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    France Gall Biographie


    Isabelle Gall nait le 9 octobre 1947 à Paris. Son père, Robert Gall (1918-1990) est ancien élève du conservatoire, chanteur et auteur (notamment  de La Mamma pour Charles Aznavour). Sa mère, Cécile Berthier, est la fille de Paul Berthier (1884-1953), cofondateur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

    C’est en famille qu’elle s’initie à la musique en commençant le piano à 5 ans, puis la guitare vers 11 ans. Adolescente, elle fait de la musique avec ses deux frères, les jumeaux Patrice et Philippe. La petite Isabelle est surnommée "Babou" par sa famille, surnom qu’elle porte encore aujourd’hui. Son père, devant son caractère déjà affirmé, lui octroie le titre de "petit caporal".

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    Les années yéyé

    Au printemps 1963, son père l'incite à enregistrer quelques chansons et très rapidement, il lui signe un contrat chez Philips où Denis Bourgeois est déjà directeur artistique de Serge Gainsbourg.  On lui impose de changer de prénom … elle deviendra "France" Gall.

    Le jour de ses 16 ans, son premier disque est diffusé à la radio : "Ne soit pas si bête" est un succès. Par la suite, Serge Gainsbourg lui écrit de nombreuses chansons qui se placeront très vite en tête du hit-parade comme par exemple "N'écoute pas les idoles" et "Laisse tomber les filles". Elle collabore avec de nombreux paroliers dont Joe Dassin, Pierre Delanoë et Alain Goraguer. Fin 1964, c'est avec regret qu'elle enregistre la chanson pour enfants "Sacré Charlemagne" qui se vendra à plus de 2 millions d'exemplaires dans le monde entier.

     

    Le 20 mars 1965, France Gall représente le Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson. Elle gagne avec "Poupée de cire, poupée de son" (Gainsbourg / Goraguer). Le chanson dépasse les frontières européennes et est alors enregistrée dans pas moins de cinq langues, dont le japonais.

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    En 1966, Gainsbourg lui écrit la chanson "Les Sucettes". Un titre qui provoquera un  malaise pour France Gall quand elle comprendra, plus tard, le sens réel des paroles.

    Par la suite, les disques de France Gall ne rencontrent pas le même succès. En 1967, "Teenie Weenie Boppie", chanson avec laquelle Gainsbourg signe une charge contre le LSD, fait un grand flop qui marque la fin de leur collaboration.

    A la fin des années 60, France Gall entame une carrière outre Rhin où elle enregistre régulièrement jusqu'en 1972 avec une équipe spécifique qui composera des chansons en allemand. Beaucoup d'Allemands croiront d'ailleurs pendant longtemps que France est de leur nationalité.

    Jusqu'en 1971, les chansons qu'elle sortira en France, notamment avec la maison de disques "La compagnie", ne rencontreront pas le succès.

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    Les années Berger

    C'est en entendant à la radio, un jour de 1973, la chanson "Attends-moi" interprétée par Michel Berger (de son vrai nom Michel Hamburger) que France Gall est subjuguée par sa musique. À l'occasion d'une émission de radio, elle lui explique combien elle aimerait collaborer avec lui. Au début, il n'est pas intéressé. Ce n'est que six mois plus tard, en 1974, après qu'elle ait fait une voix sur le titre "Mon fils rira du rock'n'roll" du nouvel album de Michel Berger, qu'il acceptera d'écrire pour elle. Il lui offre "La Déclaration d'amour", premier succès d'une longue liste qui permettra à la carrière de la chanteuse de prendre un nouvel essor avec des chansons toutes composées par Michel Berger. Le public répondra tout de suite présent. En 1976, elle sort l'album "France Gall" et en 1977, l'album "Dancing Disco".

    Les deux artistes se marient le 22 juin 1976 à Paris. Par cette alliance, France Gall devient la belle-fille du professeur Jean Hamburger, membre de l'Académie française, et de la pianiste Annette Haas. De cette union naîtront deux enfants : Pauline (14 novembre 1978) et Raphaël (2 avril 1981). France Gall partage avec Michel Berger ses années de travail et une vie familiale qu'elle privilégie. Pendant toutes ces années, ils essaieront d'alterner leurs sorties d'albums. En 1978, elle monte de nouveau sur les planches, celles du Théâtre des Champs-Élysées pour un show exclusivement féminin.

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    En 1979, c'est un spectacle inédit auquel France participe et qui restera dans toutes les mémoires. L'opéra rock "Starmania" sera présenté pendant un mois au Palais des Congrès de Paris. Composé par Michel Berger et écrit par l'auteur québécois Luc Plamondon, ce sera la réussite que l'on sait, alors que ce genre musical ne rencontrait pas les faveurs des producteurs en France. France y interprète notamment "Besoin d'amour" et "Monopolis"
    En 1982, après les sorties des albums "Paris France" (1980) et "Tout pour la musique" (1981), France Gall triomphe plusieurs semaines au Palais des Sports de Paris. Le public reprendra en chœur des titres devenus des standards de la chanson française : "Tout pour la musique", "Résiste" et "Il jouait du piano debout". Cette dernière chanson a tellement plu à Elton John qu'il demandera à Michel Berger d'écrire un duo pou lui et France : "Donner pour donner".

    Les années 1980 sont celles des grandes actions humanitaires dont l'impulsion est donnée par les anglo-saxons et leur Band Aid. France Gall se joint aux Chanteurs sans frontières pour aider l'Ethiopie. Avec Michel Berger, Richard Berry, Daniel Balavoine et Lionel Rotcage, elle œuvre également pour le Mali grâce à leur association Action Écoles. Ainsi, des tonnes de nourritures et des pompes à eau seront expédiées sous l'œil vigilant des artistes.

    En 1984, elle sort l'album "Débranche" avant d'enchainer trois semaines au Zénith de Paris. Elle y interprètera de nouvelles chansons comme "Débranche", "Hong-Kong Star" et livrera des merveilles acoustiques telles que "Diego libre dans sa tête" et "Cézanne peint".

    En 1987, France Gall présente l'émouvant album "Babacar" avec notamment une chanson hommage à leur ami Daniel Balavoine : "Évidemment". Cet album sera le plus gros succès de sa carrière. Suivra un nouveau spectacle qui, du Zénith de Paris, partira en tournée dans toute la France. Ce sera l'éblouissant "Tour de France 88" mis en scène par Berger avec des tubes comme "Ella, elle l'a".

    Après cette tournée, France Gall explique qu'elle veut prendre du recul et qu'elle ne souhaite plus chanter. Elle ne consent à reprendre le chemin des studios qu'à condition d'enregistrer un album avec Michel Berger. Elle s'investi comme jamais dans cette création à deux voix, pas tout à fait un duo : ce "Double Jeu" surprendra en 1992 avec des titres tels que "Laisser passer les rêves" ou "Superficiel et léger".

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    Le couple annonce une série de concerts dans diverses salles parisiennes comme La Cigale et Bercy. Malheureusement, le projet est interrompu par la disparition brutale de l'auteur-compositeur-interprète, foudroyé par une crise cardiaque le 2 août 1992 lors d'une partie de tennis dans leur villa de Ramatuelle.

    Malgré la disparition de Michel Berger et un cancer du sein dont elle guérira, France remonte sur scène en septembre 1993 pour présenter son spectacle "Simple Je" à Bercy. Elle enchaîne en 1994 avec un spectacle à la salle Pleyel en compagnie d'une nouvelle troupe. En 1996, l'album "France" présente des titres de Michel Berger enregistrés aux USA et totalement réorchestrés. S'en suivra une tournée, un Olympia et un concert privé pour M6.

    Le 15 décembre 1997, la jeune Pauline quittait ce monde, emportée par la mucoviscidose. Par la suite, France Gall n'a fait que de très rares apparitions. Elle a rejoint Johnny Hallyday sur la scène de l'Olympia en août 2000 pour chanter en duo "Quelque chose de Tennessee". Elle nous présente son autobiographie télévisée le 9 octobre 2001 sur France 3 puis celle de Michel Berger le 30 décembre 2002. En 2004, elle présente son Intégrale, notamment au JT de France 2. Et en 2006 et 2007, elle soutient son amie Mona Chasserio en étant marraine de son association "Cœur de femmes". Néanmoins, France expliquera qu'elle préfère rester dans l'ombre et qu'elle n'envisage pas de rechanter pour le moment. Fin 2007, elle a présenté une émission consacrée à Michel Berger (diffusion France 2, "Tous pour la musique") sans pour autant chanter dedans. En 2009, elle créé pour France 2 un divertissement autour de Starmania.

    En 2015, elle annonce le lancement de "Résiste", la comédie musicale qui sera sur scène en 2016 et 2017. Un spectacle qui reprend les plus grand succès de Michel Berger et France Gall.

