le 10 janvier 1852, à côté de son père et de sa sœur Marie .
    Sur sa tombe aujourd'hui, se trouve une petite urne contenant une relique de ses mains .
    En 1952, son corps fut transféré au Panthéon, en hommage national.
    A l'école de Coupvray, il suit une scolarité brillante jusqu'à l'âge de dix ans, très entouré par sa famille, son instituteur Antoine Becheret et l'abbé Palluy qui fut un des premiers à combattre l'exclusion des aveugles, très marquée à cette époque.
    En 1819, sur les conseils de l'abbé et de l' instituteur et afin de bénéficier d'un enseignement digne de ses capacités, il quitte l'école de Coupvray pour une école spécialisée à Paris .

    La maison natale

    maison de Louis Braille
    plaque posée en 1952 sur la maison où l'on peut lire :

    Sa maison se situe à l'extrémité du village dans la rue rebaptisée "rue Louis Braille" (autrefois le Chemin des Buttes).
    Il y naît le 4 janvier 1809 et y vécut jusqu'à l'âge de 10 ans.
    Il revint dans sa famille régulièrement jusqu'à la fin de sa vie.
    Cette maison briarde typique a conservé son aspect authentique, paysan, massif. Elle est aujourd'hui classée monument historique.
    La commune de Coupvray, actuel propriétaire en a fait le musée Louis Braille en 1952, avec l'Organisation Mondiale des Aveugles et le Comité Louis Braille.
    Dans cette maison, le père de Louis Braille exerçait le métier de bourrelier.
    Son atelier est aujourd'hui conservé comme au XVIII ème siècle et c'est par cette pièce que commence la visite.

    photo de l'atelier

    C'est dans cet atelier que Louis, âgé de trois ans, se blessa un œil, en voulant utiliser les outils de son père.
    A une époque où les soins étaient insuffisants, l'infection gagna l'autre œil et il perdit définitivement la vue à l'âge de cinq ans.
    Une peinture d'André Harfort accrochée au mur, retrace l'accident de 1812.

    peinture de l'atelier retraçant l'accident

    La visite se poursuit par la salle commune, pièce à vivre de cette famille qui comptait quatre enfants (Monique-Catherine, Louis-Simon, Marie-Céline et Louis, le benjamin.)

    la salle commune
    la salle commune

    Tout ici est typiquement briard et chaque objet évoque la vie quotidienne de cette époque: l'évier, le four à pain, la niche à fromage, l'âtre, l'alcôve( lit briard avec encadrement en chêne ).
    En passant par le jardin, on atteint à l'étage la salle du haut est consacrée aux inventions liées à l'écriture braille.
    On peut y voir les premières tablettes braille, une machine à écrire le braille, un appareil d'écriture courante assez inconnue: le raphigraphe avec lequel Louis Braille écrivit à sa famille,et d'autres objets directement liés à sa vie ou à son œuvre
    Chaque visiteur peut ici faire un essai d'écriture en relief à l'aide d'une tablette et d'un poinçon.

    Sa vie, son œuvre.

    Ayant quitté son village natal, c'est à l'Institution Royale des Aveugles, située au 68, rue Saint-Victor à Paris, école fondée par Valentin Haüy, qu'il étudie de 10 à 17 ans, puis qu'il enseigne.
    En 1819, malgré la séparation difficile avec sa famille, il a immédiatement beaucoup de plaisir à apprendre. Brillant en tout, en particulier en musique, il apprend le piano puis quelques temps après l'orgue.
    En 1821, un capitaine de l'armée, Charles Barbier de La Serre, vient exposer à l'école un système d'écriture utilisé par l'armée pour permettre aux militaires de communiquer la nuit.
    Ce système basé sur l'écriture en relief des sons, appelé aussi sonographie, incomplet mais très novateur, intéresse Louis Braille au plus haut point, qui cherche alorsà améliorer ce système en remplaçant les sons par des lettres, en ajoutant des caractères manquants comme les notes de musique, certains symboles mathématiques, la ponctuation.
    Le directeur d'établissement , le Dr Pignier, jeune, dynamique et sensible à la condition des aveugles, lui apporte son soutien dans ses recherches.

