• Canada

    Canada par Jean Buet
    Canada © Jean Buet

    La mythologie du Grand Nord a encore de beaux jours devant elle. Forêts à l’infini, chiens de traîneau, lacs par milliers, igloos, saumons remontant les cours d’eau, baleines et ours, castors, bûcherons et hydravions... Cette imagerie stéréotypée (mais vraie) du Canada n’a jamais été autant ancrée qu’aujourd’hui dans les esprits européens...
    Car s'il y a belle lurette que les routards ont découvert le Canada, il y a moins longtemps qu’ils arpentent cet autre « Far West » où se dresse, immuable, la barrière enneigée des montagnes Rocheuses. Les sapins tapissent les paysages jusqu’aux confins du Grand Nord, où brille l’été un soleil qui semble refuser de se coucher. Au Canada, l’homme s’incline devant la nature : il a appris à s’accommoder de ses ardeurs pour mieux en apprécier la beauté farouche qui subjugue par son immensité.
    Au Canada, pendant l’hiver, la neige en pagaille revêt tout le pays d’un blanc ouaté : on y skie à en perdre haleine. Vient le printemps, dont la douceur ranime les forêts. Le vert de la chlorophylle infuse les paysages, annonçant les tapis de fleurs de l’été, en montagne. Sur le littoral, les orques reviennent, naviguant à touche-touche avec les kayaks, tandis que les baleines croisent vers l'Alaska. À l’automne, enfin, érables et bouleaux enflamment les collines de leur palette incandescente.
    Sur les traces des pionniers dans les ranchs de l’Alberta ou dans les parcs nationaux des Rocheuses, la rencontre avec le Grand Ouest sera à la hauteur de vos espérances.

    Avant le départ Canada

    Adresses utiles

    En France

    - Site officiel du tourisme au Canada.
    - Ambassade du Canada : 35, avenue Montaigne, 75008 Paris. M. : Franklin-D. Roosevelt ou Alma-Marceau. Tél. : 01-44-43-29-00. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.
    Pour tout ce qui concerne les visas, les bureaux sont situés au 37, avenue Montaigne, 75008 Paris. Tél. :  01-44-43-29-02. Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 10h30.
    Messagerie vocale automatisée (infos sur les visas) : tél. : 01-44-43-29-16.
    - Antennes consulaires à Lille (tél. : 03-20-14-05-78), Lyon (tél. : 04-72-77-64-07), Nice (tél. : 04-93-92-93-22) et Toulouse (tél. : 05-61-52-19-06).
    - Centre culturel canadien : 5, rue de Constantine, 75007 Paris. M. ou RER C : Invalides. Tél. : 01-44-43-21-90. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 18h (19h le jeudi). Galerie d'art et centre de documentation. Événements culturels variés : musique, poésie, théâtre, cinéma, etc.

    En Belgique

    - Ambassade du Canada : avenue de Tervuren, 2, Bruxelles 1040. Tél. : 02-741-06-11. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h. Section consulaire de 9h à 12h ou sur rendez-vous.

    En Suisse

    - Ambassade du Canada : Kirchenfelstrasse, 88, 3005 Berne. Tél. : 031-357-32-00. Ouvert du lundi au jeudi de 8h à 12h et de 13h à 17h, et le vendredi de 8h à 13h. Section consulaire ouverte du lundi au jeudi de 13h à 16h, et le vendredi de 9h à 12h30.

    Formalités d'entrée et de sortie

    - Passeport individuel en cours de validité pour tous, y compris les enfants. Toutefois, les enfants jusqu’à 14 ans déjà inscrits sur le passeport des parents - uniquement si celui-ci a été délivré avant le 12 juin 2006 - n’ont pas besoin de passeport individuel.
    Un billet de retour ou de continuation sera également exigé, ainsi que des preuves de solvabilité (carte de paiement, chèques de voyage...).
    Avant le départ, on vous conseille de vérifier ces formalités (notamment pour les enfants voyageant avec un seul de leurs parents) sur le site de l'ambassade du Canada.
    Attention, si vous vous rendez aux États-Unis depuis le Canada, les formalités d'entrée sont plus strictes : consultez impérativement le site de l'ambassade des États-Unis avant votre voyage.
    - Pas de vaccination obligatoire.
    - Interdiction d'importer des denrées périssables non stérilisées (charcuterie, fromage, biscuits...) ou des végétaux. Seules les conserves sont tolérées. Une bouteille d'alcool par personne est autorisée.

    Et si, à la dernière minute, vous décidez d'acheter un flacon de sirop d'érable à l'aéroport, faites-le dans la zone d'embarquement (duty-free), et pas avant. Si vous rapportez une bouteille d'un vignoble, il faudra obligatoirement la passer en soute...

    - Exemptions de taxes : voici les quantités maximales que vous pouvez importer dans le pays sans avoir à les déclarer à la douane : 200 cigarettes, 50 cigares, 200 g de tabac, 1,5 litre de vin ou 1,1 litre de spiritueux, parfum en quantité raisonnable.

    Carte internationale d’étudiant (ISIC)

    La carte ISIC prouve le statut d’étudiant dans le monde entier et permet de bénéficier de tous les avantages, services, réductions étudiants du monde dans les domaines du transport, de l’hébergement, de la culture, des loisirs, du shopping...
    La carte ISIC permet aussi d’accéder à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d’avion spécial étudiants, hôtels et auberges de jeunesse, assurances, cartes SIM internationales, location de voiture...).

    Carte d'adhésion internationale
    aux auberges de jeunesse (FUAJ)

    La carte FUAJ, valable dans plus de 90 pays, vous ouvre les portes des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier.
    La carte est souvent obligatoire pour séjourner en auberge de jeunesse, nous vous conseillons donc de vous la procurer avant votre départ. Adhérer en France vous reviendra moins cher qu'à l'étranger.

    Argent Canada

    Argent, banques, change

    Le dollar canadien ne vaut pas tout à fait la même chose que le dollar américain. Il est divisé en cent cents et valait, courant 2012, environ 0,80 €.

    - Pour les grosses dépenses (hôtels, restos, essence, etc.), le plus pratique est de régler avec une carte de paiement (possible quasiment partout au Canada), malgré la commission prélevée à chaque opération par votre banque. En effet, le montant d'argent retirable au distributeur étant limité (vérifier avant de partir), si vous payez tout en liquide, vous risquez de vous trouver sur la paille au mauvais moment.

    - Distributeurs automatiques de billets (ATM, pour automatic teller machine) : c'est le moyen le plus simple d'obtenir des espèces et à un meilleur taux qu'auprès des bureaux de change malgré les frais retenus par votre banque à chaque retrait. Préférer les ATM des banques à leurs confrères installés dans des magasins, hôtels ou stations-service, dont la commission locale fixe est plus élevée (environ 2-3 $). Afin de réduire la part fixe de ces commissions, il vaut mieux retirer de grosses sommes plutôt que de multiplier les opérations.

    - Bureaux de change : vous en trouverez dans les grands centres urbains et les villes touristiques, parfois même sous forme de machines, mais rarement dans les Grandes Plaines ou à la campagne, évidemment. Attention au taux parfois mentionné de manière trompeuse (confusion volontairement entretenue entre les opérations d'achat et de vente) et aux commissions (2-5 $), que les meilleurs changeurs n'appliquent pas. Si vous avez un doute, demandez combien vous obtiendrez pour la somme de 100 €, le calcul est alors facile.