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    France Gall nous quitte le dimanche 7 janvier 2018 à l'âge de 70 ans.


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    Johnny Hallyday Biographie

    Passeport artiste
    15/06/1943
    Paris (France)
    06/12/2017
    Marnes-la-Coquette (France)
    Pays:  France
    Langue:  Français
    Qualité:  Chanteur
    Genre musical:  Chanson

    En France, c'est une une star. La longévité de la carrière de Johnny Hallyday en étonne plus d'un. Si, outre-Atlantique, il existe des centaines de rockers, Johnny est le seul vrai rocker de sa génération, made in France. Le seul, surtout, à tenir la scène (et son public) avec la hargne et la passion qui sont le propre du rock. Son repertoire est aussi très important même si ses fans redemandent toujours les titres qui ont fait sa gloire. Johnny est ainsi un phénomène, mais un phénomène très français. 

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    Biographie: 

    Jean-Philippe, de son vrai prénom, naît le 15 juin 1943 de Huguette et Léon Smet à la Cité Malesherbes à Paris. Malheureusement, quelques mois plus tard, ses parents se séparent et l'enfant est recueilli par sa tante, Hélène Mar, sœur de Léon. Dès 1944, ils partent en tournée car les deux filles d'Hélène, Desta et Menen sont danseuses. Bringuebalé de salles de théâtre en hôtels modestes, le jeune Jean-Philippe est un enfant solitaire, sans copain, à cause des voyages incessants.

    Il prend des cours par correspondance que lui paie sa tante. Enfant de la balle, il suit au début des années 50, des cours de danse et apprend la guitare. Son entourage lui trouve des petits rôles dans des films publicitaires. Dès l'âge de 9 ans, il monte sur scène pendant que sa cousine Desta et l'ami de celle-ci, Lee Halliday changent de costumes. A Copenhague, on le voit chanter "la Ballade de Davy Crockett". En 57, c'est le retour à Paris, dans le quartier de la Trinité. Jean-Philippe se passionne pour le cinéma américain et rêve de devenir comédien. Sa famille l'encourage et lui fait suivre des cours d'art dramatique et de chant. En 57, il assiste à la projection du film "Lovin' you" avec Elvis Presley. C'est la révélation. Il sera chanteur de rock'n'roll.

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    La fin des années 50 est marquée par sa fréquentation assidue du Golf Drouot, célèbre salle parisienne de l'époque, où se réunissent tous les jeunes, amoureux du rock'n'roll. Jean-Philippe y chante des chansons de Presley pour ses copains. C'est le temps des premières auditions et des premiers engagements, qui parfois d'ailleurs, tournent court. 

    Le 30 décembre 59, il participe à l'émission télévisée "Paris-Cocktail", et se voit programmer au côté de Colette Renard. A la suite de ce passage, Jacques Wolfsohn, directeur artistique chez Vogue l'engage immédiatement. En mars 60, sort le premier disque de Johnny Hallyday (pseudonyme emprunté à l'ami de sa cousine, Lee Halliday). C'est un quatre titres avec notamment "T'aimer follement" reprise de Dalida. En juin, sort le second disque, "Souvenirs souvenirs", son premier tube.

    En septembre, il fait sa première grande salle en se produisant à l'Alhambra à Paris en première partie de l'humoriste Raymond Devos. Les copains du Golf Drouot sont venus le soutenir, l'ambiance est au rendez-vous! Surtout quand le jeune homme se roule par terre, ce qui ne s'était jusque là jamais vu en France.

    1961 : "Hello ! Johnny"

    Début 61, il sort un premier 33 tours intitulé "Hello ! Johnny". En février, il triomphe au Palais des Sports durant le premier Festival du rock, organisé par Vogue. Johnny Stark devient son imprésario. Hallyday est alors un véritable phénomène. Il quitte Vogue pour Philips durant l'été. Il vient d'avoir dix-huit ans et opte pour la nationalité française car il était jusque là belge par son père. 

    A la mi-septembre, il entreprend une mini-tournée pour rôder le spectacle qu'il donna du 20 septembre au 9 octobre à l'Olympia à Paris, en vedette. Il en profite pour lancer la dernière mode venue d'outre-Atlantique, le Twist. A l'automne, il sort d'ailleurs un 45 tours en français et en anglais, "Viens danser le twist". A la fin de l'année, paraît le premier 33 tours Philips "Salut les Copains". Sacré "Idole des jeunes", il donne un concert de charité sur le paquebot France en présence de Jackie Kennedy. En juillet et août, Hallyday entreprend une vaste tournée en France, marquée par de nombreuses émeutes et dégradations en tout genre de la part de ses fans.

    On parle souvent d'hystérie collective pour définir la tournure que prennent ses concerts. Cette année-là, sort justement le 45 tours "l'Idole des jeunes". Du 25 octobre au 12 novembre, il monte pour la seconde fois sur les planches de l'Olympia, avec en particulier la création du ballet qui conclut la chanson "la Bagarre". 

    Johnny Hallyday Biographie

    En 63, il enregistre l'album "les Bras en croix" et le tube "Da dou ron ron". Il participe aussi au tournage du film "D'où viens-tu Johnny ?" de Noël Coward avec Sylvie Vartan qu'il avait déjà rencontrée auparavant et qui deviendra bientôt sa compagne. Mais l'événement majeur de l'année reste le grand concert donné sur la place de la Nation à Paris, pour le premier anniversaire du mensuel "Salut les Copains". Cent cinquante mille jeunes gens envahissent les lieux pour voir leur idole. Le rassemblement confine à l'hystérie. La génération "yéyé" est née.

    En septembre, il part aux États-Unis avec Sylvie Vartan et en profite pour enregistrer "Pour moi la vie va commencer" à Nashville, Tennessee, capitale de la country.

    L'ami bidasse

    Le 8 mai 64, Johnny Hallyday incorpore le quarante-troisième Régiment d'Infanterie d'Offenbourg en Allemagne. Son image publique en sort grandie. Il deviendrait presque un jeune homme respectable, impression confirmée par son mariage avec Sylvie le 12 avril 65. Le 18 novembre, rendu à la vie civile, il se produit à nouveau à l'Olympia, où il ne rencontre pas le succès attendu. A la fin de cette année, sort un nouvel album intitulé "Johnny chante Hallyday".

    Son ascension fulgurante dans cette première partie de la décennie fait de lui une véritable star. Pourtant la vague Yéyé passée, le chanteur se sent un peu abandonné par une partie du public, parti explorer d'autres musiques que proposent par exemple, Bob Dylan ou les Beatles. En France, il est même malmené par l'"agitateur" Antoine qui veut "mettre Johnny en cage à Medrano" dans ses "Elucubrations".

    Johnny lui répond en sortant un 45 tours "Cheveux longs idées courtes". Le 10 septembre, véritablement déprimé, il tente de mettre fin à ses jours. Un peu plus tard, il sort "Noir c'est noir", qui rend compte de l'été dépressif dans lequel il était. Pourtant un heureux événement aurait dû le réconforter : la naissance de son fils David le 14 août 1966 pour laquelle il revient en urgence d'une tournée en Italie pour repartir le soir même .

    Le début de l'année 67 voit sa participation au rallye de Monte-Carlo. En février, il enregistre la version française de "Hey Joe" de Jimi Hendrix, guitariste et chanteur américain que Johnny a contribué à faire connaître en France. Du 15 mars au 16 avril, il triomphe une nouvelle fois à l'Olympia en compagnie de Sylvie Vartan.

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    Le couple entreprend ensuite une tournée en Amérique du Sud. Une fois rentré en France, un nouvel enregistrement est programmé : l'album "Johnny 67" sort en juillet avec la version française de "Love me tender" d'Elvis Presley, devenue "Amour d'été". Ce titre est coloré "soul music" conformément au nouveau tournant qu'a pris récemment Hallyday. En s'adjoignant le talent et la compétence d'arrangeurs anglais, il semble aborder une musique plus punchy où les cuivres viennent soutenir sa voix profonde et puissante.

    En octobre, il tourne un nouveau film avec Eddie Constantine, "A tout casser" de John Berry, dont il chante le titre phare. On entend la guitare de Jimmy Page (qui appartiendra plus tard au célèbre groupe anglais, Led Zeppelin) ce qui augure sans doute un rock plus dur. Puis, il entreprend une tournée en

     

    France à la fin de l'année.

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    1968 : "Jeune homme"

    Au début de l'année 68, il part en tournée sur le continent américain. Fin juin, Johnny sort un nouvel album "Jeune Homme". Cette fois, il adapte en français un nouveau titre de Presley "Loving you" transformé en "La vie à t'aimer". Le 20 octobre de la même année, commence une tournée en Afrique et notamment à Johannesburg en Afrique du Sud où il se casse un pied en tombant dans la fosse d'orchestre. Il poursuit tout de même sa tournée, la jambe dans le plâtre.

