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    Chine

    Chine par Dany Carn 
    Chine © Dany Carn

    On peut aujourd’hui aller de Paris à Pékin en 10 h d’avion. Si la Chine semble de moins en moins lointaine, son pouvoir d’attraction et son mystère demeurent. Depuis son ouverture économique commencée en 1992, la voilà devenue enfin accessible aux voyageurs et aux routards. Pour aller en Chine, un simple visa suffit. Aucun permis n’est plus nécessaire pour circuler dans les nombreuses provinces.
    Dès l’arrivée en Chine, c’est un choc. Se perdre dans la foule chinoise compacte, observer les visages si différents, apprendre quelques mots de cette belle langue, sentir les odeurs et entendre les bruits de la rue, goûter aux subtilités et aux saveurs multiples de la cuisine, vraiment, on est bel et bien dans un autre univers.
    Le voyage en Chine débute souvent par un séjour à Pékin, Shanghai ou Hong Kong. Il faut marcher de longues heures dans les avenues envahies par les automobiles et les bicyclettes pour mesurer la vitesse des changements aujourd’hui à l’œuvre dans ce pays. Partout, des villes-chantiers hérissées de grues et de tours modernes. Du Yunnan au Jiangsu, le vent du progrès technologique souffle aussi dans les campagnes. Voilà un pays de 1,3 milliard de citoyens qui veut rattraper le temps perdu, s’intégrer à l’économie mondiale sans pour autant vendre son âme au diable.

     

    Carte d'identité Chine

    Superficie : 9 596 961 km² (17,5 fois la taille de la France).
    Population : 1,35 milliard d'habitants (20 fois la population de la France) (estimation 2012).
    Capitale : Beijing (Pékin).
    Nature du régime : dictature démocratique populaire socialiste.
    Chef de l’État : Xi Jinping (depuis mars 2013).
    Premier ministre : Li Keqiang (depuis mars 2013).
    Langue : mandarin (putonghua, langue commune officielle), huit dialectes principaux avec leurs variantes.
    Ethnies : 56, avec chacune sa langue. Han (92 %), Zhuang, Hui, Uygur, Miao, Yi, Tibétains, Ouïgours...
    Monnaie : le yuan.
    Espérance de vie moyenne : 72 ans pour les hommes, 75 ans pour les femmes.
    Analphabétisme : 5 %.
    Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : Grotte de Mogao (1987) ; Grande Muraille (1987) ; mausolée du premier empereur Qin (1987) ; palais impériaux des dynasties Ming et Qing à Beijing et à Shenyang (1987, 2004) ; monts Huangshan (1990) ; région d'intérêt panoramique et historique de la vallée de Jiuzhaigou (1992) ; résidence de montagne et temples avoisinants à Chengde (1994) ; paysage panoramique du mont Emei, incluant le paysage panoramique du grand Bouddha de Leshan (1996) ; huit jardins classiques de Suzhou (1997, 2000) ; vieille ville de Lijiang (1997) ; vieille ville de Pingyao (1997) ; palais d'Été, Jardin impérial de Beijing (1998) ; temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing (1998) ; sculptures rupestres de Dazu (1999) ; mont Qingcheng (Qingcheng Shan) et système d'irrigation de Dujiangyan (2000) ; tombes impériales des dynasties Ming et Qing (2000, 2003, 2004 - uniquement à Beijing) ; grottes de Yungang (2001) ; aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan (2003) ; centre historique de Macao (2005) ; sanctuaires du grand panda du Sichuan (2006) ; Diaolou et villages de Kaiping (2007) ; Mont Wutai (Wutaishan ; 2009) ; Danxia de Chine (2010) ; Monuments historiques de Dengfeng au « centre du ciel et de la terre » (2010) ; paysage culture du lac de l'Ouest de Hangzhou (2011) ; le site de Xanadu (2012) ; site fossilifère de Chengjiang (2012). 

