• News publiée Hier, Le Mercredi 22 Janvier 2014 à 21:05

     
     

    François Deguelt, Le ciel, le soleil et la mer, 1965

    • François Deguelt, Le ciel, le soleil et la mer, 1965
    •  François Deguelt, le 19 août 1986
    • François Deguelt à l'Eurovision en 1960 avec Ce soir-là
    • François Deguelt
    • François Deguelt, Minuit, le vent, la nuit
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    Il avait coutume d'accompagner les départs en vacances, mais François Deguelt ne le fera plus. L'inoubliable chanteur de Le ciel, le soleil et la mer est mort ce 22 janvier 2014, il avait 82 ans.

    Ce tube incontournable de la discographie française l'avait propulsé sur le devant de la scène en 1965, lui qui connaissait déjà un joli succès depuis le début des années 50. François Deguelt, né Louis Deguelt, avait vu le jour le 4 décembre 1932 à Tarbes avant d'être élevé en Charente par sa grand-mère.

    Alors qu'il prépare une licence de philosophie, il plaque tout en 1951 pour rejoindre un cabaret de Montmartre, le Tire-Bouchon et se lancer dans une carrière musicale. Deux ans plus tard, cet auteur, compositeur et interprète, se produit à la radio dans la fameuse émission de Francis Claude sur Paris-Inter et enchaine avec une tournée avec l'émission Reine d'un Jour.

    En 1956, François Deguelt est récompensé du prix de l'Académie Charles-Cros, une association française créée en 1947 par un groupe de critiques et de spécialistes du disque qui récompense des oeuvres musicales originales dans le domaine de la musique populaire. Après un passage par l'Algérie où il sert sous le drapeau français en 1958 dans le cadre de son service militaire, il écume les salles parisiennes comme Bobino, l'Olympial'ABC, avant de connaître le succès avec Le ciel, le soleil et la mer.

    Entre temps, le chanteur à la voix suave et grave participera à deux reprises à l'Eurovision sous les couleurs de Monaco, terminant à la troisième et seconde place en 1960 et 1962. Outre son titre phare, on compte de nombreux succès populaires dans la discographie de François Deguelt, comme Je te tendrai les bras, Ce soir-là, Minuit, le vent, la nuit, Le Printemps, C'était nous ou encore Paris, c'est trop loin de la mer.

    Chanteur reconnu, il participa également à la première tournée Âge tendre et tête de bois en 2006 avant d'en être le présentateur, il continuait néanmoins à assurer des concerts partout en France et à l'étranger.

    Marié un temps à l'actrice Dora Doll avec qui il vécu du côté d'Auffargis, près de Rambouillet, il passa le plus clair de son temps sur un bateau amarré à Sainte-Maxime, dans le Var.


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  • Louis Braille

    A l'occasion du bicentenaire de Louis Braille, une visite de sa maison natale, ouverte toute l'année, pourrait être l'occasion pour tous de découvrir où il vivait, qui il était, et de rendre hommage à l' inventeur génial du système d'écriture qui a radicalement changé la vie des aveugles .

    Le village de Coupvray

    Le village de Coupvray, situé entre Lagny et Meaux, est une bourgade rurale dans un environnement préservé et protégé , située à 40 kilomètres à l'est de Paris .
    Ce village qui a conservé son authenticité est constitué de maisons typiquement briardes comme celle de Louis Braille.
    Au centre, la place arborée abrite l'église Saint-Pierre où il fût baptisé le 8 janvier 1809, la mairie et le monument élevé à sa mémoire en 1887 par le sculpteur Etienne Leroux

    Statue de Louis Braille élevée en 1887

    Plus excentré, le cimetière où il fût enterré le 10 janvier 1852, à côté de son père et de sa sœur Marie .
    Sur sa tombe aujourd'hui, se trouve une petite urne contenant une relique de ses mains .
    En 1952, son corps fut transféré au Panthéon, en hommage national.
    A l'école de Coupvray, il suit une scolarité brillante jusqu'à l'âge de dix ans, très entouré par sa famille, son instituteur Antoine Becheret et l'abbé Palluy qui fut un des premiers à combattre l'exclusion des aveugles, très marquée à cette époque.
    En 1819, sur les conseils de l'abbé et de l' instituteur et afin de bénéficier d'un enseignement digne de ses capacités, il quitte l'école de Coupvray pour une école spécialisée à Paris .

