• Normandie

    Normandie par Hervé Rodrigue
    Normandie © Hervé Rodrigue

    Il y a mille ans, la « France » était l’Île-de-France et la Normandie, un pays viking. Aujourd’hui, la Normandie est la campagne de Paris. Une campagne pur jus, avec ses chaumières fleuries, ses vaches artistes et mille autres détails charmants. C’est une campagne ultra-civilisée, tellement bichonnée qu’à la longue elle ressemble à un jardin anglais. Il n’y manque même pas les brumes, les barrières blanches ou les mondanités équestres.
    Voilà longtemps que les Parisiens apprécient la musique douillette de la Normandie. Qui ne connaît ces fromages trois étoiles ? Qui n’a rêvé devant ces longues plages bordées de falaises, ces pâturages verdoyants, ces manoirs en pain d’épice et le miroitement gracieux du fleuve où les péniches glissent dans la brume ? La Normandie, c’est tout cela. Et bien d’autres choses encore...
    Une puissance agricole, par exemple, où la campagne, comme dans les Flandres, bascula vers l’industrie. Et puis, sous sa couette verte à impression pommiers en fleur, la Normandie cache des fureurs et des subtilités impénétrables. Que découvrir de plus chez cette vieille connaissance ? Un cortège de petites industries scrupuleuses et de zones pétrochimiques, d’immenses propriétés laitières et des banlieues ouvrières qui dessinent, derrière le chromo un brin désuet, la Normandie vivante, intense...
    Et encore : l’opacité du bocage, les landes du Cotentin blanchies par le sel, l’épopée vraie des sagas scandinaves, l’explosion des rouleaux de la Manche à la Hague... Une tout autre Normandie sur laquelle veille, au loin, la silhouette mystique du Mont-Saint-Michel.

     

    LE HAVRES

    DEAUVILLE

    CAEN

     

     

    DIEPPE

    HONFLEUR

    FECAMP

     

    ROUANS


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  • Sicile

    Sicile par Daphnis Kieffer
    Sicile © Daphnis Kieffer

    Carrefour des civilisations, la Sicile, la plus grande île de la Méditerranée, s’est forgé un cadre où, sous un même soleil, se retrouvent de fabuleux temples grecs, des châteaux et des cathédrales érigés dans un style empruntant au roman, aux Byzantins et aux Arabes, des jardins orientaux, des palais et des églises au baroque tardif hispanisant. Les artistes siciliens ont su enrichir leurs propres traditions et savoir-faire des courants artistiques venus d'ailleurs, créant ainsi un art sicilien à part entière. Les amateurs de sites archéologiques et d’art baroque seront tout particulièrement comblés.
    La Sicile s’est dotée de sa propre identité culturelle. Cet état d’esprit est parfois déroutant pour un étranger. On fait la fête pour les enterrements, mais on reste silencieux en d’autres occasions plus frivoles. L’âme de la Sicile est à chercher dans cette façon décalée de voir les choses.
    La région présente une nature plus que favorable aux cultures, grâce à une terre volcanique fertile et à un soleil presque toujours au rendez-vous. Elle est une grande productrice de fruits et légumes, de produits laitiers et d’huile. Le métissage des cultures a aussi enrichi la gastronomie de l’île, puisque c’est par la Sicile que se sont répandues en Italie les saveurs orientales.

    Patrimoine culturel

     

    L'art grec

    On trouve en Sicile des vestiges d'architecture civile et sacrée. Les premiers sont constitués de forts et de villes d'importance différente. Bâtis dans des lieux stratégiques, ils assuraient la défense des villes et des routes principales. On en trouve de beaux exemples à Erice et à Capo Soprano, près de Gela.
    De nombreuses villes siciliennes ont, quant à elles, conservé le modèle grec, organisé selon des axes nord-sud et est-ouest.
    L'architecture sacrée se compose essentiellement de temples de style dorique et de théâtres. Construits en dehors des villes, ils sont souvent situés sur des sites exceptionnels. Les théâtres, édifiés dans les environs d'un temple, servaient à la célébration des fêtes dionysiaques. Ceux de Taormina et de Ségeste sont à ne pas manquer.
    Il ne subsiste que très peu de témoignages de la peinture grecque en Sicile. Toutefois, de nombreux vases ont réussi à nous parvenir.

    L’époque romaine

    Sous l’occupation romaine, la Sicile fut reléguée au rang de grenier de l’Empire. Peu de monuments datant de cette époque sont donc visibles.
    Restent l’amphithéâtre de Syracuse, dans lequel se déroulaient les combats de gladiateurs, ainsi que celui de Catane, et les odéons de Taormina et Catane. Sans oublier, bien sûr, les sublimes mosaïques des villas del Casale et del Telloro.

    L'époque paléochrétienne

    Outre quelques ruines de catacombes découvertes à proximité des villes, c'est à partir de 725 que la Sicile entre vraiment dans l'ère paléochrétienne. À cette époque, de nombreux groupes d'artistes et de moines débarquent sur ses côtes, fuyant Byzance et l'interdiction formulée par l'empereur de reproduire des images sacrées.
    De cette époque ne subsistent que quelques habitations troglodytiques, ainsi que des cube, c'est-à-dire de petites églises cubiques, qu'il est possible d'apercevoir dans la région de l'Etna, près de Noto (Citadella) et de Syracuse. 

    L’époque arabo-normande

    Que reste-t-il des deux siècles d’occupation arabe qu’a connus la Sicile aux IXe et Xe siècles ? Malheureusement, fort peu de choses...
    Durant leur présence sur l’île, les Arabes la transforment pourtant radicalement : Syracuse cède sa place de capitale à Palerme, de nouvelles cultures sont introduites grâce à la mise en place d’un système d’irrigation complexe, les jardins et les fontaines peuplent le paysage. Les mosquées et les minarets font leur apparition. La géométrie et les arabesques deviennent les repères de l’architecture. La céramique se développe de façon fulgurante.
    Avec l’arrivée des rois normands au XIe siècle, qui rivalisent avec Byzance, la Sicile se mue en un grand chantier. De nombreuses églises et cathédrales sont édifiées par des moines architectes qui, dans un savant mélange d’influences romane, byzantine et arabe, érigent de magnifiques chefs-d’œuvre, comme la chapelle Palatine à Palerme.

    Le baroque

    Le baroque, omniprésent en Sicile, est l'aboutissement de l'œuvre des jésuites du Basque Ignace de Loyola. Conséquence de la Réforme, l'Église catholique a vu ses lieux de culte désertés par une masse de plus en plus nombreuse de pratiquants. De l'architecture à la peinture en passant par la musique et la sculpture, tout a dû être revu et réinventé pour attirer à nouveau les fidèles et les déserteurs de l'Église. Ce mouvement artistique d’une ampleur sans égale, se fait muraille de Chine de la foi, la « vraie », celle de l’Église romaine.
    L'appartenance de l'île à la couronne d'Espagne au XVIIe siècle est le facteur déterminant du développement de ce nouvel art au service de la Foi. Développement fulgurant puisque la Sicile possède la pierre et le marbre nécessaires pour la construction, et des influences arabes et byzantines pour magnifier toutes les créations.
    Le séisme de 1693, qui détruit une bonne partie des édifices de Sicile du centre et de l'ouest, ont obligé les autorités à repenser entièrement l'urbanisme des villes. On fait appel aux plus grands architectes.
    Le mouvement et la contorsion semblent être les éléments communs à tous les artistes. Fini le beau statique, l'équilibre des formes, il faut plaire, étonner et non reposer l'esprit. Tout devient jeux de perspective, présentation théâtrale ; le foisonnement du décor va jusqu'à l'extrême.
    Poussé à son extrême, cet art évoluera vers le rococo.

    La musique

    La musique en Sicile est une affaire de cœur, peu ou pas d'école : la tradition populaire fut assez forte pour influencer les mélomanes en herbe. La siciliana (chant de bergers) a largement inspiré les pièces instrumentales et vocales des XVIIe et XVIIIe sècles. La tarantella, danse folklorique très populaire, trouve ses origines en Italie du Sud ; un temps considérée comme une danse diabolique, elle fut bannie avant d'incarner la danse de la résistance contre les dogmes du pape. Mais surtout, la Sicile a donné naissance à Scarlatti et Bellini.
    La Sicile influença par ailleurs Verdi et ses Vêpres siciliennes.

    Géographie, climat et météo

    Sicile

    Géographie

    La Sicile semble géographiquement marquée par le chiffre 3 : 3 pointes (d'où sa forme de triangle), 3 principales chaînes de montagnes, 3 régions historiques appelées « vallées » au temps des Arabes et... 3 km de détroit séparant le sud de la Botte italienne (continentale) et l'île.

    Pour les Arabes, l'île était divisée en 3 grandes zones, improprement appelées vallées :
    - le val de Mazara à l'ouest ;
    - le val Demone au nord-est ;
    - le val de Noto au sud-est.
    Les noms sont en partie restés mais ce découpage n'a plus cours.

    Dans la province de Palerme, quelques sommets atteignent les 1 600 m, mais c'est principalement vers l'est que la montagne marque le plus les paysages puisque, entre Messine et Termini Imerese, 3 massifs s'enchaînent : les monts Peloritani, les Nebrodies et les Madonies, ces derniers étant les plus élevés (pic Carbonara, 1 979 m). Bien entendu, ce sont des nains à côté de l'Etna, le plus haut volcan d'Europe, qui domine la plaine de Catane (la plus grande de l'île et l'une des rares plaines en Sicile) de ses 3 350 m. La montagne reprend ses droits plus au sud, dans les monts Iblei.

    Une grande partie de la Sicile centrale est constituée d'un plateau d'où émergent des pitons rocheux sur lesquels se sont construites des villes de moyenne importance, comme Enna. Sur les côtes s'étendent quelques plaines.

    Peu de rivières, encore moins de fleuves : comme ailleurs dans le Bassin méditerranéen, les rivières se transforment en torrents au moment des pluies et s'assèchent vite, dès le printemps. Seul le Salso, le fleuve le plus long de Sicile, se démarque par ses crues ravageuses en hiver. On trouve tout de même, dans les plateaux de Sicile centrale, quelques lacs dont celui

    de Pergusa.

