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    Marseille

    guide du routard

    Marseille par Lionel Taieb
    Marseille © Lionel Taieb

    Deuxième ville de France, Marseille reste une immense scène de théâtre où les représentations se succèdent, sans temps morts. Pas de saison d’hiver ou d’été, pas de relâche, sauf en août peut-être.
    Marseille est une ville étonnante dont les habitants ont des talents innés de comédiens et se moquent bien d’avoir des spectateurs complices, car ils jouent d’abord pour eux. Drames et comédies, en alternance, sur une scène à la taille digne d’une grande métropole, voire d’une mégalopole, qui aurait pourtant gardé l’esprit de province (et l’accent de Provence).
    Dans ces conditions, rejetez les idées toutes faites sur Marseille, celles que vous aviez en tête avant le lever du rideau. On daignera oublier que vous avez vidé toute votre voiture au parking, en jetant des regards inquiets, après avoir pesté contre les embouteillages, regardé d’un air effaré, depuis l’autoroute, le paysage gâché par des blocs de béton, alors que vous pensiez arriver au « Pays du soleil »...
    Un titre d’opérette marseillaise, de celles qui donnèrent à la France entière, dans les années 1930, l’accent de Fernandel, Raimu ou Sardou… L’opérette, la trilogie de Pagnol, les poissonnières… il ne manque plus que le pastis, la pétanque, le savon et la petite sieste, et nous voilà avec quelques-uns des clichés qui ont fait la réputation de Marseille.


    Activités Marseille

    Les calanques, de Marseille à Cassis

    Ne dites jamais à un Marseillais que vous allez visiter les calanques de Cassis ! Les calanques sont à Marseille ! Même si certaines sont, il est vrai, géographiquement plus proches de Cassis, les calanques restent sur le territoire de la commune de Marseille (97 % du moins).
    Un conseil : évitez les grands week-ends et les dimanches !
    Attention, même à pied en longeant la mer par le GR 98 et les autres chemins de randonnée, le sentier n’est pas toujours aisé à trouver. Mais il est probable que certaines choses changent dans le petit milieu des calanques avec la création du Parc national des Calanques en 2012.

    Comment découvrir les calanques ?

    À pied

    Les calanques ne sont, pour l’essentiel, accessibles qu’à pied ou en bateau.
    â Ceux qui veulent découvrir tout le massif emprunteront le GR 98-51 (balisage rouge et blanc) : 28 km (soit 11 ou 12h pour un marcheur moyen) le long de la ligne de crête. Le sentier démarre à Marseille du parc Adrienne-Delavigne, après l’église de la Madrague de Montredon (bus n° 19 jusqu’à son terminus) ou à Cassis. Les bons marcheurs pourront faire l’excursion dans la journée.
    Les calanques, c’est beau, mais ça se mérite, et ça se partage. Pour rejoindre les criquettes il faut marcher, parfois longtemps, sans être assuré de profiter seul du lieu à l’arrivée.

    En voiture

    De Marseille, hors saison, Morgiou et Sormiou sont facilement accessibles en voiture. Mais cet accès est strictement réglementé en saison : il y a un gardien et une barrière, fermée de 8h à 19h, et il faut un laissez-passer pour franchir cette dernière les week-ends et jours fériés à partir de Pâques, et tous les jours de début juin à début septembre.

    En bus

    De Marseille, les premières calanques, de Montredon à Callelongue, sont desservies par les bus n° 19 (se prend au M. : Castellane) puis n° 20.

    En bateau

    De Marseille : plusieurs départs par jour depuis le quai des Belges (Vieux-Port) et le quai de la Fraternité (face à La Canebière). Billets en vente à l’office de tourisme.

    - Icard Maritime : tél. : 04-91-33-03-29. Compter 16-28 € (réduc). Promenades en mer et au château d’If, visite des calanques (grand et petit circuit), côté Côte bleue et parc national. En juillet et août, « calanque et baignade » à Sugiton et « naturoscope », randonnée palmée sur un sentier sous-marin.