    Important : les prix affichés ne correspondent presque jamais aux prix réels. Selon les provinces, mais il faudra y ajouter 5 à 15 % de taxe ainsi que, dans les restos, le service (15 à 20 %).

    Budget

    Pour le voyageur, le coût de la vie au Canada est peu ou prou comparable à celui de la France, voire un peu plus élevé dans les provinces anglophones.
    Seule exception : l'essence, presque 50 % moins chère que dans l'Hexagone.
    Les prix indiqués s'entendent sans taxes.

    Hébergement

    Les fourchettes de prix suivantes sont celles de la haute saison touristique. Celle-ci correspond à l'été, sauf dans les stations de ski où, bien sûr, c'est en hiver que les prix grimpent.

    - Bon marché : jusqu'à 50 $Ca la nuit par personne (en dortoir ou en chambre double dans les auberges).
    - Prix moyen : de 80 à 150 $Ca la nuit pour 2 en chambre privée (hôtel, motel ou B & B).
    - Plus chic : de 150 à 250 $Ca pour 2. Hôtels de catégorie supérieure et B & B de charme.

    Repas

    Outre les taxes (5 à 10 % dans la restauration), il faut ajouter le pourboire (tip ou gratuity), obligatoire, de 15 à 20 %. Au bout du compte, c'est 25-30 % en plus des prix affichés aux menus qu'il faut prévoir : un plat à 20 $ à la carte revient en fait à 25-26 $ !

    Les prix ci-dessous correspondent à un repas constitué d'un simple plat, celui-ci étant généralement assez copieux pour pouvoir se passer d'autre chose.
    - Bon marché : moins de 15 $Ca).
    - Prix moyens : de 15 à 25 $Ca.
    - Plus chic : plus de 25 $Ca.


    Musées et parcs nationaux

    - Pour les musées et autres sites, compter 5-20 $.
    - Le droit d'accès aux parcs nationaux est de 8-10 $ par personne et à partir de 20 $/groupe de 3 personnes. Il est valable jusqu'au lendemain de l'achat à 16h et... pour tous les parcs nationaux. Ainsi, vous pouvez envisager de faire tel parc le matin et un autre le lendemain avec le même billet. À étudier dans le cas des Rocheuses !
    Autre bon plan potentiel, le pass 1 an qui coûte environ 68 $ par personne et 137 $ pour les familles. Il s'avère qu'il devient intéressant dès 9 jours pour 1 individu et 7 jours pour un groupe de 3 personnes.

    Taxes et pourboires (Tips)

    Les prix affichés ne sont pas ceux que vous paierez réellement. Dans les hôtels et les commerces, le client doit payer en plus une ou plusieurs taxes, dont la TPS (taxe sur les produits et services, GST en anglais). En tout, généralement 10 % de plus que les prix indiqués.
    Dans les restos, les taxes en vigueur sont la TPS et, parfois, une liquor tax (taxe sur les alcools), ce qui peut représenter jusqu'à 10 % de la note... à laquelle il faudra ajouter le service, 15 à 20 % du prix hors taxes.
    Important : depuis 2007, il n'est malheureusement plus possible de se faire rembourser la TPS.

    Les tips ou gratuities

    Ce sont les pourboires, même si dans ce contexte on devrait plutôt parler de prix « service non compris ». Au Canada, les serveurs dans les restos et les bars ont un salaire fixe très bas, et la majeure partie de leurs revenus provient de leurs pourboires. Les tips sont une institution à laquelle vous ne pouvez pas déroger.
    On entend ici et là que les Français sont particulièrement radins et laissent bien moins que les 15 à 20 % usuels du total hors taxes. Précisons que certains restos ajoutent d'office le service à la note des clients étrangers. Dans ce cas, ne le payez pas 2 fois...
    Si vous réglez la note avec une carte de paiement, n'oubliez pas de remplir vous-même la case « Tip » qui figure sur le reçu, car sinon, le serveur peut s'en charger lui-même... Sur certains appareils plus modernes, il faut d'abord saisir le tip souhaité (soit en dollars soit en pourcentage) avant de composer son code.

    Idem pour les taxis : il est de coutume de laisser 10 à 15 % en plus de la somme au compteur. Si vous oubliez, le chauffeur ne se gênera pas pour vous faire remarquer votre impair. 

    Achats

    - La fameuse couverture 100 % laine de la Compagnie de la Baie d'Hudson (dite « couverture à pointes »), en vente dans les magasins de la chaîne Hudson's Bay Compagny. Le motif à rayures vertes, rouges, jaunes et noires, sur fond blanc, n'a jamais changé.
    - Pour les amateurs, les whiskies Crown Royal et Canadian Club, spécialités canadiennes.
    - Le matériel de sport outdoor : du casque de vélo jusqu'à l'équipement de golf, les prix sont assez inférieurs à ceux pratiqués en France.
    - L'artisanat indien : cher quand il est beau et fait main. C'est dans l'Ouest que se trouvent les artistes amérindiens les plus réputés, tel Bill Reid, dont on peut admirer les impressionnantes sculptures au musée d'Anthropologie de Vancouver. La boutique du musée vend de fort belles reproductions.
    - L'art inuit : de nombreuses boutiques et galeries réservent une place importante aux sculptures inuit, réalisées en soapstone (stéatite). Pour authentifier le travail de l'artiste, le gouvernement canadien appose une étiquette montrant un igloo.
    - D'Alberta, vous rapporterez des bottes et chapeaux de cow-boy, mais aussi des ceintures de cuir « western » et la fameuse « cravate » de l'Ouest.
    - Bonnes affaires : les CD et DVD sont moins chers, de même que les vêtements ou l'électronique (ordinateurs, téléphones portables, appareils photo...). Assurez-vous qu'ils fassent l'objet d'une garantie internationale et que leur modèle est autorisé à l'usage en Europe, où vous pourriez bien vous le faire confisquer par la douane française.

    Géographie et climat Canada

    Géographie

    Le Canada est le pays des grands espaces vierges. Il s'étend sur environ 5 000 km d'un océan à l'autre. La frontière avec les États-Unis, purement arbitraire, suit plus ou moins le tracé du 49e parallèle jusqu'aux Grands Lacs, traverse les lacs Supérieur, Huron, Saint-Clair, Érié et Ontario, coupant en deux les chutes du Niagara. Au nord, le Canada s'étend très au-delà du cercle polaire.

    Le territoire canadien peut se diviser en cinq grandes zones :
    - la région appalachienne au sud-est (Provinces maritimes) ;
    - le « bouclier canadien » au centre et à l'est du pays (région du Saint-Laurent, sud de l'Ontario et du Québec) ;
    - les Prairies (le Manitoba, la Saskatchewan et une partie de l'Alberta) ;
    - les Rocheuses, à l'ouest, qui s'étendent vers le Yukon ;
    - la côte pacifique, baignée par des températures relativement douces et des pluies fréquentes.

    L'Ouest est une région très active, tandis que l'Est est moins dynamique, dès qu'on s'éloigne de la vallée du Saint-Laurent et des Grands Lacs ; les régions de Toronto et Montréal dominent l'activité économique et culturelle.