    Du 26 avril au 4 mai 69, Hallyday s'installe au Palais des Sports à Paris pour seize concerts donnés à guichets fermés. Dans une ambiance psychédélique, il donne un spectacle grandiose avec à la guitare Micky Jones et à la batterie, Tommy Brown, tout deux issus des célèbres Blackbirds. Jean-Claude Vannier quant à lui, dirige un orchestre de dix-sept musiciens. Les délires de mise en scène et la prestation du chanteur sont autant d'éléments qui permettent de construire une légende.

    Après ce triomphe, en mai 69, sort "Je suis né dans la rue", album très personnel où le parolier Long Chris permet à Hallyday de donner libre cours à la rage qui l'habite comme dans "Rivière ouvre ton lit". Mais un super 45 tours sorti en marge de l'album devient lui, un véritable tube, il s'agit de "Que je t'aime". Puis il entreprend une série de concerts au Canada, juste avant l'été. La fin de l'année sera essentiellement consacrée au cinéma.

    Johnny Hallyday Biographie

    La décennie suivante s'ouvre sur un événement privé assez grave : en effet, en février, il est victime avec sa femme, d'un grave accident de voiture. Sylvie subit une opération. Mais toujours prêt à repartir et fort d'une énergie sans limites, il remonte sur les planches dès le 21 mars pour un concert exceptionnel au Golf Drouot, donné pour les membres de son fan club. Un mois plus tard, sort le 45 tours "Jésus Christ (est un hippie)" signé du romancier et journaliste, Philippe Labro. Hallyday montre toujours autant d'empressement après dix ans de carrière et d'expérience, à profiter des vagues musicales successives, même si cela donne des morceaux trop marqués dans le temps.

    L'année suivante, après une grande tournée, filmée par François Reichenbach pour les besoins du film "J'ai tout donné", Johnny Hallyday sort un nouvel opus "Flagrant délit" qui a été enregistré à Londres. Il y chante mieux que jamais, comme s'il avait atteint une certaine maturité dans son métier d'interprète. Cet album est surtout porté par le hit "Oh ma jolie Sarah", reconnaissable rapidement par son riff d'introduction. Au mieux de sa forme, il se produit au Palais des Sports du 26 octobre au 14 septembre dans un show baptisé "Pollution", avec Michel Polnareff au piano, qui l'a rejoint dans la cour des grands. Un double disque live sortira un peu plus tard.

    Toujours en 71, le cinéma le rappelle pour jouer son propre rôle dans "L'aventure c'est l'aventure" de Claude Lelouch avec des partenaires aussi doués que Lino Ventura et Jacques Brel. Johnny interprète d'ailleurs la chanson du générique.

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    1973 : "J'ai un problème"

    A l'aube de la trentaine, la machine Hallyday fonctionne à merveille. La tournée de l'été 1972 ressemble étrangement à celle d'un grand cirque, le "Johnny Circus". En effet, il parcourt les routes de France avec une caravane, une Rolls blanche, des manèges, un chapiteau et un podium. L'expérience s'avère être un véritable gouffre financier…

    Cette vie tumultueuse n'est pas sans poser des problèmes dans les relations du couple. Après un an de séparation avec Sylvie, ils décident tous deux de reprendre la vie commune. "J'ai un problème" est le duo qui vient renforcer leur lien, produisant au passage le véritable tube de l'été 73.

    Quelques semaines auparavant, il avait sorti un album intitulé "Insolitudes" avec l'incontournable tube "Toute la musique que j'aime" signé Michel Mallory. Le 15 juin, il donnait un concert à l'Olympia à Paris pour aider Bruno Coquatrix, le directeur à renflouer ses caisses.

    L'année 74 est employée à tourner en Amérique du Sud et en France. Une randonnée moto en Amérique du Nord dans la Vallée de la Mort ponctue cette vie d'artiste, la moto étant un loisir que le chanteur pratiquera de plus en plus. Il en profite pour voir le spectacle du King Elvis à Las Vegas. De plus, en septembre sort l'album "Rock'n slow" suivi d'un 45 tours en octobre "Johnny Rider".

    Fortement marqué par la prestation de Presley et désireux de renouer avec les racines du rock, il s'embarque avec Long Chris et Michel Mallory pour une session d'enregistrement à Memphis en janvier 75. Quelques standards de la musique américaine sont adaptés en français par les deux paroliers. Cela donne entre autres, "La fille de l'été dernier" d'après Eddie Cochran ou "Dégage" d'après Little Richard. "Rock à Memphis" sort en mai suivi en septembre d'un autre album "la Terre promise".

    1976 : "Derrière l'amour"

    Après des ennuis avec le fisc qui lui réclame cent millions de francs d'arriérés, Johnny se sent quelque peu amer et décide de quitter la France. Il s'installe à Los Angeles avec Sylvie et leur fils. Le rythme de sortie de ses disques ne s'en trouve pourtant pas altéré.

    En effet, dés juin 76, Hallyday publie l'album "Derrière l'amour" avec les deux tubes "Joue pas de rock'n'roll pour moi" et "Gabrielle". En septembre, sort un double album "Hamlet" opéra rock écrit par Gilles Thibaut et composé par Pierre Groscolas, qui se révèle être un énorme échec commercial. Au même moment, poussé par le virus de la scène, il fait sa rentrée au Palais des Sports à Paris pour un show intitulé "Johnny Story". Un disque live sera enregistré à cette occasion.

    Ses activités courantes se situent entre tournées en France et à l'étranger, quelques vacances au soleil et quelques shows télévisés. En ce milieu d'année 77, l'album "Tant pis c'est la vie" sort avec le tube "J'ai oublié de vivre".

    L'année suivante, il fête son 35e anniversaire au Festival International de la chanson de Tokyo auquel il participe en tant que juré en compagnie de Catherine Deneuve. Le 13 août, un show est organisé aux arènes de Béziers avec Carlos et Sylvie Vartan dont c'est l'anniversaire. Quand vie d'artiste et vie privée sont étroitement liées !

    L'année 1979 est essentiellement remplie par des tournées incessantes. Il est aussi invité à chanter en direct pour la télévision sur le porte-avion Clémenceau. Johnny est au faîte de sa gloire et de sa notoriété, devenant quasiment un monument national que l'on peut sans problème associer à l'image rigoriste de l'armée et de la Marine.

    Le public attend toujours ses apparitions en concert et Johnny Hallyday tente à chaque fois d'innover en matière de spectacle. C'est ainsi que du 18 octobre au 26 novembre, il s'installe au Pavillon de Paris, Porte de Pantin à Paris avec le show "l'Ange aux yeux de laser", où bardé de cuir et les yeux maquillés d'un bleu électrique, il crée le très fameux "Ma gueule". Durant ces quelques jours, il est accompagné au piano par le chanteur Gilbert Montagné.

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    1980 : "Je ne suis pas un héros"

    Le début de la décennie suivante est marqué par la sortie de l'album "A partir de maintenant" sur lequel Hallyday reprend "Je ne suis pas un héros" de Balavoine et la "Poupée qui fait non" de Polnareff. Comme presque tous les ans, il se produit sur différentes scènes en tournée d'été. Le 14 août, il est victime d'un malaise et s'écroule sur scène.

    Malgré son rétablissement, les rumeurs vont bon train. Et en janvier 81, alors en vacances en Californie, chez Richard Anthony, il apprend par les journaux qu'il est mort ! Sa vie est une source inépuisable de commentaires pour les journaux. Son divorce avec Sylvie annoncé le 5 novembre 1980, est aussi très largement médiatisé : depuis presque quinze ans, la vie (à rebondissements) du couple est suivie comme un véritable roman-feuilleton par tous les Français.

    En 81, Johnny Hallyday sort deux albums "En pièces détachées" et "Pas facile", les deux titres s'appliqueraient-ils à sa vie privée ? En février et mars, il entreprend une tournée qui s'achève une nouvelle fois à Paris, à l'Hippodrome de Pantin. Un double album live sortira juste après. Le premier décembre, il épouse un mannequin du nom de Babeth Etienne à Los Angeles. La nouvelle union dure deux mois et deux jours…

    L'année suivante est marquée par la séparation définitive d'avec son producteur et parolier fétiche, Michel Mallory, qui lui servait aussi de confident. Il sera remplacé par Pierre Billon. Le monde affectif de Hallyday oscille entre les copains et les femmes. C'est ainsi qu'il rencontre lors d'une émission de télévision la comédienne française, Nathalie Baye. Une liaison se noue rapidement entre eux.

    En septembre, sort l'album "la Peur" sur lequel on trouve le titre "le Survivant", nom qu'il donne dès le 14 à son nouveau spectacle au Palais des Sports à Paris. Pour la première fois dans sa carrière, la cassette vidéo du show est mise en vente. En février, il entreprend une tournée française. Nathalie Baye lui donne une petite fille nommée Laura, à la fin de l'année 1983.