    Économie

    Le Petit Timonier, Deng Xiaoping, orchestre un passage en douceur du système collectiviste à un système plus libéral. En quelques années, la Chine va prendre en marche le train de la mondialisation, en s'ouvrant aux capitaux étrangers. 
    En 20 ans, l'économie socialiste bascule dans le capitalisme et le PIB par habitant quintuple.

    Une grande puissance... en puissance

    La Chine continue de battre ses propres records, si bien qu’elle est désormais la deuxième économie mondiale, même si sur le plan du PIB par habitant elle reste loin derrière les États-Unis et le Japon. C’est le premier producteur mondial de porcins, d’ovins, de caprins, de blé, de riz, de thé, de céréales, de fruits et de légumes, de charbon, de fer et d’étain, de coton, le deuxième de maïs et de café, et le cinquième de pétrole.

    Étrangers de tous les pays, investissez !

    Depuis la fin des années 1970, les entreprises étrangères sont encouragées à investir sur le sol chinois, avec l'ouverture de « zones économiques spéciales ». La Chine est devenue le pays qui attire le plus d’investissements étrangers.

    L’usine et le chantier du monde

    Mais comment fait donc la Chine pour conserver un taux de croissance si fort ? Plusieurs raisons à cela : un marché intérieur chinois énorme, des besoins matériels en augmentation, une demande colossale d’infrastructures (routes, autoroutes, ports, ponts, aéroports, villes nouvelles) et de biens de consommation, un régime économique de socialisme de marché qui encourage la libre entreprise (sous contrôle), le goût inné du Chinois pour le commerce, la passion pour les chiffres, l’amour de l’argent et du profit, le sens du travail bien fait, et surtout (pour les exportations) une main-d’œuvre abondante, sérieuse, très bon marché et pas vraiment protégée, socialement parlant
    - La Chine est un des plus grands chantiers de construction du monde : sur les 10 plus grandes fortunes de Chine, 8 sont des P.-D.G. de sociétés immobilières. Quand le bâtiment va, tout va !
    - La Chine est l’atelier du monde : au prix de la main-d’œuvre chinoise, quelle est l’entreprise qui n’est pas tentée de faire fabriquer ses produits en Chine ?
    - La Chine est une puissance financière : elle possède la plus grande réserve de devises au monde.

    Pente ascendante... glissante

    Le pays s’est modernisé et s’est enrichi, à défaut de se démocratiser. Cependant, depuis quelques années, la croissance s’est tassée aux alentours de 10 %, et, malgré un regain économique en 2007, cela ne suffit pas à absorber les nouveaux venus sur le marché du travail et les millions de licenciés des entreprises d’État. Un des effets les plus inquiétants du développement économique est l’accroissement des inégalités entre les régions pauvres de l’intérieur et les régions riches de la côte.
    La Chine reste donc un pays très pauvre.
    En dehors des contradictions sociales, il reste un gros morceau à avaler pour le régime : l’insertion de la Chine dans le commerce mondial. Autorisée à entrer dans l’OMC, la Chine a accepté d’abaisser progressivement ses barrières douanières : c’est la mort programmée de l’économie socialiste et l’avènement d’une économie libérale.

    Aujourd’hui

    La crise financière de 2008 a moins durement frappé la Chine que ses partenaires, renforçant encore son rôle dans l’économie mondiale. Un plan de relance a vu le jour à la fin de l’année 2008, provoquant une montée des prix de l’immobilier et une légère inflation. 2011 et 2012 ont été marquées par de nombreux mouvements sociaux.

    Droits de l'homme

    Par crainte d'une contagion des révolutions arabes sur le sol chinois, la répression politique s'est encore intensifiée en 2012. Éloignement, placement en résidence surveillée, arrestation de centaines de dissidents : le nettoyage a été soigneusement mené. Le contrôle sur Internet s'est également intensifié.
    Pourtant, certains observateurs espèrent - sans trop y croire - que les changements survenus à la tête du pays feront bouger les lignes au niveau politique. Le nouveau pouvoir s'est engagé à lutter plus efficacement contre la corruption. Les mouvements se sont multipliés pour protester contre la corruption des élites régionales.
    D'autres failles s'élargissent également sur le front social, et de nombreusesgrèves - également fortement réprimées - ont eu lieu.
    En dépit du contrôle, Internet constitue également un instrument de démocratisation de la contestation. Mais le régime demeure jusqu'à aujourd'hui totalement fermé à toute idée nouvelle. Le xinfang (pétition populaire), seul moyen de protestation toléré jusqu’alors, est de plus en plus marginalisé et soumis à un contrôle strict.
    Si des modifications ont abouti à un contrôle plus strict de l’application de la peine de mort, celle-ci y est toujours pratiquée de façon massive et des peines de laogai (camps de rééducation par le travail) continuent d'être prononcées.