    On distingue l'espace atlantique (la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et l'île du Prince-Édouard), tourné vers l'océan, même si l'agriculture garde une place importante.
    Au centre, le Québec et l'ORefuges de la civilisation amérindienne, ces territoires peu peuplés font rarement parler d'eux.s formé l'axe dynamique du Canada.
    Les Prairies regroupent le sud de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba, vaste plaine vouée à l'élevage du bétail et à l'agriculture. L'arrivée du chemin de fer a permis le développement de Winnipeg, Regina et Saskatoon, et la découverte de pétrole a propulsé Calgary.
    Enfin, la façade pacifique est dominée par Vancouver, en Colombie-Britannique. Industrielle et commerciale, elle exporte essentiellement vers l'Asie, d'où sont originaires le tiers de ses habitants.
    Quant au Grand Nord canadien, vaste et peu exploité, il s'y développe de petits centres urbains à vocation administrative et commerciale. Refuges de la civilisation amérindienne, ces territoires peu peuplés font rarement parler d'eux.

    Climat

    À l'ouest du pays, on compte même trois zones climatiques différentes.
    La côte pacifique jouit d'un microclimat doux et humide. Il y pleut beaucoup en hiver, moins en été. Il y a rarement de grandes chaleurs. L'intérieur sud de la Colombie-Britannique est, en revanche, très sec. On peut même y souffrir de la canicule.
    Dans la région des Rocheuses, enfin, le climat est alpin, donc froid et sec. L'Alberta est l'une des provinces canadiennes les plus ensoleillées.
    Voir aussi le climat au Québec.

    En été, l'AC fonctionne partout à plein régime. Mieux vaut donc prévoir un pull quand on va dans un centre commercial ou au restaurant ! L'hiver, c'est carrément l'excès inverse, les appartements comme les lieux publics sont souvent surchauffés.

    Cuisine et boissons Canada

    Cuisine

    Dans les petites villes, comme au bord des routes, ne vous attendez donc pas à faire des agapes gastronomiques. Et régalez-vous plutôt sans remords d’épais club-sandwichs, d’énormes pizzas et autres tartes au chocolat glacé. C'est nourrissant et souvent goûteux, quoi qu'on en dise !
    Depuis quelque temps, les efforts en matière culinaire sont bien visibles, et l’alimentation « santé » est plus que jamais d’actualité.

     

    De Vancouver à Calgary, il existe une foule de bons (et même très ons) restos, où des chefs concoctent une cuisine de qualité. Les techniques françaises ou européennes y rencontrent le meilleur des produits locaux et des influences des diverses communautés immigrées : on appelle cela la cuisine fusion ou, dans une version plus édulcorée, cuisine Pacific Northwest. Celle-ci mêle beaucoup les produits du terroir au savoir-faire méditerranéen et asiatique. Dans le cas de la cuisine fusion, il n'est pas rare de voir se côtoyer dans une même assiette des champignons shiitake japonais, de la sauce de soja ou teriyaki, du fromage de chèvre frais, des canneberges ou des bleuets (myrtilles), des pousses de soja ou d'alfalfa.
    La tendance générale est de plus en plus aussi aux aliments bio. Tout le monde ou presque s'y est mis dans les villes. Non seulement bio, d'ailleurs, mais aussi souvent issus de la production locale. Les locavores, comme on les appelle, privilégient les aliments produits dans une zone géographique limitée, généralement à l'échelle d'une région. Cela permet un vrai contrôle de la provenance, et par conséquent de la qualité : on mange mieux, et de saison ! Une vraie révolution.

    - En Alberta, vous ne serez jamais déçu si vous commandez de la viande. Au pays des cow-boys, le bœuf est tendre et savoureux. On trouve aussi du bison, plus fort et goûteux que son cousin.
    - En Colombie-Britannique, le saumon, le flétan (halibut) et les fruits de mer sont rois. Ils sont frais et abordables. Ils sont presque toujours servis grillés ou frits, huîtres incluses. Le plus classique (et le moins cher), c'est le fish & chips.
    - Dans les grandes villes comme Vancouver, les restos exotiques donnent une touche de fantaisie à un milieu urbain autrefois bien straight.

    - Alimentation à emporter : il existe un peu partout en ville des boutiques d'alimentation (convenience stores) ouvertes tard le soir et tôt le matin, et même les dimanche et jours fériés, genre Seven-Eleven (7-11). Ces magasins sont toutefois beaucoup plus chers que les supermarchés. En bordure des agglomérations, de nombreuses grandes surfaces ont également des horaires d'ouverture très pratiques (de 8h à 23h) et proposent un choix immense.

    Boissons

    Boissons non alcoolisées

    - Dans la plupart des restos, on vous sert d'emblée un grand verre d'eau rempli de glaçons, hiver comme été (à la mode américaine).
    - Tous les bons restos et coffee shops sont désormais dotés de machines à espresso et cappuccino. Les coffee shops sont la version nord-américaine de nos cafés.
    - À tester (au moins une fois !) : le Clamato, un jus de tomate relevé d'un soupçon de jus de palourde. Le Clamato entre surtout dans la composition du César, cousin canadien du Bloody Mary. Souvent servi avec une branche de céleri ou un haricot vert au vinaigre, il peut être consommé avec de la vodka auquel cas on l'appelle César en pantoufles (!), ou Virgin, avec de la sauce Worcester et du Tabasco.

    Boissons alcoolisées

    L'Alberta est, avec le Québec, la seule province canadienne à autoriser l'achat et la consommation d'alcool à 18 ans. Dans toutes les autres, il faut avoir au moins 19 ans.  

    Le vin 

    À l'instar de l'Ontario, la Colombie-Britannique (vallée de l'Okanagan) produit de bons vins. Un esprit d'aventure et d'expérimentation ouvre la voie à de bonnes surprises, surtout du côté du vin blanc (les cépages de choix sont le riesling et le chardonnay), même si les rouges canadiens (le cabernet franc est le cépage le mieux développé) sont en nette progression. Le label VQA (Vintners Quality Alliance) est une sorte d'AOC recoupant une désignation soit provinciale, soit géographique.

    Le miracle - et le succès commercial majeur - du vin canadien demeure toutefois le ice wine, produit principalement dans la région du Niagara à partir de raisins qui ont gelé sur pied au début de l'hiver. Le sucre est ainsi fortement concentré, donnant un vin liquoreux très doux.
    Le ice wine est principalement élaboré à partir du vidal, en raison de sa bonne résistance aux conditions climatiques, mais désormais de plus en plus de domaines utilisent du cabernet franc, du pinot noir, du pinot gris, du chardonnay, ou encore du riesling.
    Ce nectar est vendu entre 50 et 70 $ dans de belles bouteilles de 375 ml.

    La bière 

    La bière est beaucoup plus abordable et les Canadiens en font une consommation relativement importante. La tradition ne date pas d'hier. La Molson Canadian, l'une des plus appréciées, trouve ses origines à Montréal au XVIIIe siècle. Autre valeur sûre : la Labatt Blue. Les deux marques sont vendues en bouteille ou à la pression.
    Les microbrasseries semi artisanales, qui produisent des bières localement (qu'on nomme craft beers au Canada anglais), connaissent un vif succès.
    À Vancouver, essayez la Granville Pale Ale (Granville Island Brewery). Dans l'Ouest canadien, pour siroter une bière dans une ambiance vraiment sympa, allez dans un country bar. Ils sont nombreux en Alberta, situés en ville (Edmonton, Calgary) ou juste à la périphérie. On y danse au son de groupes western déchaînés.