    Les ennuis de santé ponctuent assez souvent la vie mouvementée du chanteur, qui donne pourtant l'image d'un être invincible, armé d'une énergie à toute épreuve. Du 25 octobre 84 au 23 février 85, Johnny s'installe au Zénith à Paris pour une durée très longue : quatre mois. Le 8 janvier, il s'écroule sur scène, victime d'une syncope. Il est admis à l'hôpital et quelques jours plus tard, il remonte sur les planches de la scène parisienne.

    En 1984, il retourne sur les plateaux de tournage pour une expérience intéressante avec un des maîtres de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard. "Détective" réunit un acteur et un réalisateur dont les mondes respectifs sont aux antipodes l'un de l'autre. Nathalie Baye est sans doute à l'origine de se projet ambitieux (pas aussi réussi qu'on l'espérait). Elle l'amène en effet, à fréquenter des gens plus cultivés que ses amis du show-biz et le pousse vers une carrière plus "intellectuelle".

    C'est ainsi qu'elle lui présente Michel Berger, écartant par la même occasion Pierre Billon pour l'écriture d'un album. "Rock'n'roll attitudes" qui comprend "le Chanteur abandonné" et "Quelque chose de Tennessee" sort en mai 85. Ce disque concocté par un des auteurs les plus doués de sa génération, est plus tourné vers la variété de qualité que vers le rock, mais le public apprécie énormément.

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    1986 : "Gang"

    En 1986, il se sépare de Nathalie Baye, mettant ainsi fin à une période particulière de sa vie. Mais surtout l'année est marquée musicalement par la sortie de "Gang", album clé en main écrit par Jean-Jacques Goldman pour l'idole Hallyday. Plusieurs hits sont là pour confirmer la légitimité de cette association : "Laura", "l'Envie", et "J'oublierai ton nom" en duo avec la chanteuse anglaise Carmel. Après ce disque, il décide de renouer avec la scène, qu'il n'aime pas laisser trop longtemps, et demande à Michel Berger de mettre en scène ce qui sera "Johnny se donne à Bercy". Il se produit dans cette grande salle parisienne, du 15 septembre au 4 octobre 87, et enchaîne tout de suite sur une tournée française qui se prolonge jusqu'en 88.

    Un an plus tard, Hallyday fait appel à Étienne Roda-Gil, célèbre parolier de Julien Clerc pour écrire l'album intitulé "Cadillac". A cette occasion, son fils David lui compose deux titres dont "Mirador".

    A la fin de l'année 89, Johnny Hallyday participe à la Tournée des Enfoirés, destinée à récolter des fonds pour les Restos du Cœur (association caritative initiée par le comique Coluche). Il se retrouve sur scène avec d'autres grandes pointures de la chanson française, Michel Sardou, Véronique Sanson, Goldman et son ami de toujours Eddy Mitchell. Leur grande notoriété participe pour beaucoup au succès de cette opération.

    En 90, la star se marie avec la toute jeune Adeline, fille de son copain Long Chris, défrayant une nouvelle fois la chronique. L'événement musical de l'année est sans aucun doute son spectacle à Bercy à partir du 15 septembre. Cette série de concerts lui vaudra l'année suivante la Victoire de la Musique du Meilleur Spectacle de l'année en France et celle du Plus Grand nombre de Spectateurs.

    Si Hallyday est la plus grande star française des trente dernières années, sa production discographique semble s'essouffler quelque peu à partir de ce moment : en 91, il fait appel à une équipe très diversifiée pour l'album "Ça ne change pas un homme". Des signatures aussi différentes que Art Mengo, les Américains Jon Bon Jovi et Tony Joe White, Patrick Bruel ou Etienne Roda-Gil viennent apporter leur contribution.

    Johnny Hallyday Biographie

    Ses anciens succès restent par contre des valeurs sûres et ses concerts sont toujours aussi pleins. La maison Polygram ressort en septembre 92, dix-sept albums de Johnny sous la forme de cinq coffrets. Quelque deux cent vingt titres y sont rassemblés. Ce mini-événement discographique précède de quelques mois le grand événement scénique : les 18, 19 et 20 juin 93, Johnny Hallyday fête ses cinquante ans au Parc des Princes à Paris, soit trois concerts géants intitulés "Retiens la nuit" avec une mise en scène exceptionnelle et quelque cinquante chansons retraçant sa carrière.

    1994 : "Rough Town" en anglais

    Après une tournée française, Hallyday désireux de réaliser un vieux rêve sort un disque en anglais intitulé "Rough Town" (titre emprunté au canadien Bryan Adams) en 94. Il s'est même adjoint les services du producteur des Rolling Stones, Chris Kimsey. Une série de concerts dans des petits théâtres lui permet de montrer un nouvel aspect de son talent d'interprète, les paroles en anglais donnant à la voix du chanteur une autre dimension. Notons ici que le chanteur s'est parfois targué de travailler sa voix "à la Gitane" (marque française de cigarettes fortes) !

    Johnny Hallyday Biographie

    S'il avoue que la musique américaine l'enthousiasme plus que tout, celle de Bruce Springsteen par exemple, il doit reconnaître que son expérience de chansons en anglais ne donne pas grand-chose en France. En 95, sort donc un nouvel album intitulé "Lorada" du nom de sa maison à Saint-Tropez.

    De couleur très blues-rock, le disque est réalisé par Jean-Jacques Goldman et les ex-membres du groupe Canada. Hallyday retrouve ici la musique qu'il aime, simple et efficace. Le 12 septembre est la date du concert inaugural du "Lorada tour" qui commence à Bercy. Rien de très révolutionnaire dans ce énième concert géant, si ce n'est la reprise d'Edith Piaf, "l'Hymne à l'amour".

    Après une intervention chirurgicale assez douloureuse, "notre rocker national" comme l'appelle la presse avec beaucoup d'affection, reprend la route, égal à lui-même. Mais un autre projet commence à le préoccuper sérieusement : le 24 novembre 96, il donne un concert unique à Las Vegas, États-Unis, devant quelque 4300 fans français venus par avions spécialement affrétés pour cet événement. Sur la scène de l'Aladin, Johnny tente de faire partager le rêve américain qui est le sien depuis si longtemps. Un disque sort en décembre, "Destination Vegas" qui n'est pas l'enregistrement du spectacle mais rassemble les nouvelles chansons présentées sur scène ce jour-là.

    Monument

    Véritable monument du rock français, Hallyday reçoit des mains du Président de la République, Jacques Chirac la médaille de Chevalier de la Légion d'honneur en janvier 97.

    Après avoir fêté son anniversaire à Cuba en juin, Johnny se remet au travail quelques jours plus tard à New York. Avec Philippe Chatel, il enregistre une chanson qui fait partie de la nouvelle version du conte pour enfants, "Emilie Jolie". Puis du 20 août au 30 octobre, il entre en studio pour son nouvel album. Pendant deux mois, Hallyday travaille avec Pascal Obispo, principal compositeur de ce nouveau CD. Le premier extrait, "Ce que je sais", sort en fin d'année accompagné d'un clip tourné à New York et réalisé par le metteur en scène de "L'Exorciste", William Friedkin.

    En mai 98, Johnny monte pour la cinquième fois les marches du Palais des festivals à Cannes, mais en simple cinéphile. Cependant, cette apparition cannoise annonce un retour du chanteur au cinéma dans un film de Stéphane Giusi, dans lequel il interprète un ancien …toréador.

    Mais Johnny ne perd pas de vue ce qui fait sa force artistique, à savoir la scène. Il imagine le plus grand spectacle jamais donné en France. En effet, le chanteur se produit les 5 et 6 septembre 98 (une première date ayant été annulée pour cause de mauvais temps) au Stade de France à côté de Paris, devant 80.000 spectateurs chaque soir. Quelques invités de marque sont conviés pour ce show extraordinaire, de Lara Fabian pour une version impressionnante de "Requiem pour un fou" à Florent Pagny pour "Le Pénitencier", en passant par les incontournables Goldman ou Obispo. Ce concert est l'événement de la rentrée auquel personne ne peut échapper.

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    1998 : "Sang pour sang"

    Le 13 octobre, sort "Sang pour sang", un album dont l'originalité tient à la collaboration entre Hallyday père et fils. En effet, David est le compositeur de la totalité des treize titres. Quant aux textes, ils sont signés de plumes aussi variées qu'inattendues dont les écrivains Françoise Sagan et Vincent Ravalec ou le chanteur Miossec. Mais on retrouve des noms comme Philippe Labro ou Michel Mallory, vieux compagnon de route du chanteur.

    Deux mois plus tard, cet album atteint le million et demi de copies écoulées et reçoit ainsi un album de diamant. Lors de la cérémonie annuelle des Victoires de la Musique en février 2000, ce disque est sacré Meilleur album de l'année.

