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    Alsace

    par GUIDE DU ROUTARD

    Alsace par Nicolas Dürr
    Alsace © Nicolas Dürr

    Dans le Bas-Rhin, on trouve d’abord Strasbourg, la capitale régionale, ville grande ouverte sur l’Europe, à commencer par l’Allemagne voisine. Il suffit de passer le pont pour découvrir la future communauté urbaine qui intègrera un jour prochain les deux rives. Autour, les premiers villages d’opérette et, au sud-ouest, le Kochersberg. Au sud, le Ried, réserve naturelle humide, se battant contre la tyrannie montante du maïs.
    À Marlenheim, sur les contreforts des Vosges, débutent les premiers villages de la lumineuse route des Vins. Nichés dans des vallons au climat privilégié, vignobles opportunément placés sur les pentes les plus ensoleillées, ils prennent le soir des teintes or.
    Au nord du Bas-Rhin s’étendent les vieux pays : Alsace Bossue, Outre-Forêt, pays de Hanau. Pour les mettre d’accord, une seule entité désormais : le parc naturel régional des Vosges qui leur permet de se partager le titre prestigieux accordé par l’Unesco de... Réserve mondiale de la biosphère. De cols, il en est question dans la vallée de Villé et la vallée de la Bruche, dans les Vosges moyennes, une Alsace très différente.

    Le Haut-Rhin, département du sud de l’Alsace, est le plus en amont du fleuve. On y trouve tout ce qui fait l’identité alsacienne, à commencer par Colmar, la plus alsacienne des villes d’Alsace, célèbre pour sa « Petite Venise ».
    De Colmar, on ira flâner sur la route des Vins d’Alsace. De Saint-Hippolyte, au nord, jusqu’à Thann, au sud des Vosges, on découvre une succession de villages fortifiés et colorés, hors du temps.
    Ces « petites villes » d’Alsace aux allures de contes de fées sont éparpillées au pied des douces collines vosgiennes. Les Vosges montent la garde, dans un arrière-pays couvert de sapins, hérissé de ruines de châteaux forts perchés sur des nids d’aigle et dominant la plaine du Rhin.
    De belles vallées s’enfoncent dans ces montagnes : celle de Munster, célèbre pour son fromage et ses fermes-auberges d’altitude, la vallée de la Lauch où se cache l’abbaye de Murbach, la vallée de la Thur et celle de la Doller.
    L’extrême sud du Haut-Rhin, et de l’Alsace, nous mène dans le Sundgau et son proche voisin, le Jura alsacien. Pas de vignes, moins de touristes, des décors sauvages où alternent collines et vallons verdoyants. Facette différente de la traditionnelle Alsace que l’on connaît.

    L'identité alsacienne

    Le choix de Strasbourg comme siège du Conseil de l’Europe fut une réponse très attendue aux Alsaciens troublés dans leur identité. L’Europe a su restaurer la vraie vocation de ce carrefour rhénan, que le dernier siècle avait confiné dans un rôle de garde-frontière.
    C’est sûr, l’identité alsacienne s’est un peu résorbée dans le creuset français. Mais cette identité demeure la signature d’un pays qui n’a cessé d’être ballotté par l’histoire. La région a connu 3 guerres en l’espace de 75 ans, et autant de changements de nationalités.
    Quant à l’Allemand, il retrouve ici, dans une décontraction quasi méridionale, les villages-bijoux, les vieux pignons et les cathédrales... L’Alsacien le reçoit jovialement dans la langue de Goethe, mais peste s’il établit sa résidence secondaire dans les Vosges. Ce qui n’empêche pas cependant le Strasbourgeois de faire ses emplettes à Kehl, la ville badoise d’en face.
    Les relations transfrontalières ne se limitent pas aux emplettes : des écoles franco-allemandes ont été ouvertes, les échanges universitaires se multiplient, la chaîne Arte, bilingue, concrétise le rapprochement des deux pays, et bien d’autres initiatives naissent dans les domaines culturels, économiques et artistiques.
    Dans les Vosges, l’Alsacien s’est contenté d’inventer l’écologie : il arpente ses forêts en randonneur volontariste, un peu comme outre-Rhin.
    L’Alsacien ne prétend pas rivaliser en exubérance avec les autres Français. Son registre est plus protestant : le travail amoureusement fait, la cohésion sociale, l’honnêteté...
    Dans cette Alsace du Sud qui jouxte la Suisse, l’essor de la grande industrie protestante remonte très loin, et ses dynasties - les De Dietrich, les Schlumberger - continuent de briller dans le capitalisme hexagonal.
    L’autre secret de l’Alsace, c’est sa convivialité. Facteur de conformisme, le sentiment de la communauté est aussi source de vie. La table est l’un de ses domaines de prédilection. En Alsace, les amis se réunissent toujours dans des Winstub ou Wistub (caves à vins) qui jouent un peu le rôle de clubs. Voyez encore les innombrables chorales, associations, troupes de théâtre, ainsi que la vivacité de la vie religieuse et des fêtes