    La maison natale

    maison de Louis Braille
    plaque posée en 1952 sur la maison où l'on peut lire :

    Sa maison se situe à l'extrémité du village dans la rue rebaptisée "rue Louis Braille" (autrefois le Chemin des Buttes).
    Il y naît le 4 janvier 1809 et y vécut jusqu'à l'âge de 10 ans.
    Il revint dans sa famille régulièrement jusqu'à la fin de sa vie.
    Cette maison briarde typique a conservé son aspect authentique, paysan, massif. Elle est aujourd'hui classée monument historique.
    La commune de Coupvray, actuel propriétaire en a fait le musée Louis Braille en 1952, avec l'Organisation Mondiale des Aveugles et le Comité Louis Braille.
    Dans cette maison, le père de Louis Braille exerçait le métier de bourrelier.
    Son atelier est aujourd'hui conservé comme au XVIII ème siècle et c'est par cette pièce que commence la visite.

    photo de l'atelier

    C'est dans cet atelier que Louis, âgé de trois ans, se blessa un œil, en voulant utiliser les outils de son père.
    A une époque où les soins étaient insuffisants, l'infection gagna l'autre œil et il perdit définitivement la vue à l'âge de cinq ans.
    Une peinture d'André Harfort accrochée au mur, retrace l'accident de 1812.

    peinture de l'atelier retraçant l'accident

    La visite se poursuit par la salle commune, pièce à vivre de cette famille qui comptait quatre enfants (Monique-Catherine, Louis-Simon, Marie-Céline et Louis, le benjamin.)

    la salle commune
    la salle commune

    Tout ici est typiquement briard et chaque objet évoque la vie quotidienne de cette époque: l'évier, le four à pain, la niche à fromage, l'âtre, l'alcôve( lit briard avec encadrement en chêne ).
    En passant par le jardin, on atteint à l'étage la salle du haut est consacrée aux inventions liées à l'écriture braille.
    On peut y voir les premières tablettes braille, une machine à écrire le braille, un appareil d'écriture courante assez inconnue: le raphigraphe avec lequel Louis Braille écrivit à sa famille,et d'autres objets directement liés à sa vie ou à son œuvre
    Chaque visiteur peut ici faire un essai d'écriture en relief à l'aide d'une tablette et d'un poinçon.

    Sa vie, son œuvre.

    Ayant quitté son village natal, c'est à l'Institution Royale des Aveugles, située au 68, rue Saint-Victor à Paris, école fondée par Valentin Haüy, qu'il étudie de 10 à 17 ans, puis qu'il enseigne.
    En 1819, malgré la séparation difficile avec sa famille, il a immédiatement beaucoup de plaisir à apprendre. Brillant en tout, en particulier en musique, il apprend le piano puis quelques temps après l'orgue.
    En 1821, un capitaine de l'armée, Charles Barbier de La Serre, vient exposer à l'école un système d'écriture utilisé par l'armée pour permettre aux militaires de communiquer la nuit.
    Ce système basé sur l'écriture en relief des sons, appelé aussi sonographie, incomplet mais très novateur, intéresse Louis Braille au plus haut point, qui cherche alorsà améliorer ce système en remplaçant les sons par des lettres, en ajoutant des caractères manquants comme les notes de musique, certains symboles mathématiques, la ponctuation.
    Le directeur d'établissement , le Dr Pignier, jeune, dynamique et sensible à la condition des aveugles, lui apporte son soutien dans ses recherches.