    Climat

    La mer est proche, donc le climat largement tempéré par la brise.
    Au printemps, la Sicile est toute verte et pleine de fleurs. Celles des orangers embaument alors sublimement l'air.
    En été, c'est le climat africain : pelé, végétation rase et desséchée. Il fait chaud, très chaud, la luminosité est aveuglante, l’air brûlant. Comme l’écrit Lampedusa dans Le Guépard, « il neige du feu »... Dehors, on sèche telle une tomate une bonne partie de la journée ; les Siciliens eux-mêmes évitent de sortir entre 12h et... 19h ! Ce qui n'exclut pas parfois de gros orages. Un pull-over peut d'ailleurs être utile partout et en toute saison, surtout le soir.
    Les automnes sont doux, les hivers généralement ensoleillés, avec toutefois certains jours un peu frisquets. La neige recouvre alors les sommets de l'Etna et des massifs des Madonies et des Nebrodies.

    Cependant, l’idéal est de parcourir l’île en mai-juin ou en septembre-octobre. Il fait bon, il fait beau, et ce n’est pas la pleine saison : il y a moins de monde, et les prix sont plus bas.

    Petit enquiquinement notable : le sirocco, ce vent terriblement chaud du sud-est, moite, soufflant de 20 à 25 jours par an (généralement au printemps), qui coupe les jambes et provoque de violentes migraines. Autrefois, dans les vieilles maisons, les familles se réfugiaient dans la « pièce du sirocco », sans fenêtre, afin d'être à l'abri du vent infernal.

    Environnement

    Soutenir que la défense de l'environnement a été une préoccupation de premier ordre en Sicile ces cinquante dernières années ferait bien rire. Pourtant, des associations se battent, mais elles rencontrent nombre de difficultés.
    Bien souvent, les côtes siciliennes ont été défigurées par une politique irresponsable, qui a pénalisé sans s'en rendre compte ce qui devrait être l'une des principales ressources de l'île, le tourisme.
    Ainsi, on estime à pas moins de 160 000 les constructions illégales ou abusives disséminées sur les côtes. La nuance existe : certaines constructions illégales ont été plus ou moins légalisées par diverses amnisties successives. On a même inventé dans les années 1980 le concept de « construction illégale par nécessité », le droit au logement prévalant sur l'obtention du permis de construire. En raison de quoi on a pu construire n'importe quoi n'importe où, comme à Agrigente dans la vallée des Temples où quelque 600 constructions illégales ont été dénombrées. Certes, quand on visite cet immense parc archéologique, on ne voit à peu près rien de ces constructions, mais il n'empêche qu'elles existent dans un large périmètre qui aurait pu rester « sacré ».
    Les autorités locales et régionales ont toujours couvert ces constructions sauvages, populaires puisque court-circuitant l'État et ses contraintes.


    L'organisation éco

    Vie pratique Sicile

    Horaires

    Les horaires sont souvent très variables en Italie, voire quelquefois pas respectés du tout alors qu’ils sont affichés. En premier lieu, adressez-vous à l’office de tourisme. Après cela, vous n’avez plus qu’à vous rendre sur place en croisant les doigts pour que le site ait bien réactualisé ses horaires auprès de l’office de tourisme (ou tout simplement qu’il les respecte !)...

    - Restaurants : généralement de 12h ou 12h30 à 14h30-15h et de 19h à 23h (mais avant 20h30, vous risquez de n’être entouré que d’autres étrangers). Les Siciliens déjeunent rarement avant 13h. Quant au dîner, c'est rarement avant 21h. Cela dit, réserver ou arriver tôt permet parfois d'éviter d'attendre dans les endroits très appréciés des locaux. La possibilité d'être servi jusqu'à 23h et au-delà n'a rien d'exceptionnel.
    - Banques : du lundi au vendredi de 8h30 à 13h30 et de 15h à 16h ; parfois le samedi matin.
    - Églises : généralement ouvertes tôt le matin pour la messe (souvent dès 6h30), ainsi que pour le rosaire du soir. On arrive parfois à les visiter le samedi et le dimanche, en raison des nombreuses cérémonies religieuses. Les églises-musées ont des horaires plus étendus, mais certains édifices religieux n’ouvrent jamais leurs portes.
    - Musées et sites : question horaires, c'est un peu l'anarchie. Chiuso signifiant « fermé » et qui décore le plus souvent la porte d'un musée qui devrait être ouvert...
    Les musées ouvrent en règle générale entre 8h et 9h30 pour fermer entre midi et 14h. Ils rouvrent l'après-midi entre 14h et 15h30 jusqu'à 17h, 18h, voire 19h ou même 20h pour les plus importants. En hiver, les horaires sont réduits.
    Certains ne font pas de pause déjeuner ; d'autres, assez nombreux, ferment le lundi. Souvent, les sites archéologiques à ciel ouvert sont accessibles de 9h à une heure avant le coucher du soleil.
    - Postes : du lundi au vendredi (samedi aussi dans les grandes villes) de 8h25 à 19h10 ; le samedi de 8h25 à 12h30. Le dernier jour du mois l’horaire est légèrement raccourci. Les bureaux secondaires sont souvent ouverts de 8h25 à 13h30.
    - Magasins : en règle générale, ils sont ouverts de 9h à 13h et de 16h à 19h30, et toujours fermés le dimanche et une demi-journée par semaine (souvent le lundi matin).

    Langue et dialecte

    L'italien est une langue facile pour les francophones.
    Les Siciliens, entre eux, parlent un dialecte. Ils seraient encore 73 % à l'utiliser, en famille. Situation surprenante : le dialecte sicilien n'est cependant pas enseigné et ne fait pas l'objet de la moindre revendication... Si vous maîtrisez tout juste l'italien, le dialecte sicilien risque d'être incompréhensible pour vous.

    Poste

    - La poste italienne a mis en circulation un timbre « Posta prioritaria » à 0,75 € sur le territoire national, mais aussi vers les pays européens, qui permet d'envoyer une lettre en un temps record (1 jour pour l'Italie et 2-3 jours pour l'étranger) : un peu plus cher que le tarif normal, mais, en principe, ça marche ! Ce timbre peut aussi être acheté dans une tabaccheria.
    - Pour se faire adresser du courrier en poste restante, tenir compte des délais d'acheminement et demander à l'expéditeur de rédiger l'enveloppe avec la mention : Fermo Posta, Posta centrale di... et le nom de la ville en italien, précédé, si possible, du code postal comme en France.
    - Call Center, tél. : 803-160. Des opérateurs parlant aussi bien italien qu'anglais ou français répondront à vos questions de 8h à 20h.

    Tabac

    En Italie, la cigarette est interdite dans TOUS les lieux publics (restaurants, cafés, bars, discothèques et trains), sauf en terrasse, bien sûr. Si les partisans du vietato fumare se réjouissent de pouvoir désormais dîner sans craindre l’asphyxie, les accros au tabac ont, quant à eux, la vie dure.
    En cas d’infraction, une grosse amende vous attend : 27 € à la moindre cigarette allumée (275 € s’il y a des enfants ou des femmes enceintes à proximité). Quant aux restaurateurs, ils encourent une peine de 2 200 € s’ils ne font pas respecter cette loi dans leur établissement.
    Le soir, lorsqu’ils ferment, les tabacchi laissent place à un distributeur automatique. Attention, ces derniers ne rendent pas toujours la monnaie ; ils délivrent alors un ticket qu’il faut présenter au comptoir aux heures d’ouverture pour se faire rembourser. Mieux vaut donc prévoir l’appoint.

    Téléphone et télécommunications

    Téléphone

    Voir le téléphone en Italie.

    Internet

    Quand bien même la plupart des hôtels et B & B proposent une connexion wifi, on trouve des centres Internet dans la plupart des villes, mais ils sont souvent peu nombreux. Ils sont généralement ouverts tous les jours (sauf, dans de rares cas, le dimanche), jusqu'à 20h dans les agglomérations de taille moyenne, plus tard (21h-22h, voire minuit) dans les grandes villes. Munissez-vous d'une pièce d'identité. Les connexions sont de bonne qualité.

    logiste Legambiente se démène pour faire respecter l'environnement.

    Cuisine et boissons Sicile

     

    Cuisine

    La cuisine sicilienne s'est élaborée en additionnant et mélangeant les traditions culinaires des différents peuples qui se sont succédé en Sicile. On oppose souvent une cuisine pauvre, celle des campagnes, à la cuisine des palais, mais de nos jours les ingrédients sont, pour l'essentiel, les mêmes.
    Le riz y occupe une place de choix ; les risotti aux crustacés et au poisson sont fameux, sans oublier les arancini, boulettes de riz farcies avec des légumes, de la viande ou du fromage, de la taille d'une petite orange, et que l'on mange sur le pouce.
    En guise d'antipasti, on trouve également beaucoup d'artichauts frits, capelli (sorte de crêpe), parmigiana (un gratin d'aubergine au parmesan), la caponata (sorte de ratatouille aigrelette) et l'éternelle insalata di mare, qui fait souvent la part belle au poulpe et au céleri.
    Les Siciliens mangent également des pâtes, comme la pasta con le sarde (aux sardines), ai ricci (aux oursins) ou ai masculini (tout petits anchois), et des légumes : brocolis, asperges sauvages, aubergines, célari... sans oublier les condiments : câpres, olives, tomates séchées, etc.

    Spécialités culinaires siciliennes

    - Les poissons : les Siciliens ne pouvaient ignorer le poisson et les fruits de mer. Le choix en est extrêmement varié. Cela va des sardines au thon et à l'incontournable espadon, en passant par la langouste. Ils sont cuisinés panés, en papillote, farcis d'amandes, de pistaches, de pignons et de raisins secs, ou en soupe. Le couscous de poisson est souvent présent dans les menus de la côte ouest (Sicile africaine).
    - Les viandes sont souvent relevées de sauces piquantes. Goûtez à l'opulent farsumagru de veau farci et aux polpettoni variés ; on mange aussi pas mal de lapin et d'agneau.
    - Les fromages sont les mêmes que dans le reste de l'Italie du Sud : le provolone (un fromage de vache à pâti filée, que l'on reconaît à sa forme ovale), le caciocavallo (littéralement, le « fromage à cheval », car il est vendu par paires disposées à cheval sur un bâton de bois), la ricotta (fromage de brebis à pâte molle), le bocconcini (« petites bouchées » de mozzarella) et le pecorino (qui joue en Sicile le rôle du parmesan).