    traditionnelles.

    Jours fériés

    Attention : en Alsace, le Vendredi saint et le 26 décembre (Saint-Étienne) sont des jours fériés du fait du droit local. Tout est évidemment fermé... Mais en général, les 24 et 25 décembre, de nombreux commerces le sont également.
    Un autre particularisme local : les boulangers des deux départements ne fabriquent pas de pain le dimanche (à de rares exceptions près, notamment en saison touristique).

    Langues régionales

    En Alsace, l'alsacien est toujours très populaire. Il compterait 600 000 locuteurs sur une population de 1,8 million habitants. Ce dialecte ayant permis la diffusion de la littérature a la carrure d'une langue. Issues des parlers francs et alamans, les variantes dialectales alsaciennes cousinent avec les dialectes parlés en Palatinat, Hesse, Bade-Wurtemberg, et le suisse alémanique.
    Si Louis XIV s'en accommoda, les Jacobins - centralisme oblige - l'ont combattu. Napoléon s'en fichait : « Qu'importe s'ils parlent l'allemand, disait-il de ses généraux, pourvu qu'ils sabrent à la française. » Les Alsaciens se réjouiront-ils, après 1870, des retrouvailles avec l'allemand ? Non, ils se démarquent en revigorant le dialecte. La nazification tentera la table rase. On proscrit notamment les prénoms français.
    En 1945, retour de bâton. Comme pour se faire « pardonner », certains Alsaciens délaissent ce dialecte. La TV et les journaux aplanissent.

    C'est donc un miracle qu'on le parle encore. La langue alsacienne a résisté aux pressions du pouvoir central. Non seulement les personnes de plus de 30 ans, mais aussi beaucoup d'enfants se révèlent dialectophones. L'alsacien reste la langue maternelle d'un grand nombre d'Alsaciens, d'où le fait qu'il soit si couramment parlé. Même si la langue usuelle est davantage le français, l'alsacien reste très présent à la fois dans la sphère privée et dans la sphère publique, de façon encore plus marquée à la campagne.
    Que l'Alsace ait été allemande ou française, le dialecte a toujours été la principale langue des Alsaciens et a toujours véhiculé une affectivité.
    Et demain ? Après tout, les langues mortes ne manquent pas en Alsace : le manouche, le judéo-alsacien... Le welche, cet idiome roman parlé dans plusieurs régions vosgiennes d'Alsace, est, lui, en voie de disparition. On le disait aussi ancien que le français.
    Aujourd'hui, le dialecte alsacien est différent selon qu'on le parle dans le Bas-Rhin ou dans le Haut-Rhin. Vous l'aurez compris, l'alsacien n'est nullement une langue morte, mais au contraire bien vivante !

