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    ENVIRONNEMENT

    Près de 12 millions de Français exposés aux particules fines

    Créé le 07/08/2012 à 12h51

    Un nuage de pollution au dessus de Paris, début 2009

    Un nuage de pollution au dessus de Paris, début 2009 / AFP/S.de Sakutin


    Près de 20% des Français (soit 12 million de personnes) ont vécu en 2011 dans des zones où la pollution aux particules fines, émises notamment par les voitures diesel, excède les normes européennes, selon le bilan du ministère de l’Écologie et du Développement durable. La ministre, Delphine Batho, promet de se pencher sur ce problème de santé publique lors de la Conférence environnementale prévue à la mi-septembre.ECOUTERFlorence Cohen | 07/08/2012 - 12h53écouterInvité de RTL Midi : Jérôme Clave, directeur d'Airparif La faute à la météo ?

    Si les émissions de certains polluants dans l'air, comme le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre, ont continué à décroître légèrement en 2011, il n'y a pas eu d'amélioration notable pour les particules fines. 

    Pour ces dernières, qui pénètrent profondément dans les poumons, aucune tendance ne se dégage depuis le début des années 2000 et les variations pourraient s'expliquer d'une année sur l'autre "par des acteurs externes comme la météorologie", dit le ministère dans un communiqué. 

    "En 2011, les températures froides du premier trimestre associées à des conditions anticycloniques relativement stables ont ainsi favorisé les émissions dues au chauffage", écrit-il. 

    Pour l'ozone, un seul événement de pollution photochimique d'ampleur nationale a été relevé vers la fin du mois de juin 2011 marqué par un bref épisode de fortes chaleurs, souligne le ministère. 

    Ou la faute au diesel ?

    Dans un communiqué, Denis Baupin, adjoint écologiste au maire de Paris, souligne que la pollution aux particules fines "induit environ 40.000 morts chaque année et une multiplication des maladies respiratoires affectant prioritairement les enfants et les personnes âgées." 

    "Cette situation spécifiquement française est la conséquence d'unedieselisation unique au monde du parc automobile", affirme-t-il. 

    "Plutôt que de consacrer près de 8 milliards d'euros en niches fiscales 'pro-diesel', affectons-les à une aide à la conversion propre et sobre de l'industrie, aux collectivités actives pour réduire la pollution, et aux consommateurs près à abandonner leur véhicule polluant", dit-il. 

    Delphine Batho a annoncé le 13 juillet son intention de revoir les modalités des zones d'accès restreint aux véhicules les plus polluantsqui doivent être expérimentées par sept villes volontaires. 

    Ces Zones d'actions prioritaires pour l'air (Zapa) avaient été annoncées début 2011 par le précédent gouvernement à l'issue du Grenelle de l'environnement. 


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  • Pour certains scientifiques, le réchauffement climatique se serait brusquement arrêté en 1998... Dans la dernière édition de la revue Environmental Research Letters, Stefan Rahmstorf (Institute for Climate Impact Research à Potsdam, Allemagne) et Grant Foster (Tempo Analytics) ont publié une saisissante étude qui devrait faire taire les climato-sceptiques.

     

    de faite les courbes de leur étude donnant l'évolution récente de la température moyenne de la Terre montrent un léger tassement à partir de 1998. Ce quasi-plateau peut être troublant, d'autant que les émissions de gaz à effet de serre n'ont nullement cessé depuis la fin des années 1990 - elles ont même largement augmenté.

    Comment, alors, l'expliquer ? La tendance de fond au réchauffement est tantôt accentuée, tantôt ralentie, par des phénomènes naturels.Ceux-ci sont nombreux, mais les chercheurs ont choisi de n'en considérer que trois. Le premier est le cycle de l'Oscillation australe El Niño (ENSO) : celle-ci voit l'alternance de phases chaudes, dites El Niño, et froides, dites La Niña, qui font grimper ou baisser la température moyenne de la Terre avec une périodicité qui varie de deux à sept ans. Le deuxième est l'activité solaire : celle-ci varie selon un cycle de dix à douze ans. Quant au troisième, il s'agit simplement de l'activité volcanique : lorsqu'une éruption très puissante se produit - comme celles du Chichon (1982) ou du Pinatubo (1991) -, la température moyenne de la Terre peut perdre un demi-degré dans l'année qui suit...