    - I dolci : les Arabes ayant importé l'art de faire des jardins et de les irriguer ainsi que les agrumes, on trouve beaucoup de pâtisseries inspirées d'anciennes recettes arabes, notamment à base de pâte de fruits et de pâtes d'amandes, et d'excellents fruits confits. Les fruits en pâte d'amandes de la Martorana sont extraordinaires. On ne peut pas non plus quitter la Sicile sans avoir dégusté la granita, un mélange de glace pilée et de sirop, servie dans un verre. Les granite citron, fraise et melon sont les plus rafraîchissantes (existent aussi au café et aux amandes). Celles fabriquées artisanalement sont de vrais délices, à engloutir à la petite cuillère. Recouvertes de crème (panna) et accompagnées d'un croissant, elles constituent un excellent petit déjeuner.
    Autre pâtisserie incontournable, la cassata. L’actuelle cassata est un gâteau à base de ricotta, mais à l’origine c’est l’ancêtre des semifreddi (entremets glacés). La vraie cassata sicilienne se fait avec du pan di Spagna (sorte de génoise) découpé en disques, que l’on garnit de ricotta, de fruits confits, de chocolat et que l’on recouvre ou non de glaçage. Un peu écœurant si l’on n’est pas habitué.
    Si vous en avez l'occasion, goûtez aussi la gelsa, un fruit rouge d'été, fruit du mûrier, proche de la mûre de nos haies. Citons encore les torroni (nougats) et les cannoli (sortes de « tuyaux » croquants fourrés à la ricotta, au chocolat ou à la crème pâtissière). Moins connus, les amaretti (macarons aux amandes), les sfinci à l'anis (sortes de beignets moelleux), le biancomangiare (une gelée au lait d'amandes), ou les agnelli pasquali et la ternello di Sicilia (nougat aux pistaches confectionné artisanalement et vendu sur les marchés).

    - Il pane : le pain, que l'in mange avec tout. Mie épaisse, presque blonde, croûte craquante semée de graines de sésame. Perfetto !

    Voir aussi la rubrique « Cuisine et boissons » de la destination Italie. 

    Boissons

    Vins de Sicile

    La Sicile est riche en vignobles ; les terres autour de l'Etna produisent des blancs secs très minéralisés, et des rouges, appelés etna, titrant parfois 15° (et même plus). Du côté de Palerme, Casteldaccia produit le corvo, qui accompagne parfaitement la viande, et l'ala, un vin apéritif. Les îles Éoliennes (Salina principalement), volcaniques, produisent d'excellents vins doux comme le malvasia (malvoisie), qu'on peut rapprocher du xérès espagnol.
    Au centre et au sud-est de la Sicile, vous goûterez aux rouges cerauolo et nero d'Avola très puissants (le second inégal) ou bien aux blancs de Donnafugata.
    Au XVIIIe siècle, c'est un Anglais qui inventa le marsala pour concurrencer le monopole des Portugais avec leur porto ; résultat, un vin très doux, à la limite du liquoreux. Pour ceux qui apprécient les digestifs doux-amers, on ne peut que conseiller l'amaro averna, un bitter consommé dans l'île à hauteur de 3 l par personne et par an.
    Il existe bien entendu beaucoup d'autres vins, et même des itinéraires permettant de partir à leur découverte (dans la province de Ragusa, par exemple).

    Ne soyez pas surpris si vous apercevez un Sicilien ajouter de l'eau dans son vin ; c'est une pratique courante en Sicile. Ils appellent ça un « allongé » !

    Bière sicilienne

    La bière locale par excellence est la Messina, brassée à l'orge de Sicile. Les deux autres répandues dans toute la péninsule et brassées depuis le XIXe siècle sont la Peroni, blonde et légère - que l'on trouve toutefois moins facilement que sur le continent - et la Moretti, presque rousse, qui a donc bien plus de caractère.

    Café

    Tout le monde connaît l’incontournable espresso, mais rares sont les Italiens qui le demandent. En effet, certains le souhaitent ristretto (serré), lungo (allongé) ou encore macchiato (« taché » d’une goutte de lait). Si vous demandez un americano, vous obtiendrez, selon les endroits, un expresso double ou un café en poudre infâme. Le café au lait se dit caffè con latte. À ne pas confondre avec le fameux cappuccino, coiffé de mousse de lait et saupoudré, si on le demande, d’une pincée de poudre de cacao. À moins que vous ne préfériez le caffè corretto, c’est-à-dire « corrigé » d’une petite liqueur.

    Chocolat

    La cioccolata calda est, pour certains, meilleure que le cappuccino. Elle est tellement onctueuse qu’on dirait de la crème...
    La capitale sicilienne du chocolat, c’est Modica. On y produit un chocolat maigre, parfois parfumé au piment, et travaillé à froid sans ajout de lait ni de beurre. Il laisse du coup une impression étrange en bouche, presque farineuse.

    Eau

    L’eau du robinet est potable. Néanmoins, elle n’est jamais servie dans les restaurants, où l’on vous propose toujours de l’eau minérale et où l’on vous regarde d’un drôle d’œil si vous insistez pour avoir une carafe.
    Précisez naturale si vous souhaitez de l’eau plate, sinon on vous servira, d’office, de l’eau gazeuse (frizzante, gasata ou con gas).


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  • Autriche

    Autriche par Gulwenn Torrebenn
    Autriche © Gulwenn Torrebenn

    Mais que peut bien évoquer l’Autriche pour chacun de nous ? Bien sûr, une nature prodigieusement préservée, des lacs aux eaux pures, de superbes massifs montagneux et de fameuses stations de ski. Mais aussi des coutumes et des traditions encore bien vivantes, repères rassurants dans une Europe en pleine mutation. Une Europe dont Vienne redevient un des centres principaux, renouant avec son prestigieux passé tout en prenant un visage des plus contemporain.
    Les visiteurs qui partent à Vienne sur les pas de Sissi ou de Mozart croisent dans les rues ou aux terrasses des célèbres cafés des jeunes en train de construire un nouveau monde, bien différent de celui dont Stefan Zweig déplorait la disparition.
    En Autriche, les voyageurs qui empruntent les autoroutes bavaroises en direction de Bregenz et d’Innsbruck auront la tête remplie des images de carte postale du Tyrol, s’attendant à rencontrer dans la rue, comme à la campagne, des habitants en culotte de peau et chapeau à plume... Si vous arrivez à Salzbourg au beau milieu du festival, vous aurez évidemment une vision quelque peu figée du pays.
    Mais cette vision n’est que partielle. Car l’Autriche a beau être conservatrice et préserver son folklore, elle ne refuse pas la modernité ; son architecture évolue, ses grandes villes vibrent au rythme d’une vie nocturne et artistique intenses. Bref, l'Autriche est un pays qui ne tourne pas le dos à son passé, mais qui n’oublie pas de regarder vers l’avenir.

    Géographie

    Située au cœur de l’Europe centrale, l’Autriche a l’avantage de posséder des frontières communes avec huit pays. C'est, de fait, un lieu de transit entre les grands centres économiques et culturels de l'Europe, auxquels elle est reliée par son réseau routier et ferroviaire ainsi que par le Danube, rattaché aujourd'hui au Rhin par le canal de l'Europe.
    Le pays est fractionné en neuf Bundesländer (régions fédérales), gouvernés chacun par un Landesregierung. Toutefois, avec une superficie d'environ 83 860 km², l'Autriche reste l'un des plus petits pays d'Europe : on est bien loin des vastes étendues de l'ancien empire. De même, sa population ne s'élève guère qu'à 8,4 millions d'habitants dont 1 700 000 - soit environ 20 % - vivent à Vienne. Seule une autre ville passe le cap des 200 000 habitants : Graz.
    Les trois quarts du territoire national sont recouverts de montagnes. Le quart restant, concentré essentiellement sur les rives du Danube et les plaines de l'est, offre des conditions favorables à une agriculture qui satisfait 85 % des besoins nationaux (les exploitations sont en général petites, d'où la méfiance des agriculteurs vis-à-vis de la politique agricole commune de l'UE). Hormis l'élevage et l'industrie laitière, qui occupent une place prépondérante dans l'économie autrichienne, les productions agricoles s'exportent peu.
    En revanche, la forêt, qui s'étend sur 47 % du territoire, permet une production abondante de bois, cellulose et papier, destinée pour une grande part aux pays étrangers (1/5e des exportations). Le journal Le Monde est ainsi imprimé quotidiennement sur du papier autrichien.

    Climat

    L'Autriche est un pays soumis à des influences climatiques diverses : au nord, un climat continental ; dans les hauts massifs de l'ouest, un climat alpin avec de très grands écarts de température et des chutes de neige abondantes. L'est, qui appartient déjà à la plaine hongroise, se caractérise par un printemps court et un automne sec et beau.
    Le printemps et l'automne sont sans doute les meilleures périodes pour découvrir Vienne et Salzbourg. Vous éviterez ainsi les pluies et les orages estivaux. En été, on peut néanmoins se réfugier dans les forêts alpines. À Vienne, la température peut dépasser les 35 °C en cas de canicule. En hiver, si le brouillard règne sur les vallées, le soleil rayonne en altitude : un séjour de

    rêve pour les amateurs de ski fortunés.

    Culture Autriche

    Baroque autrichien

    Si le style baroque, tant en peinture et sculpture qu'en architecture, est issu de l'Italie de la fin de la Renaissance, nulle part ailleurs qu'en Autriche (et en Bavière) il n'a trouvé un terreau aussi fertile pour faire éclore autant d'œuvres et de bâtiments remarquables. La conjonction de deux événements historiques y a largement contribué : d'une part, la Contre-Réforme, dopée par la fin de la guerre de Trente Ans (1618-1648), provoque en Autriche un afflux d'artistes catholiques, qui vont s'atteler, sous la férule des jésuites, à rénover les bâtiments religieux ; d'autre part, la fin du péril turc (1683) va générer un boom de la construction encouragé par les Habsbourg. Le goût inné des Autrichiens pour l'apparat, les couleurs et la fête fera que leurs artistes dépasseront vite en talent leurs inspirateurs italiens.
    Le baroque se rencontre partout en Autriche : intérieurs d'églises croulant sous la profusion des dorures, façades d'abbayes aux couleurs chatoyantes, colonnes de peste et fontaines monumentales sur les Hauptplatz des villes, palais fastueux aux décors de théâtre, façades bourgeoises en stucs délicats, fresques à la symphonie de couleurs somptueuses sous les voûtes, buffets d'orgue, grands tableaux d'églises...

