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    Eau, aluminium et Alzheimer

    26206 lectures / 11 commentaires22 février 2008, 10 h 17

    Eau, aluminium et Alzheimer© C. Magdelaine - notre-planete.info

    Sujet explosif abordé jeudi 30 janvier 2008 sur France Inter. Isabelle Giordano l’animatrice de l’émission “Service Public” a fait tomber un tabou. Celui d’une eau potable de qualité et neutre sur le plan sanitaire. Or selon une poignée de scientifiques et quelques études, Il semblerait qu’il existe une relation entre la présence d’aluminium dans l’eau potable et les risques de développer la maladie d’Alzheimer.

    Alzheimer. Un nom qui fait peur. Difficile d’ignorer cette maladie et ses ravages. Du chef de l’Etat aux spots TV, on en parle partout. Et tout le monde craint à juste titre d’être touché personnellement ou de voir ses proches frappés par cette déchéance odieuse. Alzheimer ce serait de l’ordre de 100 000 nouveaux cas par an. C’est surtout une maladie symptomatique des sociétés industrielles. Plurifactorielle, son déclenchement et son évolution sont schématiquement liés à trois grands facteurs : l’environnement social, le facteur génétique et les facteurs environnementaux. La maladie d’Alzheimer, incurable et mortelle, est la cause la plus fréquente de démence sénile. Elle commence par un déficit de la mémoire d’apprentissage et, en progressant, atteint toutes les fonctions intellectuelles notamment celles du jugement, du calcul mental et du langage.

    Au titre des facteurs environnementaux, la question de l’absorption d’aluminium par voie alimentaire. L’aluminium est reconnu comme un neurotoxique. C’est en raison de cette spécificité que progressivement casseroles et récipients en cette matière ont été retirés de la vente. Ca c’était la partie émergée de l’iceberg. On se rend compte en effet que le sulfate d’alumine (alun) est utilisé pour purifier l’eau du robinet. Le problème c’est que de l’eau, on en consomme beaucoup et que les particules d’aluminium présentes qui s’y trouvent, malgré des niveaux faibles, sont rendues, par leur forme hydrosoluble, particulièrement bien assimilables par notre organisme.

    En 2000, l’étude PAQUID menée par une unité de l’INSERM sur les départements de la Gironde et de la Dordogne concluait que selon le taux d’aluminium dans l’eau potable (mais inférieur aux normes européennes), on pouvait avoir deux fois plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer. Pour que le lien de causalité soit scientifiquement établi, il faudrait toutefois que cette étude soit reproduite en l’état. Il serait inconscient de balayer cette alerte en se réfugiant derrière le seul fait que cette étude n’aurait pour objectif que de décrédibiliser la qualité de l’eau des distributeurs publics au profit des vendeurs d’eau en bouteille. Il semblerait en effet que toutes les études internationales convergent. Au-delà de 100 mg/l l’eau potable deviendrait un co-facteur de la maladie d’Alzheimer. L’OMS estime pour sa part qu’entre 0,1 et 0,2 mg/l la présence de l’aluminium n’est pas dangereuse dans l’eau potable. Si au Canada le taux a été ramené à 0,1, il semblerait qu’en France ce taux soit très variable selon les régions et dépasserait régulièrement les 0,2.

    Malheureusement, comme pour tout drame sanitaire à son début, la seule chose qui s’impose, c’est l’incertitude scientifique. La relation elle-même Alzheimer-aluminium est objet de controverses depuis le milieu des années 1960. Si la certitude n’est pas encore acquise en revanche, le soupçon lui l’est.

    À l’autopsie, on constate que le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer contient une concentration élevée d’aluminium, métal qu’on ne retrouve pas dans les tissus cérébraux sains. Des expériences effectuées sur des animaux prouvent que l’aluminium a une action toxique sur le système nerveux, mais la dégénérescence des neurones observée chez les sujets animaux diffère de ce qu’on voit chez les humains. L’aluminium entraîne une dégénérescence neuronale chez le lapin, le chat et le chien. En effet, lorsqu’on injecte des sels d’aluminium directement dans le cerveau de ces animaux, on observe un déficit de la mémoire d’apprentissage, un ralentissement général et une perte de la curiosité. Si les similitudes sont frappantes avec manifestations de la maladie d’Alzheimer, la dégénérescence neuronale n’est toutefois pas la même que dans la maladie d’Alzheimer.