    Les inventions de Louis Braille

     
    • L'écriture braille

    Louis Braille a travaillé à l'élaboration de son système d'écriture à partir de l'âge de douze ans. Entre 12 et 16 ans il va mettre au point une première version du Braille.
    En 1829 sort la première édition de l'ouvrage sur sa méthode dont la version définitive sera achevée en 1837 et qui sera peu à peu reconnue et définitivement adoptée par les aveugles du monde entier en 1844. Elle est encore universellement utilisée aujourd'hui

     
    Dans l'alphabet Braille chaque caractère( lettre , chiffre, ponctuation etc..) comporte 6 points en relief ou points saillants disposés sur 2 colonnes de 3 points.
    L'apprentissage du braille utilise l'image suivante: Les points du haut correspondent à nos épaules, les deux points situés au milieu, à nos hanches et les deux points du bas, à nos genoux.
    Avec 63 combinaisons possibles, ce système permet la représentation très complète de tous les caractères usuels
    l'alphabet braille complet

     

     

     

    On lit ces 6 points en relief, regroupés sur la feuille (la distance entre deux points est de 2 à 2,5 mm) par le passage de l'index sur la ligne d'écriture.

    • Le Raphigraphe

    le raphigraphe

    Pour communiquer avec les voyants, Louis Braille invente également un système d'écriture, le décapoint , constitué d'une tablette et d'une grille numérotée servant de repère.
    En 1839 afin d'optimiser ce procédé peu rapide, il met au point le raphigraphe ou planche à pistons avec François-Pierre Foucault, un de ses compagnons d'école.
    L'unique poinçon est alors remplacé par dix pointes à ressorts. C' est le précurseur de l'imprimante à aiguille.
    Les caractères de l'alphabet classique (utilisé par les voyants) sont formés par une succession de points imprimés et en relief sur le papier, à l'aide de petites pointes encrées. Une manivelle fait avancer l'appareil, pour former les mots. Ce système demandait une grande connaissance des différentes combinaisons de touches .
    Certaines lettres, exposées au musée laissent admiratif par la perfection de l'écrit réalisé.
    Le raphigraphe a été utilisé pendant plus de cinquante ans avant l'apparition de la machine à écrire.

    La fin de sa vie

    En 1835, Louis Braille atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. En grande partie due à l'insalubrité des locaux de l'Institut de la rue Saint-Victor, cette maladie s'aggrave au fil des années.
    En 1847, une légère amélioration de son état de santé lui permet de reprendre l'enseignement qu'il avait abandonné.
    Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans.
    Il reposera à Coupvray avant d'être transféré au Panthéon en 1952.

    Renseignements pratiques

    -Comment se rendre à Coupvray:

    plan pour se rendre à Coupvray

    Il est conseillé de commencer la visite par le bas du village.
    En venant de Lesches ( route départementale n° 45 ), la maison de Louis Braille se trouve à droite après le pont du canal.
    Poursuivre la visite par l'église et le monument au centre du village, enfin le cimetière communal en quittant le village par la route de Chalifert.

    -Heures d'ouverture du musée

    • horaires d'été
      du 1er avril au 30 septembre:

      horaires : 10 h-12h et 14 h-18 h .
      tous les jours sauf lundi
      visite guidée toutes les heures
    • horaires d'hiver
      du 1er octobre au 31 mars:

      Horaires: 14h-17h.
      tous les jours sauf lundi - vendredi sur rendez-vous

     

    -Renseignements

    MAISON NATALE DE LOUIS BRAILLE
    13 rue louis braille
    77700 COUPVRAY

    TEL & FAX :01.60.04.82.80
    courriel: musee.louisbraille@orange.fr


    Informations sur le site de la ville de Coupvray


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    Edouard Molinaro, artisan modeste du cinéma français, est décédé

     

    Le cinéaste Edouard Molinaro, réalisateur de

    Paris (AFP) - Quinze jours après Georges Lautner, le cinéma français grand public a perdu un autre de ses réalisateurs emblématiques, Edouard Molinaro, décédé samedi à l'âge de 85 ans, après avoir signé des succès comme "Oscar", "L'Emmerdeur" et surtout "La cage aux folles".