    L'émergence du baroque dans les arts plastiques coïncide avec l'avènement d'une nouvelle musique instrumentale, liturgique ou festive, à la dominante mélodique succédant à la musique polyphonique. Le concile de Trente, véritable machine de guerre de la Contre-Réforme, avait fixé dès la fin du XVIe siècle de nouvelles règles liturgiques permettant aux instrumentistes et solistes de jouer de toutes les facettes de leur talent pour soutenir la pompe des messes chantées en latin.
    Pour servir de décor à ce besoin d'emphase, les églises romanes et gothiques sont intégralement rhabillées de neuf. Tout pour le mouvement ! Voilà le credo des artistes du baroque.
    Le point d'orgue de ce mouvement est à situer dans l'édification des gigantesques abbayes danubiennes : Sankt Florian, Melk, Altenburg, Göttweig... Outre le caractère spectaculaire de leur architecture, ces abbayes recèlent des trésors de décoration intérieure.
    La haute noblesse n'est pas en reste : à l'instar du prince Schwarzenberg, le glorieux vainqueur des Turcs, elle rénove les vieilles demeures médiévales ou se fait bâtir, en périphérie des villes, des palais faits sur mesure, intégrant la profusion d'éléments décoratifs à la nature environnante.

    Style rococo

    Prolongement pour les uns, perversion pour les autres, le style rococo apporte un raffinement presque maniéré aux réalisations du baroque. Préférant la subtilité à la monumentalité, il se répand en détails savoureux : peintures en trompe l'œil, stucs délicats utilisant à profusion les motifs végétaux, faux marbres et bois sculptés imitant le bronze. Art du faux-semblant, de la théâtralité et de l'illusion d'optique par excellence !

     


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    Hongrie

    Hongrie par Frédéric Lebarbenchon 
    Hongrie © Frédéric Lebarbenchon

    « L’Orient commence aux portes de Vienne », disait Metternich en évoquant la Hongrie. Il est vrai que ce pays de 93 033 km² (trois fois la Belgique) ressemble par certains aspects à l’Autriche (dans sa partie basse), tout en ouvrant déjà la porte vers un autre monde. Un monde de saveurs épicées, de vins puissants et de musiques envoûtantes.
    La Hongrie occupe le centre du Bassin danubien, où alternent les villes d’eau, les cités baroques et les bourgades champêtres. Ici, pas de paysages grandioses ni tourmentés. Délimitée au nord par les Carpates, la Hongrie laisse les sommets à la Slovaquie et cultive la douceur de vivre dans ses plaines ou sur les rives volcaniques du Balaton. Partout où il passe, le Danube s’impose. Le climat est tempéré, un peu plus continental qu’en France.
    L’occupation turque a laissé à la Hongrie le goût du café, les roses, les bains turcs et même quelques mosquées. Bref, pas étonnant que beaucoup de touristes affluent chaque année dans ce petit pays qui a beaucoup à offrir.
    Cerise sur le gâteau, le sens de l’hospitalité des Hongrois fait rarement défaut.

     

    Carte d'identité Hongrie

    En hongrois : Magyarország.
    Capitale : Budapest.
    Superficie : 93 033 km².
    Population : 10 076 000 habitants (dont 1,7 million à Budapest). Dénatalité de - 0,16 % en 2011.
    Densité : 107 hab./km.
    Espérance de vie : 71 ans pour les hommes, 78,9 ans pour les femmes.
    Monnaie : le forint.
    Langue : hongrois (magyar) à 93,6 %.
    Régime : démocratie parlementaire.
    Chef de l'État : János Áder (depuis mai 2012).
    Chef du gouvernement : Viktor Orbán (depuis mai 2010).
    Croissance économique : 0,1 % en 2012.
    PIB par habitant : 16 500 €.
    Inflation : 3,9 %.
    Taux de chômage : 10,9 %.
    Indicateur de développement humain : 0,816 (38e sur 182).
    Sites classés au Patrimoine mondial de l'Unesco : Hollókö, le vieux village et son environnement (1987) ; Budapest, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l'avenue Andrássy (1987 et 2002) ; l'abbaye bénédictine millénaire de Pannonhalma et son environnement naturel (1996) ; les grottes de karst d'Aggtelek et du karst de Slovaquie (1995) ; le parc national de Hortobágy - la Puszta (1999) ; la nécropole paléochrétienne de Pécs (2000) ; le paysage culturel de FertÅ‘d - Neusiedler See (2001) ; le paysage culturel historique de la région viticole de Tokaj (2002).

    Économie

    Dès 1990, la Hongrie a mis en chantier une politique de privatisation, en s'ouvrant aux capitaux étrangers. Cette libéralisation de l'économie lui a permis de s'imposer comme le principal bénéficiaire des investissements en Europe de l'Est. L'entrée dans l'UE le 1er mai 2004 a marqué la fin d'une première phase de transition de l'économie. 
    Le pays dispose de véritables atouts : la science et la technologie sont, avec l'automobile, les éléments clés de l'économie, appuyée sur une main-d'œuvre qualifiée et encore relativement abordable au regard des critères européens. Letourisme occupe également une place importante. 
    Avec un taux de change euro-forint avantageux et une main-d’œuvre qualifiée et peu coûteuse, la Hongrie a développé une stratégie d’implantation de délocalisations industrielles.
    Elle a su attirer de gros investissements dans le domaine automobile.
    La croissance hongroise repose essentiellement sur les exportations, notamment vers l’Allemagne.
    Mais malgré la croissance de 1,7 % du PIB en 2011, l’économie hongroise a connu une récession (jusqu’à -1,5 %), sous l’effet d’un manque de confiance des entreprises et des consommateurs, du durcissement des conditions de crédit, du désendettement et de l’assainissement budgétaire.
    En 2011, le pays a été fortement touché par une dévaluation du forint (-17 %), engendrant la flambée des taux et la dégradation de la note souveraine hongroise par les agences de notation.
    En ce qui concerne le déficit public, la Hongrie est en procédure de déficit excessif depuis son entrée dans l’UE en 2004. Le déficit budgétaire 2012 s’établit à 3,9 % du PIB.
    Des taxes exceptionnelles de crise ont été introduites en 2010, dans les domaines de l’énergie, de la grande distribution et des télécommunications.
    L’autre fragilité de la Hongrie réside dans l’endettement des ménages. Face à ces difficultés, les autorités hongroises ont dû faire une demande auprès du FMI et de l’Union européenne, fin 2011.
    Les discussions ont été interrompues par le FMI et la Commission un mois après, à la suite de l’adoption par le Parlement hongrois de lois controversées sur la réforme de la Banque centrale et sur la stabilité financière. À la suite de l’adoption par le Parlement de modifications juridiques dans les statuts de la Banque centrale, la Commission européenne a clôturé la procédure d’infraction, permettant à la Hongrie de reprendre les discussions avec elle et le FMI sur l’obtention d’une aide de précaution.

     

     

    La population est en principe favorable à l’introduction de l’euro de façon coordonnée avec la Pologne et la République tchèque, mais aucune date ne peut être avancée.

     

    Géographie et climat Hongrie

    Géographie

    Au centre de l’Europe, la Hongrie partage des frontières avec sept pays, dont quatre sont membres de l’Union européenne : la Slovénie, l’Autriche, la Slovaquie, la Roumanie et un futur membre, la Croatie. S’ajoutent deux pays extérieurs à l’UE : l’Ukraine et la Serbie. 
    La majorité du territoire hongrois se situe dans le large bassin de faible altitude traversé par le Danube et la Tisza, dont 440 km sont navigables.

    On peut distinguer trois grands ensembles géographiques : 
    - En premier, une zone montagneuse qui s’étend sur 400 km le long de la frontière nord du pays. Elle comprend plusieurs massifs, comme les monts Bakony, qui dominent le lac Balaton, le plus grand lac d’eau douce d’Europe centrale, le massif du Vértes et le Kékes, point culminant du pays (1 015 m) dans les monts Mátra.
    - En second, au sud de cette région montagneuse, le Danube, qui coule du nord au sud après avoir formé la frontière avec la Slovaquie, divise le restant du pays en deux zones de plaines : la grande plaine hongroise (Alföld) couvre la majorité de la région à l’est du Danube jusqu’à la frontière avec la Roumanie (à l’est) et avec la Serbie (au sud). Ses terres alluviales, arrosées par un réseau d’affluents du Danube et de la Tisza, sont très fertiles. 
    - En troisième, la Transdanubie, qui s’étend au sud vers les monts Mecsek et les derniers piémonts des Alpes autrichiennes.

    Environ 19 % du territoire est recouvert de forêts (hêtres, chênes, peupliers, bouleaux et autres arbres à feuilles caduques), et le gibier est abondant. La grande plaine hongroise abrite de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, 145 réserves naturelles et 35 aires protégées. Les parcs nationaux d’Aggtelek et de Hortobágy sont également inscrits au <nobr>Patrimoine</nobr> mondial de l’Unesco au titre de patrimoine naturel.

    Climat

    Protégée du froid sibérien par les Carpates, la Hongrie bénéficie d'un climat continental modéré. Les hivers sont néanmoins rigoureux (moyenne : -1° C) et enneigés ; les étés, longs, orageux, peuvent être très chauds. Il pleut beaucoup en mai-juin et en octobre-novembre. L’ensoleillement annuel (environ 200h à Budapest) est un des plus élevés d’Europe. En été, les eaux du lac Balaton peuvent atteindre 25 °C. Vive la douceur de septembre, idéale pour voyager !

    Environnement

    Longtemps délaissé, l'environnement est devenu un enjeu crucial au regard des directives européennes, mais aussi en terme de santé publique. 
    Même si on a constaté que le déclin industriel depuis quelques années a entraîné une amélioration de la qualité de l'air, près de la moitié de la population hongroise (18 %) est encore exposée à une pollution excessive de l'air, dont 80 % provient du transport routier et de l'industrie. 
    Avec le développement économique et l'augmentation du parc automobile, le taux d'utilisation des transports publics à Budapest est passé de 80 % à la fin des années 1980 à 60 % de nos jours.

    Il subsiste trois points pour lesquels Bruxelles a accordé des délais supplémentaires à la Hongrie : la qualité des eaux, la pollution industrielle et lerecyclage des déchets. Inquiétudes d'autant plus d'actualité après le déversement en 2010 de boues toxiques d'une usine d'aluminium à 160 km à l'ouest de Budapest. La contamination s'est étendue à plusieurs rivières, dont un affluent du Danube, menaçant tout l'écosystème de son bassin en aval. 
    Un an après, la région a été réhabilitée et ses habitants relogés dans un nouveau village. Les entreprises sollicitées par l'État hongrois pour ce projet ont travaillé sans faire de profit.