    Tenant compte de ces trois paramètres, les auteurs ont estimé leur contribution respective aux températures des années 1979 à 2010. Ils ont ainsi pu extraire des courbes d'élévation des températures la part principalement due à l'accumulation des gaz à effet de serre. Pour être le plus exhaustifs possible, ils ont traité de cette manière les cinq séries de données disponibles : deux obtenues par des mesures par satellite et trois autres obtenues grâce aux températures relevées au niveau du sol, dans les stations météorologiques réparties sur le globe.

    Puis ils ont fait la moyenne des cinq courbes pour obtenir la meilleure approximation possible de la "vraie" courbe du réchauffement dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre.Le résultat est qu'entre 1979 et 2010 la tendance est claire - comprise entre 0,14 °C et 0,18 °C d'augmentation par décennie.

    Dans ce classement corrigé des caprices de la nature, l'année 2011 n'est plus au dixième rang des années les plus chaudes, mais bien au premier : les chercheurs ont tenu compte d'une activité solaire toujours relativement faible et surtout d'une Niña très forte, la plus puissante mesurée depuis quelque six décennies. A contrario, l'année 1998, exceptionnellement chaude dans les relevés classiques, ne pointe plus qu'à la neuvième place, un El Niño là encore très intense - le plus puissant du siècle - étant pris en compte.

    Corollaire : l'année 2012, avec une activité solaire qui reprend de l'intensité et une Niña qui semble disparaître, pourrait battre tous les records.


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    Un peu plus de 600 000 km2 de déchets flottants

     lors d’une expédition dans le Pacifique, Greenpeace a découvert entre Hawaii et la Californie, une vaste plaque de déchets de plusieurs millions de tonnes, formant une île plus grande que la France juste à proximité de la plus grande réserve marine au monde.

    La localisation de cette plaque s’explique par un phénomène de vortex ou tourbillon, c’est-à-dire de courants qui font converger vers cette zone les déchets flottants et par l’absence de vents qui engendre l’accumulation de ceux-ci, constituée de tout ce qui peut flotter, qui n’est pas biodégradable et en plastique, allant de la brosse à dent jusqu’aux filets de pèche fantôme, mais aussi de millions de morceaux microscopiques de plastiques.

    La plaque de déchet du Pacifique, est la manifestation d’un phénomène qui touche l’ensemble des océans de la planète, formant une des plus grande menace sur les écosystèmes marins. Dans toutes les mers y compris dans les régions polaires on trouve des déchets flottants. Près de 80% de ces déchets viennent des terres, on y retrouve tout ce que l’industrie peut produire en plastique.. En effet, si l’industrie des matières plastiques, c’est massivement développée depuis un demi-siècle, c’est justement à cause des qualités de résistance de ces produits et pour les mêmes raisons, la cause de ce problème massif de pollution des océans.

    Les images de cette plaque de déchet ne sont pas significatives. Avec les vagues, le sel, les chocs, le plastique s’est fractionné en morceaux de quelques millimètres, qui voguent entre la surface et plusieurs mètres de profondeur. Pas une masse solide donc, mais une zone où l’eau est saturée de débris.

    L’impact sur la faune marine est dramatique. D’une part, ces déchets flottants, avec l’effet du sel, des ultraviolets, des mouvements de l’eau, ont une tendance naturelle à se fragmenter en des millions de morceaux parfois de taille microscopique. Ceux-ci sont alors ingérés, par les oiseaux, tortues ou autres animaux marins – on a ainsi retrouvé dans l’estomac de tortues près d’Hawaii plus de mille débris, causant intoxications, empoisonnements, oclusions intestinales Les morceaux de plastiques ingérés, sont de véritables éponges à polluants persistants POP, ils affectent toute la chaîne alimentaire et sont un danger pour la santé humaine.