    Le réalisateur est décédé d'une insuffisance pulmonaire à l'hôpital Tenon, a-t-on précisé dans son entourage.

    La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a salué un "de ces grands professionnels passionnés dont la diversité du talent s'est exprimée aussi bien en court qu'en long métrage ou à la télévision".

    "Dans le divertissement comme dans des registres plus graves, il visait bien, c’est-à-dire toujours haut, et touchait juste", a souligné la ministre dans un communiqué.

    "Edouard Molinaro avait imposé sa marque sur le grand cinéma populaire, avec un ton joyeux et attachant, vif et allègre", a pour sa part déclaré Frédérique Bredin, présidente du CNC.

    "Il promenait sur l'univers du cinéma un regard d'un grande intelligence, d'une grande culture avec un léger désenchantement", a dit sur France-Info Fabrice Lucchini, qui avait tourné avec lui dans "Beaumarchais, l'Insolent" (1996).

    Né à Bordeaux le 13 mai 1928, dans une famille bourgeoise, Edouard Molinaro était réputé pour la précision de son travail, mais aussi pour sa très grande modestie.

    Au début de sa carrière, il avait été classé dans la "nouvelle vague", à la fin des années cinquante, avant de se lancer vers vaudevilles et comédies avec plusieurs monstres sacrés comme Louis de Funès, Lino Ventura ou encore Jacques Brel.

    C'est l'adaptation, en 1978, de "La Cage aux folles", de Jean Poiret, avec Michel Serrault et Ugo Tognazzi, qui lui apportera son plus grand succès commercial, immortalisé par la scène de "la biscotte". Le film fut plébiscité jusqu’aux Etats-Unis, avec deux nominations aux Oscars.

    Pas 'un grand amateur de vaudeville'

    Autodidacte, passé par la réalisation de plusieurs documentaires, il aborde le long métrage par le polar. "Le Dos au mur", en 1957, avec Jeanne Moreau et Gérard Oury, est l'adaptation d'un roman policier de Frédéric Dard.

    Suivront "Des Femmes disparaissent" (1958), avec Robert Hossein et Magali Noël, puis "Un Témoin dans la ville" (1959) avec Lino Ventura.

    Après "La Mort de Belle" (1960), d'après un roman de Georges Simenon, Edouard Molinaro amorce sa reconversion dans la comédie grand public.

    Louis de Funès lui assure le succès populaire avec "Oscar" en 1967, et dans une moindre mesure "Hibernatus", en 1969.

    Pourtant les rapports entre les deux hommes étaient pour le moins houleux, comme le racontait Edouard Molinaro dans un entretien à Télérama en janvier dernier.

    "Je n'étais pas très heureux sur ce film", avait-il confié, avouant ne pas être "un grand amateur de vaudeville". A propos d'"Hibernatus", il dira : "un cauchemar dès l'écriture du film".

    "L'Emmerdeur", avec le duo Jacques Brel - Lino Ventura, sera un autre de ses succès populaires, en 1973.

    Dans les années 90, Edouard Molinaro continue à adapter des pièces de théâtre pour le grand écran, comme "Le Souper" (1992), avec Claude Brasseur et Claude Rich.

    Mais il se tourne alors surtout vers la télévision, réalisant des téléfilms (les "Claudine", "Au bon beurre", "Nana", "Une famille pas comme les autres") ou des épisodes de séries ("H", "Navarro", "Le Tuteur").

    Il avait à son actif une cinquantaine de films pour le cinéma et la télévision.

    Pour Pierre Arditi, interrogé par France Info, Edouard Molinaro, "appartenait à cette catégorie de cinéastes qu'on appelait d'une manière péjorative et totalement injustifiée des bons fabricants, comme s'ils n'étaient pas des bons créateurs".