    Enfin, dans le Xinjiang ou dans la région semi-autonome du Tibetla répression et la politique d’acculturation des minorités sont également toujours d’actualité.

    Arts martiaux

    La Chine est sans conteste le plus riche foyer d’arts martiaux du monde. Pratiqués pour la santé, pour l’autodéfense, pour le perfectionnement spirituel ou pour les trois à la fois, les arts martiaux chinois (wushu, en Occident kung-fu) sont considérés comme une partie intégrante de la culture chinoise. Martial, certes, mais art avant tout, le kung-fu doit conduire à l’amélioration du corps aussi bien que de l’esprit.
    D'abord l'apanage des guerriers, puis du peuple et des lettrés, les arts martiaux se sont enrichis et raffinés progressivement, pour aboutir à une variété de styles et de techniques pratiquement infinie. On distingue traditionnellement les styles externes, tournés vers la performance physique et le travail en force, et les styles internes, comme le tai-chi-chuan, qui visent au contrôle de l'énergie et au travail en souplesse.

    Beaux-arts

    La calligraphie

    La calligraphie (shufa) est considérée comme l’une des quatre disciplines artistiques majeures, avec la peinture, la poésie et la musique. D’origine pictographique, cette écriture est bien plus qu’un simple moyen de communication : c’est une peinture du sens, des idées, qui transcende le verbe. La valeur du signeest primordiale en Chine, et elle est intimement liée à la calligraphie.

    La peinture chinoise

    Art noble mais non majeur en Chine, la peinture traditionnelle est inséparable de la calligraphie, de l’art sigillaire (des sceaux) et de la poésie. Les tableaux chinois, sur soie ou sur papier, ne sont pas encadrés, mais déroulés entre deux cylindres de bois. La peinture traditionnelle, à l’eau, ne connaît pas la perspective ni les ombres portées, et la couleur, développée sous les Tang avec l’apport du bouddhisme, n’a qu’un rôle secondaire. Toute la force est dans le trait qui, comme en calligraphie, ne peut être ni retouché ni effacé.

    Musique chinoise

    La musique traditionnelle chinoise se divise en deux sortes : la musique populaire, folklorique, et la musique des lettrés, classique.

    Dans les villages, la musique populaire est jouée en orchestre, le plus souvent debout et en mouvement, pour rythmer les mariages, les enterrements, les semailles et autres inaugurations de commerces. Très riche en percussions, cette musique énergique emploie des gongs (luo), des tambours et tambourins (gu),ainsi que des sortes d’orgues à bouche polyphoniques en bambou (sheng). 
    La musique folklorique sert aussi à accompagner les fameuses danses du lion et du dragon. Les tambours sont alors frappés pour « réveiller le dragon du printemps » et le lion joué par deux danseurs doit attraper une salade avec sa bouche, le vert symbolisant le renouveau.

    Plus subtile, la musique des lettrés est à la fois d’une grande sobriété et d’un grand raffinement. On la joue presque toujours assis, avec un seul instrument à la fois. Les plus célèbres sont la cithare sur chevalet à 7 ou 13 cordes (guqin ouzheng) dont les cordes sont pincées. On joue aussi de la pipa, sorte de guitare à quatre cordes qu'on tient verticalement, et de la flûte en bambou

    et en jade.