    D’autre part, les « macro déchets » sont la cause de dégâts importants, par effet « d’emmêlement » causant blessures, infections ou mutilations sur l’ensemble des animaux, des plus petits aux baleines traînant des filets de pèche entiers… On peut ainsi estimer que ce sont plus d’un million d’oiseaux qui meurent par an à cause des débris plastiques et plus de cent milles cétacés.

    Voir ce sujet ainsi que l’interview de François Chartier, chargé de campagne Océan, sur le site Rue89.

    A voir Notre diaporama sur la collecte de déchets plastiques au large des côtes d’Hawaï.

    Quelles sont les solutions ?
    Si le nettoyage de la grande plaque de déchets semble un chantier titanesque dont personne ne veut assumer la paternité ni les coûts, il est de la responsabilité de la communauté internationale de régler ce problème en particulier et d’adopter des mesures efficaces de lutte contre les déchets. Il est également indispensable de développer le recyclage des déchets, l’utilisation de plastique biodégradable et mettre en place une véritable politique de réduction des déchets.

    Ce que VOUS pouvez faire pour éviter ça :

    Nous sommes tous responsables de cette situation, et chacun doit s’impliquer pour qu’elle n’empire pas. Il est grand temps de remettre fondamentalement en cause la manière dont nous usons (ou abusons) des matières plastiques. Vous pouvez agir dès à présent:

    • Chaque fois que vous voyez des déchets, ramassez-les et jetez-les de manière appropriée.
    • Réduisez votre consommation, réutilisez, recyclez vos produits.
    • Soyez un consommateur responsable, et faites votre possible pour éviter les produits dont l’emballage est excessif, en particulier lorsqu’il s’agit de produits jetables.
    • Faites pression pour des équipements de recyclage meilleurs et plus nombreux dans votre quartier.
    • Participez aux initiatives locales de nettoyage de cours d’eau, rivières et plages, ou organisez-en une vous-même. Ces opérations ne sont pas une solution miracle, mais elles sont très efficaces pour attirer l’attention sur le problème plus grave de nos océans.
    • Si vous habitez en région côtière ou au bord d’un cours d’eau se jetant dans l’océan, vos égouts amènent probablement les déchets directement en mer. Soyez conscient de ceci, ainsi que de toute autre source potentielle de pollution marine dans votre région. Battez-vous pour leur disparition.
    • Soyez très conscient de votre empreinte écologique. Prenez des décisions allant dans le sens du changement, et dites non au paradigme actuel du tout-jetable.

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    Il faudrait,chose possible dès maintenant produire et acheter que par nécessité.
    Le système de consommation est un système pervers,pour 1 milliard de voitures dans le monde!1 milliard de personnes qui soufrent de la faim dans ce même monde.
    J'ai souvent honte d'être un homme.

     

     Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement des  population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.

    La Terre pourra-t-elle nourrir tous ses habitants en 2050 ? » Telle est la question à laquelle tente de répondre Guislain de Marsily, géologue, membre de l'Académie des sciences, dans un article publié sur Le Figaro du 16/12 et qu'il conclue ainsi : « Si l'on se résume, il est prioritaire de réduire la croissance démographique, la consommation et le gaspillage.»


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    1 milliard de véhicules dans le monde !

    Révolution des transports du XXème siècle, l'automobile s'est rapidement imposée comme le principal moyen de déplacement dans les grandes agglomérations des pays occidentaux. Ainsi, depuis 1983, en Ile-de-France, la marche n'est plus le moyen de déplacement prédominant, c'est la voiture ! (Enquête Globale de Transport - EGT, 2001-2002)

    Evolution du nombre de voituresEvolution du nombre de voitures dans les différentes régions du monde
    Source : Geo Data Portal à partir des données UNSD 2007

    Dans le monde

    En 2005, près de 890 millions de véhicules parcouraient la planète (CCFA, 2005). En 2007, le milliard était dépassé. De 1955 à 2005, l'augmentation de leur nombre a été environ trois plus rapide que la croissance de la population ! Enfin, en 2009, plus de 61 millions de véhicules (voitures et véhicules utilitaires) ont été mis sur le marché !