    Le risque, Henri Pézerat, éminent toxicologue, directeur de recherche honoraire au CNRS souhaite le limiter. Comme de nombreux toxicologues, il demande que l’application immédiate d’une division par 4 de la norme sur le taux d’aluminium dans les réseaux publics d’eau potable. En pointe dans ce combat, le scientifique écrivait déjà en 2004 : ” Plusieurs études épidémiologique, dans six pays différents, ont conclu à une augmentation notable de l’incidence de la maladie d’Alzheimer en relation avec une concentration trop importante de l’aluminium dans l’eau de boisson. Consultés, l’Institut de vieille sanitaire et deux agences de sécurité sanitaire, ont publié rapports et conclusions niant, en dépit des faits, le caractère plausible d’une telle relation et refusant par là même toute mesure de prévention lors du traitement des eaux. À la carence des experts répond la carence de la santé publique. ”

    Dans notre alimentation quotidienne, 5% seulement de l’aluminium que nous consommons provient de l’eau. Mais, comme le souligne Henri Pézerat, ces 5% passent intégralement la barrière intestinale et présentent de ce fait une biodisponibilité supérieure aux autres 90 %. Compte tenu de l’état général des connaissances, il serait judicieux d’optimiser le traitement et la distribution de l’eau dans notre pays. Des alternatives techniques existent, notamment comme à Paris où la société des eaux a recours à une désinfection par des sels de fer plutôt que du flocalu. Le problème étant bien que nous ne sommes pas tous égaux devant l’eau du robinet selon la zone de distribution où l’on habite. On n’a pas tous la chance de boire de l’eau de qualité parfaite.

    Rédacteur

    Henry Moreigne


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    TerreCrédit : NASA

    Dans 50 à 100 ans, les squelettes externes de certains organismes marins pourraient commencer à se dissoudre et à ne plus pouvoir se former menaçant la vie marine.

    La cause ? L'acidification de l'eau de mer, entraînée par l'absorption par les océans du dioxyde de carbone en augmentation dans l'atmosphère. Ces travaux, menés par une équipe internationale composée notamment de chercheurs de trois laboratoires français (1) sont publiés dans la revue Nature du 29 septembre 2005.

    En effet, l’océan mondial absorbe actuellement une quantité de dioxyde de carbone (CO2) sans précédent, ce qui augmente son acidité et menace probablement la survie à long-terme de beaucoup d'espèces marines, et plus spécifiquement les organismes contenant du carbonate de calcium dont la famille des coraux, les mollusques et crustacés ainsi que le phytoplancton. Selon les recherches présentées à un colloque organisé par la Commission Océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO (COI) et le Comité de la Recherche Océanique du Conseil International pour la Science (SCOR) en mai 2004, ce changement pourrait perturber les chaînes alimentaires marines et altérer la biogéochimie des océans dans une proportion et d’une façon qui ne sont pas encore prévisible et compréhensible à ce jour.

    L'océan est l'un des plus grands réservoirs naturels de carbone sur terre et il absorbe chaque année approximativement un tiers du dioxyde de carbone émis par les activités humaines. Selon les recherches menées par Christopher Sabine de la National Oceanographic and Atmospheric Administration aux Etats-Unis (NOAA, administration océanographique et atmosphérique nationale, agence d'Etat membre de la COI), l'océan a absorbé approximativement 120 milliards de tonnes de carbone produites par les activités humaines depuis 1800. L'IOC signale qu'environ 20-25 millions de tonnes de CO2 sont rajoutées chaque jour dans l’océan.

    L'absorption du dioxyde de carbone par les océans est considérée comme un processus bénéfique qui réduit la concentration du CO2 dans l'atmosphère et atténue son impact sur les températures globales. Cependant, il y a une inquiétude croissante sur le prix à payer pour ce service. Pour les participants au colloque, il est maintenant bien établi que d’ici le milieu de ce siècle, le poids de l’accumulation du CO2 entrant dans l'océan mènera à des changements de pH ou d’acidité des couches supérieures qui seront d’une ampleur trois fois plus importante et 100 fois plus rapide que ceux subis entre les périodes glaciaires. Des changements aussi brutaux du système du CO2 dans les eaux de surface des océans n’ont pas été observés au cours de plus 20 millions d’années d’histoire terrestre, ont conclu les participants au colloque.