     

    Géographie et climat Chine

    Géographie

    La Chine est grande : par le nombre d'habitants, l'immensité du territoire, la variété des climats et des ethnies, la profusion des reliefs et des cours d'eau. Avec près de 9 600 000 km² de terres, elle occupe le troisième rang mondial - derrière la Russie et le Canada. Elle représente un quart de la superficie de l'Asie.
    Son extrémité méridionale et son extrémité septentrionale sont distantes de 5 500 km, et il faut parcourir 5 300 km à vol d'oiseau pour rallier ses extrémités est et ouest, au Xinjiang et en Mandchourie.

    La topographie est marquée par une opposition entre l'Ouest et le Nord d'une part, formés de hautes terres continentales montagneuses, de déserts et de forêts, et l'Est et le Sud d'autre part, plus humides, parsemés de collines, de plaines fertiles et de cours d'eau. Les régions de culture se trouvent à l'est, au centre et au sud du pays, tandis que le Nord-Ouest et le Grand Ouest des déserts et des steppes sont occupés par les pâturages ou bien laissés inexploités. 
    Les deux tiers de l'espace chinois sont impropres à l'agriculture ou à la sylviculture, et les surfaces effectivement cultivées ne représentent que 10 % de la superficie totale, ce qui fait peu pour nourrir 1,3 milliard de bouches, d'autant que les terres exploitées tendent à perdre du terrain face aux zones urbanisées. Les rendements ont beaucoup progressé depuis 50 ans, mais la population aussi !

    Un relief en escalier

    C'est un pays montagneux : cinq sixièmes des terres sont à plus de 500 m d'altitude. On peut diviser le relief en trois paliers.
    - Le premier palier, « le toit du monde », est le plateau du Qinghai-Tibet, formé de hautes plaines et des chaînes de montagnes de 5 000 à 6 000 m d'altitude en moyenne. 
    - Le deuxième palier, à 1 500 m d’altitude moyenne, est formé par les plateaux de Mongolie intérieure, du Yunnan-Guizhou et le plateau du haut fleuve Jaune, ainsi que les bassins du Tarim et du Sichuan. 
    - Le troisième palier s’étend jusqu’à la mer, en déclinant collines ou montagnes peu élevées, avec la plaine du Nord, la plaine du cours moyen et bas du Yangzi, et toute la côte.

    Les grands fleuves

    Le Yangzi ou Yangtsé (Yang Tsé Kiang ou Yangzi jiang, « fleuve Bleu », ou Chang jiang, « long fleuve ») est le plus grand fleuve chinois et, avec une longueur totale de 6 300 km, le troisième au monde après l’Amazone et le Nil. Prenant ses sources sur le plateau du Qinghai-Tibet, il marque la frontière symbolique entre le nord, domaine du blé, du millet et du sorgho, et le sud, domaine du coton, de la soie et du riz. Son bassin est une des zones les plus peuplées de Chine. Navigable sur quelque 3 000 km, il passe au nord du Sichuan par les célèbres Trois gorges, avant de se jeter au nord de Shanghai.
    Le Huanghe (fleuve Jaune) est un emblème de la culture chinoise. Long de 5 464 km, il est appelé ainsi en raison du lœss qu’il charrie dans son cours moyen (jusqu’à 33 kg de sédiments par mètre cube d’eau !). Il traverse neuf provinces en s’asséchant progressivement, et n’arrive pas toujours à l’océan durant l’été. Respecté pour la fertilité de son limon, il est aussi craint pour ses élans dévastateurs, ayant changé de cours plusieurs fois. Il rompt régulièrement ses digues.

    Ces deux grands fleuves sont reliés par tout un réseau de voies artificielles, dont le fameux Grand Canal, reliant sur 1 782 km Pékin à Hangzhou, toujours utilisé pour acheminer des marchandises, même si le rail et la route lui ont récemment damé le pion.

    Climat

    L'immense territoire subit en effet l'influence de presque tous les climats (sauf le sibérien), du plus torride au plus glacial.