    Religions

    L'Alsace est un pays de petits saint et plutôt confit en dévotions. En gros, les protestants sont au nord, les catholiques au sud. Et, parmi eux, les églises œcuméniques. Ceux qui sont au milieu font comme ils peuvent... On cite Sainte-Marie-aux-Mines, pour moitié catholique et francophone, pour l'autre protestante et alsacophone. Mais chaque village dispose ses quartiers par religion.
    Selon les valses de l'histoire, chacun a reçu des coups. Pour la guerre de Trente Ans, Suédois et Habsbourg se sont réparti les rôles. Mais, sauf frénésie persécutrice, les chamailleries n'allaient pas loin. Longtemps, chaque communauté assista aux célébrations de l'autre.
    Le Concordat est conclu en 1801 entre Napoléon et Pie VII : les prélats sont rétribués par l'État. La France l'a supprimé en 1905, lors de la séparation de l'Église et de l'État. Mais comme l'Alsace, à l'époque, était aux mains des vilains Allemands, le Concordat y est resté... Curés, pasteurs et rabbins sont donc rémunérés par l'État. Idem pour le financement de leurs lieux de culte, sauf ceux bâtis après 1919 - c'est-à-dire sous le « régime français » -, et qui sont en fait nombreux...
    Villes et villages continuent de séparer quartiers catholiques et protestants. La bonne société de Strasbourg et de Mulhouse reste protestante, celle de Colmar catholique...

    Noël en Alsace

    - Le sapin de Noël : le sapin de Noël naquit un jour en Alsace. Il y eut même, auparavant, les « jeux de paradis », genre de mystères joués devant les églises la veille de Noël. Le sapin avec des pommes accrochées aux branches figurait le pommier, l'arbre de la création. Quand les mystères cessèrent, le sapin ainsi décoré fut adopté dans les salles de réunion des corporations, se métamorphosant du coup en arbre de Noël. Aux pommes vinrent s'ajouter des hosties, symboles de la naissance du Christ, puis des friandises, des fleurs de papier, etc.
    Progressivement, l'arbre de Noël entra dans la tradition familiale. Des gâteaux (bredele) remplacèrent les hosties. Le sapin de Noël s'exporta en Allemagne et en Scandinavie, puis en France. De nombreux Alsaciens, fuyant l'annexion, le popularisèrent dans l'Hexagone. Puis, il gagna l'Angleterre, le Nouveau Monde...

    - Rituels et marchés de Noël : dès fin novembre apparaît la couronne de l'Avent, fabriquée avec des branches de sapin, de houx, de laurier, entremêlées de rubans. Dessus, quatre bougies, dont une qu'on allumera chaque dimanche. Chaque matin du 1er au 24 décembre, les enfants ouvrent une petite fenêtre de leur calendrier de l'Avent. Une petite image apparaît, parfois un petit chocolat.
    Mais c'est le marché de Noël qui symbolise le mieux la tradition en Alsace. Il existe depuis 500 ans et on en trouve plus d'une cinquantaine aujourd'hui. C'est une orgie de lumière, d'animation, de couleurs scintillantes, d'effluves chauds et odorants. On vient y faire emplette de son sapin, de guirlandes, friandises, pains d'épice, gâteaux de Noël, crèches et santons, jouets en bois.

    - Le personnage du Christkindel : la mythologie de Noël en Alsace compte, outre le bon saint Nicolas (patron des écoliers, entre autres) et le méchant Hans Trapp (père fouettard), un troisième personnage : le Christkindel ou l'Enfant Jésus. Son origine est à chercher dans la Réforme protestante qui, à la fin du XVIe siècle, « boycotta » la fête de Saint-Nicolas dont les cortèges étaient jugés trop païens.
    Nicolas fut remplacé par le Christkindel, qui devait rappeler ce don de Dieu fait aux hommes : la naissance du Christ. La tradition voulait que, le soir de Noël, les enfants attendent la venue du Christkindel qui, pour fêter son arrivée sur terre, leur distribuait des cadeaux.
    C'est sous la forme d'une gracieuse jeune fille vêtue d'une robe blanche (référence à la sainte Lucie des pays scandinaves) que le Christkindel se chargeait de cette mission. Il était accompagné du Père Fouettard qui punissait les enfants désobéissants. Cette tradition disparut progressivement et avec elle le personnage du Christkindel.

    Itinéraires conseillés Alsace

    Bas-Rhin

    Strasbourg

    Voir les itinéraires conseillés à Strasbourg.