    En matière écologique, la priorité majeure de la Hongrie d'ici à 2015 est lagestion de l'eau : non seulement elle doit prévenir les risques d'inondations, mais elle doit impérativement veiller à la qualité de ses eaux souterraines qui couvrent 90 % des besoins et dont 60 % sont exposées au risque de pollution, et rendre efficace le traitement des eaux usées.
    La part du PIB consacrée à l'environnement était d'environ 2 % en 2010.

     

    Cuisine et boissons Hongrie

    Cuisine

    Très consistante, calorique et copieuse, la cuisine hongroise peut être savoureuse lorsqu'elle est bien préparée, parfois assez grossière dans le cas contraire. Les plats courants ne sont pas épicés. On y utilise toutefois beaucoup de paprika, mais aussi de l'aneth, de l'origan, de l'estragon et du basilic frais (dans les bons cas). 
    Chaque région a ses spécialités : les ragoûts et goulaschs dans la Puszta, le gibier dans les forêts de Hongrie septentrionale, les poissons près du lac Balaton.

    Le paprika

    Que serait la cuisine hongroise sans la précieuse poudre rouge ? Fabriqué à partir du fruit seul (sans les graines), le paprika est doté de multiples vertus : riche en vitamines C et D, il regorge également de sucres, de minéraux et de fibres. Sans oublier la fameuse capsaïcine (c'est elle qui arrache !). 
    On confond souvent l'épice et le légume. Le premier existe sous des formes et couleurs diverses, mais il est différent du poivron connu chez nous. Le paprika cerise est petit, rond, rouge et (très) piquant, mais assez peu utilisé ; le vert est doux, de forme allongée, souvent plutôt jaune très pâle que vert ; le bácskai a la même forme allongée, mais il est vert très clair et très légèrement piquant ; le paprika tomate, lui, est rond, plutôt grand, rouge et doux.

    Les soupes

    Été comme hiver, tout repas en Hongrie commence par une soupe. Extrêmement variées, elles sont plus ou moins épaisses, plus ou moins garnies.

    Gulyásleves : la plus célèbre des soupes hongroises, car il ne faut jamais oublier que le goulasch, au départ, est un potage. Il contient de la viande, des poivrons, des oignons, des pommes de terre et du paprika. Il est très différent d'un resto à l'autre.
    Bableves : potage aux haricots secs.
    Magyaros gombaleves : soupe aux champignons.
    Halászlé : soupe de poisson. Fameuse au Balaton et à Szeged.
    Cseresznyelevé : soupe à la cerise froide, généralement servie avec de la crème.

    Les poissons

    La plupart des poissons sont d'eau douce, bien sûr ; ils sont généralement servis frits (ràntott), rarement grillés. On vous proposera le plus souvent, surtout autour du lac Balaton, de la ponty (carpe) et du pisztránz ou fogás (sandre). Plus fréquent ailleurs parce que plus économique : le poisson-chat. 
    Halászlé : bouillabaisse au paprika, spécialité du Sud et du bord de la Tisza.

    Les viandes

    Les amateurs de viande et de cuisson parfaite oublieront le temps de leur séjour les pavés et autres entrecôtes. Il est impossible de trouver un steak bleu ou même saignant en Hongrie. Remplacez-les par un ragoût ou par l'incontournable escalope viennoise (panée).

    - On trouve le marha (bœuf), le sertés (porc) et le kacsa (canard) souvent rôti (sült), servis avec des pommes de terre (burgonya) ou des champignons (gomba).
    Pörkölt : plat de campagne très courant. Ragoût qui peut accommoder plusieurs viandes et dont la sauce incorpore saindoux, paprika, oignons et crème aigre. Pas vraiment léger !
    Papriká csirke : poulet au paprika, généralement servi avec des galuskas outarhonyas (sortes de petits gnocchis).
    Hortobágyi palacsinta : une entrée assez typique. Il s'agit d'une crêpe en sauce fourrée à la viande, aux oignons et aux champignons.
    - Beaucoup de gibier vaddisznó (sanglier), szarvas (cerf). 
    Libamáj : foie gras, grande spécialité. Savez-vous qu'une grande partie du foie gras français est importée de... Hongrie ? On le trouve dans les grands restaurants. Il est souvent servi frit. 
    Hidegtál : assiette de cochonnaille que l'on sert dans tous les bars à vins. La région de Szeged est réputée pour ses saucissons au paprika.

    Les légumes

    Ils sont traditionnellement servis marinés dans un vinaigre sucré. Et ça se limite souvent au chou et au concombre. Les Hongrois mangent peu de légumes. L'OMS affirme qu'ils n'en consomment pas assez...

    Les desserts

    Peu de fromages. Il vaut mieux terminer par du sucré, que les Hongrois consomment plutôt l'après-midi, dans les salons de thé. Héritage de l'occupation autrichienne, les pâtisseries sont abondamment garnies de crème. Certaines sont délicieuses, d'autres plus surprenantes...

    Gundel palacsinta : crêpes fourrées aux noisettes, raisins secs, écorces d'orange confites, et chocolat. Peuvent être flambées (moyennant un supplément).
    Rétes : version hongroise du strudel, souvent servi chaud.
    Túróspalacsinta : crêpes au fromage blanc et aux raisins.

    Gundel

    Vous verrez que de nombreuses recettes font référence à un certain Gundel... Ragoût à la Gundel, tripes à la Gundel, soupe à la Gundel, foie gras à la Gundel... Gundel était un célèbre cuisinier du début du XXe siècle, d’origine allemande, qui a révolutionné en son temps la cuisine hongroise,

    Boissons

    La bière

    À déguster dans les sörözÅ‘, bars à bières.
    On en boit beaucoup, mais, a priori, on ne trinque pas à la bière, car les Autrichiens avaient célébré de cette façon leur victoire sur les Hongrois. 150 ans ont passé depuis et l'on a, « officiellement », de nouveau le droit de faire cogner les chopes. Cela dit, certains patriotes s'y refusent toujours, alors veillez à ne pas heurter les susceptibilités.

    Le vin

    À déguster dans les borozó, caves à vins, où l'on sert également des plats et des assortiments de cochonaille et fromage. 
    Il y a officiellement 22 régions viticoles en Hongrie, mais on peut simplifier en n'en retenant que quatre, celles qui correspondent aux quatre vins les plus typés. Depuis la chute du communisme, les viticulteurs tentent de redonner aux vins hongrois la renommée qui fut la leur pendant de longs siècles.

    Tokaj : région du nord-est de la Hongrie où l'on y produit le plus célèbre des vins hongrois, le plus cher aussi. On distingue les aszú, les tokaj liquoreux, desfurmint ou szamorodni, qui sont plus secs. Il s'agit dans tous les cas de vins blancs. Les bons aszú offrent un excellent rapport qualité-prix comparé à nos sauternes.
    Eger : on trouve du blanc et du rouge. L'Egri bikavér ou « sang de taureau », rouge sombre et corsé (voir à « Eger »), l'un de nos préférés, et l'Egri leànyka (« la fillette d'Eger » !), un blanc sec. 
    Villány : ses vins ont le vent en poupe. Ce petit village au sud de la Hongrie bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel. On y produit un vin rouge corsé et fruité, presque doux. 
    Balaton : surtout vers Badacsony et dans l'arrière-pays. Les sols volcaniques donnent d'excellents vins blancs. Plusieurs cépages sont à l'origine deskéknyelü ou olaszrizling (un peu plus doux), qui accompagne à merveille les poissons du lac. Tihany produit aussi un vin rouge très réputé.

    Comme partout, les producteurs ont tendance à céder à la mode du vin de cépage, vous trouverez donc chardonnay, sauvignon, cabernet, merlot...

    Les eaux-de-vie

    - Le barackpálinka (eau-de-vie d'abricot) : on le boit à la hongroise, c'est-à-dire... à l'apéritif !
    L'unicum : boisson amère, préparée à base de 40 plantes différentes et conditionnée dans une flasque ronde marquée d'une croix rouge. Curieuse mixture aux vertus digestives, et efficace... contre la gueule de bois.

     

    Vie pratique Hongrie

    Décalage horaire

    Il n’y a aucun décalage avec l’Europe occidentale, mais vu son positionnement à 1500 km plus à l’est, le soleil se lève et se couche un peu plus tôt qu’à Paris ou Bruxelles.

    Horaires

    Boutiques et magasins : la plupart sont fermés les samedi après-midi et dimanche. Épiceries ouvertes du lundi au vendredi de 6h ou 7h à 19h, jusqu'à 14h le samedi ; grands magasins et boutiques ouverts du lundi au vendredi de 10h à 18h (20h le jeudi dans certains cas) et le samedi de 9h à 13h. Magasins de la chaîne Tesco ouverts tous les jours, 24h/24. 
    Les banques sont ouvertes généralement du lundi au vendredi de 9h à 16h, parfois aussi le samedi matin. 
    Les bureaux de poste sont (généralement) ouverts du lundi au vendredi de 8h à 18h (ou 19h) et le samedi de 8h à 14h (grandes villes surtout) - quoique pour faire des économies de budget la tendance soit partout à la réduction des horaires. 
    Musées : généralement fermés le lundi. Horaires les plus répandus : 10h-18h.
    Restaurants : ouverts en général en continu, de 11h à 22h. Attention, les horaires indiqués correspondent le plus souvent aux heures d'ouverture du resto et non aux heures de service. Il faut donc arriver au moins 1h avant l'heure de fermeture.

    Attention à certains week-ends fériés, comme celui de Pâques, où tout est fermé. 

    Langue

    La langue hongroise appartient à la famille atypique des langues finno-ougriennes, comme l'estonien et le finnois. Même si ses voisins de la Mitteleuropa l'ont enrichie au cours des siècles, c'est l'une des rares langues d'Europe à ne pas avoir d'origine indo-européenne, et les Hongrois n'en sont pas peu fiers.
    Le hongrois est parlé par près de 14 millions de locuteurs : les trois quarts en Hongrie, le reste dans les pays voisins.
    Les linguistes la qualifient de « langue agglutinante à harmonie vocalique », et elle s'écrit de manière quasi phonétique en caractères latins. 
    Le hongrois est une langue difficile, mais quelques mots-clés facilitent la communication. Votre interlocuteur vous sera reconnaissant d'avoir fait cet effort... 
    Les Hongrois plus âgés parlent souvent l'allemand. Les plus jeunes parlent l'anglais, pratiqué désormais par la plupart à Budapest, mais encore assez peu ailleurs (même dans les hôtels et les restaurants). Le français est d'usage nettement moins courant.