    Les meilleures saisons pour voyager en Chine sont l'automne (septembre et octobre) et le printemps (fin avril-début juin), périodes pendant lesquelles on peut porter des vêtements légers, avec une petite veste ou un sweat-shirt. C'est aussi les saisons où les lumières sont les plus belles. Exemple : à Pékin, en juillet, dans la journée, le ciel n'est jamais vraiment bleu, il est souvent voilé par des brumes de chaleur. En été (de juin à août), il faut mettre des vêtements très légers (sauf en altitude) ; en hiver (décembre-février), une tenue bien chaude (pas de chauffage dans le Sud), des gants et des bonnets dans le Nord. Un vêtement imperméable n'est jamais de trop pour le Sud, quelle que soit la saison.

    Dans l'ensemble, le Sud est chaud et humide, tandis que le Nord est plutôt sec et venteux, mais la plupart des régions de la « Chine des 18 provinces » se trouvent en zones tempérée ou subtropicale. L'amplitude thermique est importante en hiver dans tout le pays, mais elle se réduit franchement en été.

    - Les régions arides du Nord-Ouest (Mongolie intérieure et Xinjiang) subissent de grands écarts de température, avec des étés caniculaires et secs, parsemés de quelques orages violents, et des hivers froids et très secs.
    - Le plateau tibétain, avec une altitude moyenne de 4 000 m, connaît des hivers extrêmement froids et rigoureux, et des étés courts et relativement doux. Il reçoit un ensoleillement abondant toute l’année.
    Au nord-est, les étés sont brefs et frais, les hivers sont longs et rudes.
    - En descendant dans la grande plaine de Chine du Nord, où se trouve Pékin, le printemps et l’automne sont assez courts mais superbes. Vers la mi-avril, des vents de nord-ouest charrient des sables de Mongolie dans la plaine, ce sont les « tempêtes de sable jaune ».
    - Le long des régions côtières de l’est, le climat océanique, tiède et humide, domine, et les quatre saisons sont bien marquées.
    - Dans le centre agricole, le long du fleuve Yangzi, les étés sont toujours chauds et très pluvieux. C’est là que se trouve Wuhan, la première des « cinq fournaises de la Chine » .
    - Le climat de la Chine du Sud est de type subtropical, avec des hivers doux et humides, et des étés chauds et pluvieux.
    - L’extrême frange sud du Yunnan, du Guangxi et du Guangdong, et l’île de Hainan jouissent d’un climat tropical.
    - Mention d’excellence climatique pour le plateau du Yunnan, qui est encore la région la mieux lotie : non seulement il bénéficie d’une température agréable tout au long de l’année, mais c’est aussi là qu’on trouve la plus grande variété d’espèces animales et végétales.

    La mousson arrose toute la Chine orientale et centrale en remontant du sud au nord pendant la saison chaude.

    Environnement

    Hormis quelques zones sauvages bien préservées, la Chine est devenue l'un des pays les plus pollués du monde. La fulgurante croissance industrielle, le doublement de la population en 50 ans et une gestion désastreuse des ressources naturelles ont causé une dégradation massive - et irréversible - de l'environnement.
    L’Empire du Milieu abrite encore une grande variété d’animaux (environ 15 % des espèces connues dans le monde), et sur ses vastes espaces aux climats variés poussent 32 000 sortes de plantes et fleurs, et près de 3 000 essences d’arbres. Mais on compte aussi plus de 200 espèces animales menacées.
    Autre calamité, dans le domaine de la flore : la moitié des forêts a été abattue depuis 1950, et 93 % de celles qui restent sont menacées de pollution ou de destruction.
    Le pays a l'une des politiques environnementales les plus complètes du monde, mais il ne parvient pas à l'appliquer au niveau local

    Cuisine et boissons Chine

    Cuisine

    Une grande variété culinaire

    Deux repas quotidiens étalés sur une année n'épuiseront jamais toute la gamme de plats, de goûts, de saveurs et de consistances qu'offre ce royaume de gourmands. 
    Et le chien ? Mets d'hiver calorique et onéreux (consommé principalement dans le Sud, notamment dans la province du Guizhou). 
    On parle de quatre grandes traditions culinaires (Pékin, Canton, Guangzhou, Shanghai et le Sichuan), et l'on distingue la cuisine du Nord, à base de blé, de celle du Sud, où le riz prédomine. Traditionnellement, on dit que le Nord est salé, le Sud sucré, l’Est plutôt aigre et l’Ouest épicé.