    En juin, Mercury sa maison de disques, réédite pour célébrer ses quarante ans de carrière l'ensemble de ses albums studio avec les pochettes d'origine et un son remasterisé. Mais l'événement est sans aucun doute le concert gratuit que donne Johnny au pied de la Tour Eiffel à Paris le 10 juin 2000 où se rassemblent 400.000 personnes.

    Le 17 juin, c'est au Parc de Sceaux en région parisienne qu'il se produit pour fêter cette fois-ci ses 57 ans avec des invités : Michel Sardou, Paul Personne, Pascal Obispo, Jean-Louis Aubert, Sonia Lacen, Patrick Bruel et l'humoriste Laurent Gerra. C'est le début d'une tournée d'été qui commence par un marathon de 40 dates à l'Olympia à Paris (à partir du 17 juin). Puis se poursuit à travers a France et la Belgique (huit dates) avant de se terminer par trois dates triomphales à Montréal fin août.

    Parenthèse

    Après ces dernières années consacrées à la chanson et à la scène, Johnny Hallyday désire désormais se tourner vers le cinéma où il a de nombreux projets. En 2000, on le voit dans "Love me" de Laetitia Masson où il interprète son propre rôle. Et en 2001, il tourne un petit rôle dans le film de son ami, Jean-François Stévenin, "Mischka".

    Autre passion, la course automobile. En décembre 2001, le chanteur prend le départ de la course Paris-Dakar qu'il effectue de bout en bout.

    En mars 2002, on apprend que Johnny a été choisi, à l'unanimité par l'ensemble des joueurs de l'équipe de France de football pour chanter leur chanson officielle pour la coupe du monde de 2002. Cette chanson a pour titre "Tous ensemble" et est écrite par Catherine Lara.

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    2002 : "A la vie à la mort"

    C'est un double album que le chanteur sort le 4 novembre 2002, "A la vie à la mort", 23 nouveaux titres signés de noms variés tels le chanteur De Palmas, l'écrivain Marie Nimier, Marc Lavoine, Patrick Bruel, Maxime Le Forestier, Catherine Lara et bien sûr son fils David. Cet album donne le signal du grand retour à la musique de Johnny Hallyday après une pause 'cinéma' de deux ans. En quelques jours, les précommandes du disque s'envolent à plus de 900.000 exemplaires, les ventes effectives atteignant 305.000 copies en une semaine selon le Syndicat national de l'édition phonographique et l'IFOP.

    De plus, la star se prépare à célébrer son soixantième anniversaire avec tous ses fans. Il met au point une tournée des stades qui démarre sur l'île de la Réunion en mai 2003 et dont le point d'orgue est constitué par les trois dates au Parc des Princes à Paris du 10 au 15 juin. A cette occasion, Johnny est omniprésent dans les médias français. Même les journaux anglo-saxons s'interessent à ce phénomène très français (Times, New York Times, etc.). Hormis l'Hexagone, il se produit en Belgique, à Monaco, en Suisse et même à Baalbek au Liban le 2 août.  

    En novembre 2004, Johnny et sa femme Laetitia adoptent une petite Vietnamienne, Jade.

    L'année suivante, l'artiste, en conflit avec sa maison de disques Universal, publie ce qui sera son dernier album pour ce label, "Ma vérité". Plusieurs collaborations inédites marquent ce disque, comme celles du jeune groupe rock Kyo ou des rappeurs de l'ex-Ministère A.M.E.R. (Passi, Doc Gynéco, Stomy Bugsy) sur "Le temps passe".

    Puis Johnny retrouve les plateaux de cinéma, aux côtés de Fabrice Luchini dans le film "Jean-Philippe", qui sort en avril 2006. La même année, il fait son grand retour sur scène avec "Flashback Tour", dans lequel il revisite son répertoire. En juin, il entame un marathon de plusieurs mois qui le mène dans les plus grandes salles de France. Il commence par le Palais des Sports à Paris, poursuit avec une tournée des stades en juillet, le festival des Vieilles Charrues (Bretagne), puis le Palais Omnisport de Paris-Bercy, le Zénith, la Cigale ou encore l'Olympia. En septembre, sort le CD "Flashback Tour", une captation de ses concerts des 14 et 15 juin au Palais des Sports. Ce disque est son premier à paraître chez Warner Music France, son nouveau label.

    En décembre, le chanteur annonce son installation en Suisse, attiré sans doute par une fiscalité plus avantageuse. Sa décision provoque une fois de plus un débat au sein du public mais aussi de la classe politique française qui dénonce une attitude peu citoyenne.

    Le début de l'année 2007 est occupé par de nombreux concerts en France. Au mois de mai, Johnny s'affiche aux côtés du nouveau président de la République française Nicolas Sarkozy, ce qui suscite une nouvelle fois de vives discussions chez les fans.

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    2007 : Retour au blues

    Le 12 novembre 2007 sort "Le cœur d'un homme". Un opus de blues dont l'artiste rêvait depuis longtemps mais que son ex-maison de disques, Universal, n'avait pas jugé "assez commercial" pour le sortir, assure le chanteur. C'est donc sa nouvelle écurie, Warner, qui lui permet de réaliser son vœu, chanter sur des chansons blues, écrites entre autres par Jacques Veneruso, le romancier Marc Lévy, le comédien Bruno Putzulu, Francis Cabrel ou encore Bono, le chanteur du groupe U2. Réalisé et produit par son arrangeur et directeur musical Yvan Cassar, l'album est enregistré et mixé par Bob Clearmountain (David Bowie, les Stones, Bruce Springsteen) à Los Angeles.

    Côté promo, l'artillerie lourde est déployée à la télévision, via la pub et les émissions comme la Star'Ac, comme à chaque nouvel album de Johnny. Le premier simple à être mis en avant est "Always", le second "Chavirer les foules". Le disque se vend moins bien que les autres albums de Johnny (108.000 exemplaires vendus la première semaine, contre 300.000 écoulés la semaine de sortie d'"A la vie, à la mort" en 2002). Mais, pour un album de blues, il remporte quand même un beau succès : 400.000 copies vendues en deux mois en France.

    Le 2 décembre 2007, le "monument" Johnny déclare vouloir cesser les concerts en 2009, après une grande tournée des stades baptisée "M'arrêter là". Une déclaration qui en émeut plus d'un en France. Quelque peu lassé de presque cinquante ans de tournée et désireux de s'occuper un peu plus de sa famille, le chanteur envisage tout de même d'assurer alors quelques représentations exceptionnelles.

    En juillet 2008, au terme d'une longue bataille juridique avec la major Universal, Johnny obtient le droit selon un accord financier (tenu secret) entre les deux parties, d'exploiter le millier de titres enregistrés pendant toute la période où il était sous contrat avec son ancienne maison de disques.

    2008 : "Ça ne finira jamais"

    Pour son album "Ça ne finira jamais" commercialisé fin octobre 2008, Johnny s’est entouré d’une équipe très diversifiée. Son fils David Hallyday, Francis Cabrel, Calogero, Raphael, Christophe Maé, Grand Corps Malade, ou encore la Britannique Joss Stone sont venus travailler au service de la star française. Ces nouvelles chansons semblent taillées sur mesure pour être jouées sur scène où le chanteur prévoit de remonter à partir du mois de mai 2009 dans le cadre d’une ultime tournée. Le "Tour 66", allusion à l’âge qu’il atteindra alors et à la célèbre Route 66 aux Etats-Unis, lui donnera l’occasion de jouer dans une vingtaine de villes françaises, et notamment à Paris au Stade de France du 29 au 31 mai 2009.

    Le 26 décembre, Johnny Hallyday et son épouse Laetitia adoptent une seconde petite fille vietnamienne, prénommée Joy.

    Le 8 mai 2009, démarre à Saint-Étienne, la tournée "Route 66", allusion à son âge comme à la mythique route américaine. Il y donne sept concerts au Zénith Métropole. Entre fumigènes et feux d'artifice, Johnny donne à entendre ses plus grands succès pour le plus grand plaisir du public.

    Le 17 mai, il est au festival de cinéma de Cannes pour présenter un thriller du réalisateur hongkongais Johnnie To, "Vengeance", dans lequel il tient le premier rôle.

    Il reprend ses concerts et se produit à Bruxelles du 19 au 23 mai. On le retrouve au Stade de France à Saint-Denis du 29 au 31 pour des shows attendus et mémorables. Cette tournée qui doit le mener partout en France est censée se poursuivre jusqu'en janvier 2010. Elle est annoncée comme étant la dernière du chanteur français.

    Le 14 juillet 2009, Johnny donne un concert gratuit sur le Champ de Mars à Paris au pied de la Tour Eiffel devant 800.000 personnes. Christophe Mae assure sa première partie. Il fait une pause deux mois durant et reprend la tournée le 25 septembre à Lille.