    Les résultats initiaux des observations, des recherches et des modèles conduits jusqu'ici et présentés au colloque indiquent que dans un monde à fort taux de CO2 :
    · l'océan serait globalement plus acide, et serait également plus stratifié dans les hautes latitudes. En outre les concentrations en nutriments dans les eaux de surface des régions de hautes latitudes seraient inférieures, les eaux de subsurface seraient moins oxygénées, et le phytoplancton subirait une exposition accrue à la lumière du soleil. Ces changements affecteraient beaucoup d'espèces et changeraient la composition des communautés biologiques dans une proportion et d’une façon qui ne sont pas encore prévisible et compréhensible à ce jour.
    · Beaucoup d'organismes contenant du carbonate de calcium, dont certaines espèces de plancton et coraux, et également des organismes non carbonatés, ne pourraient plus se développer et se reproduire efficacement si le CO2 était supérieur et les niveaux de pH inférieurs. L’élévation des températures - combinées avec une augmentation du CO2 et une diminution du pH - constitue une menace sérieuse pour les récifs coraliens, menant probablement à l'élimination de certains récifs avant la fin de ce siècle

    En utilisant des données récentes et 13 modèles numériques, une équipe d'océanographes Européens, Japonais, Australiens et Américains a simulé l'évolution des carbonates à partir des scénarios d'émissions de CO2 établis par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.(GIEC).

    Le scénario standard (2) prévoit que dans environ 50 ans les eaux de surface les plus froides de l'océan, comme en mer de Weddell au large de l'Antarctique, vont devenir corrosives pour une forme de calcaire appelée aragonite. Ainsi les « ptéropodes » sont en danger, la coquille de ces mollusques planctoniques qui nagent dans la couche supérieure de l'océan étant en aragonite. Et si le CO2 atmosphérique continue d'augmenter, il est très probable que vers la fin de ce siècle l'eau de mer devienne corrosive pour l'aragonite dans tout l'océan Austral ainsi que dans une partie du Pacifique Nord. Ces organismes calcaires, très abondants dans ces régions, pourraient donc ne plus être capables de constituer leur coquille. Un tel environnement corrosif serait sans précédent depuis probablement plusieurs millions d'années.

    Pour compléter ces estimations, des expériences en mer ont montré que les coquilles des ptéropodes vivants se dissolvaient effectivement quand l'eau de mer atteignait les conditions corrosives prévues pour l'année 2100. La diminution des ptéropodes pourrait provoquer des réactions en chaîne, puisqu'ils constituent la nourriture de base d'organismes allant du zooplancton à la baleine, en passant par des espèces commercialement importantes comme les saumons dans le Pacifique Nord.

    Les coraux sont également menacés par cette acidification, particulièrement ceux baignés dans les eaux froides, comme l'Océan Atlantique Nord, qui devraient se dissoudre en premier. Car si leur squelette de carbonate de calcium est indispensable pour leur propre développement, celui-ci fournit également l'habitat aux poissons hauturiers, aux anguilles, aux crabes, aux oursins... le squelette externe de ces derniers étant aussi menacé directement par l'acidification.

    Préciser l'impact de ces changements sur les écosystèmes et la biodiversité est un défi que les recherches futures devront relever.

    Notes

    (1) Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE/IPSL : CEA – CNRS)
    Laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et analyses numériques (LOCEAN/IPSL : CNRS – IRD – MNHN – Université Paris 6)
    Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS : CNRS – CNES – IRD – Université Toulouse 3)
    (2) Scénario IS92a « business-as-usual »

    Références


    Anthropogenic ocean acidification over the twenty-first century and its impact on calcifying
    organisms, Orr J. et al., Nature, 29 septembre 2005
    The Oceans in a High CO2 World (colloque de l'UNESCO)

    Auteur

    avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 04 octobre 2005, 18 h 22 - Tous droits réservés


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    Le taux d’extinction des espèces est aujourd’hui
    100 fois supérieur au taux naturel

     

    Destruction et fragmentation des habitats, surexploitation par la récolte, chasse, pêche et commerce, introduction d’espèces exotiques envahissantes, changement climatique, pollution et le gaspillage, telles sont les principales causes de la disparition des espèces. 

    Les conséquences de cette érosion de la biodiversité sont dramatiques pour l’Homme au risque de déséquilibrer son écosystème à tout jamais. 

    C’est pourquoi, à travers ses programmes de conservation des habitats dans les 235 écorégions du monde, le WWF nourrit l’ambition de préserver plus de 85% de la diversité biologique sur terre.

     

     

     

    http://inscription.wwf.fr/especes_menacees/a?gclid=CIy489f_5a0CFVRItAod9hzhVA cliquez ici 


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    Essence ou diesel face à la pollution


    Dans le match essence/ diesel face à la pollution, il est bien difficile de trouver un gagnant.

    Deux motorisations, trois types de pollution

    Il existe trois grands types de pollution : le gaz carbonique, les oxydes d'azote et les particules. Comment réagissent les moteurs essence et diesel ? En fait, on assiste à un match nul, car les deux motorisations ne polluent pas de la même façon !