    La route des Vins d'Alsace

    • Molsheim : la Metzig, le musée de la Chartreuse et la fondation Bugatti
    • Rosheim : l'église romane Saints-Pierre-et-Paul
    • Obernai
    • Otttrott : l'aquarium d'Ottrott-Les Naïades
    • Le mont Sainte-Odile : l'abbaye, le mur païen
    • Andlau : l'abbatiale
    • Le château du Haut-Kœnigsbourg

    Sélestat et le Grand Ried d'Alsace

    • Sélestat : l'église Saint-Georges, l'église Sainte-Foy, la bibliothèque humaniste
    • Erstein : le musée Würth

    Les vallées vosgiennes

    • La vallée de Villé 
    • Le Hohwald
    • La vallée de la Bruche
    • Le Ban-de-la-Roche
    • Le camp du Struthof

    La route des Vosges du Nord

    • Marmoutier : l'église abbatiale, le musée du Patrimoine et du Judaïsme alsaciens
    • L'Alsace Bossue
    • Le Parc naturel régional des Vosges du Nord

    La route des châteaux forts

    • Le château de Lichtenberg

    De l'Outre-Forêt au Kochersberg

    • La Maison rurale de l'Outre-Forêt  à Kutzenhausen
    • Seebach
    • Haguenau : le Musée historique

    Haut-Rhin

    Colmar

    • Le musée d'Unterlinden
    • La vieille ville
    • La Petite Venise

    La route des Vins d'Alsace (suite et fin)

    De Colmar à Saint-Hippolyte

    • Le château du Haut-Kœnigsbourg
    • Bergheim : les maisons anciennes, la maison des Sorcières, les anciennes fortifications
    • Ribeauvillé
    • Hunawihr
    • Riquewihr
      • Le sentier viticole des grands crus
    • Kayserberg
    • Turckheim

    De Colmar à Guebwiller

    • Eguisheim
    • Gueberschwihr 
    • Rouffach

    Dans la montagne vosgienne

    • Dans le val d'Argent : Sainte-Marie-aux-Mines
    • Orbey
    • La route des Crêtes
    • Munster
    • Guebwiller
    • Soultz
    • Thann : la collégiale Saint-Thiébaud, les ruines du château de l'Engelbourg
      • Le parc de Wesserling - Musée textile

    Le sud de l'Alsace

    • Mulhouse : la Cité de l'automobile, la Cité du train, la vieille ville, le Nouveau Quartier
      • L'écomusée d'Alsace
    • Dans les environs de Ferrette : le musée des Amoureux et du Patrimoine sundgauvien à Werentzhouse

    Dans la plaine d'Alsace

    • Neuf-Brisach

    L'Alsace, du Haut-Koenigsbourg à Colmar

    La route des Vins d'Alsace ? Un long ruban de vigne au pied des Vosges, 170 km jalonnés de villages pittoresques. Si le moindre d'entre eux offre un résumé du vignoble, le tronçon central, autour de Colmar, est le plus visité. Partout, des portes tours et des remparts, reflets d'une ancienne puissance liée au vin ; d'opulentes maisons aux colombages soulignés par le rouge des géraniums. Sur les hauteurs, des forteresses. Enseignes, fontaines, winstubs chaleureux, les vignerons alsaciens aiment leur village qu'ils entretiennent avec soin, et savent recevoir. Dans ce pays de petites propriétés familiales, les producteurs sont souvent enracinés sur leurs terres depuis des siècles.

    De nombreux domaines vous feront découvrir, à côté de quelques rouges de pinot noir, des vins majoritairement blancs, secs, effervescents ou moelleux, qui portent le nom du cépage dont ils sont issus. Une route que l'on peut aussi découvrir l'hiver, en décembre, au moment des marchés de Noël.

    Étapes

    • Haut-Koenigsbourg (Orschwiller)
    • Ribeauvillé
    • Riquewihr
    • Kientzheim
    • Kaysersberg
    • Turckheim
    • Colmar

    Cet itinéraire a été réalisé par le Guide Hachette des vins.

     

     


  • Commentaires

    1
    rezedada
    Mardi 7 Janvier 2014 à 16:46
    Merci Jean, de décrire ma région, l'as-tu visitée ? Nous avons des endroits superbes. J' habite non loin du Haut Koenigsbourg, dans une vallée qui regroupe de nombreux villages. amicalement Rezedada
      • Jean tartre Profil de Jean tartre
        Mardi 7 Janvier 2014 à 18:49
        oui je suis deja allez dans votre région magnifique Koenigsbourg est un joli village !et nous aimons aussi beaucoup Strasbourg !JEAN et CAstagnette
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