    Les inventions de Louis Braille

     
    • L'écriture braille

    Louis Braille a travaillé à l'élaboration de son système d'écriture à partir de l'âge de douze ans. Entre 12 et 16 ans il va mettre au point une première version du Braille.
    En 1829 sort la première édition de l'ouvrage sur sa méthode dont la version définitive sera achevée en 1837 et qui sera peu à peu reconnue et définitivement adoptée par les aveugles du monde entier en 1844. Elle est encore universellement utilisée aujourd'hui

     
    Dans l'alphabet Braille chaque caractère( lettre , chiffre, ponctuation etc..) comporte 6 points en relief ou points saillants disposés sur 2 colonnes de 3 points.
    L'apprentissage du braille utilise l'image suivante: Les points du haut correspondent à nos épaules, les deux points situés au milieu, à nos hanches et les deux points du bas, à nos genoux.
    Avec 63 combinaisons possibles, ce système permet la représentation très complète de tous les caractères usuels
    l'alphabet braille complet

     

     

     

    On lit ces 6 points en relief, regroupés sur la feuille (la distance entre deux points est de 2 à 2,5 mm) par le passage de l'index sur la ligne d'écriture.

    • Le Raphigraphe

    le raphigraphe

    Pour communiquer avec les voyants, Louis Braille invente également un système d'écriture, le décapoint , constitué d'une tablette et d'une grille numérotée servant de repère.
    En 1839 afin d'optimiser ce procédé peu rapide, il met au point le raphigraphe ou planche à pistons avec François-Pierre Foucault, un de ses compagnons d'école.
    L'unique poinçon est alors remplacé par dix pointes à ressorts. C' est le précurseur de l'imprimante à aiguille.
    Les caractères de l'alphabet classique (utilisé par les voyants) sont formés par une succession de points imprimés et en relief sur le papier, à l'aide de petites pointes encrées. Une manivelle fait avancer l'appareil, pour former les mots. Ce système demandait une grande connaissance des différentes combinaisons de touches .
    Certaines lettres, exposées au musée laissent admiratif par la perfection de l'écrit réalisé.
    Le raphigraphe a été utilisé pendant plus de cinquante ans avant l'apparition de la machine à écrire.

    La fin de sa vie

    En 1835, Louis Braille atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. En grande partie due à l'insalubrité des locaux de l'Institut de la rue Saint-Victor, cette maladie s'aggrave au fil des années.
    En 1847, une légère amélioration de son état de santé lui permet de reprendre l'enseignement qu'il avait abandonné.
    Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans.
    Il reposera à Coupvray avant d'être transféré au Panthéon en 1952.

    Renseignements pratiques

    -Comment se rendre à Coupvray:

    plan pour se rendre à Coupvray

    Il est conseillé de commencer la visite par le bas du village.
    En venant de Lesches ( route départementale n° 45 ), la maison de Louis Braille se trouve à droite après le pont du canal.
    Poursuivre la visite par l'église et le monument au centre du village, enfin le cimetière communal en quittant le village par la route de Chalifert.

    -Heures d'ouverture du musée

    • horaires d'été
      du 1er avril au 30 septembre:

      horaires : 10 h-12h et 14 h-18 h .
      tous les jours sauf lundi
      visite guidée toutes les heures
    • horaires d'hiver
      du 1er octobre au 31 mars:

      Horaires: 14h-17h.
      tous les jours sauf lundi - vendredi sur rendez-vous

     

    -Renseignements

    MAISON NATALE DE LOUIS BRAILLE
    13 rue louis braille
    77700 COUPVRAY

    TEL & FAX :01.60.04.82.80
    courriel: musee.louisbraille@orange.fr


    Informations sur le site de la ville de Coupvray


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    Edouard Molinaro, artisan modeste du cinéma français, est décédé

     

    Le cinéaste Edouard Molinaro, réalisateur de

    Paris (AFP) - Quinze jours après Georges Lautner, le cinéma français grand public a perdu un autre de ses réalisateurs emblématiques, Edouard Molinaro, décédé samedi à l'âge de 85 ans, après avoir signé des succès comme "Oscar", "L'Emmerdeur" et surtout "La cage aux folles".