    Culture Canada

    Les Inuits (les « hommes» en langue inuktitut)

    Les Inuits sont un peuple autochtone du nord du Canada. Ils vivent au Nunavut, ainsi que dans le nord du Québec, du Labrador et dans les territoires du Nord-Ouest. Au recensement de 2001, environ 45 000 personnes se sont identifiées comme Inuits, soit presque un tiers des Inuits du monde. Les deux tiers vivent dans leur région d'origine, l'autre tiers étant disséminé dans les principales agglomérations du pays.
    Les Inuits sont apparus dans le nord-est du Canada il y a 4 500 ans, ce qui est relativement récent, comparé aux quelques dizaines de milliers d'années des Amérindiens. Jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, les Inuits de l'Est canadien n'ont guère connu des Blancs que les apparitions occasionnelles des navires baleiniers et des commerçants de fourrures venant d'Europe. Armée canadienne en repérages, ethnologues, explorateurs et missionnaires chrétiens complètent le tableau.
    Les Inuits font une entrée fracassante dans notre imaginaire collectif dans les années 1920 avec la sortie du premier film ethnographique, Nanouk l'Esquimau, diffusé dans les cinémas de tout l'Occident et accompagné de la glace du même nom (coup de marketing sublime !). Du côté des Inuits, le véritable choc des cultures n'est intervenu que dans les années 1940-1950 avec l'implantation permanente de bases militaires, de services gouvernementaux, comme l'éducation et la santé, et un programme de logement pour les encourager à abandonner leur mode de vie nomade.
    Aujourd'hui, si la chasse reste pour beaucoup un revenu d'appoint, les Inuits travaillent surtout dans les mines, les activités liées aux hydrocarbures, le bâtiment et les services (gouvernementaux, notamment). Le tourisme, quant à lui, est un secteur dynamique en plein développement. Environ 30 % de la population tire par ailleurs des subsides de l'art traditionnel inuit (sculpture, gravure, etc.).

    Renouveau politique et culturel

    C'est avec les acquis de la convention de la baie James et du Nord québécois, signée en 1975, que les Inuits entament la reprise en main de leur destinée. Les apports financiers de l'entente leur permettent un développement autogéré.
    En 1999, une révolution secoue le Grand Nord canadien : répondant enfin aux revendications des Inuits, le gouvernement fédéral promeut la création d'un nouveau territoire, le Nunavut (« notre terre »).
    Comme les autres provinces canadiennes, le Nunavut dispose d'une grande autonomie de gestion. Il élit son propre parlement, très différent des autres dans le sens où il fonctionne uniquement par consensus et qu'aucun des élus n'affiche d'étiquette politique ! Le budget annuel reste toutefois presque entièrement dépendant du gouvernement fédéral.
    Les institutions locales veillent à l'administration et au développement de la région. Les acquis administratifs et politiques lui permettent de prendre en charge l'éducation en langue inuktitut, ainsi que le contrôle du développement et de la mise en valeur de tout le territoire.
    La culture inuit regagne même une partie du terrain perdu. Les anciens sont sollicités par les plus jeunes afin d'enseigner leur savoir ancestral. On écrit soi-même ses livres d'histoire et ses dictionnaires, on rapatrie les objets traditionnels qui avaient été emportés vers les musées du Sud, on revalorise l'art traditionnel, et on prend en main sa commercialisation.

    Cinéma

    Le Canada anglophone, aux portes du géant américain, tient à sa spécificité culturelle, notamment en ce qui concerne le cinéma. En 1939 fut créé l'Office national du film, qui permit à de jeunes cinéastes québécois de créer un style direct de reportage.
    Du côté anglophone, Norman McLaren compte parmi les pionniers du film d'animation expérimental, avec de multiples procédés d'impression directe sur pellicule (peinture, grattage...), qui s'apparentent aux techniques des arts plastiques plus qu'à celles du cinéma industriel.
    Jusqu'à récemment, le cinéma canadien se résumait aux films québécois. Par exemple, le plus grand succès en salles a été (est toujours !) Porky's (1976), l'ancêtre des comédies grasses de campus avec un humour pipi-caca de bas étage, et que rien ne distingue des films américains de type Police Academy ou American Pie.
    Aujourd'hui, David Cronenberg est incontestablement le cinéaste canadien le plus reconnu à travers le monde. Son style inimitable sait allier, dans le genre fantastique, créativité et spectacle, pour créer un univers des plus personnels : ses films les plus connus sont Dead Zone, Faux semblants, Crash et A Historu of Violence.
    Atom Egoyan connaît lui aussi une audience internationale surtout depuis De beaux lendemains, Prix du jury au festival de Cannes en 1997.

    Les chutes du Niagara

    Les chutes sont au centre de la ville, elle-même transformée en véritable fête foraine : énormes enseignes lumineuses, attractions diverses et variées... Niagara Falls est un petit Las Vegas. Une fois la surprise passée, et en faisant abstraction des lumières et de l'activité grouillante, on est subjugué par les chutes, gigantesques, fascinantes.
    Pour en profiter pleinement, préférez les visiter tôt le matin. Loin des hordes de touristes, vous apprécierez alors toute la majesté du lieu.

    Vie pratique Canada

     

    Décalage horaire

    Il y a six fuseaux horaires sur le territoire canadien. Quand il est 18h en France, il est 12h au Québec et en Ontario (donc - 6h) ; 13h au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse ; 11h au Manitoba ; 10h en Alberta, dans la Saskatchewan et dans les Territoires du Nord-Ouest ; 9h au Yukon et en Colombie-Britannique.
    Petite subtilité : il est 13h30 à Terre-Neuve !
    Attention, certains parcs de la Colombie-Britannique (Revelstoke, Glacier, Yoho et Kootenay) s'alignent sur l'heure des Rocheuses (donc de l'Alberta), soit 1h de moins que le reste de la province.

    Électricité

    Comme aux États-Unis, généralement : 110-115 volts et 60 périodes (en France : 220 volts et 50 périodes).
    Attention : si vous achetez du matériel sur place, prévoyez l'adaptateur et le convertisseur électriques qui conviennent. Les fiches électriques américaines sont à deux broches plates.
    On conseille d'apporter un adaptateur. Vérifiez également si vos appareils acceptent indifféremment le 110 et le 220 volts. Si ce n'est pas le cas, n'oubliez pas de vous munir d'un convertisseur. En cas d'oubli, vous pourrez vous procurer un adaptateur dans les aéroports, à la réception de la plupart des hôtels, ou dans une boutique d'électronique, mais c'est nettement moins vrai pour les convertisseurs. 

    Langue

    L'anglais et le français sont les deux langues officielles du Canada. Sur le papier, tout du moins. Car le grand rêve de l'ex-Premier ministre Pierre Eliott Trudeau, farouche partisan du bilinguisme et soucieux de maintenir le Québec francophone dans la Fédération, ne s'est réellement matérialisé que dans les administrations relevant du gouvernement fédéral : douanes, aéroports, parcs nationaux, postes...
    Au quotidien, il ne faut donc pas vous attendre à pouvoir vous faire comprendre partout en français, sauf peut-être à Ottawa (Ontario) : la capitale du pays a accompli des efforts exemplaires, et la majeure partie de ses habitants est bilingue.
    Il existe une minorité francophone en Ontario (4,8 % de la population ontarienne). D'autres communautés francophones, pour partie descendant des pionniers canadiens français du XIXe siècle, restent implantées un peu partout dans l'Ouest, notamment en Colombie-Britannique et au Manitoba.
    Un nombre grandissant de Québécois prennent le chemin de l'Ouest et surtout de Vancouver, aux hivers plus cléments, mais beaucoup y perdent malheureusement leur langue en chemin. Rares sont aujourd'hui les enfants de parents l'un québécois et l'autre anglophone qui parlent les deux langues à l'ouest du pays...
    D'une manière générale, il vous faudra vous débrouiller en anglais, sans oublier que l'accent d'ici ressemble évidemment plus à celui des Américains voisins qu'à celui des Britanniques.