    Hospitalisations et polémiques

    A 66 ans, la santé de la star française commence à donner des signes de faiblesse. Fin juillet, il est hospitalisé neuf jours à l'Hôpital américain de Paris pour, officiellement, subir des examens. En septembre, il déclare avoir été opéré "d'un petit cancer" du côlon. Le 26 novembre, le chanteur est opéré à l'hôpital Monceau à Paris d'une hernie discale. Le 7 décembre, Johnny Hallyday est hospitalisé au Cedars-Sinaï de Los Angeles alors qu'il est aux Etats-Unis depuis le 2. Dans la nuit du 9 au 10, il est plongé une première fois dans un coma artificiel. Il semble souffrir d'une grave infection consécutive à l'opération du 26 novembre.

    Le 14 décembre, Johnny  Hallyday sort de son coma artificiel. Il semble tiré d'affaire de l'avis même des médecins. Il a besoin d'une importante convalescence. La fin des concerts de sa tournée d'adieu, "Tour 66", est annulée. 

    De retour en France début 2010, Johnny Hallyday subit plusieurs examens médicaux en vue d'une expertise judiciaire. Mais il lui faut du temps pour remonter la pente et sortir de l'état de déprime dans lequel l'a plongé cet épisode douloureux. 

    En septembre 2010, Johnny Hallyday se sépare de son producteur de plus de trente ans, Jean-Claude Camus. Un séisme dans le petit monde du showbiz. La star n'aurait pas apprécié la gestion de sa communication pendant ses ennuis de santé et la polémique judiciaire qui a suivi. Un désaccord financier sur les futurs concerts est aussi invoqué. Toujours est-il que Johnny rejoint l'écurie de Gilbert Coullier (Céline Dion, Patrick Bruel, etc.) avec qui il signe un contrat de plusieurs millions d'euros pour une tournée prévue en 2012.

    2011 : "Jamais seul"

    Le chanteur resurgit dans les bacs à l'automne 2010, mais sur le disque d'un autre : celui de Patrick Fiori, avec lequel il a enregistré un duo, "Je viendrai te chercher", écrit par Jean-Jacques Goldman. Son retour sur scène, il l'effectue également lors du concert d'un autre à Montpellier, le 3 décembre 2010 : -M- (Matthieu Chédid), à qui il vient de confier la réalisation de son futur album.

    Celui-ci paraît le 28 mars 2011, sous le titre : "Jamais seul". L'idole des jeunes le lance en fanfare depuis les Champs-Elysées, à Paris et se jette dans une course médiatique effrénée pour en faire la promotion… et prouver qu'il est en pleine forme.

    "Jamais seul", bercé qu'il est par les guitares omniprésentes de Matthieu Chédid, déroute plus d'un fan de Johnny. Bluesy et crépusculaire, il rappelle ses disques des années 1970.

    Outre M, l'interprète a fait appel à Maxime Nucci (alias Yodélice), Hocine Merabet et au batteur Vincent Polycarpe (du groupe Gush) pour le mettre en mots et en musique. M l'entraîne dans la savane africaine dans "Les herbes folles" et lui donne la réplique de sa voix haut-perchée dans "England". Yodélice lui fait évoquer ses épreuves des derniers mois dans le premier extrait, "Jamais seul". Hocine Merabet lui écrit deux odes aux femmes de sa vie, sa fille Jade et son épouse Laeticia ("Jade dort" et "Elle a mis de l’eau"). Les ventes de l'album ne décollent pas vraiment.

    Tournée en plein air en 2012

    On retrouve Johnny Hallyday en août 2011, cette fois-ci au théâtre. Le chanteur crée l'évènement en montant pour la première fois sur les planches pour jouer dans une pièce de Tennessee Williams, "Le paradis sur terre", un drame psychologique dans lequel il tient le rôle phare. Cela se passe au théâtre Edouard VII, à Paris, à partir du 6 septembre. Plus de 72 représentations sont prévues.

    Au printemps 2012, Johnny fait son grand retour de chanteur avec une tournée des stades à travers la France, sa 181e tournée. Il donne son premier concert à Los Angeles, où il réside, le 24 avril 2012, et se produit au Stade de France à Paris, les 15, 16 et 17 juin. Il devient ainsi le seul artiste à s’y être produit neuf fois, même s'il a eu quelques peines à remplir les derniers concerts.

    2012 : "L'attente"

    Après la première partie de sa tournée qui démarre le 3 août à Colmar, Johnny Hallyday s'envole pour Los Angeles où il commence l'enregistrement de son nouvel album. Mais des problèmes de santé, suite à une bronchite, le conduisent dans un hôpital de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. De retour à Los Angeles, il retourne à l'hôpital pour subir des examens approfondis et en sort le 7 septembre.

    Il finit son album et le 4 octobre part pour Montréal où il donne un concert. Puis il va chanter en France, à Moscou, à New York et à Londres, où le public est au rendez-vous.

    Le 12 novembre 2012, sort "L'attente", réalisé par Yvan Cassar dont les textes sont écrits en grande partie par Miossec. Sur cet album, il chante en duo avec Céline Dion, "L'amour peut prendre froid", un titre également présent sur le disque de la chanteuse québécoise.

    Dès sa première semaine de sortie, "L'attente" est certifié triple Disque de platine, un succès fulgurant. Finalement, il se vendra à plus de 600.000 exemplaires.

    Johnny s'offre en février 2012, une parenthèse "littéraire" avec la sortie de son autobiographie "Dans mes yeux" coécrite avec l'auteure Amanda Sheers. Il y règle quelque peu ses comptes et certains comme Claude François ou Michel Sardou se voient ainsi épinglés.

    Achevée en décembre 2012, la tournée de 65 dates a rassemblé quelque 650.000 spectateurs et le 3 juin 2013, sort l’album live de cette tournée, intitulé "On stage".

    Johnny Hallyday fête ses 70 ans, quelques jours plus tard, sur la scène du Palais Omnisports de Paris-Bercy lors d'un concert le 15 juin 2013, suivi d'un autre un peu plus tard dans la nuit au Théâtre de Paris. Ces concerts figurent parmi sa mini-tournée "Born Rocker Tour", dont l’album live sort le 25 novembre 2013. Le rockeur reprend cette tournée au printemps 2014, aux États-Unis et au Canada, du 24 avril au 15 mai.

    2014 : "Rester vivant" 

    Le 1er septembre 2014, c’est l’un des événements de la rentrée musicale : Johnny Hallyday sort le premier single,"Regarde-nous", un blues rock mélodique chanté avec une voix impeccable, issu de son nouvel album "Rester vivant".

    Rien de tel pour aiguiser la curiosité des fans et des médias jusqu’à la sortie de l’album, le 17 novembre. Blues, rock, country, soul, sur cet opus, les rythmes s’enchaînent au gré des paroles écrites par des artistes français de renoms : Maxime Nucci (Yodelice), Miossec, Jeanne Cherhal, Isabelle Bernal, Pierre-Dominique Burgaud et Yarol Poupaud. Don Was, pointure internationale qui a collaboré avec les Rolling Stones, est à la production. Johnny Hallyday est convaincant en interprète de ces créations sur "le temps qui passe, la solitude avec laquelle on vit tous à un moment ou à un autre". Il signe son 49e album… un bilan, en quelque sorte avec des chansons qui lui collent à peau.

    "Rester vivant" sera le meilleur démarrage de l’année en 2014, dans l’industrie du disque, en France, avec plus de 130.000 exemplaires vendus la première semaine de sa sortie.

    A la manière du Rat Pack qui rassemblait Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr. aux États-Unis, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc se retrouvent pour trois concerts communs à Paris-Bercy les 5, 6 et 7 novembre 2014. Complices depuis les yéyés, mais jamais réunis sur scène auparavant, ils ont choisi un nom de groupe en hommage à Serge Gainsbourg, pour l’occasion : "Les Vieilles Canailles".

    "Le tout, c’est de se marrer", avoue Jacques Dutronc. Johnny Hallyday, très en forme, est le chef de la bande, avec la puissance vivifiante qu’on lui connaît. Les trois copains enchaînent leurs tubes respectifs … et les vannes. Le public présent est littéralement enchanté et en redemande.

    Johnny Hallyday Biographie

    2015 : "De l’Amour"

    Huit mois après la tournée des "Vieilles canailles",  Johnny entame sa 183e tournée personnelle. Il joue sur scène les titres de son dernier album "Rester vivant" (écoulé à 500 000 exemplaires), parmi lesquels "Au café de l’avenir", "Rester vivant" et bien sûr les plus anciennes, les incontournables, celles dont le public ne peut plus se passer. En octobre 2015, sur scène, à Lille, il annonce la sortie de son 50e album studio, "De l’Amour", "le plus intime de tous mes albums", dit-il. Yodelice (Maxim Nucci) est le grand manitou de ce dernier-né, à la fois compositeur et réalisateur.