    Le réalisateur est décédé d'une insuffisance pulmonaire à l'hôpital Tenon, a-t-on précisé dans son entourage.

    La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a salué un "de ces grands professionnels passionnés dont la diversité du talent s'est exprimée aussi bien en court qu'en long métrage ou à la télévision".

    "Dans le divertissement comme dans des registres plus graves, il visait bien, c’est-à-dire toujours haut, et touchait juste", a souligné la ministre dans un communiqué.

    "Edouard Molinaro avait imposé sa marque sur le grand cinéma populaire, avec un ton joyeux et attachant, vif et allègre", a pour sa part déclaré Frédérique Bredin, présidente du CNC.

    "Il promenait sur l'univers du cinéma un regard d'un grande intelligence, d'une grande culture avec un léger désenchantement", a dit sur France-Info Fabrice Lucchini, qui avait tourné avec lui dans "Beaumarchais, l'Insolent" (1996).

    Né à Bordeaux le 13 mai 1928, dans une famille bourgeoise, Edouard Molinaro était réputé pour la précision de son travail, mais aussi pour sa très grande modestie.

    Au début de sa carrière, il avait été classé dans la "nouvelle vague", à la fin des années cinquante, avant de se lancer vers vaudevilles et comédies avec plusieurs monstres sacrés comme Louis de Funès, Lino Ventura ou encore Jacques Brel.

    C'est l'adaptation, en 1978, de "La Cage aux folles", de Jean Poiret, avec Michel Serrault et Ugo Tognazzi, qui lui apportera son plus grand succès commercial, immortalisé par la scène de "la biscotte". Le film fut plébiscité jusqu’aux Etats-Unis, avec deux nominations aux Oscars.

    Pas 'un grand amateur de vaudeville'

    Autodidacte, passé par la réalisation de plusieurs documentaires, il aborde le long métrage par le polar. "Le Dos au mur", en 1957, avec Jeanne Moreau et Gérard Oury, est l'adaptation d'un roman policier de Frédéric Dard.

    Suivront "Des Femmes disparaissent" (1958), avec Robert Hossein et Magali Noël, puis "Un Témoin dans la ville" (1959) avec Lino Ventura.

    Après "La Mort de Belle" (1960), d'après un roman de Georges Simenon, Edouard Molinaro amorce sa reconversion dans la comédie grand public.

    Louis de Funès lui assure le succès populaire avec "Oscar" en 1967, et dans une moindre mesure "Hibernatus", en 1969.

    Pourtant les rapports entre les deux hommes étaient pour le moins houleux, comme le racontait Edouard Molinaro dans un entretien à Télérama en janvier dernier.

    "Je n'étais pas très heureux sur ce film", avait-il confié, avouant ne pas être "un grand amateur de vaudeville". A propos d'"Hibernatus", il dira : "un cauchemar dès l'écriture du film".

    "L'Emmerdeur", avec le duo Jacques Brel - Lino Ventura, sera un autre de ses succès populaires, en 1973.

    Dans les années 90, Edouard Molinaro continue à adapter des pièces de théâtre pour le grand écran, comme "Le Souper" (1992), avec Claude Brasseur et Claude Rich.

    Mais il se tourne alors surtout vers la télévision, réalisant des téléfilms (les "Claudine", "Au bon beurre", "Nana", "Une famille pas comme les autres") ou des épisodes de séries ("H", "Navarro", "Le Tuteur").

    Il avait à son actif une cinquantaine de films pour le cinéma et la télévision.

    Pour Pierre Arditi, interrogé par France Info, Edouard Molinaro, "appartenait à cette catégorie de cinéastes qu'on appelait d'une manière péjorative et totalement injustifiée des bons fabricants, comme s'ils n'étaient pas des bons créateurs".


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