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  • Nelson MANDELA
    1918 - 2013
    Découvrez la biographie de Nelson MANDELA
    Homme d'état et Président (Africain du sud)
    Né le 18 juillet 1918
    Décédé le 05 décembre 2013 (à l'âge de 95 ans)




    Nelson Rolihlahla Mandela, né le 18 juillet 1918 à Mvezo dans l'ancien Bantoustan du Transkei à l'est de la province du Cap (actuel Cap-Oriental), est un ancien président de l'Afrique du Sud et fut l'un des dirigeants de la lutte contre l'apartheid.

    En 1993, il reçoit avec le président sud-africain de l'époque, Frederik Willem de Klerk, le Prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement de la démocratie dans le pays.

    Suite à ce combat et à celui qu'il mène actuellement contre le Sida, c'est une personnalité écoutée, particulièrement en Afrique.



    Fils d'une famille royale Thembu Xhosa, Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le village de Qunu, au bord de la rivière Mbashe au Transkei (Cap-Oriental).

    Son père était Hendry Mphakanyiswa Gadla, chef de tribu Xhosa de Tembu. À l'âge de sept ans, Rolihlahla Mandela devint le premier membre de la famille à suivre une scolarité. C'est un professeur méthodiste qui lui donne le prénom occidental de Nelson.

    Son père décède d'une tuberculose alors qu'il n'a que neuf ans. Nelson Mandela est alors envoyé à la mission de Wesleyan.

    Selon la coutume Xhosa, il est initié à l'âge de seize ans et poursuit ses études avec succès à la Clarkebury Boarding Institute. Il obtient son certificat scolaire en deux ans (au lieu de trois habituellement).

    En 1934, Mandela s'inscrit au Collège Wesleyan de Fort Beaufort.



    Diplômé, il rejoint l'université de Fort Hare où il fait la connaissance d'Oliver Tambo, qui devient son ami et collègue. À la fin de sa première année, membre du conseil représentatif des étudiants, il est impliqué dans le boycott du règlement universitaire. Il est alors renvoyé de l'université.

    Suite à un mariage arrangé non souhaité, il s'enfuit à Johannesburg où il passe sa licence par correspondance à l'Université d'Afrique du Sud (UNISA) puis débute des études de droit à l'université du Witwatersrand.

    C'est en 1942 que Nelson Mandela rejoint le Congrès national africain (ANC), membre de l'Internationale Socialiste, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche. En 1944, avec Walter Sisulu et Oliver Tambo, il fonde la plus dynamique ligue de jeunesse de l'ANC.

    Aux élections générales de 1948, la victoire du Parti national Afrikaner entraîne la mise en place de sa nouvelle politique qui fut appelée apartheid.

    En 1952, Mandela, par ailleurs avocat, monte la campagne de défiance contre le gouvernement de Daniel Malan.

    En 1955, alors que le Parti National semble appelé à durer au gouvernement, Mandela participe à la rédaction de la charte de la liberté dont le programme fondamental est la lutte contre la ségrégation raciale et l'apartheid. À cette époque, Mandela et Tambo se sont associés au sein de leur propre cabinet et prodiguent des conseils juridiques gratuits aux noirs les plus pauvres.

    Le 5 décembre 1956, Mandela et 150 autres personnes sont arrêtés et accusés de trahison. Ils sont au bout du compte tous acquittés, grâce aux plaidoiries des avocats et au légalisme pointilleux des tribunaux sud-africains en 1961.

    Après le massacre de Sharpeville où il y a eu 79 morts et 178 blessés en 1960, les appels à la lutte armée sont plus pressants d'autant plus que l'ANC et le Congrès panafricain sont interdits, ses leaders emprisonnés ou assignés à résidence. La stratégie non-violente de l'ANC est abandonnée par Nelson Mandela qui fonde Umkhonto we Sizwe, réseau prônant l'action armée.

    Il fut emprisonné en 1962 puis condamné à cinq ans de prison en 1963, et, après un procès où il contesta la justice d'apartheid, condamné à la détention à perpétuité en 1964 en raison de ses activités politiques clandestines, devenant au fil des années, le plus célèbre et l'un des plus anciens prisonniers politiques.