    Poste

    La plupart des bureaux sont ouverts du lundi au vendredi de 9h à 17h, et souvent le samedi matin. Compter au moins 1 semaine pour que bonne-maman reçoive votre carte. Affranchissement pour l'Europe à 1,75 $ pour une carte ou lettre de 30 g maximum.
    Tout envoi fait à la poste restante (general delivery) doit être réclamé par le destinataire (en personne) dans les 2 semaines. Dans les grandes villes, si aucun bureau de poste précis n'est indiqué, rendez-vous au bureau central pour récupérer votre courrier.

    Tabac

    Il est strictement interdit de fumer dans les lieux publics, qu'il s'agisse d'une gare, d'un parc ou d'un resto, et même dans un rayon de 3 à 6 m de leurs portes et fenêtres. L'écrasante majorité des terrasses est désormais non smoking.
    Le Canada anglo-saxon est un des endroits les plus férocement antitabac au monde.

    Téléphone et télécommunications

    Téléphone 

    - De la France vers le Canada : 00 (tonalité) + 1 + indicatif régional + numéro du correspondant à 7 chiffres.
    - Du Canada vers la France : 011 + 33 + numéro du correspondant (sans le 0 initial).

    - Dans certaines provinces/villes, comme dans L'Ontario et à Vancouver, il faut composer systématiquement l'indicatif téléphonique avant le numéro à 7 chiffres, même pour un appel local. Pour les communications interurbaines, composer le 1, puis l'indicatif téléphonique, puis le numéro à 7 chiffres.
    - Les numéros de téléphone gratuits à l'intérieur du pays commencent par 1-800, 1-855, 1-866, 1-877 et 1-888.
    - Les cartes téléphoniques prépayées (calling cards) : tout comme en Europe, il en existe tout un éventail permettant de téléphoner à des tarifs très avantageux, certaines à l'intérieur du Canada, d'autres pour l'étranger. Composer depuis un poste fixe (pas un téléphone portable évidemment !) le numéro spécial indiqué, puis le code préalablement gratté et le numéro du correspondant. Depuis une cabine, insérer d'abord une pièce de 25 cents, qui sera restituée à la fin de l'appel. Au début de chaque appel, une boîte vocale vous indique le solde disponible en minutes.
    Vérifier le temps de communication offert pour la destination choisie mais aussi l'existence éventuelle de frais de connexion (connection fees). Quand ceux-ci existent, ils pénaliseront un peu ceux qui comptent appeler fréquemment. Cela reste relatif sachant que les meilleures offres à l'international proposent jusqu'à 1 000 minutes (soit quasiment 17h) pour 5 $ !
    Les cartes de Bell (le grand réseau traditionnel) reviennent plus cher, mais on n'a pas une foule de numéros à composer.
    - Les téléphones publics : on en trouve encore un peu partout. Ils fonctionnent avec des pièces.
    - Évitez aussi d'appeler de votre hôtel : souvent très, très cher.

    Téléphone portable

    Le routard qui ne veut pas perdre le contact avec sa tribu peut utiliser son propre téléphone portable au Canada (à condition qu'il soit au moins tribande) avec l'option « Monde ». Cela dit, certains coins sont encore mal couverts par le réseau, et puis, gare à la note salée en rentrant chez vous !
    Si vous comptez beaucoup téléphoner sur place, il peut être judicieux d'acheter à votre arrivée une carte SIM locale prépayée dans une boutique de téléphonie mobile.
    Problème : dans l'état actuel du marché, les formules proposées au Canada sont loin des standards désormais proposés en Europe. Exemple, il est encore très fréquent de payer pour recevoir un appel sur son mobile.
    Bon... si vous trouvez votre bonheur auprès d'un des opérateurs du pays (Bell, Telus, Virgin Mobile, Rogers...), vous aurez un numéro de téléphone local et un petit crédit de communication. Avant de signer le contrat, essayez, si possible, la carte SIM du vendeur dans votre téléphone - préalablement débloqué - afin de vérifier si celui-ci est compatible.
    Ensuite, les cartes permettant de recharger votre crédit de communication s'achètent dans ces mêmes boutiques, ou en supermarché, stations-service, etc.

    Internet

    Vous pourrez accéder à Internet dans quelques « cybers » (tarifs tournant autour de 5 $/h) et dans les bibliothèques publiques, où c'est souvent gratuit. Les auberges de jeunesse et les hôtels ont presque tous aussi des ordis (payants ou gratuits) à dispo.
    Quant au wifi, il est présent quasiment partout et la plupart du temps gratuit.

    ARTICLE DU GUIDE DU ROUTARD


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  • Bernard Clavel est né en 1923 dans une maison sans livres.
    Sans eau courante, sans électricité. De cette relative pauvreté,
    il fera toute sa richesse. Il n¹a jamais triché, il ne s¹est jamais arrêté. Puissance, cohérence, humanité profonde : il a construit sa vie comme il a bâti son œuvre. « Je suis un écrivain. Essentiellement un romancier et un conteur, c¹est-à-dire un homme qui porte en lui un monde et qui s¹acharne à lui donner la vie. » Une impressionnante traversée de siècle pour cet autodidacte dont les manuscrits sont aujourd¹hui conservés à la bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne.

    Parce que Bernard Clavel a obtenu le prix Goncourt avec Les Fruits de l’hiver – inspiré par la vieillesse, la solitude et la mort de ses parents –, il a longtemps été classé parmi les romanciers qui puisent l’essentiel de leur nourriture dans leur existence et celle de leurs proches. C’est exact, dans une certaine mesure, pour L’Espagnol, les quatre volumes de La Grande Patience, L’Hercule sur la place et Le Soleil des morts. Ce qu’on oublie cependant, c’est que Bernard Clavel n’a pas commencé par cette voie : Pirates du Rhône, Qui m’emporte, Malataverne, Le Voyage du père, tout comme les quelques manuscrits de ses débuts qu’il a détruits, sont œuvres d’imagination.

    Ce qui a poussé cet autodidacte à écrire n’est pas tant le besoin de se raconter que celui de raconter des histoires. Comme il l’a lui-même confié dans ses Petits Bonheurs, Bernard Clavel n’a jamais cessé d’être l’enfant qui naviguait : perché sur un chêne dans le jardin de son père, il en voulait terriblement aux adultes de ne voir en son perchoir qu’un arbre – lui qui s’imaginait sur un trois-mâts. Oui, c’est bien d’imagination qu’il s’agit avec des romans comme Le Seigneur du fleuve, dont le héros principal n’est autre que le Rhône.Bernard Clavel est homme de fleuves et de forêts, homme de liberté. Son souffle est puissant, extraordinaire ; sa démarche toujours inattendue.