    Promenade gastronomique

    À Pékin et dans toute la région du fleuve Jaune, la présence dominante du blé se retrouve sous forme de galettes (bing), crêpes fourrées, beignets, petits pains fourrés (baozi), raviolis (jiaozi ou hundun), bouchées (xiaolongbao), nouilles et pâtes. On aime à les accompagner d'un vinaigre local qui rappelle le vinaigre balsamique ou de sauce soja.

    Au Sichuan, le climat, très lourd l'été, induit les saveurs fortes et épicées (piment, poivre, gingembre). Le piment est parfois simplement mélangé aux céréales, à l'image des lawanmian, nouilles de riz parfumées d'une pâte de fèves fermentée. Goûter aussi la fondue locale agrémentée de fromage de soja (doufu), les légumes saumurés (type pickles anglais), la purée de sésame et le canard fumé aux feuilles de thé et au bois de camphrier.

    À Shanghai et dans la région du Bas-Yangzi, la proximité de la mer fait la part belle aux fruits de mer : crabes, crevettes, coquillages, crustacés, carpes fumées, poisson mandarin, anguilles... Les locaux apprécient aussi beaucoup les légumes, pousses de bambou, germes de soja, racines de lotus coupées en rondelles, champignons de culture (parfumés) ou sauvage (noirs), choux (cai), courges (gua) ou des spécialités régionales comme le jambonneau de Zhouzhuang et les guojie, raviolis sautés.
    Dans la région du Shanxi, les nouilles se consomment sous toutes les formes : étirées, pelées, coupées, pincées ou rabotées, certaines sont appelées « oreilles de chat » ou encore « petits poissons ». Elles sont généralement servies avec un jus de viande mélangé à de l’œuf ou à une sauce dite « aux trois fraîcheurs », à base de poulet, de crevettes et de sèche.
    Sur le marché de Xingping, pas de tabous alimentaires : ragondins, renards, serpents, hérissons, cerfs, grenouilles, moineaux... et même des crocodiles !
    Au Yunnan enfin, n’hésitez pas à goûter les « nouilles par-dessus le pont » (guoqiao mixian), soupe de poulet bouillante dans laquelle on fait cuire soi-même de la viande crue, des légumes et des nouilles de riz. Autre spécialité connue pour ses vertus médicinales : le poulet aux herbes et à la vapeur (qiguoji),

    Quelques plats à découvrir

    La fondue chinoise (huoguo) : plat d'hiver aussi appelé marmite mongole, la fondue permet de manger légumes et viandes en toute sécurité grâce à l'action de l'eau bouillante. La fondue classique est un assortiment de viande, poisson, spaghettis (de riz, soja ou haricot), salade, herbes, fromage de soja, pousses de bambou, etc. 
    - Les œufs de « cent ans » (pidan) : œufs de cane conservés pendant 100 jours dans un mélange d'argile, de paille hachée et de chaux vive. Après ce laps de temps, le jaune et le blanc se mêlent et prennent une teinte verdâtre translucide.  

    Magie des petits déjeuners

    Parmi les classiques, noter le bol de lait de soja agrémenté de son beignet huileux type chourro (doujiang youchao), les nouilles de blé (mian) ou de riz (fen), accompagnées de viande, légumes, œuf, ciboule, piment... À découvrir aussi, le festival de petits pains sucrés fourrés au sésame, cacahuètes, pâte de haricot rouge, de coco, ou salés à la viande et/ou aux légumes. S'y ajoutent mille et une galettes, gâteaux, beignets.

    Un grand moment : la soupe de boulettes de riz glutineux fourrées (jianjiu jidan) servie dans un jus de riz fermenté mêlé d'œuf. 
    Un incontournable : le zhou, bouillie de riz du matin, fade mais nutritive, que l'on mange relevée de fromage de soja fermenté, de viandes et poissons séchés et autres légumes salés et vinaigrés.