    La plongée sous-marine dans les calanques

    En plongeant dans l’azur méditerranéen, les hautes falaises brutes des calanques se transforment en tombants colonisés par une vie luxuriante très sauvage. Ces fonds peuvent être classés parmi les plus spectaculaires de la Méditerranée française, surtout quand l’eau - très limpide - est investie en profondeur par les intenses rayons du soleil. Une escorte de dauphins viendra peut-être compléter l’envoûtement...

    Nos meilleurs spots de plongée autour de Marseille

    - Castel Viel : au pied de la falaise. Pour plongeurs niveau I. Gorgones et corail rouge éclatant enflamment ce tombant somptueux qui dégringole jusqu'à 40 m de profondeur. À « deux brassées de palmes », les surplombs d'une fameuse grotte à Corail sont fascinants.
    - La pointe Cacau : accessible aux plongeurs débutants (niveau I minimum). Au pied d'une falaise qui chute dans le bleu méditerranéen, une cascade d'éboulis rocheux suivis d'un magnifique tombant fleuri de gorgones et corail rouge. Présence de 3 beaux canons de bateau.
    - Phare de la Cassidaigne : idéal pour les plongeurs de niveau I. Au sud des calanques, ce vaste plateau rocheux entouré de tombants permet plusieurs plongées magnifiques. Eaux limpides où se déploie une vie particulièrement sauvage. Spot exposé.
    - L'Eissadon : à proximité de la pointe de l'Îlot. Accessible aux néophytes (niveau I minimum). Ambiance surréaliste dans cette faille entrecoupée de tunnels que vous visiterez un à un - sans danger - par 15 m de fond. À explorer l'après-midi, quand le soleil donne à la roche des couleurs vives.

     

    Où sortir à Marseille ?

    Comme toutes les grandes villes, Marseille est « éclatée » en plusieurs centres nocturnes.

    - La Plaine : petit quartier qui s'étend entre le cours Julien et la place Jean-Jaurès. C'est la zone branchée de la planète Mars(eille). Bars et restos à foison, ainsi que des petites salles de concerts et de spectacles. Rockers alternos et rappeurs, motards et intellos, étudiants et zonards cohabitent pacifiquement.
    - Le bord de mer, de la Corniche aux Goudes en passant par l'Escale Borély, s'adresse surtout (et surtout l'été) à ceux qui préfèrent des ambiances plus « Côte d'Azur » et une clientèle plus friquée qui aime ce qui brille.
    - Autour du Vieux-Port, l'îlot Thiars et le quai de Rive-Neuve font dans le mélange des genres, jeunes et moins jeunes, Marseillais et touristes. Bars, boîtes de nuit, restos, clubs plus ou moins privés, il y en a pour tous les goûts.

    Attendez-vous à une certaine sélection (sinon à une sélection certaine !) à l'entrée des lieux de la jeunesse dorée. La Plaine restant le quartier le plus « ouvert d'esprit ». Sinon, Marseille, la nuit, peut s'avérer une ville un peu « compliquée », avec ses codes et ses tensions. Pas de parano, mais se souvenir que Marseille n’est pas une ville riche.

    Cuisine et boissons Marseille

    Spécialités gastronomiques

    La bouillabaisse

    Parmi les cinq ou six poissons nécessaires, on trouve la vive araignée, le rouget grondin (galinette), le congre (fiélas), la rascasse (chapon) et un ou deux poissons nobles comme le saint-pierre ou la lotte. On vous sert d'abord le bouillon avec la rouille et les croûtons, puis les poissons bouillis et roussis à l'huile d'olive, servis entiers avec rouille, pommes de terre et encore du bouillon.
    La règle d'or de la bouillabaisse, c'est le découpage devant les convives, qui mélangent ensuite rouille et aïoli.
    L'aïoli, symbole culinaire de la Provence, est aussi le partenaire idéal de la bourride. Une recette voisine à base non plus de poissons de roche mais de poissons blancs, car on n'a jamais mélangé ici les torchons et les serviettes, les poissons de roche pour le plat du pauvre (la bouille) et les poissons nobles (loup, daurade...) pour la bourride.