    Il fut en partie libéré le 7 décembre 1988 et mis en résidence surveillée. Le 5 juillet 1989, il rencontre au Cap le président Pieter Botha. Il fut définitivement libéré le 11 février 1990 sur ordre de Frederik de Klerk qui, pour des raisons politiques, mit fin à la clandestinité de l'ANC, et le sollicita pour maintenir la paix civile en Afrique du Sud. Les deux hommes ont travaillé ensemble pour instaurer la fin de l'apartheid et un régime de transition.

    Il se vit décerner le Prix Nobel de la paix avec le président Frederik de Klerk en 1993. En 1979, il avait reçu le Prix Nehru pour la Paix et en 1989, le Prix Kadhafi des droits de l'Homme.

    À la suite des premières élections démocratiques du 27 avril 1994, remportées largement par l'ANC, Nelson Mandela est élu Président de la république d'Afrique du Sud et prête serment à Pretoria le 10 mai 1994 devant tout le gotha politique international, d'Al Gore à Fidel Castro.

    Il préside au premier gouvernement non racial du pays, en l'occurrence un gouvernement d'union nationale entre l'ANC, le Parti National et le parti zoulou Inkhata.

    Ses deux vice-présidents sont alors Thabo Mbeki et Frederik de Klerk.


    Statue de Nelson Mandela à JohannesburgConformément aux négociations de la période de transition, une commission « vérité et réconciliation » est créée pour entendre des exactions et des crimes commis sous l'apartheid par le gouvernement, les forces de sécurité mais également par les mouvements de libération. Il s'agit de confronter le passé afin de tourner la page historique douloureuse et non de juger les crimes ou exactions constatées qui, le cas échéant, en l'absence de regrets des protagonistes, seront toujours du ressort des tribunaux pénaux.

    Président, Nelson Mandela est davantage un chef d'état qu'un chef de gouvernement: il confie ce rôle à Thabo Mbeki.

    Prônant la réconciliation nationale, il se rend même à Orania pour rencontrer Madame Hendrik Verwoerd et organise une tea party à Pretoria réunissant les épouses des anciens premiers ministres et présidents du pays avec les épouses des anciens prisonniers de Robben Island.

    Internationalement, il redonne une légitimité à l'Afrique du Sud qu'il donne en exemple en matière de réconciliation nationale.

    Son autobiographie Un long chemin vers la liberté est publiée en 1995 et raconte son enfance, son engagement politique, ses longues années de prison et son accession au pouvoir.

    En 1996, le Parti National quitte le gouvernement peu après l'adoption d'une nouvelle constitution.

    Il accepte d'être médiateur de plusieurs négociations de paix, notamment dans l'Afrique des grands lacs.

    En 1997, Mandela quitte la présidence de l'ANC qui échoit à Thabo Mbeki.

    À la fin de son mandat, certains radicaux critiquent l'absence d'efficacité de la politique de son gouvernement dans la lutte contre le SIDA, dans la lutte contre les inégalités raciales ou encore la lenteur des procédures d'indemnisations des noirs spoliés sous l'apartheid.



    En 1999, Thabo Mbeki lui succède à la présidence de la république. Comme il s'y était engagé lors de son élection, Nelson Mandela n'est pas candidat à un second mandat et quitte la vie politique. Pour continuer de lutter pour les valeurs qui lui tiennent à cœur, il fonde la Fondation Nelson Mandela.

    Après son divorce avec Winnie Mandela, Nelson Mandela s'est remarié avec Graça Machel, veuve de l'ancien président du Mozambique, Samora Machel.

    En février 2003, Mandela déclara que les États-Unis étaient « une menace contre la paix dans le monde » et que leur président George W. Bush souhaitait « plonger le monde dans l'holocauste », l'accusant d'ignorer les Nations unies.

    En septembre 2004, il fut plébiscité en tant que première personnalité sud-africaine.

    Nelson Mandela se consacre aujourd'hui à la lutte contre le Sida.

