• Madere

    Madère

    Madère par Jean-Pol Radu
    Madère © Jean-Pol Radu

    Sur fond lusitanien, l'archipel de Madère est un enfant des mers saupoudré de notes exotiques.
    Madère réunit, au milieu de l’océan, climat à la douceur légendaire et flore exubérante, qui lui vaut son surnom d'« île aux fleurs », montagnes volcaniques déchirées par l’érosion et vertigineux à-pics. Surpeuplée, l’île de Madère est une citadelle entaillée de toutes parts, avec ses parcelles de vigne indomptables accrochées aux pentes. À Funchal, capitale anglophile s’élevant en amphithéâtre vers les cimes, les paquebots accostent nombreux, comme au début du XXe siècle, lorsque l’aristocratie de l’Europe venait y goûter un mélange de tropiques et de sophistication. Au-delà des vagues s’ancre le reste de l’archipel : la petite Porto Santo, réputée pour sa longue plage de sable clair.
    Madère est baigné par un climat exemplaire. La végétation est foisonnante : camélias en fleurs en février, azalées roses à la fin du printemps, bougainvillées, mimosas, amaryllis, oiseaux de paradis symboles de l’île, flamboyants occupant les places des villages, jacarandas pleurant leurs pétales mauves dans les rues…
    Madère est devenu un jardin grandeur nature. La moindre terre disponible a été mise en culture, notamment grâce à l’ingénieux système d’irrigation des levadas, des canaux récupérant les eaux de pluie. Toutes les parcelles, ou presque, sont travaillées à la main.
    L’avènement du tourisme, puis l’entrée du Portugal dans l’Union européenne ont toutefois modifié bien des choses et, surtout, inversé la tendance à l’émigration. On vient désormais de toute l’Europe à la recherche d’une vie aussi douce que l’air

    Géographie

    L’archipel de Madère est constitué de l’île principale du même nom (740 km²), de l’île de Porto Santo (42 km²), ancrée à 50 km au nord-est, et de deux archipels déserts de trois îles chacun, les Desertas et les Selvagens (15 km² en tout). Le premier se trouve au sud-est de Madère, à 11 milles marins au large, le second bien plus loin (163 milles), à l’approche des Canaries.
    Madère est située à 980 km de la côte portugaise, 800 km de la plus proche des Açores, 600 km du Cap Juby au sud du Maroc et 460 km des Canaries.
    L’archipel, tout comme les Canaries, s’ancre sur un vaste plateau sous-marin rattaché à l’Afrique et à l’Europe, dont la profondeur oscille entre 2 000 et 4 000 m. Chacune des îles est le fruit d’une longue succession d’éruptions, qui amena un jour les volcans sous-marins à émerger.

     

    L'île de Madère grandit tant et si bien qu’elle culmine aujourd’hui à 1 861 m au Pico Ruivo et affiche une morphologie des plus accidentées, où dominent pics ciselés par l’érosion et plateau d’altitude, entre lesquels s’insinuent vallées et ravins. Au fil du temps, la végétation a colonisé cet espace vierge, donnant jour à une immense forêt de lauriers sauvages, dont la majeure partie a malheureusement disparu - les premiers colons y mirent le feu qui, dit-on, ne cessa de brûler durant sept longues années… C’est elle qui a donné son nom à Madeira (« bois »). Ses derniers vestiges ont été classés au patrimoine mondial par l’Unesco. Primaire à environ 90 %, cette forêt abrite nombre d’espèces endémiques. Les courants et les oiseaux ont apporté sur l’île toutes sortes d’espèces végétales africaines et européennes.

    L'île de Porto Santo offre un visage très différent : nettement plus plate et sèche que Madère, elle en est presque l’antithèse. Oubliez les criques rocheuses et les vagues agressives, ici le sable règne ! La plus belle plage s’étend sur 9 km. Sa « capitale », Vila Baleira, regroupe l’essentiel de la population.