    Poste

    Pour l'envoi du courrier, compter au minimum 3 ou 4 jours de délai pour l'Europe. Pour une carte postale ou une lettre, comptez 220 Ft.

    Tabac

    La culture du tabac est absolument libre en Hongrie - pays inventeur de l'allumette - et forme même une des  richesses du pays. Cela n'a pourtant pas empêché l'Hungaroring (circuit de F1) de se mettre au diapason de la législation européenne sur l'interdiction de publicité faite aux grandes marques de cigarettiers ! 
    Quant à nos lecteurs tabacophiles, ils doivent savoir qu’il est interdit de fumer dans tous les lieux publics fermés depuis janvier 2012...

    Téléphone

    - De la France vers la Hongrie : composez le 00 + 36 + indicatif de la ville et le numéro du correspondant. 
    À Budapest, les numéros ont sept chiffres et commencent tous par 2, 3 ou 4. Ailleurs, ils n'en ont que six.
    De la Hongrie vers l'étranger : composez le 00, attendez la tonalité, puis faites le 33 (France), le 32 (Belgique), le 41 (Suisse), puis le numéro de votre correspondant, sans le 0 initial. 
    Pour appeler en PCV en France : tél. : 00-80-00-33-11 ; au Canada : 00-36-11-11. 
    De Budapest vers la province : composez le 06, attendez la tonalité, puis faites le code local à deux chiffres puis le numéro à six chiffres. 
    De la province vers Budapest : composez également le 06, puis le 1 suivi des sept chiffres.

    Les téléphones publics fonctionnent avec des pièces (10, 20, 50 et 100 Ft) ou avec une carte qu'on peut se procurer à la poste, dans les stations-service ou encore chez les marchands de journaux.
    Les cartes NeoPhone, vendues pour 1 000, 2 000 ou 5 000 Ft, offrent de loin les meilleurs tarifs.

    Informations internationales : tél. : 199. 
    Informations nationales : tél. : 198.
    Numéro d'urgence européen (UE) : 112.

    Téléphones portables

    Pour appeler un portable hongrois, composer le 06, puis le numéro à neuf chiffres commençant par 30 ou 70.

    Le téléphone portable en voyage

    Le routard qui ne veut pas perdre le contact avec sa tribu peut utiliser son propre téléphone portable avec l’option « Europe » ou « Monde ». Mais gare à la note salée !
    On conseille donc d’acheter à l’arrivée une carte SIM locale prépayée chez l’un des nombreux opérateurs locaux représentés dans les boutiques de téléphonie mobile des principales villes du pays et souvent à l’aéroport. On vous attribue alors un numéro de téléphone local et un petit crédit de communication.
    Avant de signer le contrat et de payer, essayez donc, si possible, la carte SIM du vendeur dans votre téléphone - préalablement débloqué - afin de vérifier si celui-ci est compatible.
    Ensuite, les cartes permettant de recharger votre crédit de communication s’achètent dans ces mêmes boutiques, ou en supermarché, stations-service, tabacs-journaux, etc.

     
     

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    Chine

    Chine par Dany Carn 
    Chine © Dany Carn

    On peut aujourd’hui aller de Paris à Pékin en 10 h d’avion. Si la Chine semble de moins en moins lointaine, son pouvoir d’attraction et son mystère demeurent. Depuis son ouverture économique commencée en 1992, la voilà devenue enfin accessible aux voyageurs et aux routards. Pour aller en Chine, un simple visa suffit. Aucun permis n’est plus nécessaire pour circuler dans les nombreuses provinces.
    Dès l’arrivée en Chine, c’est un choc. Se perdre dans la foule chinoise compacte, observer les visages si différents, apprendre quelques mots de cette belle langue, sentir les odeurs et entendre les bruits de la rue, goûter aux subtilités et aux saveurs multiples de la cuisine, vraiment, on est bel et bien dans un autre univers.
    Le voyage en Chine débute souvent par un séjour à Pékin, Shanghai ou Hong Kong. Il faut marcher de longues heures dans les avenues envahies par les automobiles et les bicyclettes pour mesurer la vitesse des changements aujourd’hui à l’œuvre dans ce pays. Partout, des villes-chantiers hérissées de grues et de tours modernes. Du Yunnan au Jiangsu, le vent du progrès technologique souffle aussi dans les campagnes. Voilà un pays de 1,3 milliard de citoyens qui veut rattraper le temps perdu, s’intégrer à l’économie mondiale sans pour autant vendre son âme au diable.

     

    Carte d'identité Chine

    Superficie : 9 596 961 km² (17,5 fois la taille de la France).
    Population : 1,35 milliard d'habitants (20 fois la population de la France) (estimation 2012).
    Capitale : Beijing (Pékin).
    Nature du régime : dictature démocratique populaire socialiste.
    Chef de l’État : Xi Jinping (depuis mars 2013).
    Premier ministre : Li Keqiang (depuis mars 2013).
    Langue : mandarin (putonghua, langue commune officielle), huit dialectes principaux avec leurs variantes.
    Ethnies : 56, avec chacune sa langue. Han (92 %), Zhuang, Hui, Uygur, Miao, Yi, Tibétains, Ouïgours...
    Monnaie : le yuan.
    Espérance de vie moyenne : 72 ans pour les hommes, 75 ans pour les femmes.
    Analphabétisme : 5 %.
    Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : Grotte de Mogao (1987) ; Grande Muraille (1987) ; mausolée du premier empereur Qin (1987) ; palais impériaux des dynasties Ming et Qing à Beijing et à Shenyang (1987, 2004) ; monts Huangshan (1990) ; région d'intérêt panoramique et historique de la vallée de Jiuzhaigou (1992) ; résidence de montagne et temples avoisinants à Chengde (1994) ; paysage panoramique du mont Emei, incluant le paysage panoramique du grand Bouddha de Leshan (1996) ; huit jardins classiques de Suzhou (1997, 2000) ; vieille ville de Lijiang (1997) ; vieille ville de Pingyao (1997) ; palais d'Été, Jardin impérial de Beijing (1998) ; temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing (1998) ; sculptures rupestres de Dazu (1999) ; mont Qingcheng (Qingcheng Shan) et système d'irrigation de Dujiangyan (2000) ; tombes impériales des dynasties Ming et Qing (2000, 2003, 2004 - uniquement à Beijing) ; grottes de Yungang (2001) ; aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan (2003) ; centre historique de Macao (2005) ; sanctuaires du grand panda du Sichuan (2006) ; Diaolou et villages de Kaiping (2007) ; Mont Wutai (Wutaishan ; 2009) ; Danxia de Chine (2010) ; Monuments historiques de Dengfeng au « centre du ciel et de la terre » (2010) ; paysage culture du lac de l'Ouest de Hangzhou (2011) ; le site de Xanadu (2012) ; site fossilifère de Chengjiang (2012). 

    Économie

    Le Petit Timonier, Deng Xiaoping, orchestre un passage en douceur du système collectiviste à un système plus libéral. En quelques années, la Chine va prendre en marche le train de la mondialisation, en s'ouvrant aux capitaux étrangers. 
    En 20 ans, l'économie socialiste bascule dans le capitalisme et le PIB par habitant quintuple.

    Une grande puissance... en puissance

    La Chine continue de battre ses propres records, si bien qu’elle est désormais la deuxième économie mondiale, même si sur le plan du PIB par habitant elle reste loin derrière les États-Unis et le Japon. C’est le premier producteur mondial de porcins, d’ovins, de caprins, de blé, de riz, de thé, de céréales, de fruits et de légumes, de charbon, de fer et d’étain, de coton, le deuxième de maïs et de café, et le cinquième de pétrole.

    Étrangers de tous les pays, investissez !

    Depuis la fin des années 1970, les entreprises étrangères sont encouragées à investir sur le sol chinois, avec l'ouverture de « zones économiques spéciales ». La Chine est devenue le pays qui attire le plus d’investissements étrangers.

    L’usine et le chantier du monde

    Mais comment fait donc la Chine pour conserver un taux de croissance si fort ? Plusieurs raisons à cela : un marché intérieur chinois énorme, des besoins matériels en augmentation, une demande colossale d’infrastructures (routes, autoroutes, ports, ponts, aéroports, villes nouvelles) et de biens de consommation, un régime économique de socialisme de marché qui encourage la libre entreprise (sous contrôle), le goût inné du Chinois pour le commerce, la passion pour les chiffres, l’amour de l’argent et du profit, le sens du travail bien fait, et surtout (pour les exportations) une main-d’œuvre abondante, sérieuse, très bon marché et pas vraiment protégée, socialement parlant
    - La Chine est un des plus grands chantiers de construction du monde : sur les 10 plus grandes fortunes de Chine, 8 sont des P.-D.G. de sociétés immobilières. Quand le bâtiment va, tout va !
    - La Chine est l’atelier du monde : au prix de la main-d’œuvre chinoise, quelle est l’entreprise qui n’est pas tentée de faire fabriquer ses produits en Chine ?
    - La Chine est une puissance financière : elle possède la plus grande réserve de devises au monde.

    Pente ascendante... glissante

    Le pays s’est modernisé et s’est enrichi, à défaut de se démocratiser. Cependant, depuis quelques années, la croissance s’est tassée aux alentours de 10 %, et, malgré un regain économique en 2007, cela ne suffit pas à absorber les nouveaux venus sur le marché du travail et les millions de licenciés des entreprises d’État. Un des effets les plus inquiétants du développement économique est l’accroissement des inégalités entre les régions pauvres de l’intérieur et les régions riches de la côte.
    La Chine reste donc un pays très pauvre.
    En dehors des contradictions sociales, il reste un gros morceau à avaler pour le régime : l’insertion de la Chine dans le commerce mondial. Autorisée à entrer dans l’OMC, la Chine a accepté d’abaisser progressivement ses barrières douanières : c’est la mort programmée de l’économie socialiste et l’avènement d’une économie libérale.