    La production automobile mondiale a atteint un record en 2011 avec 80,1 millions d'unités fabriquées (Organisation internationale des constructeurs automobiles - OICA). "Après une chute drastique en 2009, à 61,8 millions d'unités, en raison de la crise de 2008, la production automobile mondiale est repartie à la hausse ", indique l'OICA.

    Depuis 2011, l'Asie est désormais le premier continent producteur, avec 40,6 millions d'unités fabriquées dont 18,4 millions en Chine, le premier pays producteur mondial. Elle est suivie par les Amériques (17,8 millions d'unités) et l'Europe (17,7 millions de véhicules).

    L'Europe

    En 2004, comptait environ 216 millions de voitures particulières avec une progression de 40% depuis 1990. (UE, 09/2006)

    En France

    Le parc automobile en circulation est estimé à plus de 37,2 millions de véhicules dont 30,85 millions de voitures particulières au 1er janvier 2009. Toutefois, le rythme de croissance du parc continue de s'infléchir comme dans d'autres pays européens, plus proche désormais de 1% (0,7% en 2005, 1,2% en 2004), contre plus de 2% entre les années 1990 et 2000 (CCFA, 01/2007). La route assure 83% du trafic voyageur et 80% du transport de marchandises (INSEE, 08/2007).

    L'image de liberté, de beauté et de puissance de la voiture a permis de gagner l'imaginaire des Hommes qui aspirent rapidement à acquérir leur véhicule. Si cette révolution est indéniable et des plus pratiques, nous nous attacherons à mettre en exergue les aberrations et le cortège de maux que l'automobile génère depuis des décennies dans une indifférence notable.

    Une dépendance envers les énergies fossiles

    Actuellement, les transports dépendent à 97% du pétrole (IFP, 09/2006) et le trafic routier en est bien évidemment le premier consommateur. Une demande qui s'accroît de plus en plus avec la multiplication des véhicules particuliers qui participe aux pressions internationales sur le prix de la ressource et son accès : "cette hausse de la consommation pétrolière mondiale proviendrait pour les deux tiers des transports, et plus particulièrement du transport routier. Leur part dans la demande finale de produits pétroliers devrait progresser de 50 % en 2000 à 60 % en 2030" (IFP, 09/2006).

    En France, la voiture consomme plus de 24 millions de tep en 2004, les transports représentent le deuxième poste de consommation après le résidentiel-tertiaire. (DGEMP-Observatoire de l'énergie, 01/2006)

    Une atteinte à la biodiversité

    La France se caractérise par le réseau routier le plus dense du monde et le plus long de l'Union européenne avec un linéaire de 1 079 072 km dont près de 11 000 km d'autoroutes (Les chiffres du transport, 01/2008) ! Ce record est particulièrement néfaste pour la biodiversité qui souffre d'une fragmentation des espaces naturels. En effet, les infrastructures de transport forment des discontinuités et des obstacles aux déplacements d'un certain nombre d'espèces qui ne peuvent alors survivre : grands mammifères, reptiles, batraciens, insectes...
    Outre cette fragmentation de l'espace vital, les axes routiers constituent des pièges pour les animaux sauvages qui peuvent entrer en collision avec les véhicules motorisés. Ainsi, en 2009, en France, près de 65 000 collisions ont été déclarées, contre moins de 4 000, 25 ans plus tôt.

    De plus, les villes, qui souffrent déjà de paysages très artificiels, présentent des sols (chaussée, trottoirs, parkings...) entièrement imperméabilisés donc détruits, stérilisés avec des pesticides particulièrement néfastes pour la biodiversité. L'artificialisation des sols est particulièrement marquée le long des grands axes de transport (IFEN, 08/2007) et participent à la violence des inondations.

    Enfin, les biocarburants vont accroître la pression sur les espaces agricoles en monopolisant des terres normalement en jachère qui participaient à un renouvellement du sol et des espèces.