    Pollution Caractéristiques
    de la pollution
    Essence Diesel
    Le gaz carbonique (CO2) Le gaz carbonique est responsable de l'effet de serre : la destruction de la couche d'ozone qu'il engendre contribue au réchauffement de la planète L'essence est facteur de dégagement de CO2 dans l'atmosphère. Les brusques changements de régime (de vitesses) accentuent le phénomène. Les accélérations en ville, notamment. Le moteur diesel rejette moins de CO2 (- 25%) dans l'atmosphère, de part ses meilleurs rendements énergétiques.
    Les oxydes d'azote Ils contribuent à modifier la qualité de l'air, surtout par temps chaud. Ils sont à l'origine des difficultés respiratoires et des allergies L'essence est dans ce domaine moins polluante. Les pots catalytiques ont réduit le problème. Mais il y a tout de même des rejets. Mauvais point pour les diesels : 50% des oxydes d'azote sont dus aux moteurs diesels (dont les utilitaires et camions), les 50% autres étant dus au chauffage urbain.
    Les particules Il s'agit de ces fumées noirâtres qui exaspèrent les piétons et les cyclistes. Ils sont aussi désastreux pour tous les insuffisants respiratoires. Certains considèrent qu'ils seraient cancérigènes Le pot catalytique a réduit depuis 1993 la pollution en ce domaine et l'essence reste moins gravement polluante que le diesel concernant les particules. Les diesels sont montrés du doigt, surtout pour les très fines particules qu'ils dégagent, celles qui sont les plus pernicieuses pour la santé. Bronchiolites, asthme, cancers du poumon.

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  • Au-delà de l’incivisme intolérable de certains vacanciers, la responsabilité des élus et des chefs du secteur du tourisme est pleinement engagée.

     

    Après avoir accueilli des milliers d’estivants, venus savourer la tranquillité et la beauté des lieux, la célèbre Corniche s’est retrouvée dans un piteux état. Les dépôts anarchiques d’ordures, ce mal qui ronge nos villes et villages, se sont étendus aux plages sur l’ensemble de la bande côtière. Une simple virée sur la Corniche permet de faire ce triste constat.


    La pollution a gagné les lieux, et les détritus sont partout, agressant les regards qui se jettent sur l’étendue d’un littoral d’habitude sain et accueillant. Les mauvaises odeurs ne manquent pas non plus de chatouiller désagréablement l’odorat.

     

    «C’est répugnant, les plages sont sales à cause de l’incivisme de beaucoup d’estivants et de l’absence des services d’hygiène, lesquels n’ont même pas pris la peine de s’enquérir sur l’état des lieux», lance, indigné, un estivant rencontré sur les lieux. La célèbre plage des Aftis, l’une des plus captivantes de la Corniche, est celle qui semble avoir subi le plus de dégâts, avec les odeurs nauséabondes émanant des immondices qui la jonchent.

     

    La désolation est partout visible sur l’ensemble des plages qui n’ont fait l’objet d’aucun assainissement. «Avant la saison estivale, l’on feint de faire l’effort de nettoyer les plages, mais après le départ des vacanciers, personne ne vient y remettre un peu d’ordre», fait remarquer avec dépit un jeune homme de la région.

     

     

     

     

    Les avis sont, cependant, partagés sur les raisons ayant conduit à ce triste état. Si certains trouvent que c’est le manque de civisme qui a eu raison de la beauté et de la propreté de la côte en cette fin de saison estivale, d’autres pointent un doigt accusateur en direction des services d’hygiène des communes qui ont en charge la gestion de ces plages. Des internautes ayant fait des commentaires sur le site Jijel Info ont exprimé leur indignation sur le manque de civisme et autre comportement indigne de certains estivants ; d’autres ont relevé l’anarchie qui a régné sur les lieux, et notamment l’absence de ramassage communal des ordures.

     

    Il reste que la responsabilité des élus et des responsables du secteur du tourisme est pleinement engagée dans cette défaillance ayant entraîné une saleté sans précédent des plages, de l’avis de certains. Le P/APC d’une commune côtière qui a reconnu que les plages n’ont pas été nettoyées après le départ des vacanciers, a laissé entendre qu’une opération d’assainissement du littoral allait être bientôt lancée.

     


    Il a justifié ce manque d’entretien des rivages par le volume de travail imposé quotidiennement aux services d’hygiène, chargés du nettoiement de la ville, laquelle est sous sa gestion. Il ajoutera que l’année prochaine, l’opération d’assainissement des plages sera confiée à des organismes privés.

     

    Zouikri A. - El Watan

     


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