    Boissons

    L'eau

    ATTENTION, l'eau n'est pas potable en Chine
    Garder vos pastilles de Micropur ou d'Hydrochlonazone pour d'éventuels treks, car on peut se procurer facilement de petites bouteilles d’eau minérale. 
    De plus, les hôtels mettent toujours à votre disposition une Thermos d'eau bouillie,kai shui (prononcer « quaille choueille ») dans les chambres. Les Chinois boivent rarement de l'eau plate, mais beaucoup apprécient une tasse d'eau chaude.

    Le thé

    La boisson chinoise par excellence.
    Les Chinois boivent principalement du thé vert (lücha). Plus léger que le thé noir et réputé plus sain, celui-ci n’est pas fermenté mais simplement déshydraté (80 % d’eau dans la feuille), puis torréfié. Quelques grands crus sont le maojian (Hunan ou Guizhou), le biluochun (Suzhou), le longjing (Hangzhou) et le maofeng(monts Huangshan).
    En ce qui concerne le thé noir (fermenté) appelé localement thé rouge (hong cha), son goût est plus prononcé et plus chargé en théine, d’où son succès auprès des Occidentaux. Vous le trouverez souvent amalgamé en gâteau ou en brique. 
    On trouve aussi une gamme intermédiaire de thés semi-fermentés (wulong cha), dont un bon représentant est le thé guangyin.
    Enfin, il faut citer les nombreux thés parfumés (chrysanthème, osmanthus et le thé au jasmin), des thés plus rares comme le thé blanc (très jeunes feuilles de thé vert recouvertes de duvet encore à l'état de bourgeon), ou le thé jaune dont les maîtres gardent jalousement la recette.

    La bière

    La bière, pijiu (prononcer « pitio-ou ») est également une boisson particulièrement affectionnée par les Chinois. Extrêmement bon marché, la bière se décline en des centaines de marques dont la fameuse Qingdao (ou Tsingao), importée par des brasseurs allemands à la fin du XIXe siècle au Shandong (ancienne concession), ou la Liquan appréciée dans tout le Sud. 
    Généralement peu alcoolisée, la bière existe en bouteilles en verre (grandes ou petites) ou en canettes (souvent l'apanage des bières importées).
    Depuis peu, on note également l'apparition de la bière pression (zhapi), très à la mode dans les bars de Pékin ou Shanghai.

    Le vin

    Le vin, hongputaojiu (prononcer « rongue poutao tio-ou ») ne fait pas partie de la culture traditionnelle chinoise, qui lui préfère les alcools forts (jiu). De ce fait, très souvent, les productions locales déçoivent les palais exercés. Vin sucré évoquant plus un vin cuit (type porto), le vin rouge chinois reste donc un produit à part.
    Mais depuis une quinzaine d'années, la Chine a fait des progrès considérables. 
    Si les meilleurs crus sont souvent issus de collaborations avec l'Occident, on commence à trouver quelques petits vins locaux tout à fait honnêtes. 
    Quant aux vins d’importation, ils sont de plus en plus présents dans les restaurants un peu chic et occidentalisés. Leurs prix varient selon leur provenance : un vin d’Australie ou du Chili est moins cher qu’un vin français.

    Les alcools

    Férus d'alcools forts (jiu), les Chinois n'hésitent pas à clore un bon gueuleton en vidant une pleine bouteille d'une eau-de-vie quelconque. Parmi les meilleurs alcools, le Maotai (53°) est de tous les banquets. 
    Dans la région de Maotai, on fabrique également le Xishui, très parfumé et à base de sorgho, et le vin de Dongjiu , mélange de sorgho, de blé et de plantes médicinales chinoises. 
    Citons aussi le Daqu (55°) du Guangxi, célèbre alcool de sorgho, et le Wuliangyedu Sichuan, alcool de cinq céréales (millet, sorgho, riz, maïs et une graminée non comestible qui pousse dans les rizières). 
    Si vous n'appréciez que modérément les alcools forts, essayez plutôt les vins de riz, dont le vin de riz glutineux (nuomijiu). La plupart se dégustent légèrement chauffés.


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