    La première contribution française au réchauffement climatique

    Au niveau planétaire

    La seule circulation routière est responsable en 2004 d'environ 13% des émissions mondiales de CO2, le principal gaz à effet de serre directement impliqué dans le changement climatique en cours (GIEC).

    En Europe

    Les transports sont responsables de près de 20% des émissions équivalent CO2 (Agence européenne pour l'environnement, 09/2007).
    Même si la moyenne européenne des émissions de CO2 sur les voitures a baissé de 25 g/km en 10 ans, cela ne suffit pas à compenser l'augmentation régulière du nombre de véhicules en circulation.

    En France

    En 2006, le secteur des transports routiers a émis près de 130 millions de tonnes de CO2, soit 20% de plus qu'en 1990 : avec plus d'un quart des émissions (26,4 %), c'est le premier contributeur en CO2 du pays, devant le résidentiel-tertiaire (23%). La voiture particulière génère à elle seule 54,7% des émissions dues aux transports routiers et représente au global 14,4% des rejets de CO2 (CITEPA/CORALIE format SECTEN, 07,2007 ; les chiffres du transport, édition 2009).
    Toutefois, avec une moyenne des émissions des véhicules vendus en France en 2006 qui est de 149 gCO2/km, soit une baisse de 3 grammes de CO2 par kilomètre par rapport à 2005, la France se place parmi les meilleurs d'Europe (ADEME, 05/2007). Notons qu'en 2007, la moyenne des émissions du parc automobile français reste de 176 g de CO²/km.

    Les GES participent au ">réchauffement du climat planétaire, ce qui met gravement en danger la stabilité de nos sociétés.

    La pollution atmosphérique locale

    Première source de pollution atmosphérique dans les grandes agglomérations, l'automobile accentue et développe même des maladies comme l'asthme et les bronchites chroniques notamment chez les plus fragiles. C'est aussi dans nos mouchoirs tachetés de suies que nous prenons conscience de la vulnérabilité de notre système respiratoire directement exposé aux particules les plus fines qui pénètrent dans les poumons.
    Par exemple, en Ile-de-France, le transport routier est le secteur prépondérant dans les émissions de monoxyde de carbone (CO), d’oxydes d’azote (NOx) et de particules fines (PM10) (Airparif, 09/2007).

    Bien sûr, des progrès sont réalisés : filtre à particules (encore que seulement 23% des véhicules diesel neufs en sont équipés en 2006 et que leur efficacité est limitée), essence sans plomb, biocarburants (est-ce vraiment un progrès ?), common rail... Et les défenseurs de l'automobile se hâtent de le rappeler au point que l'automobile apparaît pour certains moins polluante que les transports en commun ! La réalité est hélas toute différente d'autant près de 32% des déplacements automobiles font moins de 2 km ! (Enquête Globale de Transport - EGT, 2001-2002) Et c'est justement durant cette période semée de ralentissements, de freinages et d'accélérations que la pollution automobile est maximale.

    Prenons l'exemple de ce citadin qui sort son automobile pour se rendre chez le boulanger, qui se trouve - tout de même - à 300 m de son domicile. C'est ce même citadin que l'on reverra pleurnichant devant les médias sur le prix de l'or noir qui est délivré à la pompe, argumentant avec force et menaces que son niveau de vie en pâtit et qu'il serait temps... (je vous épargne la suite de ses affreuses souffrances).

    C'est fort peu relaté mais la Banque mondiale estime qu'environ 1,56 millions d'asiatiques sont victimes chaque année de la pollution atmosphérique. En Europe, des études menées récemment estiment que quelque 400 000 personnes meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique. Les maladies provoquées par la concentration actuelle de particules en suspension dans l’air entraînent plus de 100 000 hospitalisations supplémentaires et graves chaque année. Des chiffres effarants qui rendent stériles toutes comparaisons avec les peurs actuelles qui monopolisent les moyens des gouvernements et les médias.