    Les îles Desertas et Selvagens sont aussi d’origine volcanique. Les unes et les autres étaient autrefois fréquentées pour les producteurs de rouge de cochenille, une teinture issue de ce petit insecte broyé qui vit sur les agaves. Le premier connut même quelques tentatives d’implantation. Chaque archipel forme aujourd’hui une réserve naturelle, où l’on peut rencontrer des oiseaux marins et, dans les Desertas, une colonie de rares phoques moines.

    Climat

    Madère fait partie de ces rares endroits que l’on peut visiter toute l’année : à la même latitude que le Sud marocain, l’île bénéficie toute l’année d’une grande douceur, évidemment tempérée par l'altitude. Le climat est subtropical, avec des températures tempérées et une faible amplitude termique.
    Il fait en moyenne 17-18 °C en hiver, et 23-24 °C en été sur les côtes. Les minimales tournent autour de 10 °C, et les maximales dépassent rarement les 30 °C, influence maritime oblige.
    En montagne, c’est une autre histoire : les nuages s’accrochent et les pluies sont parfois virulentes, surtout d’octobre à décembre. Le printemps est la saison idéale pour profiter de la débauche florale de l’île et le début de l’automne pour assister aux vendanges. La température de l’océan bénéficie

    du Gulf Stream.

    Le développement du tourisme

    Véritable manne, le tourisme a permis à Madère de sortir de l’ornière et d’envisager plus sereinement l’avenir. Le développement des low-costs a entraîné une augmentation de la fréquentation touristique : Anglais (presque 25 % des visiteurs), Allemands (17 %) et même des Français (5,5 %). Du soleil pas cher et de la douceur au cœur de l’hiver : que demander de plus ?
    Au cours des 20-25 dernières années, les revenus générés ont vu bon nombre de Madériens expatriés en Amérique latine ou du Nord revenir au pays pour y profiter d’une vie plus agréable.
    La médaille a son revers dans quelques secteurs de l'île, comme, à l'ouest de Funchal, la multiplication des résidences secondaires et des complexes hôteliers. Mais il reste beaucoup d'autres endroits à découvrir dans cette île qui regorge de joyaux naturels, particulièrement sur la côte Nord.

    Traditions Madère

    Les Madeirois

    Réunis par une ferveur toute catholique (90 % de la population) et un goût vibrant pour la fête, les Madériens ont un caractère bien trempé. La pêche au cachalot, en simple canot à rames, abandonnée seulement au début des années 1980, témoigna longtemps de cette bravoure qui les animait.
    Paradoxalement ouverts aux horizons lointains et centrés sur la terre, les Madeirois sont longtemps restés isolés, d’un village à l’autre. Ils sont fiers de leur tradition d’autarcie. Malgré un sens aigu de l’entraide et de l’intérêt commun, chaque communauté, chaque hameau a ainsi cultivé avec entrain son caractère.
    Comme partout au Portugal, la famille, l’apparence et les signes extérieurs

    restent importants.

    Folklore

    À Madère, on ne badine pas avec la loi (certaines tout au moins) : toutes les fleuristes sont tenues de porter le costume traditionnel ! Voilà qui vous vaudra une sortie colorée au marché de Funchal…
    Cela mis à part, les fêtes, nombreuses, conservent une certaine importance, qu’elles soient religieuses ou liées au cycle des saisons et de la terre. Elles permettaient jadis au peuple, soumis à de rudes conditions de vie, de souffler un peu. C’est un moment privilégié pour entrer en contact avec les îliens, toujours accueillants.

    Le carnaval, en février ou mars, résonne au son des écoles de samba de retour du Brésil.

    Puis vient le temps de la fête de la fleur, au printemps ; un magnifique cortège traverse alors la capitale.

    Pâques est naturellement célébré dans ce bastion catholique, mais finalement pas autant que les fêtes mariales, en août - pèlerinage de São Vicente à Porto Santo, puis à l’église Nossa Senhora do Monte à Madère.