    Les pieds et paquets (ou pieds-paquets)

    Autre plat typiquement marseillais. Il s'agit de petits carrés de panse de mouton (ou d'agneau) roulés en paquets et farcis de petit salé, ail et persil. Accompagnés de pieds de mouton (ou d'agneau), ils mijotent très longuement avec du vin blanc et plus ou moins de tomates.

    L'aïoli

    C'est une sorte de mayonnaise à l'ail finement pilé avec de l'huile d'olive, accompagnée de morue et de légumes de saison bouillis (carottes, pommes de terre...). L'aïoli se déguste, en été, dans les fêtes de village, mais aussi pour certaines fêtes religieuses (le Vendredi saint à Marseille, le Mardi gras à Grans).

    L'anchoïade

    Réalisée à partir d'anchois écrasés que l'on fait fondre dans l'huile d'olive, plus légère que l'aïoli, elle accompagne toutes sortes de crudités. Très tendance !

    La soupe au pistou

    Pour les longues soirées d'été, rien de tel qu'une bonne soupe au pistou, faite de haricots rouges et blancs et de divers légumes, selon l'humeur, et agrémentée d'une pommade à base de basilic et d'ail pilés, ainsi que d'huile d'olive.

    Les pizze de Marseille

    Peut-être le plat le plus emblématique de Marseille aujourd'hui ! C'est ici que vous dégusterez la meilleure pizze de votre vie, dotée, si elle est cuite au feu de bois, d'une saveur incomparable.

    Saveurs orientales

    Difficile d'évoquer la cuisine marseillaise sans parler non pas des chiche-kebabs, mais plutôt des keftas, couscous, tajines et pâtisseries orientales qui font ici le quotidien de toute une population. Sans oublier la fameuse kemia, servie à l'heure de l'apéro, qui connaît une variante hispanisante sous la forme des tapas, assortiments de petites entrées (pois chiches, anchois, olives pimentées, poivrons marinés...) servies sur un plateau. La kemia, symbole d'intégration, à l'heure du pastis, un vieux rêve devenu réalité.

     

    Où manger ?

    Profitez du fait que Marseille reste une ville ouverte sur le monde pour goûter à la cuisine de tous les exilés venus un jour poser ici leurs bagages. Il existe ici plein de petits restos populaires et bon marché : cantines de quartier et orientales foisonnent dans le centre-ville.
    Mais il ne faut pas oublier les pizze ! Car si elle vient d'Italie, la pizza a pourtant fait de Marseille une de ses capitales.
    Quant à la vraie cuisine provençale, c'est plutôt dans l'arrière-pays que vous la découvrirez. 

    Pastis

    Apparu à la fin des années 1930 dans cette région où le commerce des plantes aromatiques a toujours été très actif, le pastis, succédant aux absinthes, interdites en 1915, connut un succès immédiat. Banni par le gouvernement de Vichy, il fut de nouveau autorisé à la vente à la Libération.
    Aujourd'hui, cette boisson à base d'anis vert et d'alcool à 90° se prête à de nombreux mélanges : perroquet (avec sirop de menthe), tomate (avec grenadine) et mauresque (avec sirop d'orgeat). Boisson indispensable pour toute partie de pétanque qui se respecte.

    Où boire un verre ?

    Le Vieux-Port offre un bon choix de terrasses. Mais il y a aussi de grandes places qui en sont remplies aux beaux jours : cours d'Estienne-d'Orves (près de l'Opéra), cours Julien (La Plaine), place de Lenche (le Panier) et place Félix-Éboué (face à la préfecture) notamment.
    N'oubliez pas non plus les stations uvales, où l'on vous presse de bons jus de fruits frais selon la saison. Ouvertes de mi-juin à octobre. En principe, 6 grands kiosques métalliques situés sur le Vieux-Port, le cours Belsunce, l'avenue des Réformés, le cours Pierre-Puget, la place Castellane et à La Plaine.