    En France, l'AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail) estime qu'entre 6 450 et 9 500 personnes sont morts prématurément à cause de la pollution particulaire (PM 2,5) en 2002, soit davantage de morts que les accidentés de la route (AFSSET, 05/2004). Or les transports routiers et très fortement les diesels sont les principaux responsables de cette pollution.

    Une atteinte aux paysages

    On en parle beaucoup moins mais la voiture est aussi à l'origine d'une pollution visuelle affligeante : partout dans nos villes, nos lieux touristiques, elle s'insère et s'impose via le réseau routier bien sûr mais aussi les parkings, les stations essence, les péages... Elle défigure ou plutôt définit nos paysages urbains qui ne sont déjà pas des plus attrayants et suivent ainsi la devise de Pompidou : "Il faut adapter la ville à la voiture".
    L'automobile est un véritable fléau dans les agglomérations qui ont été, de façon très égoïste et irréfléchie, entièrement dédiés à cette révolution. Il fallait alors adapter les villes à la voiture, de sorte qu'il n'existe dorénavant pratiquement aucune place pour les modes de transports dits alternatifs et même les piétons.

    L'automobile une galère et un gouffre financier bien visible

    Le million d'heures perdu chaque année par les automobilistes et les routiers dans les embouteillages coûterait environ 6 milliards d'euros à la France selon le Ministère de l'écologie et du développement durable.
    En 2001, le cumul des bouchons en France a représenté l'équivalent de 1 million de kilomètres pendant une heure (hkm). le coût économique pour la seule Ile-de-France a été estimé à 566 millions d'Euros. Sans compter que les émissions sont réduites de moitié lorsque l'on passe d'une circulation dense à une circulation fluide : dans les bouchons, la consommation double et une voiture moyenne peut consommer jusqu'à 16 l / 100 km ! (Véhicules particuliers vendus en France. Consommations conventionnelles de carburant et émissions de CO2 - ADEME ; 2011)

    D'ailleurs, contrairement aux idées reçues et notamment avancées par les constructeurs automobiles, l'automobile n'est plus le moteur de l'économie. En effet, selon "Le Compte global transport, qui mesure l'impact de chaque mode de déplacement (...), le transport collectif coûte quatre fois moins cher à la collectivité, et crée deux fois plus d'emplois. De quoi anticiper les reconversions sociales qu'impliquera l'indispensable mutation." (Denis BAUPIN dans Libération, 10/2005)

    Point positif : en 20 ans la consommation moyenne unitaire des véhicules a diminué de 15 à 20 % passant de 8,25 l/100 km en 1990 à environ 7 l/100 km actuellement, grâce au renouvellement du parc automobile. Une tendance qui est vraie pour les véhicules à essence et non les diesel.

    Enfin, il n'est pas inutile de rappeler que l'usage d'une voiture coûte en moyenne 5 000 euros par an au foyer : deuxième poste de dépense des ménages, avant l'alimentation et après le logement. Il s'agit là d'une dépense qui n'est pas anodine, même si les transports en commun coûtent de plus en plus chers.

    La place de l'automobile

    voiture monopolisant le trottoir et le passage piétonvoiture monopolisant le trottoir et le passage piéton
    crédit : notre-planete.info

    La place occupée au sol par l'automobile est impressionnante : pratiquement toutes les rues dans les grandes villes présentent une voire deux lignes continues de voitures garées : quelle place reste-t-il aux autres moyens de déplacement ? Aucune ! Les poussettes sont contraintes d'emprunter la chaussée faute de passage sur les trottoirs, l'incivisme des conducteurs met alors en péril la vie des piétons. De plus, les plus grosses voitures, de plus en plus nombreuses, occupent souvent deux places de stationnement, au détriment des autres...

    Même en fonctionnement, les 3/4 des voitures ne sont occupées que par le seul conducteur ! On imagine donc bien le taux d'occupation au sol que peut prendre une seule personne à l'heure où les villes sont engorgées par une population toujours plus nombreuse notamment dans les pays en voie de développement.