    Dans Les Colonnes du ciel, contant l’épopée d’un compagnon charpentier et d’une poignée de Comtois, il rappelle une page de l’histoire de France gommée par les historiens. La critique a par ailleurs salué La Saison des loups et les quatre volumes qui lui font suite comme l’une des grandes fresques de notre temps. Mais il semble que ce soit avec le Grand Nord que Clavel ait enfin trouvé matière à sa mesure. D’Harricana à Maudits Sauvages nous apparaissent la grandeur sauvage et la beauté farouche de ce Royaume du Nord où l’auteur se raconte les aventures qu’il aurait tant aimé vivre.

    L’œuvre de Bernard Clavel figure parmi les plus étudiées dans les écoles depuis quelques années : en particulier Malataverne, La Maison des autres, L’Hercule sur la place, L’Espagnol, Harricana, Amarok. Il convient d’ajouter aux romans et nouvelles quelques essais comme Lettre à un képi blanc, où le pacifiste répond aux fauteurs de guerre. Puis les très nombreux contes, poèmes, chansons, comptines pour enfants qui sont pour Bernard Clavel une récréation et qui, depuis L’Arbre qui chante jusqu’au Commencement du monde, constituent une belle bibliothèque du merveilleux ; mais peut-être plus encore, une approche très fine de notre univers.

    Enfin, Bernard Clavel serait certainement peiné si l’on oubliait sa « géographie sentimentale » : Terres de mémoire, Arbres, Je te cherche, vieux Rhône et ses souvenirs qu'il sait si bien nous faire partager dans des livres comme Les Petits Bonheurs. Et nous ne parlons ici que de l’œuvre éditée. Elle s’accompagne de centaines d’articles, pièces radiophoniques, films, chansons, reportages, etc.


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  • Marseille

    guide du routard

    Marseille par Lionel Taieb
    Marseille © Lionel Taieb

    Deuxième ville de France, Marseille reste une immense scène de théâtre où les représentations se succèdent, sans temps morts. Pas de saison d’hiver ou d’été, pas de relâche, sauf en août peut-être.
    Marseille est une ville étonnante dont les habitants ont des talents innés de comédiens et se moquent bien d’avoir des spectateurs complices, car ils jouent d’abord pour eux. Drames et comédies, en alternance, sur une scène à la taille digne d’une grande métropole, voire d’une mégalopole, qui aurait pourtant gardé l’esprit de province (et l’accent de Provence).
    Dans ces conditions, rejetez les idées toutes faites sur Marseille, celles que vous aviez en tête avant le lever du rideau. On daignera oublier que vous avez vidé toute votre voiture au parking, en jetant des regards inquiets, après avoir pesté contre les embouteillages, regardé d’un air effaré, depuis l’autoroute, le paysage gâché par des blocs de béton, alors que vous pensiez arriver au « Pays du soleil »...
    Un titre d’opérette marseillaise, de celles qui donnèrent à la France entière, dans les années 1930, l’accent de Fernandel, Raimu ou Sardou… L’opérette, la trilogie de Pagnol, les poissonnières… il ne manque plus que le pastis, la pétanque, le savon et la petite sieste, et nous voilà avec quelques-uns des clichés qui ont fait la réputation de Marseille.


    Activités Marseille

    Les calanques, de Marseille à Cassis

    Ne dites jamais à un Marseillais que vous allez visiter les calanques de Cassis ! Les calanques sont à Marseille ! Même si certaines sont, il est vrai, géographiquement plus proches de Cassis, les calanques restent sur le territoire de la commune de Marseille (97 % du moins).
    Un conseil : évitez les grands week-ends et les dimanches !
    Attention, même à pied en longeant la mer par le GR 98 et les autres chemins de randonnée, le sentier n’est pas toujours aisé à trouver. Mais il est probable que certaines choses changent dans le petit milieu des calanques avec la création du Parc national des Calanques en 2012.

    Comment découvrir les calanques ?

    À pied

    Les calanques ne sont, pour l’essentiel, accessibles qu’à pied ou en bateau.
    â Ceux qui veulent découvrir tout le massif emprunteront le GR 98-51 (balisage rouge et blanc) : 28 km (soit 11 ou 12h pour un marcheur moyen) le long de la ligne de crête. Le sentier démarre à Marseille du parc Adrienne-Delavigne, après l’église de la Madrague de Montredon (bus n° 19 jusqu’à son terminus) ou à Cassis. Les bons marcheurs pourront faire l’excursion dans la journée.
    Les calanques, c’est beau, mais ça se mérite, et ça se partage. Pour rejoindre les criquettes il faut marcher, parfois longtemps, sans être assuré de profiter seul du lieu à l’arrivée.

    En voiture

    De Marseille, hors saison, Morgiou et Sormiou sont facilement accessibles en voiture. Mais cet accès est strictement réglementé en saison : il y a un gardien et une barrière, fermée de 8h à 19h, et il faut un laissez-passer pour franchir cette dernière les week-ends et jours fériés à partir de Pâques, et tous les jours de début juin à début septembre.

    En bus

    De Marseille, les premières calanques, de Montredon à Callelongue, sont desservies par les bus n° 19 (se prend au M. : Castellane) puis n° 20.

    En bateau

    De Marseille : plusieurs départs par jour depuis le quai des Belges (Vieux-Port) et le quai de la Fraternité (face à La Canebière). Billets en vente à l’office de tourisme.

    - Icard Maritime : tél. : 04-91-33-03-29. Compter 16-28 € (réduc). Promenades en mer et au château d’If, visite des calanques (grand et petit circuit), côté Côte bleue et parc national. En juillet et août, « calanque et baignade » à Sugiton et « naturoscope », randonnée palmée sur un sentier sous-marin.

    La plongée sous-marine dans les calanques

    En plongeant dans l’azur méditerranéen, les hautes falaises brutes des calanques se transforment en tombants colonisés par une vie luxuriante très sauvage. Ces fonds peuvent être classés parmi les plus spectaculaires de la Méditerranée française, surtout quand l’eau - très limpide - est investie en profondeur par les intenses rayons du soleil. Une escorte de dauphins viendra peut-être compléter l’envoûtement...

    Nos meilleurs spots de plongée autour de Marseille

    - Castel Viel : au pied de la falaise. Pour plongeurs niveau I. Gorgones et corail rouge éclatant enflamment ce tombant somptueux qui dégringole jusqu'à 40 m de profondeur. À « deux brassées de palmes », les surplombs d'une fameuse grotte à Corail sont fascinants.
    - La pointe Cacau : accessible aux plongeurs débutants (niveau I minimum). Au pied d'une falaise qui chute dans le bleu méditerranéen, une cascade d'éboulis rocheux suivis d'un magnifique tombant fleuri de gorgones et corail rouge. Présence de 3 beaux canons de bateau.
    - Phare de la Cassidaigne : idéal pour les plongeurs de niveau I. Au sud des calanques, ce vaste plateau rocheux entouré de tombants permet plusieurs plongées magnifiques. Eaux limpides où se déploie une vie particulièrement sauvage. Spot exposé.
    - L'Eissadon : à proximité de la pointe de l'Îlot. Accessible aux néophytes (niveau I minimum). Ambiance surréaliste dans cette faille entrecoupée de tunnels que vous visiterez un à un - sans danger - par 15 m de fond. À explorer l'après-midi, quand le soleil donne à la roche des couleurs vives.

     

    Où sortir à Marseille ?

    Comme toutes les grandes villes, Marseille est « éclatée » en plusieurs centres nocturnes.