    Pour les textes, Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, Christophe Miossec ou encore Aurélie Saada, moitié du duo Brigitte, se partagent le privilège de travailler avec le rocker français. Il est question d’amour bien sûr, mais également d’actualité avec une chanson intitulée "Un dimanche de janvier", consacrée à la marche gigantesque ayant suivi l'attentat contre le magazine Charlie Hebdo à Paris. Enregistré entre Paris et Los Angeles, le disque est en tête des ventes. Le 12 février 2016, il devient même le meilleur "Album de chansons" de l’année aux Victoires de la Musique.

    Fin novembre 2016, Johnny Hallyday apprend qu'il est atteint d'un cancer des poumons. Il confirme les rumeurs sur ses comptes Twitter et Facebook en mars 2017, tout en rassurant les fans et en confirmant sa participation aux  "Vieilles Canailles", une tournée avec ses compères Jacques Dutronc 74 ans et Eddy Mitchell, 75. Johnny est malade mais il assure jusqu’au bout le show, avec une puissance vocale inaltérée. 

    En septembre, sort une compilation intitulée "On a tous quelque chose de Johnny". C'est une première pour le chanteur qui voit ainsi ses titres emblématiques repris par la jeune génération, dont Louane ou Gauvain Sers, mais aussi par des artistes confirmés qui ont grandi avec lui, Florent Pagny ou Patrick Bruel entre autres.

    Après neuf mois d'un combat difficile contre le cancer des poumons qui le ronge, Johnny Hallyday, l'éternel "Idole des jeunes" décède le 6 décembre 2017 dans sa maison de Marnes-la-Coquette.

    6 décembre 2017


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  • L’écrivain et académicien Jean d’Ormesson est mort

    Jean d’Ormesson, chez lui, en 2016. Jean d’Ormesson, chez lui, en 2016. RICHARD DUMAS/AGENCE VU POUR « LE MONDE »

    Tout en étant obligé de s’inscrire dans la lignée des comtes d’Ormesson, il s’était fait son propre nom, en forme de sourire, qui reflétait bien son caractère facétieux : Jean d’O. Plus il vieillissait, plus Jean d’Ormesson – qui est mort dans la nuit du 4 au 5 décembre à l’âge de 92 ans – était charmant et charmeur, avec son œil si bleu et son air à jamais espiègle. « Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui. Il nous laisse de merveilleux livres », a déclaré sa fille, Héloïse d’Ormesson. Il pensait avec raison que la gaieté est une politesse et voulait mériter un qualificatif presque perdu, « dans un siècle où règne le ressentiment » : délicieux.

    Lire aussi :   La mort de Jean d’Ormesson fait réagir le monde politique et littéraire

    Délicieux, il l’était. Bon écrivain, aussi. Mais, admirateur des grands auteurs, il se montrait sans illusion sur son œuvre – sans doute en attendant un démenti. Il a poussé ce jeu sur la littérature jusqu’à écrire un roman intitulé Presque rien sur presque tout (Gallimard, 1996). Lorsqu’on lui demandait si ce « presque rien sur presque tout » n’était pas l’inverse de ce que doit être la littérature, « presque tout sur presque rien », il partait d’un grand rire, en laissant au lecteur le soin de conclure.

    Il pratiquait à merveille un art en voie de disparition, celui de la conversation. Il était brillant, jamais ennuyeux, parlait vite et bien. On avait envie de l’inviter sur tous les plateaux de télévision. On ne s’en privait pas, et il y avait pris goût.

    « Longtemps, je me suis demandé ce que j’allais faire de ma vie »

    « Longtemps, je me suis demandé ce que j’allais faire de ma vie », affirmait-il au début de C’était bien, en 2000 (Gallimard) : un retour sur son passé et sur les contradictions de sa vie. Car, bien qu’appartenant à une « grande famille », tout n’avait pas été toujours facile pour lui.
    Jean d’Ormesson est né le 16 juin 1925. Son père, André d’Ormesson, est diplomate, bientôt (en 1936) ambassadeur de France. Sa mère, née Marie Anisson du Perron, descend des Le Peletier. Comme il l’évoque dans Au plaisir de Dieu (Gallimard, 1974), il a passé une partie de son enfance au château de Saint-Fargeau, qui appartenait à sa mère. La famille suivant son père dans ses différents postes, il a aussi vécu en Roumanie et au Brésil.

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    Pour échapper à Sciences Po, Jean d’Ormesson entre en hypokhâgne, puis intègre l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, juste après la seconde guerre mondiale. Il passe l’agrégation de philosophie et se résout à enseigner. On lui propose un poste à l’université américaine de Bryn Mawr, près de Philadelphie, université de jeunes filles, ce qui l’amuse plutôt. Mais il tombe gravement malade.

    Il entre en 1950 à l’Unesco, où il devient l’assistant de Jacques Rueff au Conseil international de la philosophie et des sciences humaines nouvellement créé – qu’il dirigera plus tard. Il fait aussi, avec Roger Caillois, la revue de sciences humaines Diogène, dont le premier numéro est sorti en 1953. Il déclarait détester les réunions et les comités de rédaction, ce qui ne l’empêchera pas de diriger Le Figaro entre 1974 et 1977.

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    « Au revoir et merci »

    Il devient donc directeur du journal et, à ses chroniques, s’ajoutent des éditoriaux politiques qui ne manquent pas de susciter des polémiques à gauche. Lorsque Robert Hersant – qui avait été frappé d’indignité nationale pendant dix ans pour faits de collaboration – rachète Le Figaro, en 1975, Jean d’Ormesson, comme Raymond Aron, reste. Mais tous deux partiront deux ans plus tard.

    Jean d’Ormesson va enfin pouvoir consacrer plus de temps à son œuvre littéraire, commencée en 1956 et ayant connu des fortunes diverses. René Julliard avait aimé (et publié) son premier texte, L’amour est un plaisir. Mais, après plusieurs échecs, ayant peu de goût pour le masochisme, Jean d’Ormesson faisait ses adieux à la littérature en publiant Au revoir et merci, en 1966 (réédité chez Gallimard en 1976).

    Un an plus tard survient un événement pour lui dramatique : il doit se résoudre à vendre le château maternel de Saint-Fargeau. Et, au début des années 1970, tout change dans son existence : il écrit La Gloire de l’Empire, un pastiche de récits d’historiens. Roger Caillois s’enthousiasme et porte le manuscrit chez Gallimard, où il est publié (1971). Pour ce livre, Jean d’Ormesson reçoit le Grand Prix du roman de l’Académie française. En 1973, à 48 ans, il entre sous la Coupole au fauteuil de Jules Romains – il est alors le benjamin de l’Académie.

    On le retrouve en 1974 avec un texte plus grave, Au plaisir de Dieu, qui raconte la fin d’un monde, celui de sa famille. Le succès, ensuite, ne le quittera plus. Dix livres en quinze ans – toujours sur les listes des meilleures ventes –, jusqu’à cette Histoire du Juif errant, en 1990, suivi de La Douane de mer en 1994 puis de Presque rien sur presque tout, en 1996, trois romans (Gallimard) dans lesquels Jean d’Ormesson tente une explication du monde.

    On sait, par ses articles du Figaro – il a continué à y collaborer après avoir abandonné la direction – que Jean d’Ormesson n’a jamais dédaigné les combats et les polémiques. Ses attaques contre ceux qu’on désignait à droite comme les « socialo-communistes » lui ont même valu, pendant la guerre du Vietnam, d’être la cible d’une chanson de Jean Ferrat, Un air de liberté (1975). On en oublie parfois qu’il a magnifiquement écrit sur les écrivains. Parmi ses milliers d’articles, il en a choisi certains pour les réunir en volumes.

    Un recueil dédié à sa fille Héloïse

    En 2007, à 82 ans, il a fait cadeau d’un nouveau recueil à sa fille Héloïse, qui avait créé sa propre maison d’édition. Dans cette Odeur du temps (éd. Héloïse d’Ormesson), on mesure tout son amour de la vie, on comprend mieux ses passions, ses enthousiasmes. C’est finalement une sorte d’autobiographie détournée, avec ce qu’il faut de souvenirs de famille, de voyages.

    Dans ces articles, on aime le style énergique, le sens des formules, des croquis, des portraits aigus, rapides. Et on découvre que Jean d’Ormesson possède une autre qualité trop rare : il sait admirer. Ainsi, François Mauriac occupe une large place, peut-être parce qu’en lui « s’incarnaient tous les talents d’un esprit à la fois classique et moderne et le génie de la langue porté à sa perfection. C’est cette rencontre si rare qui donne à François Mauriac, écrivain et journaliste, toutes ses chances d’éternité ». Paul Morand, au contraire, détestait le journalisme. Surprenant, quand on a écrit des livres sur des villes, « tant de reportages de génie où le monde moderne brillait de tous les feux nouveaux de l’automobile de sport, du cinéma et du jazz ».