    En moyenne, en France, 80% des foyers sont équipés d'une voiture, seulement 53% à Paris où les transports en communs sont très développés et la population y est à la fois plus jeune et plus âgée.

    Et de grandes agglomérations comme celle de la Région Ile-de-France peine à encourager l'usage de modes de transports alternatifs : pistes cyclables sécurisées insuffisantes, réseaux de banlieue à banlieue embryonnaires, voyages multi-modaux difficiles d'accès, prix et qualité de service dissuasifs, insécurité et incivisme, messages peu encourageants dans les bus : "pas de vélos, ni objets encombrants"... Vive la voiture !

    C'est pourquoi le piéton, le cycliste ou le skateur par exemple ne font qu'attiser l'agressivité inhérente de l'automobiliste, forcément pressé et important puisqu'à lui seul il monopolise la place d'au moins quatre vélos, pour une vitesse cependant guère plus rapide : 17 km/h en moyenne contre 14 km/h par exemple en Ile-de-France (EGT, 2001-2002) et 8 km/h pour les taxis parisiens ! Dans ces conditions, il ne nous reste qu'à être vigilant et appréhender les dangers qui nous guettent à chaque croisement ou dépassement de voiture.

    Et c'est sans difficulté que nous établirons la transition avec les accidents de la route.

    La voiture est une arme utilisée par des tueurs en puissance

    Nombre de victimes de la route dans le monde

    La route fait plus de 1,27 millions de victimes, dont la moitié sont des piétons, cyclistes et motocyclistes, et entre 20 et 50 millions de blessés par an. Plus de 90 % des décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’on ne compte que 48 % du parc mondial de véhicules (OMS, 06/2009).
    Selon la campagne internationale "Make Roads Safe", toutes les 3 minutes un enfant est tué sur la route, c'est la première cause de mortalité chez les jeunes en Europe et aux Etats-Unis. Le coût économique des victimes de la route dans les pays en voie de développement est évalué à plus de 100 milliards de dollars par an !

    Nombre de victimes de la route en Europe

    On comptabilisait en 2004 plus de 1 800 000 blessés et 43 000 morts (Community Road Accident Database, 07/2006).

    Nombre de victimes de la route en France

    En 2009, le nombre de personnes tuées (décès à 30 jours) s'est élevé à 3 994 avec près de 79 056 blessés (Sécurité routière, 01/2011). Soulignons que depuis 2002, le nombre de personnes décédées ne cesse de diminuer, notamment grâce à la mise en place de mesures plus dures contre la vitesse (radars automatiques tant décriés).

    L'automobile est une véritable arme manipulée aussi par des inconscients ivres de vitesse et de fun, irresponsables et qui, demain, se défendront d'avoir tué car couverts par leur assurance. Cette critique n'est pas aussi caricaturale qu'elle en paraît et le trio homme, alcool et vitesse demeure dévastateur. En effet, on constate sans surprise que près d'un tiers des accidents ont pour origine l'alcool au volant.
    Tout ceci est d'autant plus inquiétant qu'un accident mortel est aussi pénalisant au regard de la justice qu'un simple vol de voiture...

    L'incivisme et l'irresponsabilité des conducteurs, peu conscients des dangers, est ainsi à l'origine de nombreux morts. En France, 90 % des automobilistes ne respectent pas les limitations de vitesse sur route rapide, et ce n'est guère mieux en zone urbaine. De plus, les distances de sécurité ne sont pas jugées utiles vu l'attitude d'une majorité des conducteurs. Pire, le peu d'automobilistes qui respectent les règles élémentaires de conduite automobile sont rapidemment klaxonnés et insultés...

    Tous les piétons et usagers de modes de transports alternatifs peuvent témoigner de l'agressivité de certains conducteurs attisée par la présence d'un moyen de transport gênant, moins rapide et donc considéré comme "inférieur" car moins puissant, moins cher.... Un tel automobiliste pourra risquer sa vie et celle de son "adversaire" pour rétablir son ordre naturel : les véhicules puissants sont maîtres sur la route ! Ce constat est valable également envers une petite voiture : les autres conducteurs risquent fréquemment l'accident à vouloir la dépasser quand bien même celle-ci talonne les limitations de vitesse et respecte les distances de sécurité !