    - La Plaine : petit quartier qui s'étend entre le cours Julien et la place Jean-Jaurès. C'est la zone branchée de la planète Mars(eille). Bars et restos à foison, ainsi que des petites salles de concerts et de spectacles. Rockers alternos et rappeurs, motards et intellos, étudiants et zonards cohabitent pacifiquement.
    - Le bord de mer, de la Corniche aux Goudes en passant par l'Escale Borély, s'adresse surtout (et surtout l'été) à ceux qui préfèrent des ambiances plus « Côte d'Azur » et une clientèle plus friquée qui aime ce qui brille.
    - Autour du Vieux-Port, l'îlot Thiars et le quai de Rive-Neuve font dans le mélange des genres, jeunes et moins jeunes, Marseillais et touristes. Bars, boîtes de nuit, restos, clubs plus ou moins privés, il y en a pour tous les goûts.

    Attendez-vous à une certaine sélection (sinon à une sélection certaine !) à l'entrée des lieux de la jeunesse dorée. La Plaine restant le quartier le plus « ouvert d'esprit ». Sinon, Marseille, la nuit, peut s'avérer une ville un peu « compliquée », avec ses codes et ses tensions. Pas de parano, mais se souvenir que Marseille n’est pas une ville riche.

    Cuisine et boissons Marseille

    Spécialités gastronomiques

    La bouillabaisse

    Parmi les cinq ou six poissons nécessaires, on trouve la vive araignée, le rouget grondin (galinette), le congre (fiélas), la rascasse (chapon) et un ou deux poissons nobles comme le saint-pierre ou la lotte. On vous sert d'abord le bouillon avec la rouille et les croûtons, puis les poissons bouillis et roussis à l'huile d'olive, servis entiers avec rouille, pommes de terre et encore du bouillon.
    La règle d'or de la bouillabaisse, c'est le découpage devant les convives, qui mélangent ensuite rouille et aïoli.
    L'aïoli, symbole culinaire de la Provence, est aussi le partenaire idéal de la bourride. Une recette voisine à base non plus de poissons de roche mais de poissons blancs, car on n'a jamais mélangé ici les torchons et les serviettes, les poissons de roche pour le plat du pauvre (la bouille) et les poissons nobles (loup, daurade...) pour la bourride.

    Les pieds et paquets (ou pieds-paquets)

    Autre plat typiquement marseillais. Il s'agit de petits carrés de panse de mouton (ou d'agneau) roulés en paquets et farcis de petit salé, ail et persil. Accompagnés de pieds de mouton (ou d'agneau), ils mijotent très longuement avec du vin blanc et plus ou moins de tomates.

    L'aïoli

    C'est une sorte de mayonnaise à l'ail finement pilé avec de l'huile d'olive, accompagnée de morue et de légumes de saison bouillis (carottes, pommes de terre...). L'aïoli se déguste, en été, dans les fêtes de village, mais aussi pour certaines fêtes religieuses (le Vendredi saint à Marseille, le Mardi gras à Grans).

    L'anchoïade

    Réalisée à partir d'anchois écrasés que l'on fait fondre dans l'huile d'olive, plus légère que l'aïoli, elle accompagne toutes sortes de crudités. Très tendance !

    La soupe au pistou

    Pour les longues soirées d'été, rien de tel qu'une bonne soupe au pistou, faite de haricots rouges et blancs et de divers légumes, selon l'humeur, et agrémentée d'une pommade à base de basilic et d'ail pilés, ainsi que d'huile d'olive.

    Les pizze de Marseille

    Peut-être le plat le plus emblématique de Marseille aujourd'hui ! C'est ici que vous dégusterez la meilleure pizze de votre vie, dotée, si elle est cuite au feu de bois, d'une saveur incomparable.

    Saveurs orientales

    Difficile d'évoquer la cuisine marseillaise sans parler non pas des chiche-kebabs, mais plutôt des keftas, couscous, tajines et pâtisseries orientales qui font ici le quotidien de toute une population. Sans oublier la fameuse kemia, servie à l'heure de l'apéro, qui connaît une variante hispanisante sous la forme des tapas, assortiments de petites entrées (pois chiches, anchois, olives pimentées, poivrons marinés...) servies sur un plateau. La kemia, symbole d'intégration, à l'heure du pastis, un vieux rêve devenu réalité.

     

    Où manger ?

    Profitez du fait que Marseille reste une ville ouverte sur le monde pour goûter à la cuisine de tous les exilés venus un jour poser ici leurs bagages. Il existe ici plein de petits restos populaires et bon marché : cantines de quartier et orientales foisonnent dans le centre-ville.
    Mais il ne faut pas oublier les pizze ! Car si elle vient d'Italie, la pizza a pourtant fait de Marseille une de ses capitales.
    Quant à la vraie cuisine provençale, c'est plutôt dans l'arrière-pays que vous la découvrirez. 

    Pastis

    Apparu à la fin des années 1930 dans cette région où le commerce des plantes aromatiques a toujours été très actif, le pastis, succédant aux absinthes, interdites en 1915, connut un succès immédiat. Banni par le gouvernement de Vichy, il fut de nouveau autorisé à la vente à la Libération.
    Aujourd'hui, cette boisson à base d'anis vert et d'alcool à 90° se prête à de nombreux mélanges : perroquet (avec sirop de menthe), tomate (avec grenadine) et mauresque (avec sirop d'orgeat). Boisson indispensable pour toute partie de pétanque qui se respecte.

    Où boire un verre ?

    Le Vieux-Port offre un bon choix de terrasses. Mais il y a aussi de grandes places qui en sont remplies aux beaux jours : cours d'Estienne-d'Orves (près de l'Opéra), cours Julien (La Plaine), place de Lenche (le Panier) et place Félix-Éboué (face à la préfecture) notamment.
    N'oubliez pas non plus les stations uvales, où l'on vous presse de bons jus de fruits frais selon la saison. Ouvertes de mi-juin à octobre. En principe, 6 grands kiosques métalliques situés sur le Vieux-Port, le cours Belsunce, l'avenue des Réformés, le cours Pierre-Puget, la place Castellane et à La Plaine.

    Hébergement Marseille

    Pour les petits budgets, on compte deux auberges de jeunesse et quelques hôtels bon marché dans les quartiers populaires du centre, même si la rénovation gagne du terrain.
    D'une parr, on trouve quelques belles chambres d'hôtes de charme en ville et dans les quartiers résidentiels, parfois même avec vue sur la mer. D'autre part, Marseille regorge d'hôtels confortables, de chaîne ou indépendants, jouant la carte design, bien souvent. Évidemment, autour du Vieux-Port, ceux-ci sont plutôt chers et le prix demandé n'est pas toujours justifié. Mais les offres de dernière minute, sur Internet, peuvent vous réserver de très jolies surprises...
    Voir également l'offre week-end mise en place par l'office de tourisme, « L'Échappée belle » : deux jours, une nuit, City Pass compris, à partir de 58 € par personne. Réserver sur le site de l'office de tourisme et des congrès de Marseille en donnant le code « Échappée belle » à l'hôtelier pour obtenir un pass à son nom.
    Enfin, ceux qui préfèrent une location meublée à l'hôtel peuvent s'adresser au réseau Home Marseille (04-84-26-77-41), qui propose studios, apparts et villas disséminés dans toute la ville. Compter 75 € pour 2 en studio ; 85 € la nuit pour 5 personnes.