    Aujourd’hui

    La crise financière de 2008 a moins durement frappé la Chine que ses partenaires, renforçant encore son rôle dans l’économie mondiale. Un plan de relance a vu le jour à la fin de l’année 2008, provoquant une montée des prix de l’immobilier et une légère inflation. 2011 et 2012 ont été marquées par de nombreux mouvements sociaux.

    Droits de l'homme

    Par crainte d'une contagion des révolutions arabes sur le sol chinois, la répression politique s'est encore intensifiée en 2012. Éloignement, placement en résidence surveillée, arrestation de centaines de dissidents : le nettoyage a été soigneusement mené. Le contrôle sur Internet s'est également intensifié.
    Pourtant, certains observateurs espèrent - sans trop y croire - que les changements survenus à la tête du pays feront bouger les lignes au niveau politique. Le nouveau pouvoir s'est engagé à lutter plus efficacement contre la corruption. Les mouvements se sont multipliés pour protester contre la corruption des élites régionales.
    D'autres failles s'élargissent également sur le front social, et de nombreusesgrèves - également fortement réprimées - ont eu lieu.
    En dépit du contrôle, Internet constitue également un instrument de démocratisation de la contestation. Mais le régime demeure jusqu'à aujourd'hui totalement fermé à toute idée nouvelle. Le xinfang (pétition populaire), seul moyen de protestation toléré jusqu’alors, est de plus en plus marginalisé et soumis à un contrôle strict.
    Si des modifications ont abouti à un contrôle plus strict de l’application de la peine de mort, celle-ci y est toujours pratiquée de façon massive et des peines de laogai (camps de rééducation par le travail) continuent d'être prononcées.

    Enfin, dans le Xinjiang ou dans la région semi-autonome du Tibetla répression et la politique d’acculturation des minorités sont également toujours d’actualité.

    Arts martiaux

    La Chine est sans conteste le plus riche foyer d’arts martiaux du monde. Pratiqués pour la santé, pour l’autodéfense, pour le perfectionnement spirituel ou pour les trois à la fois, les arts martiaux chinois (wushu, en Occident kung-fu) sont considérés comme une partie intégrante de la culture chinoise. Martial, certes, mais art avant tout, le kung-fu doit conduire à l’amélioration du corps aussi bien que de l’esprit.
    D'abord l'apanage des guerriers, puis du peuple et des lettrés, les arts martiaux se sont enrichis et raffinés progressivement, pour aboutir à une variété de styles et de techniques pratiquement infinie. On distingue traditionnellement les styles externes, tournés vers la performance physique et le travail en force, et les styles internes, comme le tai-chi-chuan, qui visent au contrôle de l'énergie et au travail en souplesse.

    Beaux-arts

    La calligraphie

    La calligraphie (shufa) est considérée comme l’une des quatre disciplines artistiques majeures, avec la peinture, la poésie et la musique. D’origine pictographique, cette écriture est bien plus qu’un simple moyen de communication : c’est une peinture du sens, des idées, qui transcende le verbe. La valeur du signeest primordiale en Chine, et elle est intimement liée à la calligraphie.

    La peinture chinoise

    Art noble mais non majeur en Chine, la peinture traditionnelle est inséparable de la calligraphie, de l’art sigillaire (des sceaux) et de la poésie. Les tableaux chinois, sur soie ou sur papier, ne sont pas encadrés, mais déroulés entre deux cylindres de bois. La peinture traditionnelle, à l’eau, ne connaît pas la perspective ni les ombres portées, et la couleur, développée sous les Tang avec l’apport du bouddhisme, n’a qu’un rôle secondaire. Toute la force est dans le trait qui, comme en calligraphie, ne peut être ni retouché ni effacé.

    Musique chinoise

    La musique traditionnelle chinoise se divise en deux sortes : la musique populaire, folklorique, et la musique des lettrés, classique.

    Dans les villages, la musique populaire est jouée en orchestre, le plus souvent debout et en mouvement, pour rythmer les mariages, les enterrements, les semailles et autres inaugurations de commerces. Très riche en percussions, cette musique énergique emploie des gongs (luo), des tambours et tambourins (gu),ainsi que des sortes d’orgues à bouche polyphoniques en bambou (sheng). 
    La musique folklorique sert aussi à accompagner les fameuses danses du lion et du dragon. Les tambours sont alors frappés pour « réveiller le dragon du printemps » et le lion joué par deux danseurs doit attraper une salade avec sa bouche, le vert symbolisant le renouveau.

    Plus subtile, la musique des lettrés est à la fois d’une grande sobriété et d’un grand raffinement. On la joue presque toujours assis, avec un seul instrument à la fois. Les plus célèbres sont la cithare sur chevalet à 7 ou 13 cordes (guqin ouzheng) dont les cordes sont pincées. On joue aussi de la pipa, sorte de guitare à quatre cordes qu'on tient verticalement, et de la flûte en bambou

    et en jade.

     

    Géographie et climat Chine

    Géographie

    La Chine est grande : par le nombre d'habitants, l'immensité du territoire, la variété des climats et des ethnies, la profusion des reliefs et des cours d'eau. Avec près de 9 600 000 km² de terres, elle occupe le troisième rang mondial - derrière la Russie et le Canada. Elle représente un quart de la superficie de l'Asie.
    Son extrémité méridionale et son extrémité septentrionale sont distantes de 5 500 km, et il faut parcourir 5 300 km à vol d'oiseau pour rallier ses extrémités est et ouest, au Xinjiang et en Mandchourie.

    La topographie est marquée par une opposition entre l'Ouest et le Nord d'une part, formés de hautes terres continentales montagneuses, de déserts et de forêts, et l'Est et le Sud d'autre part, plus humides, parsemés de collines, de plaines fertiles et de cours d'eau. Les régions de culture se trouvent à l'est, au centre et au sud du pays, tandis que le Nord-Ouest et le Grand Ouest des déserts et des steppes sont occupés par les pâturages ou bien laissés inexploités. 
    Les deux tiers de l'espace chinois sont impropres à l'agriculture ou à la sylviculture, et les surfaces effectivement cultivées ne représentent que 10 % de la superficie totale, ce qui fait peu pour nourrir 1,3 milliard de bouches, d'autant que les terres exploitées tendent à perdre du terrain face aux zones urbanisées. Les rendements ont beaucoup progressé depuis 50 ans, mais la population aussi !

    Un relief en escalier

    C'est un pays montagneux : cinq sixièmes des terres sont à plus de 500 m d'altitude. On peut diviser le relief en trois paliers.
    - Le premier palier, « le toit du monde », est le plateau du Qinghai-Tibet, formé de hautes plaines et des chaînes de montagnes de 5 000 à 6 000 m d'altitude en moyenne. 
    - Le deuxième palier, à 1 500 m d’altitude moyenne, est formé par les plateaux de Mongolie intérieure, du Yunnan-Guizhou et le plateau du haut fleuve Jaune, ainsi que les bassins du Tarim et du Sichuan. 
    - Le troisième palier s’étend jusqu’à la mer, en déclinant collines ou montagnes peu élevées, avec la plaine du Nord, la plaine du cours moyen et bas du Yangzi, et toute la côte.

    Les grands fleuves

    Le Yangzi ou Yangtsé (Yang Tsé Kiang ou Yangzi jiang, « fleuve Bleu », ou Chang jiang, « long fleuve ») est le plus grand fleuve chinois et, avec une longueur totale de 6 300 km, le troisième au monde après l’Amazone et le Nil. Prenant ses sources sur le plateau du Qinghai-Tibet, il marque la frontière symbolique entre le nord, domaine du blé, du millet et du sorgho, et le sud, domaine du coton, de la soie et du riz. Son bassin est une des zones les plus peuplées de Chine. Navigable sur quelque 3 000 km, il passe au nord du Sichuan par les célèbres Trois gorges, avant de se jeter au nord de Shanghai.
    Le Huanghe (fleuve Jaune) est un emblème de la culture chinoise. Long de 5 464 km, il est appelé ainsi en raison du lœss qu’il charrie dans son cours moyen (jusqu’à 33 kg de sédiments par mètre cube d’eau !). Il traverse neuf provinces en s’asséchant progressivement, et n’arrive pas toujours à l’océan durant l’été. Respecté pour la fertilité de son limon, il est aussi craint pour ses élans dévastateurs, ayant changé de cours plusieurs fois. Il rompt régulièrement ses digues.

    Ces deux grands fleuves sont reliés par tout un réseau de voies artificielles, dont le fameux Grand Canal, reliant sur 1 782 km Pékin à Hangzhou, toujours utilisé pour acheminer des marchandises, même si le rail et la route lui ont récemment damé le pion.

    Climat

    L'immense territoire subit en effet l'influence de presque tous les climats (sauf le sibérien), du plus torride au plus glacial.

    Les meilleures saisons pour voyager en Chine sont l'automne (septembre et octobre) et le printemps (fin avril-début juin), périodes pendant lesquelles on peut porter des vêtements légers, avec une petite veste ou un sweat-shirt. C'est aussi les saisons où les lumières sont les plus belles. Exemple : à Pékin, en juillet, dans la journée, le ciel n'est jamais vraiment bleu, il est souvent voilé par des brumes de chaleur. En été (de juin à août), il faut mettre des vêtements très légers (sauf en altitude) ; en hiver (décembre-février), une tenue bien chaude (pas de chauffage dans le Sud), des gants et des bonnets dans le Nord. Un vêtement imperméable n'est jamais de trop pour le Sud, quelle que soit la saison.

    Dans l'ensemble, le Sud est chaud et humide, tandis que le Nord est plutôt sec et venteux, mais la plupart des régions de la « Chine des 18 provinces » se trouvent en zones tempérée ou subtropicale. L'amplitude thermique est importante en hiver dans tout le pays, mais elle se réduit franchement en été.