    Vient ensuite le temps des vendanges, le plus attachant. Plusieurs bourgs accueillent l’occasion avec faste. Parmi eux, on aime bien Estreito de Câmara de Lobos, agrippé à flanc de terrasses au-dessus du joli port de Câmara. La deuxième semaine de septembre, le village revêt pour l’occasion les costumes colorés d’autrefois et ressort les vieux instruments, triangles, machetes (guitares) et étranges brinquinhos décorés de poupées.
    Tout commence de bon matin par une cueillette symbolique, au cœur des carrés de vigne. Sous les treilles, les paniers d’osier s’emplissent de grappes lourdes et charnues, avant d’être déversés dans de grandes corbeilles. Les enfants, les grands-mères, tout le monde met la main à la pâte. Une heure passe avant que le cortège ne s’ébranle : on regagne le centre en une sorte de procession. Certains hommes en gilet et bonnet de laine à pompon transportent les panières, d’autres les borrachas (outres de peau) jadis utilisées pour apporter le vin de la lointaine côte nord jusqu’à Funchal.
    Étapes suivantes : fouler les grappes aux pieds, avant de goûter le jus et, surtout, le nectar de l’année passée, distribué gratuitement à la ronde. Santé !

    À Porto Santo, septembre est l’occasion du festival de Colomb : pendant trois jours, costumes et répliques de bateaux sont à l’honneur. Histoire de ne pas oublier que le navigateur épousa la fille du capitaine donataire de l’île…

    On termine l'année sur la Saint-Sylvestre, par un spectaculaire feu d’artifice sur la baie de Funchal ; on vient du monde entier pour l’admirer

    Transports Madère

    Avion

    La TAP relie Funchal à Paris, Marseille, Lisbonne et Porto. L'île de Porto Santo est elle aussi reliée à ces 4 villes. L'aéroport de Madère est en réalité situé à Santa Cruz, à 10 km de Funchal. Avec les taxes, les vols reviennent environ 2 fois plus cher que le bateau.
    Par ailleurs, la compagnie portugaise SATA assure des liaisons directes Paris-Funchal.

    Ferry

    Le ferry de la Porto Santo Line assure des liaisons quotidiennes entre Funchal, sur l'île de Madère, et l'île de Porto Santo. La traversée dure 2h15. Compter 56,70 € l'aller-retour en haute saison. Plus d'infos sur les tarifs du ferry dans la rubrique consacrée au budget.

    Bus

    L’île de Madère est desservie par des bus à une fréquence faible. Certains sites isolés ne sont accessibles qu’en voiture ou en taxi (pour les départs de randonnées, par exemple). Autre inconvénient des bus : leur lenteur. L’office de tourisme de Funchal fournit un livret regroupant les horaires.

    Voiture

    La voiture procure évidemment une liberté de mouvement inestimable, et permet de voir bien plus de choses que si l’on s’en remettait aux seuls transports en commun. Les locations coûtent à partir de 200 € la semaine pour une voiture de catégorie A. Il faut être âgé d’au moins 21 ans, présenter un permis de conduire national et une carte verte.
    Les routes sont assez bonnes, mais dans l’ensemble très tortueuses. La voie est parfois étroite, et souvent à flanc de falaise. On n’avance donc que très doucement (40 à 50 km/h, pas plus), sauf sur les sections où de nouvelles routes entrecoupées de ponts et de viaducs, financées par l’Union européenne, ont été construites. Plus pratiques, certes, mais ceux-ci défigurent des pans entiers du littoral sud.
    À Funchal, le trafic est souvent dense et les places de parking rares. Mieux vaut alors emprunter la navette de votre hôtel, un taxi ou un bus urbain pour relier le centre aux hauteurs de la ville.
    À défaut de voiture, on peut tout à fait envisager de louer une moto ou tout autre deux-roues. C’est même sans doute préférable à Porto Santo, où les distances sont courtes (il existe aussi un service restreint de bus).