    Le 6 janvier 2005, il annonce publiquement le décès de son fils, Makgatho Mandela âgé de 54 ans, des suites du Sida. Par ce geste, il veut montrer qu'il est temps de briser le tabou qui entoure cette maladie dans de nombreux pays. Il déclare à ce sujet : « Nous ne devons pas dissimuler la cause de la mort des membres de nos familles, que nous respectons, car c'est le seul moyen de pouvoir faire comprendre à la population que le Sida est une maladie ordinaire. C'est pourquoi nous vous avons aujourd'hui fait venir pour annoncer que mon fils était mort du Sida ».

    De nombreuses personnalités et hommes politiques ont vu des membres de leur famille mourir du Sida, mais ils l'ont caché, car cette maladie est considérée comme une honte. Parmi les citoyens lambda, il arrive très souvent que les personnes atteintes soient rejetées par leur entourage, condamnées à mourir seules et isolées.

    En 2006, il reçoit le prix Ambassadeur de la conscience d'Amnesty International.



    En 2007, le président Bush compare la situation en Irak à celle de l'Afrique du Sud et impute le chaos en Irak à Saddam Hussein, ironisant sur le fait que celui-ci avait empêché l'émergence d'un leader unificateur comme Mandela. Il ajoute que « Nelson Mandela est mort parce que Saddam Hussein a tué tous les Mandela », voulant ainsi marquer l'absence d'un Mandela irakien ; des auditeurs crurent alors que Nelson Mandela lui-même était effectivement mort, ce qui fut démenti par la fondation Nelson-Mandela.

    En 2007, Mandela essaie de persuader Mugabe de quitter le pouvoir « plus tôt que plus tard », « avec un minimum de dignité », avant d'être « poursuivi comme l'ancien dictateur Augusto Pinochet ». Il engage les Global Elders avec Kofi Annan comme médiateur, mais Mugabe ne fait aucune réponse à ces approches. En juin 2008, au plus fort de la crise de l'élection présidentielle zimbabwéenne, Nelson Mandela condamne « le tragique manque de leadership » au Zimbabwe.

    Le 18 juillet 2007, à l'initiative du milliardaire Richard Branson et du musicien Peter Gabriel, Nelson Mandela, Graça Machel et Desmond Tutu organisent à Johannesburg une assemblée de dirigeants influents du monde entier qui veulent contribuer, à l'aide de leur expérience et de leur sagesse, à résoudre les problèmes les plus importants de la planète. Nelson Mandela annonce la formation de ce conseil des Global Elders (les anciens, ou sages, universels) dans un discours lors de son quatre-vingt-neuvième anniversaire. Desmond Tutu est président du conseil et ses membres fondateurs incluent également Kofi Annan, Ela Bhatt, Gro Harlem Brundtland, Jimmy Carter, Li Zhaoxing, Mary Robinson et Muhammad Yunus.

    Mandela explique que « ce groupe peut parler librement et avec audace, travaillant aussi bien de manière publique que de manière officieuse sur toutes sortes de mesures qui doivent être prises. Nous travaillerons ensemble pour soutenir le courage là où il y a la peur, pour encourager la négociation là où il y a le conflit, et donner l'espoir là où règne le désespoir ».

    Le quatre-vingt-dixième anniversaire de Nelson Mandela, le 18 juillet 2008, est célébré dans tout le pays avec un concert hommage à Hyde Park dans le cadre de la série de concerts 46664, dont le nom vient du numéro de prisonnier de Mandela. Dans son discours d'anniversaire, Mandela demande aux personnes riches d'aider les pauvres du monde entier.