    - Les régions arides du Nord-Ouest (Mongolie intérieure et Xinjiang) subissent de grands écarts de température, avec des étés caniculaires et secs, parsemés de quelques orages violents, et des hivers froids et très secs.
    - Le plateau tibétain, avec une altitude moyenne de 4 000 m, connaît des hivers extrêmement froids et rigoureux, et des étés courts et relativement doux. Il reçoit un ensoleillement abondant toute l’année.
    Au nord-est, les étés sont brefs et frais, les hivers sont longs et rudes.
    - En descendant dans la grande plaine de Chine du Nord, où se trouve Pékin, le printemps et l’automne sont assez courts mais superbes. Vers la mi-avril, des vents de nord-ouest charrient des sables de Mongolie dans la plaine, ce sont les « tempêtes de sable jaune ».
    - Le long des régions côtières de l’est, le climat océanique, tiède et humide, domine, et les quatre saisons sont bien marquées.
    - Dans le centre agricole, le long du fleuve Yangzi, les étés sont toujours chauds et très pluvieux. C’est là que se trouve Wuhan, la première des « cinq fournaises de la Chine » .
    - Le climat de la Chine du Sud est de type subtropical, avec des hivers doux et humides, et des étés chauds et pluvieux.
    - L’extrême frange sud du Yunnan, du Guangxi et du Guangdong, et l’île de Hainan jouissent d’un climat tropical.
    - Mention d’excellence climatique pour le plateau du Yunnan, qui est encore la région la mieux lotie : non seulement il bénéficie d’une température agréable tout au long de l’année, mais c’est aussi là qu’on trouve la plus grande variété d’espèces animales et végétales.

    La mousson arrose toute la Chine orientale et centrale en remontant du sud au nord pendant la saison chaude.

    Environnement

    Hormis quelques zones sauvages bien préservées, la Chine est devenue l'un des pays les plus pollués du monde. La fulgurante croissance industrielle, le doublement de la population en 50 ans et une gestion désastreuse des ressources naturelles ont causé une dégradation massive - et irréversible - de l'environnement.
    L’Empire du Milieu abrite encore une grande variété d’animaux (environ 15 % des espèces connues dans le monde), et sur ses vastes espaces aux climats variés poussent 32 000 sortes de plantes et fleurs, et près de 3 000 essences d’arbres. Mais on compte aussi plus de 200 espèces animales menacées.
    Autre calamité, dans le domaine de la flore : la moitié des forêts a été abattue depuis 1950, et 93 % de celles qui restent sont menacées de pollution ou de destruction.
    Le pays a l'une des politiques environnementales les plus complètes du monde, mais il ne parvient pas à l'appliquer au niveau local

    Cuisine et boissons Chine

    Cuisine

    Une grande variété culinaire

    Deux repas quotidiens étalés sur une année n'épuiseront jamais toute la gamme de plats, de goûts, de saveurs et de consistances qu'offre ce royaume de gourmands. 
    Et le chien ? Mets d'hiver calorique et onéreux (consommé principalement dans le Sud, notamment dans la province du Guizhou). 
    On parle de quatre grandes traditions culinaires (Pékin, Canton, Guangzhou, Shanghai et le Sichuan), et l'on distingue la cuisine du Nord, à base de blé, de celle du Sud, où le riz prédomine. Traditionnellement, on dit que le Nord est salé, le Sud sucré, l’Est plutôt aigre et l’Ouest épicé.

    Promenade gastronomique

    À Pékin et dans toute la région du fleuve Jaune, la présence dominante du blé se retrouve sous forme de galettes (bing), crêpes fourrées, beignets, petits pains fourrés (baozi), raviolis (jiaozi ou hundun), bouchées (xiaolongbao), nouilles et pâtes. On aime à les accompagner d'un vinaigre local qui rappelle le vinaigre balsamique ou de sauce soja.

    Au Sichuan, le climat, très lourd l'été, induit les saveurs fortes et épicées (piment, poivre, gingembre). Le piment est parfois simplement mélangé aux céréales, à l'image des lawanmian, nouilles de riz parfumées d'une pâte de fèves fermentée. Goûter aussi la fondue locale agrémentée de fromage de soja (doufu), les légumes saumurés (type pickles anglais), la purée de sésame et le canard fumé aux feuilles de thé et au bois de camphrier.

    À Shanghai et dans la région du Bas-Yangzi, la proximité de la mer fait la part belle aux fruits de mer : crabes, crevettes, coquillages, crustacés, carpes fumées, poisson mandarin, anguilles... Les locaux apprécient aussi beaucoup les légumes, pousses de bambou, germes de soja, racines de lotus coupées en rondelles, champignons de culture (parfumés) ou sauvage (noirs), choux (cai), courges (gua) ou des spécialités régionales comme le jambonneau de Zhouzhuang et les guojie, raviolis sautés.
    Dans la région du Shanxi, les nouilles se consomment sous toutes les formes : étirées, pelées, coupées, pincées ou rabotées, certaines sont appelées « oreilles de chat » ou encore « petits poissons ». Elles sont généralement servies avec un jus de viande mélangé à de l’œuf ou à une sauce dite « aux trois fraîcheurs », à base de poulet, de crevettes et de sèche.
    Sur le marché de Xingping, pas de tabous alimentaires : ragondins, renards, serpents, hérissons, cerfs, grenouilles, moineaux... et même des crocodiles !
    Au Yunnan enfin, n’hésitez pas à goûter les « nouilles par-dessus le pont » (guoqiao mixian), soupe de poulet bouillante dans laquelle on fait cuire soi-même de la viande crue, des légumes et des nouilles de riz. Autre spécialité connue pour ses vertus médicinales : le poulet aux herbes et à la vapeur (qiguoji),

    Quelques plats à découvrir

    La fondue chinoise (huoguo) : plat d'hiver aussi appelé marmite mongole, la fondue permet de manger légumes et viandes en toute sécurité grâce à l'action de l'eau bouillante. La fondue classique est un assortiment de viande, poisson, spaghettis (de riz, soja ou haricot), salade, herbes, fromage de soja, pousses de bambou, etc. 
    - Les œufs de « cent ans » (pidan) : œufs de cane conservés pendant 100 jours dans un mélange d'argile, de paille hachée et de chaux vive. Après ce laps de temps, le jaune et le blanc se mêlent et prennent une teinte verdâtre translucide.  

    Magie des petits déjeuners

    Parmi les classiques, noter le bol de lait de soja agrémenté de son beignet huileux type chourro (doujiang youchao), les nouilles de blé (mian) ou de riz (fen), accompagnées de viande, légumes, œuf, ciboule, piment... À découvrir aussi, le festival de petits pains sucrés fourrés au sésame, cacahuètes, pâte de haricot rouge, de coco, ou salés à la viande et/ou aux légumes. S'y ajoutent mille et une galettes, gâteaux, beignets.

    Un grand moment : la soupe de boulettes de riz glutineux fourrées (jianjiu jidan) servie dans un jus de riz fermenté mêlé d'œuf. 
    Un incontournable : le zhou, bouillie de riz du matin, fade mais nutritive, que l'on mange relevée de fromage de soja fermenté, de viandes et poissons séchés et autres légumes salés et vinaigrés.

    Boissons

    L'eau

    ATTENTION, l'eau n'est pas potable en Chine
    Garder vos pastilles de Micropur ou d'Hydrochlonazone pour d'éventuels treks, car on peut se procurer facilement de petites bouteilles d’eau minérale. 
    De plus, les hôtels mettent toujours à votre disposition une Thermos d'eau bouillie,kai shui (prononcer « quaille choueille ») dans les chambres. Les Chinois boivent rarement de l'eau plate, mais beaucoup apprécient une tasse d'eau chaude.

    Le thé

    La boisson chinoise par excellence.
    Les Chinois boivent principalement du thé vert (lücha). Plus léger que le thé noir et réputé plus sain, celui-ci n’est pas fermenté mais simplement déshydraté (80 % d’eau dans la feuille), puis torréfié. Quelques grands crus sont le maojian (Hunan ou Guizhou), le biluochun (Suzhou), le longjing (Hangzhou) et le maofeng(monts Huangshan).
    En ce qui concerne le thé noir (fermenté) appelé localement thé rouge (hong cha), son goût est plus prononcé et plus chargé en théine, d’où son succès auprès des Occidentaux. Vous le trouverez souvent amalgamé en gâteau ou en brique. 
    On trouve aussi une gamme intermédiaire de thés semi-fermentés (wulong cha), dont un bon représentant est le thé guangyin.
    Enfin, il faut citer les nombreux thés parfumés (chrysanthème, osmanthus et le thé au jasmin), des thés plus rares comme le thé blanc (très jeunes feuilles de thé vert recouvertes de duvet encore à l'état de bourgeon), ou le thé jaune dont les maîtres gardent jalousement la recette.

    La bière

    La bière, pijiu (prononcer « pitio-ou ») est également une boisson particulièrement affectionnée par les Chinois. Extrêmement bon marché, la bière se décline en des centaines de marques dont la fameuse Qingdao (ou Tsingao), importée par des brasseurs allemands à la fin du XIXe siècle au Shandong (ancienne concession), ou la Liquan appréciée dans tout le Sud. 
    Généralement peu alcoolisée, la bière existe en bouteilles en verre (grandes ou petites) ou en canettes (souvent l'apanage des bières importées).
    Depuis peu, on note également l'apparition de la bière pression (zhapi), très à la mode dans les bars de Pékin ou Shanghai.

    Le vin

    Le vin, hongputaojiu (prononcer « rongue poutao tio-ou ») ne fait pas partie de la culture traditionnelle chinoise, qui lui préfère les alcools forts (jiu). De ce fait, très souvent, les productions locales déçoivent les palais exercés. Vin sucré évoquant plus un vin cuit (type porto), le vin rouge chinois reste donc un produit à part.
    Mais depuis une quinzaine d'années, la Chine a fait des progrès considérables. 
    Si les meilleurs crus sont souvent issus de collaborations avec l'Occident, on commence à trouver quelques petits vins locaux tout à fait honnêtes. 
    Quant aux vins d’importation, ils sont de plus en plus présents dans les restaurants un peu chic et occidentalisés. Leurs prix varient selon leur provenance : un vin d’Australie ou du Chili est moins cher qu’un vin français.

    Les alcools

    Férus d'alcools forts (jiu), les Chinois n'hésitent pas à clore un bon gueuleton en vidant une pleine bouteille d'une eau-de-vie quelconque. Parmi les meilleurs alcools, le Maotai (53°) est de tous les banquets. 
    Dans la région de Maotai, on fabrique également le Xishui, très parfumé et à base de sorgho, et le vin de Dongjiu , mélange de sorgho, de blé et de plantes médicinales chinoises. 
    Citons aussi le Daqu (55°) du Guangxi, célèbre alcool de sorgho, et le Wuliangyedu Sichuan, alcool de cinq céréales (millet, sorgho, riz, maïs et une graminée non comestible qui pousse dans les rizières). 
    Si vous n'appréciez que modérément les alcools forts, essayez plutôt les vins de riz, dont le vin de riz glutineux (nuomijiu). La plupart se dégustent légèrement chauffés.


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