    Cuisine

    La cuisine portugaise, largement présente à Madère, avec quelques variantes locales, s’oriente à part égale vers les produits de la mer et ceux de la terre. Le poisson, frais pêché, le maïs, les légumes, préparés à l’huile et souvent à l’ail, constituent la base de l’alimentation. La viande demeure très appréciée. Les repas sont souvent accompagnés d’un bon vin du continent.

    Hors-d’œuvre (Acepipes)

    Même en plein été, on vous proposera souvent une soupe : sopa de tomate e cebola (tomate et oignon), de legumes gratinada (gratinée aux légumes), caldeirada (soupe de poisson). Vous trouverez aussi des salades de tomates, de thon (parfois frais, souvent en boîte), etc.

    Plats de viande

    Porc et bœuf sont les deux viandes favorites des Madériens, le plus souvent bouillies ou préparées en ragoût, ou encore cuisinées au vin et à l’ail.
    En accompagnement, vous rencontrerez le milho, une farine de maïs le plus souvent frite, des pommes de terre, du riz et des inhames (ignames), au goût rappelant la patate douce.
    Parmi les plats traditionnels locaux, citons l’emblématique espetada, une grande brochette de bœuf saupoudrée de gros sel, enfilée sur une branche de laurier et souvent grillée sur un feu de brindilles du même arbre - plus spécifiquement réservée aux jours de fête.
    Le caldo verde est un mélange de boudin noir et de chorizo servi avec du chou vert et de la purée de pommes de terre. Typiques également, les tripes aux haricots. Bref, des plats de la terre, parfois un peu roboratifs.

    Poissons

    Il y aurait, dit-on, 365 façons d’accommoder la morue (bacalhao), autant que de jours dans l’année. En réalité, comme la plupart des poissons, la morue est le plus souvent simplement grillée. Sardines, rouget, poulpe, langouste, crevettes et gambas connaissent le même sort.
    L’espada, un poisson noir, long et plat, est préparé de diverses façons : poché dans du vin avec oignons et tomates, pané, grillé ou encore mijoté en ragoût avec haricots, tomates et épices.
    Le bife de atum (steak de thon), très courant, est souvent lui aussi servi grillé, aux oignons, avec du citron ou une sauce au vinaigre balsamique. Simple et délicieux.
    Vous trouverez aussi soles, murènes, mérous, tourteaux, araignées de mer et même truites. Les étonnantes brochettes de lapas mêlent tranches de lard et patelles…

    Desserts

    Au rayon des desserts, tartes et gâteaux généreusement fourrés de crème voisinent avec les bolos de mel, des pâtisseries très sucrées et friables à la mélasse, avec cannelle, fruits et noix. Ajoutons à cela toute une gamme de fruits méditerranéens et tropicaux.

    Boissons

    Madère est renommée dans le monde entier pour son vin, le vinho generoso, obtenu par coupage d’alcool, chauffé et vieilli en fûts de chêne. Plus spécifiquement destiné à l’apéritif ou au dessert, il en existe 4 variétés :
    - le sercial, issu d’un cépage rhénan, est un vin apéritif sec et léger, de couleur pâle, qui rappelle le xérès ;
    - le verdelho, demi-sec, frais et fruité, à la belle robe ambrée et au bouquet subtil, précède le repas ou accompagne la soupe ;
    - le boal, dont les premiers ceps furent amenés de Bourgogne, est un vin généreux et fruité, servi avec le fromage ou le dessert ;
    - le plus connu est toutefois la malvasia, originaire de Crète, généreuse et corsée. Idéalement servie au dessert, ou avec le café, cette malvoisie est la plus sucrée. Attention, entre 18 et 20 ° !

    Au rayon des vins de table locaux, le choix est limité. L’Atlantis rosé, assez fruité, ou blanc (sec), tire son épingle du jeu. On trouve cependant une vaste gamme de vins rouges et blancs portugais : célèbre vinho verde obtenu à partir de raisins pas encore mûrs, dão rouge ou blanc et pinhel rosé. À Curral das Freiras, on produit la jinja, un alcool de cerise assez léger.


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