    Nelson Mandela soutient toujours l'ANC après sa présidence. En 2008, il refuse de se prononcer sur les divisions du parti et annonce qu'il ne soutiendra aucun candidat lors des élections générales de 2009, déclarant qu'il « ne souhaitait pas être mêlé aux combines et aux divisions qui pointent au sein de l'ANC ». Dans un premier temps, il ne fait donc pas de campagne publique pour Jacob Zuma, le président de l'ANC candidat à la présidence du pays, qui fut poursuivi en justice pour plusieurs affaires et qui fait face à une opposition revigorée menée par Helen Zille et au congrès du Peuple, une dissidence d'une faction de l'ANC regroupant d'anciens partisans de Thabo Mbeki. Mais finalement Mandela prend parti en faveur de Zuma à l'occasion de deux rassemblements. Le premier a lieu en février 2009 dans le Cap-Oriental. Par la voix de son petit-fils, Nelson Mandela y confirme son appartenance et son soutien à l'ANC et concrètement son engagement en faveur de Jacob Zuma, ce que refusera de faire Thabo Mbeki. Le second rassemblement en faveur de Zuma auquel Mandela participe, au côté de son ex-femme Winnie Mandela, a lieu le 19 avril 2009, à trois jours des élections générales. Il s'agit alors du dernier grand rassemblement public de l'ANC réunissant quelque cent vingt mille personnes dans un stade de Johannesburg. Dans le discours diffusé qu'il a fait enregistrer, Mandela rappelle au parti ses objectifs principaux qui sont la lutte contre la pauvreté et « la construction d'une société unie et non raciale ».

    En 2010, Winnie Madikizela-Mandela, dans un entretien, reproche à son ancien mari d'avoir accepté de partager le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk et l'accuse d'avoir donné son accord à un mauvais arrangement et ainsi « d'avoir laissé tomber les Noirs et d'avoir favorisé l'économie blanche ». Elle fustige la politique menée lors de sa présidence et l'accuse d'être devenu pendant la période post-présidence « une fondation privée » et « une figure de proue pour sauver les apparences », prenant comme symbole l'élévation d'une grande statue de Nelson Mandela au beau milieu du quartier blanc de Sandton, le plus riche de Johannesburg et non à Soweto, lieu symbolique de la lutte contre l'apartheid. Elle critique également la Commission de la vérité et de la réconciliation qu'il avait autorisée et qui avait estimé en 1997 qu'elle avait « commis des violations grossières des droits de l'homme ». Winnie Madikizela-Mandela nie plus tard avoir accordé une interview.



    La présidence annonce le samedi 08 juin 2013 que l'ex-président sud-africain Nelson Mandela est hospitalisé pour une pneumonie survenue dans la nuit de vendredi à samedi. Son état est jugé grave et sa vie en danger.

    Fin août 2013, la BBC annonce la fin de l'hospitalisation de Mandela, la présidence dément.

    Le président sud-africain Jacob Zuma annonce son décès le 5 décembre 2013 à 22 h 45 lors d'une allocution solennelle. Le chef d'État précise que Mandela est mort « paisiblement » dans sa maison, entouré des siens. Jacob Zuma a également annoncé l'organisation de funérailles nationales, demandant la mise en berne des drapeaux sud-africains à partir du 6 décembre jusqu'après ces funérailles.

    L'ensemble de la communauté internationale s'émeut de la nouvelle, de nombreuses personnalités, dont le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, rendant hommage de façon unanime à Mandela pour les combats qu'il a menés tout au long de sa vie.


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  • Nelson Mandela est mort, annonce le président sud-africain Zuma

    Johannesburg (AFP) - 05.12.2013 21:56

    Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, est mort à l'âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé jeudi soir le président sud-africain Jacob Zuma en direct à la télévision publique.

    voir le zoom : L'ancien président sud-africain Nelson Mandela, photographié le 25 août 2010L'ancien président sud-africain Nelson Mandela, photographié le 25 août 2010
    afp.com - Debbie Yazbek

    Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, est mort à l'âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé jeudi soir le président sud-africain Jacob Zuma en direct à la télévision publique.

    Nelson Mandela "s'est éteint", a déclaré M. Zuma, avant de rendre un long hommage à l'ancien président sud-africain. "Notre cher Madiba aura des funérailles d'Etat", a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu'aux obsèques.


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