    Hébergement Marseille

    Pour les petits budgets, on compte deux auberges de jeunesse et quelques hôtels bon marché dans les quartiers populaires du centre, même si la rénovation gagne du terrain.
    D'une parr, on trouve quelques belles chambres d'hôtes de charme en ville et dans les quartiers résidentiels, parfois même avec vue sur la mer. D'autre part, Marseille regorge d'hôtels confortables, de chaîne ou indépendants, jouant la carte design, bien souvent. Évidemment, autour du Vieux-Port, ceux-ci sont plutôt chers et le prix demandé n'est pas toujours justifié. Mais les offres de dernière minute, sur Internet, peuvent vous réserver de très jolies surprises...
    Voir également l'offre week-end mise en place par l'office de tourisme, « L'Échappée belle » : deux jours, une nuit, City Pass compris, à partir de 58 € par personne. Réserver sur le site de l'office de tourisme et des congrès de Marseille en donnant le code « Échappée belle » à l'hôtelier pour obtenir un pass à son nom.
    Enfin, ceux qui préfèrent une location meublée à l'hôtel peuvent s'adresser au réseau Home Marseille (04-84-26-77-41), qui propose studios, apparts et villas disséminés dans toute la ville. Compter 75 € pour 2 en studio ; 85 € la nuit pour 5 personnes.

    Un peu d'histoire Marseille

    La fille de Phocée

    La cité naît de la rencontre de la mer et de la terre, du mariage de Protis le Phocéen (Grec d'Asie Mineure) avec Gyptis la Ségobrige (un peuple celto-ligure). Comment rêver d'un mythe fondateur mieux adapté à ce qui sera pendant 26 siècles la vocation même de Marseille : l'ouverture au monde ?
    Quant à la date arbitraire de sa naissance (600 av. J.-C.), les découvertes archéologiques les plus récentes, en bordure du Lacydon (le Vieux-Port, autrement dit), ne cessent d’en affiner la probabilité à quelques dizaines d’années près.
    Les Marseillais créent aux siècles suivants une série de comptoirs portuaires, qui ajoutent encore à leur richesse.
    Vers 340 av. J.-C., à l'époque d'Alexandre le Grand, Massalia va connaître son premier grand homme : Pythéas, qui symbolise la vitalité commerciale et scientifique d'une ville qui sut rester pendant des siècles, y compris sous la domination romaine, le conservatoire occidental de la culture grecque.

     

    Itinéraires conseillés Marseille

    Un jour

    • Visite du Vieux-Port, avec son marché aux poissons au bout de la célèbre Canebière.
    • Grimpette dans le lacis de ruelles du Panier, sans oublier les incontournables musées de la Vieille-Charité.
    • Et puis un crochet par les docks de la Joliette pour avoir une idée du futur de Marseille.
    • Terminer par un pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Garde, pour sa vue imprenable sur la ville au coucher du soleil.

    Trois jours

    Le 2e jour

    On peut partager agréablement son temps entre :

    • Les plages de la Corniche, au sud
    • Une balade dans les quartiers chics et verdoyants d’Endoume, Bompard et du Roucas-Blanc
    • Un crochet par la Cité radieuse de Le Corbusier pour la partie culturelle

    Le 3e jour

    • Une bonne journée de balade s’impose dans les superbes calanques en direction de Cassis.

    Quatre et cinq jours

    En plus du programme de « Trois jours », explorez consciencieusement l’âme de la ville.

    Le 4e jour

    • Une balade dans les quartiers populaires de la Belle-de-Mai (à La Friche notamment).
    • Une balade dans les qurtiers de Belsunce et Noailles pour leur atmosphère orientale.

    Le 5e jour

    • Un petit tour à L’Estaque pour retrouver l’âme des peintres cubistes et l’atmosphère des films de Guédiguian.
    • Poursuivre plus au nord sur la jolie Côte bleue pour finir en beauté

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