    La nouvelle maîtresse de l'homme

    Non contente de nous faucher nos proches et de monopoliser l'espace urbain, la voiture est devenue un objet de fantasme.
    Dès le plus jeune âge, le mâle est initié par ses jouets, les médias et les jeux vidéos à utiliser la voiture comme instrument de puissance et de liberté.

    De surcroît, nombre de publicités dévalorisent même la femme déjà souffrante de l'image simpliste qu'on lui prête, en la comparant à l'automobile comme concurrente dans la quête de l'homme...

    Enfin, les concours promettent bien souvent le gain d'une ou plusieurs voitures dans des catégories peu responsables : 4x4, Sport Utility Vehicle, monospace...

    80 % des Français jugent que la voiture reste aujourd'hui un moyen de transport indispensable (IFOP ; 05/2011). Ce chiffre passe à 90 % pour les ruraux et les plus de 65 ans.
    Toutefois, la voiture fait de moins en moins rêver : 30 % des personnes interrogées estiment qu'elle est un outil de plaisir.

    La nature a une amie : la voiture

    Dans le même temps, on nous abreuve chaque jour d'annonces publicitaires où l'automobile évolue dans de magnifiques paysages vierges tout en préservant un environnement naturel idyllique. Mais ne nous y trompons pas : la plupart du temps le véhicule stagne dans les embouteillages et son conducteur ne profite guère de cette pseudo-liberté, ni l'environnement d'ailleurs.
    Et parce que la nature n'est rien sans ses attendrissants occupants, ce sont les animaux (représentés numériquement bien sûr) qui accompagnent avec bonheur et sérénité les automobiles dans les campagnes publicitaires. Ainsi, oiseaux, animaux sauvages, marins même (!) participent aux somptueux ballets qui font rêver les naïfs.
    Nul doute que les constructeurs se moquent ouvertement des graves problèmes engendrés par les automobiles et l'infrastructure routière (dégradation d'écosystèmes, accidents sur des animaux sauvages, imperméabilisation des sols, sans parler de l'impressionnante pollution marine conséquence des approvisionnements pétroliers, crises géopolitiques...). Et c'est en nous faisant croire le contraire (méthode classique en marketing) que les constructeurs automobiles veulent berner les citadins.

    Pour autant, il paraît que les constructeurs automobiles orientent leurs efforts technologiques en fonction des exigences prioritaires du consommateur qui seraient : le design, l'innovation et la robustesse... Le respect de l'environnement souffrant d'un désintérêt notable. C'est en tous cas ce qui ressort de sondages menés sur les salons dédiés à l'automobile où les visiteurs ont déjà une attirance claire pour la toute puissante voiture.

    Enfin, même lors d'événements tragiques comme la multiplication des inondations sur le territoire français, les médias tendent à s'apitoyer davantage sur le sort des automobiles que sur celui des personnes. En effet, les reportages télévisés se concentrent sur l'automobiliste indemne mais désemparé face au spectacle affligeant de sa voiture sous les eaux... Alors que les personnes (sans parler des animaux) passent parfois au second plan.

    Conclusion, l'automobile ou la fin du mythe ?

    Il est encore difficile de croire et de comprendre que l'automobile ait gagné une place si importante dans le coeur des citadins des pays développés vu ces quelques constats. Toutefois, n'oublions que l'automobile emploie directement et indirectement environ 50 millions de personnes dans le monde, selon l'OICA. La crise financière et économique internationale rappelle combien ce secteur est déterminant dans la santé économique de certains pays.
    Enfin, nul doute que des progrès seront faits pour pallier la pollution atmosphérique insupportable qui est générée, mais il ne s'agit pas seulement de cela mais surtout de faire évoluer les mentalités en responsabilisant les automobilistes toujours plus égoïstes, agressifs, capricieux et parfois pressés... de tuer.


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