    Un peu d'histoire Marseille

    La fille de Phocée

    La cité naît de la rencontre de la mer et de la terre, du mariage de Protis le Phocéen (Grec d'Asie Mineure) avec Gyptis la Ségobrige (un peuple celto-ligure). Comment rêver d'un mythe fondateur mieux adapté à ce qui sera pendant 26 siècles la vocation même de Marseille : l'ouverture au monde ?
    Quant à la date arbitraire de sa naissance (600 av. J.-C.), les découvertes archéologiques les plus récentes, en bordure du Lacydon (le Vieux-Port, autrement dit), ne cessent d’en affiner la probabilité à quelques dizaines d’années près.
    Les Marseillais créent aux siècles suivants une série de comptoirs portuaires, qui ajoutent encore à leur richesse.
    Vers 340 av. J.-C., à l'époque d'Alexandre le Grand, Massalia va connaître son premier grand homme : Pythéas, qui symbolise la vitalité commerciale et scientifique d'une ville qui sut rester pendant des siècles, y compris sous la domination romaine, le conservatoire occidental de la culture grecque.

     

    Itinéraires conseillés Marseille

    Un jour

    • Visite du Vieux-Port, avec son marché aux poissons au bout de la célèbre Canebière.
    • Grimpette dans le lacis de ruelles du Panier, sans oublier les incontournables musées de la Vieille-Charité.
    • Et puis un crochet par les docks de la Joliette pour avoir une idée du futur de Marseille.
    • Terminer par un pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Garde, pour sa vue imprenable sur la ville au coucher du soleil.

    Trois jours

    Le 2e jour

    On peut partager agréablement son temps entre :

    • Les plages de la Corniche, au sud
    • Une balade dans les quartiers chics et verdoyants d’Endoume, Bompard et du Roucas-Blanc
    • Un crochet par la Cité radieuse de Le Corbusier pour la partie culturelle

    Le 3e jour

    • Une bonne journée de balade s’impose dans les superbes calanques en direction de Cassis.

    Quatre et cinq jours

    En plus du programme de « Trois jours », explorez consciencieusement l’âme de la ville.

    Le 4e jour

    • Une balade dans les quartiers populaires de la Belle-de-Mai (à La Friche notamment).
    • Une balade dans les qurtiers de Belsunce et Noailles pour leur atmosphère orientale.

    Le 5e jour

    • Un petit tour à L’Estaque pour retrouver l’âme des peintres cubistes et l’atmosphère des films de Guédiguian.
    • Poursuivre plus au nord sur la jolie Côte bleue pour finir en beauté

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  • « Le manque de soleil influe sur l'état psychique »

    LAURENT CHNEIWEISS psychiatreLaurent Chneiweiss, spécialiste de l'anxiété, s'intéresse aux effets de la météo sur notre moral. Selon lui, un temps gris rend morose, provoque des sautes d'humeur, et le manque de luminosité peut dérégler l'horloge biologique interne.

    Quel est l'impact sur notre psychisme de la grisaille qui s'invite depuis deux semaines sur la moitié nord du pays?
    LAURENT CHNEIWEISS.

     

    Elle peut provoquer des variations d'humeur, mais pas d'état dépressif, pas de véritables troubles qui, eux, sont plus enracinés et qui apparaissent chez certaines personnes lors d'une baisse prolongée de lumière, ce qu'on appelle le blues hivernal. L'humeur en ce moment est à l'image de la météo : maussade. En vacances, il y a une très forte attente, sur le plan psychologique, de beau temps. Quand le soleil n'est pas au rendez-vous, la déception est encore plus grande que d'habitude.
    Il y a aussi des conséquences sur le plan biologique…
    Oui. Les jours où il fait moche, on constate moins d'activation des individus, moins de mouvements. C'est un cercle vicieux. Si vous commencez à faire moins de choses, vous générez moins de sécrétions d'adrénaline et de cortisone. Cette baisse d'hormones influe alors sur votre état psychique en intensifiant la morosité.
    Au quotidien, comment cette morosité se traduit-elle?
    On va entrer dans une spirale négative et se focaliser sur tout ce qui ne va pas, et pas seulement la couleur du ciel. On s'attarde par exemple sur ce qui ne fonctionne pas avec les enfants ou dans le couple.
    Quelles sont les conséquences pour ceux qui reprennent le travail, de retour de vacances ensoleillées dans le sud de la France ou à l'étranger?
    L'horloge biologique interne va se trouver modifiée par la variation de luminosité. A cela s'ajoute une sorte de décalage horaire lié à la reprise du travail. Quand on retourne au boulot, on se lève plus tôt qu'en vacances. Il faut donc récupérer moralement…
    Comment faire pour ne pas avoir le moral dans les chaussettes quand il pleut?
    C'est bien simple, il faut être en mouvement pour secréter des hormones, donc faire du sport.


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  • Toute comme le printemps avec qui elle partage cette caractéristique d’entre-deux, l’automne est souvent une saison difficile pour beaucoup. L’entrée vers l’hiver, les jours qui raccourcissement induisent de la nostalgie, de tristesse pouvant aller jusqu’à certaines formes déprime. Sans doute, cette nostalgie est à relier à sa position dans le cycle de l’année mais aussi celui du Tao : l’automne comme la fin qui s’approche (l’hiver ou la vieillesse) avant sa renaissance au printemps suivant. Ainsi donc, nostalgie de la vie dans sa phase active et lumineuse mais peut-être aussi regret de ce que nous n’avons pu su ou pu faire dans l’année écoulée… L’automne saison des bilans…

    La préparation de l’hiver

    Saison des bilans, l’automne est tout autant saison de préparation à l’hiver et de son repos bien mérité et nécessaire. Cela peut également se lire à l’aune des activités traditionnelles de la terre : Si l’on récolte les fruits des productions arrivés à maturité (récoltes diverses, vendanges, châtaignes, noix etc.), on engrange ces mêmes récoltes (le foin pour les animaux, les céréales et autres légumineuses pour les humains) pour se préparer et s’organiser à passer sereinement et confortablement l’hiver.

    Au niveau énergétique, cela se traduit par le fait que l’automne est la période où le rein commence à se recharger pour l’année à venir avant d’atteindre sa plénitude énergétique en hiver. C’est la fonction du rein comme réserve d’énergie vitale. C’est donc le moment de le nourrir correctement pour qu’il puisse se recharger au mieux. On peut l’y aider de différents manières : étirements de méridiens, alimentation propice, exercices de volonté…

    Une saison du lâcher-prise et la sérénité
    Ranger, mettre en ordre organiser les choses et son chez soi intérieur pour se préparer à passer l’hiver en toute quiétude et savoir profiter d’une vie moins active pour se reposer et se ressourcer… Ce n’est pas un hasard si l’automne se caractérise par ce sens de l’organisation. Dans le Tao, il renvoie à l’élément métal (ou au minéral) dont on connaît l’organisation moléculaire particulièrement ordonnée et fixe.

    Mais comme dans toute chose, ce sens de l’organisation propre à l’énergie automnale doit en même temps être maîtrisé sous peine d’une déséquilibre : celui de la volonté de tout contrôler (ses émotions, sa vie…), voir régenter tout son environnement. Or, à vouloir tout organiser, on se coupe de la vie en perpétuel changement. Au lieu d’en percevoir les potentiels, la vie et ses changements nous apparaissent alors menaçant et déstabilisant vis-à-vis des plans qu’on s’évertue à échafauder.

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