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      Photo AFP

     

       

     

     

    « Elle s’est endormie, on peut dire ». C’est avec cette formule théâtrale et simple à la fois que le compagnon de Danielle Darrieux, Jacques Jenvrin, a annoncé hier le décès de l’une des grandes Dames du cinéma français. Elle aura marqué de son empreinte la scène pendant sept décennies du XX siècle et aura même poursuivi sa carrière jusqu’en 2010.

    Quand tout a commencé, Mademoiselle Darrieu, n’était qu’une môme. Une gamine pétillante de 14 ans, qui ouvrait sa carrière avec Le Bal (1931) du réalisateur allemand Wilhelm Thiele ; l’histoire d’une adolescente qui s’ennuie et déchire les invitations à un bal que ses parents, un couple de parvenus, veulent donner pour élargir leur cercle mondain.

     

    Un véritable mythe s’en va

    C’était sa première apparition au cinéma, son premier rôle, son premier long-métrage. Elle tournera dans 103 autres au total, « plus que mon âge » disait-elle à l’aube de son centenaire le 30 avril dernier. Dans les années 1930, sa carrière débute de façon extraordinaire. « La petite fiancée de Paris » impose son jeu naturel, sa voix particulière, sa joie communicative, sa spontanéité attachante, sa beauté qui répond à tous les canons des années 1930.

    « Tout le monde disait : ah, la petite fille », s’est souvenue un jour en souriant celle qui deviendra l’une des plus grandes vedettes du cinéma, à l’exceptionnelle longévité.

    La débutante de l’entre-deux-guerres, d’abord cantonnée à des rôles de son âge, de jeune ingénue ou fantasque, devient vite l’actrice préférée des Français. Même Hollywood lui tend les bras. Elle y tourne son premier film américain en 1938, mais s’ennuie dans son exil doré et revient. Elle y retournera dans les années 1950.

    DD : Danielle Darrieux est un mythe, comme ses partenaires sur scène qui ont pour nom Jean Gabin, Jean Marais, Bourvil, Fernandel, Louis de Funès, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Michel Piccoli…

    Les plus grands réalisateurs l’ont fait tourner : ils s’appellent Billy Wilder, Maurice Tourneur, Henri Decoin (son premier mari), Claude Autant-Lara, Julien Duvivier, Sacha Guitry, Max Ophüls, Claude Chabrol, Claude Sautet, Jacques Demy. Un film lui a donné sa gloire : « Madame de… », tiré en 1953 du roman de Louise de Vilmorin, où elle campe la sublime comtesse Louise de…

     

    Partenaire de Deneuve

    Dans « Les Demoiselles de Rochefort », elle est la mère des jumelles jouées par Catherine Deneuve et sa sœur Françoise Dorléac. « C’est la seule femme qui m’empêche d’avoir peur de vieillir », disait Catherine Deneuve.

    Deneuve-Darrieux… Les deux actrices se retrouvent en 2002 dans « 8 femmes » de François Ozon, alors jeune réalisateur. C’est son 99e film, elle chante comme elle avait chanté souvent, à ses débuts, dans des comédies musicales. « DD n’est pas qu’une comédienne, éclatante dans tous ses rôles, tous les genres : elle chante très bien » raconte Catherine Deneuve.

    Cette élégante grande dame enjouée avait célébré en mai dernier ses 100 ans, loin des projecteurs, dans son petit village de l’Eure, à Bois-le-Roy, où elle vivait simplement. Elle s’était retiré des plateaux de cinéma et avait quitté les écrans avec « Pièce montée » de Denys Granier-Deferre, en 2010 après un début de cécité. Danielle Darrieux s’était mariée trois fois, avec Henri Decoin, le richissime play-boy Porfirio Rubirosa et le scénariste Georges Mitsinkidès, avec qui elle avait adopté un fils.

    « Sa personnalité et sa grâce éternelle ont traversé les âges. D.D. une artiste, une légende, un siècle… », écrivait en mai dernier Alain Terzian, président de l’Académie des César.

    Ses obsèques se tiendront mardi 24 octobre à Bois-Le-Roy. Dernier adieu à l’Éternelle Danielle Darrieux.


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  • Biographie

    biographie de Jean Rochefort

    Jean Roche­fort est né le 29 avril 1930 à Dinan. Fils de Céles­tin Roche­fort, cadre dans l'indus­trie pétro­lière, il gran­dit à Nantes avec son frère. Adoles­cent, il s'ennuie ferme­ment dans sa paisible province. Contre l'avis de son père, qui souhai­tait le voir inté­grer une école de comp­ta­bi­lité, Jean Roche­fort s'installe à Paris afin de suivre les cours d'art drama­tique de l'école la rue Blanche puis du Conser­va­toire à partir de 1951. Ses cama­rades de jeu s'appellent Jean-Paul Belmondo et Jean-Pierre Marielle. La joyeuse bandene se quitte plus. 

    biographie de Jean Rochefort

    Jeune comé­dien en herbe, il est enrôlé par la Compa­gnie de théâtre Grenier-Husse­not, et joue dans de nombreuses pièces d'Harold Pinter, notam­ment au côté de Delphine Seyrig. Au cinéma, il fait ses premiers pas au début des années 60 dans des films histo­riques (Le capi­taine Fracasse, Cartouche, Le masque de fer). Il tourne sous la direc­tion de Philippe de Broca à plusieurs reprises dans les années 60 (Les tribu­la­tions d'un chinois en Chine, Le Diable par la queue). Il varie les registres et parti­cipe à de nombreuses comé­dies qui ponc­tuent sa longue filmo­gra­phie. Dans les années 70, il prête son talent comique aux films d'Yves Robert (Le Grand blond avec une chaus­sure noire, Un éléphant ça trompe énor­mé­ment, Nous irons tous au para­dis). En 1976, il décroche le César du meilleur second rôle pour Que la fête commence de Bertrand Taver­nier puis en 1978 celui de meilleur acteur pour Le Crabe-Tambour de Pierre Schoen­doerf­fer. Acteur fidèle, il colla­bore égale­ment à de nombreuses reprises avec Patrice Leconte dans les années 90 (Le mari de la coif­feuse, Les grands ducs, Ridi­cule). En 1999, il reçoit un César d'honneur. 

    biographie de Jean Rochefort

    Dans les années 2000, l'acteur choi­sit ses rôles avec parci­mo­nie et se tourne vers la jeune garde des cinéastes français; Bernie Bonvoi­sin (Blanche), Edouard Baer (Akoi­bon), ou encore Guillaume Nicloux (La clef). En 2004, il est de retour sur les planches dans Heureux ? de Fernand Raynaud. Plus rare sur les plateaux de tour­nages depuis 2009, il revient en 2012 avec L'artiste et son modèle de Fernando Trueba pour lequel il reçoit une nomi­na­tion en Espagne au Goya du meilleur acteur. En juin 2015, il est à l'affiche dufilm de Philippe Le Guay, Floride.

    biographie de Jean Rochefort

    Passionné de chevaux depuis sa plus tendre enfance  – son grand-père possé­dait des chevaux de fiacre en Bretagne – il découvre l'équi­ta­tion à 30 ans pour les besoins du film Cartouche de Philippe de Broca (1961). Dès lors, en dehors des plateaux de tour­nage, le cava­lier se lance dans l'élevage de chevaux. Il possède le Haras de Villequoy dans les Yvelines. En 2000, sur le tour­nage de L'homme qui a tué Don Quichotte, l'acteur se blesse et doit se faire opérer d'urgence d'une double hernie discale, depuis il ne peut plus monter à cheval. En 2004, il reçoit la médaille du Mérite agri­cole pour avoir été à l'origine de la première trans­plan­ta­tion d'embryons chez la jument. La même année, il commente pour France 2 les épreuves hippiques des Jeux Olym­piques d'Athènes. En 2011, Jean Roche­fort, égale­ment féru d'art, publie Le Louvre à cheval, un livre sur le cheval dans l'art.

    biographie de Jean Rochefort

    Côté vie privée, Jean Roche­fort est père de cinq enfants. Il se marie en 1960 avec Alexan­dra Moscwa avec laquelle il a deux enfants; Marie (née en 1962) et Julien (né en 1965). Durant sept ans, il partage la vie de l'actrice Nicole Garcia dont il a un fils, Pierre (né en 1981). En 1989, il épouse Françoise Vidal, archi­tecte de vingt ans sa cadette, et excel­lente cava­lière de saut d'obstacles. Ensemble ils ont deux enfants; Louise (née en 1990) et Clémence (née en 1992).

    biographie de Jean Rochefort


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